UBS

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UBS Group SA
logo de UBS Group SA
Création 1862
Dates clés 1998, fusion Union de banques suisses et Société de banque suisse
Forme juridique Société anonyme
Action SWX : UBSG
NYSE : UBS
TSE : 8657
Slogan « Tant que vous ne serez pas satisfait, nous n'aurons pas de répit. »
Siège social Drapeau : Suisse Zurich et Bâle
Direction Axel A. Weber (président du conseil d'administration)
Sergio Ermotti (CEO)
Activité Opérations bancaires
Services financiers
Produits Banque d'investissement
Banque privée
Gestion de fortune
Banque d'entreprise
Capital-investissement
Finance et assurance
Banque de détail
Hypothèque
Carte de crédit
Effectif 60 099 (2015)[1]
Site web www.ubs.com
Capitalisation en augmentation CHF 75,147 milliard (2015)[1]
Fonds propres en augmentation CHF 55,313 milliard (2015)[1]
Bilan comptable en diminution CHF 943 milliard (2015)[1]
Résultat net en augmentation CHF 6,203 milliard (2015)[1]

UBS est une société de services financiers dont les sièges sont à Bâle et à Zurich, en Suisse. C'est la plus grande banque de gestion de fortune dans le monde[2] avec des actifs investis de 2,689 milliards de CHF en 2015. Ses activités principales sont la banque privée, la banque d'investissement, et la gestion de fortune. En Suisse, elle a également des activités de banque de détail et commerciale où son principal concurrent est le Crédit suisse[3].

Avec une présence dans plus de 50 pays, notamment aux États-Unis avec des sièges sociaux à Manhattan (banque d'investissement), Jersey City, Weehawken (gestion privée), et Stamford (marchés de capitaux)[4], UBS employe 60 000 personnes. Le montant total des actifs s'élève à 942 milliards de francs suisses. UBS est organisée en six divisions principales constituées du "Corporate Center", plus les cinq divisions commerciales "Wealth Management", "Wealth Management Americas", "Retail & Corporate", "Global Asset Management" et "Investment Bank"[5].

UBS est également le principal partenaire de la Tate Modern[6]. Propriétaire d'une très large collection d'art contemporain, la banque suisse est un acteur majeur de la sphère artistique actuelle[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Succursale d'UBS à Zoug, Suisse

L'UBS résulte de la fusion de l'Union de banques suisses et de la Société de banque suisse le , fusion annoncée le . Depuis lors, le terme «UBS» est utilisé comme nom courant de l'entreprise, au même titre que 3M ou BP par exemple. Les deux banques fusionnées avaient acquis dès 1945 jusqu'à la fin du siècle des entreprises bien connues comme Schroders, Munchmeyer, Hengst & Co., Chase Investors Management Corporation, Phillips & Drew, Interhandel, Eidgenössische Bank, Aargauer Kreditanstalt, Warburg Dillon Read, Brinson Partners, O'Connor & Associates et Basler Handelsbank[8].

L'UBS existe aujourd'hui comme conglomérat de dizaines d'entreprises dont plusieurs ont été fondées au XIXe siècle. Ces entreprises ont finalement fusionné avec le temps en les trois prédécesseurs majeurs Union de banques suisses, Société de banque suisse, et Paine Webber.

Société de Banque Suisse[modifier | modifier le code]

Bank in Winterthur, fondé en 1862
Toggenburger Bank, fondé en 1863

Son origine et ses débuts (1854–1945)[modifier | modifier le code]

La Société de Banque Suisse a été fondée en 1854 quand six banques de gestion de fortune formaient un consortium nommé Bankverein à Bâle[9]. La date officielle de la création d'UBS est néanmoins en 1862, lorsque la Banque de Winterthur a été créée (UBS a fêté ses 150 ans en 2012)[10]. En 1871, elles ont créé ensemble avec le Frankfurter Bankverein une société anonyme: le Basler Bankverein. En 1886, après la fusion avec le Zürcher Bankverein et l'acquisition de la Basler Depositenbank et Schweizerische Unionbank, le nom a été finalement changé en Schweizerischer Bankverein, en français : Société de banque suisse. Après que la banque a commencé avec une somme initiale de CHF 30 million et CHF 6 million en part du capital, elle a rapidement eu des problèmes liés à des grandes pertes en Allemagne et qui ont eu pour effet la suspension de tout dividende jusqu’en 1879. Le nom anglais d’origine était Swiss Bankverein, mais il a été changé en Swiss Bank Corporation (SBC) en 1917.

Voici ci-dessous une illustration des fusions et acquisitions majeures[11]:


Société de banque suisse
(Fusionné en 1998 avec Union de banques suisses)
Société de banque suisse
(fusionné 1897)
Basler & Zürcher Bankverein
(est. 1880)

Basler Bankverein
(est. 1856 comme Bankverein, renommé en 1872)



Zürcher Bankverein
(est. 1889)




Basler Depositenbank
(est. 1882)



Schweiz Unionbank
(est. 1889)




Basler Handelsbank
(est. 1862, acq. 1945)



O'Connor & Associates
(est. 1977, acq. 1992)



Brinson Partners
(est. 1989, acq. 1994)


Warburg Dillon Read
(fusionné 1997 comme filiale de Société de banque suisse)

S. G. Warburg & Co.
(est. 1946, acq. 1995)



Dillon, Read & Co.
(est. 1832, acq. 1997)




St-Gall, 1920
Succursale de Londre, 1900

La SBS a ensuite connu une période de croissance interrompue lors de la première guerre mondiale, pendant laquelle la banque a perdu ses investissements dans un grand nombre de compagnies industrielles. À la fin de 1918, la banque avait récupéré et dépassé 1 milliard de fortune totale et 2000 employés en 1920. L’impact du crash boursier de 1929 et de la grande dépression a été forte, particulièrement dû au fait que le franc suisse a souffert une dévaluation majeure en 1936. La banque a vu sa fortune tomber de 1,6 milliard de franc en 1929 à son niveau de 1918, c’est-à-dire 1 milliard en 1936.

Dillon, Read & Co., qui a débuté dans les années 1830, était une des sociétés les plus prolifiques de Wall Street dans les années 1920 et 1930 et ce jusqu'aux années 1990. C'était un groupe puissant dans le domaine des fusion-acquisition. Dillon Read était en négociations pour être vendu à ING, qui possédait déjà 25 % des actions de la société mais les partenaires de Dillon Read craignait les plans d'intégration de ING. Après l'acquisition par la Société de banque suisse, Dillon Read a été unifié avec SBS-Warburg en SBS-Warburg Dillon Read. Après la fusion de SBS avec l'Union de banques suisses, le nom du département a été changé en Warburg Dillon Read, après Warburg. La marque de Dillon Read a été réutilisée pour le fonds spéculatif Dillon Read Capital Management. Ce bureau, situé dans le Equitable Building a été opérationnel quelques semaines après le début de la guerre[12].

L’après-guerre (1945–1990)[modifier | modifier le code]

Former Swiss Bank Tower at 623 Fifth Avenue, New York City, ouverte 1990.

En 1945, la SBS a acquis la Basler Handelsbank (Commercial Bank of Basel), qui était l’une des plus grandes banques de Suisse mais qui était en faillite à la fin de la guerre. La SBC est restée parmi l’une des souscripteurs de dettes principaux du gouvernement suisse pendant l’après-guerre. La SBS qui avait commencé les années 1950 avec 31 branche en Suisse et trois à l’étranger, a plus que doublé sa fortune de la fin de la guerre pour atteindre 4 milliard de francs à la fin des années 1950, et l’a doublé encore au milieu des années 1960, dépassant 10 milliards en 1965. En 1961, la SBS acquit la Banque Populaire Valaisanne, basée à Sion, en Suisse et la Banque Populaire de Sierre[13]. La banque a ouvert une branche complète à Tokyo en 1970. En 1992, la SBS acquiert O'Connor & Associates, une entreprise basée à Chicago qui gère des options et l’une des plus grande sur le marché dans les échanges financiers des options au États-Unis. O'Connor a été combiné avec les activités de la SBS de marché monétaire et du capital et pour former un marché global du capital. En 1994, la SBS acquiert Brinson Partners, une entreprise de gestion de fonds qui fournit un accès au marché global aux institutions américainess pour US$750 million[14]. À la suite de l’acquisition, son fondateur Gary P. Brinson dirige la gestion de fortune pour la SBS et plus tard lorsque la SBS est intégrée à l’UBS, il est nommé directeur de la banque d’investissement de la gestion de fortune mondiale d’UBS. L’acquisition de S.G. Warburg & Co., une banque d’investissement britannique en 1995 pour le prix de US$1.4 milliard, cela a signifié une poussée majeure dans la banque d’investissement. S.G. Warburg & Co. avait déjà établi une réputation de banque téméraire qui était devenue une des banques d’investissement les plus respectée de Londres[15]. Cependant, un développement de Warburg aux États-Unis s’était avérée couteuse et une tentative en 1994 de fusion avec Morgan Stanley avait échouée[16]. La SBS a fusionné l’entreprise avec sa propre banque d’investissement pour créer la SBS Warburg[17].

Union de banques suisses[modifier | modifier le code]

Son origine et ses débuts (1854–1945)[modifier | modifier le code]

Union de banque suisse à Bâle vers 1920[18]

L'Union de banques suisses, en allemand: Schweizerische Bankgesellschaft, créée par une fusion en 1912, avait ses racines avec la Bank in Winterthur (fondé en 1862, spécialisée dans le financement industriel) et la Toggenburger Bank (fondée en 1863, caisse d'épargne)[19]. La banque de Winterthour fondée en 1862 avec un capital initial de CHF 5 million, s’est concentré sur le financement des industries et autres compagnies[20], et a fortement profité de ses connexions ferroviaires et de grands entrepôts pendant la guerre civile américaine, alors que le prix du coton avait augmenté fortement[21]. Initialement, le nom en anglais était traduit par Swiss Banking Association, mais il a été changé en Union Bank of Switzerland pour obtenir la même abréviation qu'en français: UBS. La banque en son ensemble représentait une fortune totale de CHF 202 million et un total de part d’actionnaire de CHF 46 million. En 1917, UBS a complété la construction de son nouveau siège social. En 1917, l'Union de banques suisses emménage dans le nouveau siège principal à la Bahnhofstrasse à Zurich, considérée être le Wall Street de la Suisse. En 1923, des filiales étaient établies dans toute la Suisse.

Voici ci-dessous une illustration des fusions et acquisitions majeures:


Union de banques suisses
(Fusionné en 1998 avec Société de banque suisse)
Union de banques suisses
(fusionné 1912)

Bank in Winterthur
(est. 1862)



Toggenburger Bank
(est. 1863)



Aargauische Kreditanstalt
(fusionné 1915, acq. 1919)

Aargauische Kreditanstalt
(est. 1872)



Bank in Baden
(est. 1863)




Eidgenössische Bank
(est. 1863, acq. 1945)



Interhandel
(est. 1928, acq. 1967)



Phillips & Drew
(est. 1895 comme G.A. Phillips & Co., acq. 1986)



Chase Investors Management Corporation
(est. 1972 comme filiale)


Schroder, Munchmeyer, Hengst & Co.
(fusionné 1969, acq. 1997)

Schröder Brothers & Co.
(est. 1846)



Münchmeyer & Co.
(est. 1855)



Frederick Hengst & Co.




Siège principal d'UBS à Zurich, Suisse, Bahnhofstrasse 45

La Grande Dépression et les deux guerres mondiales ont été une période difficile pour les deux banques qui ont survécu aussi grâce aux affaires avec l'État suisse car il n'y avait pas beaucoup d'investissements privés. En 1937, Warja Honegger-Lavater a créé le logotype avec les trois clés pour la Société de banque suisse qui est toujours le logo de l'UBS aujourd'hui. En 1939, les deux banques comme des autres banques suisses ont vécu de l'afflux de beaucoup d'argent privé des pays impliqués dans la guerre. La Société de Banque Suisse a ouvert dans la même année une filiale à New York comme mesure de précaution pour sauver les fortunes de ses clients en cas d'invasion de la Suisse par l'Allemagne[22]. Bien que la banque ait souffert après la première guerre mondiale et la grande dépression, elle a été en mesure de faire plusieurs petites acquisitions ; en 1937, elle a établi Intrag AG, un gestionnaire de fortune responsable de fonds (ex : fonds mutuels).

L'après-guerre (1945–1990)[modifier | modifier le code]

Peu après la fin de la deuxième guerre mondiale, l’Union de Banque Suisse finalisa l’acquisition de la « Eidgenössische Bank », une grande banque basée à Zurich qui était devenue insolvable. A la suite de cette fusion, l’Union de Banque Suisse a dépassé le milliard de francs de fortune et a déplacé son siège social à Zurich. UBS a ouvert des succursales et acquis une séries d’autres banques les années suivantes, allant de 31 bureau en 1950 à 81 bureau aux début des années 1960.

En 1960, l’Union de Banque Suisse a acquis 80% des parts de Argor SA, une raffinerie de métal précieux fondée en 1951 dans le canton du Tessin. En 1973, la banque a augmenté ses parts à 100% bien que sa propriété a finalement été vendue entre 1986 et 1999 à Argor-Heraeus SA. UBS continue à produire des lingots d’or auprès de Argor-Heraeus, particulièrement connu pour la technologie holographique unique qu’il utilise pour fournir une protection accrue contre les contrefaçons de lingot d’or[23].

En 1962, l’Union de Banque Suisse a atteint une fortune de CHF 6.96 milliard, passant au devant de la Société de Banque Suisse pour devenir la plus grande banque de Suisse[24]. Sa croissance rapide a été ponctuée en 1967 par l’acquisition de Interhandel (Industrie- und Handelsbeteiligungen AG, la société successeure de I.G. Chemie), qui a fait de UBS une des banques les plus puissantes en Europe.Interhandel était devenue riche quand une action en justice concernant la GAF Materials Corporation, une société connue précédemment comme General Aniline & Film et saisie pendant la guerre par le gouvernement américain, a été résolu en 1963[25],[26].

Dans les années 1980, l’Union de Banque Suisse a établi sa position dominante en tant que fournisseur de eurobonds. A la suite de deux acquisitions majeurs en 1986 (Phillips & Drew and Deutsche Länderbank), UBS a fait sa première acquisition aux États-Unis en 1991 avec Chase Investors Management Corporation, la division de asset management de Chase Manhattan Bank. Au moment de son acquisition, cette société gérait plus de US$30 milliard de fortune[27].

Après 1990[modifier | modifier le code]

Bâtiment de Schröder, Münchmeyer, Hengst & Co. utilisé comme succursale d’UBS à Offenbach am Main

Dans les années 1990, l'Union de banques suisses était la plus conservative des trois plus grandes banques suisses, incluant la Société de Banque Suisse et la Crédit suisse (Schweizerische Kreditanstalt), en mettant l'accent sur la banque de détail, la gestion de fortune et l'assurance-vie. En 1993, l'Union de Banques Suisse a voulu acquérir la Schweizerische Volksbank, la quatrième plus grandes banques de Suisse, mais c'est Crédit suisse qui l'a absorbée, devenant ainsi la plus grandes banque suisse jusqu'à la fusion de l'Union de Banques Suisse avec la Société de Banque Suisse en 1998. La même année, elle est la principale victime de la quasi-faillite du hedge fund américain Long Term Capital Management dont elle doit enregistrer les trois-quart des pertes[28],[29],[30]. À cette époque, la banque est riche d'une grande partie de la rente pétrolière qu'elle traite[31]. Dans les années suivantes et en rivalité avec le Crédit suisse, elle poursuit une course à la taille dont les conséquences dangereuses se révèleront rapidement[32].

Les années 2000[modifier | modifier le code]

Bank Julius Bär, Succursale à Frankfurt am Main

Le , elle fait l'acquisition du groupe américain Paine Webber, devenant ainsi temporairement la plus grande banque privée mondiale [33]. Le début des années 2000, après le krach boursier de 2001-2002 qui sanctionne la fin de la bulle Internet et sur les télécoms, marque le début de sérieuses difficultés. UBS est tout d'abord l'une des dix grandes banques d'investissement à avoir signé un compromis à 1,4 milliard de dollars sur la question de l'indépendance de l'analyse financière, via l'accord amiable d'avril 2003, avec la SEC et [34] l'association des courtiers américains.

Paine Webber
Paine Webber
(consolidé 3 filiales en 1984; fusionné en 2000 avec UBS)
Paine, Webber, Jackson & Curtis
(fusionné 1942)

Paine & Webber
(est. 1880)



Jackson & Curtis
(est. 1879)




Mitchell Hutchins
(est. 1938, acq. 1975)


Blyth, Eastman Dillon & Co.
(fusionné 1972, acq. 1979)

Blyth & Co.
est. 1914 as Blyth, Witter & Co.


Eastman Dillon Union Securities & Co.
(fusionné 1956)

Union Securities
est. 1939 comme filialisation
from J. & W. Seligman & Co.



Eastman Dillon & Co.
(est. 1912)





Kidder, Peabody & Co.
(est. 1864, acq. 1995)



J.C. Bradford & Co.
(est. 1928, acq. 2000)



Le UBS achète le Banco Pactual au Brésil[35]. En septembre 2006, il revend l'équipementier Dapta (Thiers), détenu par sa filiale Eurodec Industries, au fonds d'investissement Green Recovery et à l'allemand Leiptod. Cent salariés sur les 400 du site de Thiers étaient menacés de licenciement collectif[36].

UBS WMA Headquarters à Lincoln Harbor à Weehawken, NJ

UBS employait plus de 83 000 personnes en 2007[37]. Le montant total des actifs sous gestion s'élevait à 2 652 milliards de francs suisses pour une capitalisation boursière de 156 milliards de CHF au 9 janvier 2007 (48 milliards de CHF mi-septembre 2008) et des fonds propres de 40 milliards.

En , refinancée dans l'urgence à des conditions de «détresse» après des pertes dans la crise des subprimes, la banque annonce pour la première fois de son histoire, une perte[38],[39].

Particulièrement affectée par la crise des subprimes, l'UBS a enregistré des sorties nettes de 226 milliards de CHF et une perte de 19,697 milliards de CHF en 2008. Elle a été recapitalisée[40] trois fois à hauteur de 6 milliards de CHF et la BNS lui a racheté des actifs toxiques pour 39,1 milliards de dollars au cours de la même période[41]. En novembre 2013, UBS rachète Stabfund, la bad bank créée à partir de certains actifs d'UBS pendant la crise, pour 3,762 milliards de dollars[42]. Après 5 ans, le gouvernement fédéral et la Banque nationale suisse réalisent des bénéfices de plusieurs milliards de dollars avec la sauvetage de l'UBS en 2008. Les contribuables et l'économie ne sont pas affectés. Oswald Grübel, l'ancien patron de l'UBS qualifie le plan de sauvetage même comme « le meilleure opération commerciale jamais réalisée par la banque nationale »[43].

En 2009, le nom de la banque est associée à l'affaire Madoff[44]. L'UBS annonce en avril 2009 qu'il va vendre une partie des services financiers en Brésil, UBS Pactual, après seulement trois années, à BTG Investments pour USD 2,5 milliards, augmentant le ratio Tier 1 des fonds propres d'environ 0,6 pourcent, et calmant les rumeurs d'une nouvelle augmentation de capital [45]. Le directeur de la division Investment Banking, Jerker Johansson, démissionne, et la banque annonce une réduction du nombre d'employés et que la majorité des primes pour le management sera payée seulement après trois ans sous la forme d'options sur actions[46]. En juillet 2009, UBS fait l'objet d'une poursuite judiciaire de la part du gouvernement des États-Unis, car UBS refuse de révéler le nom de 52 000 clients américains[47],[48]. À la fin de juillet 2009, UBS et le fisc américain sont parvenus à une entente sur le litige qui les opposaient[49]. En même temps les sorties nettes de capitaux se hissent de 14.9 à CHF 39.4 milliards au deuxième trimestre 2009. L'UBS annonce le remplacement du directeur général, Marcel Rohner par Oswald Grübel fin février, et le président du conseil d'administration, Peter Kurer, quitte la banque mi-avril pour être remplacé par l'ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger[50].

Depuis 2010[modifier | modifier le code]

En 2012, UBS annonce la suppression d'environ 10 000 employés soit près de 1 salarié sur 6. L'entreprise passer de 63 500 employés en 2012 à 54 000 en 2015[51]. En même temps, l'UBS est devenu la banque de gestion de fortune la plus grande du monde [52]. En 2015, elle s'apprête à s'étendre en Asie et à s'installer en Chine à Shanghai[53].

Le 14 juin 2015, la banque s’adapte aux exigences réglementaires touchant l’ensemble du secteur bancaire et prend le nom de UBS Switzerland AG[54]. Dès 2015, la banque à annoncer une réorganisation de mi-2015 jusqu'au début de 2016 [55] qui devrait lui permettre d'atteindre les nouvelles normes réglementaires dans le délai prévu de quatre ans[56]. Pour maintenir le cap, elle a prévu un gel des salaires temporaire [57] et a effectué des rachats de capital[58].

Après un bilan positif fin 2015[59], l’UBS prévoit une baisse de sa croissance essentiellement liée à l’état de l’économie mondiale[60],[61],[62]. L’Indicateur UBS de la consommation a augmenté au premier trimestre 2016. Celui-ci est calculé pour indiquer l’évolution de la consommation des ménages en Suisse, qui représente près de la moitié du PIB suisse[63]. Après le premier trimestre 2016, les actionnaires ne sont toujours pas satisfaits[64].

UBS a reçu ordre par l’administration fédérale des contributions de transférer des informations sur certains clients suite à une requête de la France d’assistance administrative internationale dans le domaine des impôts« Request for international administrative assistance in tax matters »,‎ (consulté le 13 décembre 2016), non sans un certain désaccord du CEO de UBS« Sergio Ermotti attaque de front la politique d'entraide fiscale du Conseil fédéral »,‎ (consulté le 13 décembre 2016). Cette requête est à comprendre sous les nouvelles obligations, à partir du 1er janvier 2017 en Suisse, de transférer automatiquement les données pertinentes des clients entre les états tous les ans. Trois nouveaux témoignages sont sortis cette année sur les affaires: ceux de Georges Blum (directeur général, puis président de l’ancienne SBS), de Raoul Weil (ancien patron de la gestion de fortune) et de Bradley Birkenfeld (gérant de fortune). Yves Genier, « UBS, le grand déballage commence »,‎ (consulté le 13 décembre 2016) UBS reste prudent pour 2017[65]. Elle ouvre une nouvelle filière à Frankfort en décembre 2016[66],[67]. La banque investit aussi dans les pays émergeants[68].

Chiffres[modifier | modifier le code]

L'UBS est présente dans la plupart des centres financiers mondiaux, avec des bureaux dans 50 pays différents. Selon le site web de la compagnie, le nombre d'employés en date du s'élevait à 60 088. Le 36% travaille en Suisse, le 35% en Amérique, le 17% en Europe/Proche-Orient/Afrique et le 12% en la région Asie-Pacifique[69].

Bureau de la banque d’investissement à Stamford dans le Connecticut.

Son centre d'opérations boursières à Stamford détient le record dans le Livre Guinness des records du plus grand trading floor au monde. Large comme deux terrains de football américain (9 600 mètres carrés), il peut accueillir jusqu'à 1 400 traders.

Au premier trimestre 2015 (janvier à mars), la banque a effectué un bénéfice net de 1,98 milliard de francs[70]. La gestion de fortune (Wealth Management) a dégagé un résultat avant impôts de 951 millions (+ 47 % par rapport au quatrième trimestre 2014). La banque d’affaires a fait un bénéfice avant impôts de 774 millions.

Le cours des actions de UBS a fortement changé ces 10 dernières années avec un maximum à près de 80 Fr en 2007 et un minimum à moins de 10 Fr en 2009. En 2015, l’action se maintient autour de 20 Fr[71]. UBS se positionne 73e dans le classement Forbes le plus récent des plus grandes compagnies du monde[72].

Les actionnaires les plus importants de l'UBS sont, à la date du 31 décembre 2015, Chase Nominees LTD, London (9,14 % du capital total), GIC Private Limited, Singapore (6,38 %), DTC (Cede & Co.), New York (6.14%) et Nortrust Nominees Ltd, London (3,6 %). En 2008 lors de la crise des subprimes, GIC Private Limited a investi 11 milliards de CHF à UBS pour l’aider à se renflouer. UBS déclare en début d'année 2016 que l'augmentation de l'immigration serait bénéfique pour l'économie suisse[73].


Formation[modifier | modifier le code]

L’UBS offre chaque année plus de 300 places pour les apprenti(e)s et les stagiaires en Suisse et jusqu’en 2009, 90% de ces apprenti(e)s étaient embauché(e)s. Ce chiffre a été réduit à 50% depuis. À côté de cela, un programme interne de promotion des diplômé(e)s hautement qualifié(e)s a été mis en place et de nouveaux contrats de travail de 9 mois introduits[74]. De plus, il existe au niveau mondial un programme de promotion des talents pour les meilleurs diplômé(e)s.

Direction[modifier | modifier le code]

Le président Marcel Ospel ne se re-présente pas pour les élections lors de l’assemblée générale des actionnaires du 23 avril 2008 à la suite de la crise des subprimes. Peter Kurer, qui était conseiller général, lui a succédé.

Marcel Rohner, numéro deux du groupe, quitte l'UBS fin à la suite des déboires d'UBS avec le fisc américain. Oswald Grübel, ancien dirigeant du Credit Suisse, l'a remplacé. L’ancien président de la Deutsche Bundesbank Axel A. Weber a été nominé mi-2011 pour les élections de l’assemblée générale du conseil en 2012 et devait être élu président du conseil après le départ en retraite de Villiger en 2013[75],[76]. Cependant, en mai 2012, Villiger et un autre membre du conseil Bruno Gehrig ont démissionné[77].

Peter Kurer quitte le groupe le 4 mars 2009. Kaspar Villiger, ancien conseiller fédéral suisse chargé des finances, sera nommé pour lui succéder le 15 avril 2009[78]. Le 1er avril 2009, Grübel a engagé Ulrich Körner dans le nouveau rôle de Chief Operating Officer (COO) et CEO du siège social. La tâche principale de Körner était de réduire les coûts administratifs et augmenter les profits[79].

Oswald Grübel démissionne le 24 septembre 2011, à la suite de l'affaire concernant les opérations de négoce non autorisées où la banque a perdu 2,3 milliards de francs suisses. Sergio Ermotti est nommé CEO en novembre 2011[80]. Deux nouveaux administrateurs vont être proposés en mai 2016 lors de l’assemblée générale: Dieter Wemmer, et Robert Scully[81]. Des changements dans la direction ont été annoncés, avec Martin Blessing qui remplacera Lukas Gähwiler en tant que président d’UBS Suisse à partir du 1er septembre 2016 tandis que ce dernier occupera la fonction de président (Chairman) de la région Suisse[82].


Le Board of Directors est l'organe de la compagnie qui a la responsabilité finale pour la stratégie, la gestion, la nomination et le contrôle du Group Executive Board[83]. ! Le Group Executive Board est l'organe exécutif de la compagnie. Après quelques nouvelles nominations en 2016[84],[85], ses membres sont :
  • Axel Weber (Président since 2014)
  • Michel Demaré (Vice-président since 2014)
  • David Sidwell (Senior Independent Director since 2014)
  • Reto Francioni (since 2014)
  • Ann F. Godbehere (since 2014)
  • Axel P. Lehmann (since 2014)
  • William G. Parrett (since 2014)
  • Robert W. Scully (since 2016)
  • Dieter Wemmer (since 2016)
  • Isabelle Romy (since 2014)
  • Beatrice Weder di Mauro (ancien membre du Conseil allemand des experts économiques since 2014)
  • Joseph Yam (since 2014)
  • Markus Baumann (Company Secretary since 2017)
  • Sergio Ermotti (Group Chief Executive Officer since 2014)
  • Martin Blessing (President Personal & Corporate Banking and President UBS Switzerland since 2016)
  • Markus U. Diethelm (Group General Counsel since 2014)
  • Ulrich Körner (CEO Global Asset Management & CEO of UBS Group Europe, Middle East and Africa since 2014)
  • Christian Bluhm (Group Chief Risk Officer since 2016)
  • Axel P. Lehmann (Group Chief Operating Officer since 2016)
  • Tom Naratil (CEO Wealth Management Americas et CEO UBS Group Americas since 2014)
  • Kirt Gardner (Group Chief Financial Officer since 2016)
  • Andrea Orcel (CEO Investment Bank since 2014)
  • Kathryn Shih (CEO UBS Group Asia Pacific since 2016)
  • Jürg Zeltner (CEO UBS Wealth Management since 2014)
  • Sabine Keller-Busse (Group Head Human Resources since 2016)

Actionnaires[modifier | modifier le code]

Les actionnaires les plus importants de UBS étaient en 2014 : GIC Private Limited, BlackRock et Norges Bank avec respectivement 7.07%, 4.89% et 3.30% des capitaux totaux d’actions. En 2008 pendant la crise des subprime, GIC Private Limited a investi CHF 11 milliard dans UBS pour lui éviter la faillite, devenant ainsi son actionnaire le plus important.

Divisions[modifier | modifier le code]

UBS est organisée en 6 divisions principales[86] :

Wealth Management Wealth Management Americas Retail & Corporate Global Asset Management Investment Bank Corporate Center

Juridiquement, UBS a créé en 2014 une nouvelle holding nommée UBS Group SA qui possède toutes les actions de l'UBS SA[91]. Les actions de l'UBS Group SA remplacent ainsi celles de l'UBS AG à la Bourse suisse SIX et à la Bourse américaine NYSE. La cause de la restructuration juridique était les exigences des autorités suisses relatives aux Too big to fail[92]. UBS a finalisé sa transformation en holding début septembre 2015. L’ancienne action (UBS SA) a été retirée et UBS Groupe SA possède l’intégralité de ces titres à la bourse suisse. Depuis, seules les actions de la holding sont cotées en bourse au niveau mondial[93].

Concurrents[modifier | modifier le code]

Succursales de UBS et Credit Suisse côte à côte à Zurich

Ses principaux concurrents sont, en Suisse : Credit Suisse, Banque cantonale de Zurich et Banque cantonale vaudoise, Raiffeisen, en Europe: Deutsche Bank, HSBC, Crédit agricole (Amundi), BNP Paribas, Natixis, Royal Bank of Scotland, Santander et Unicredit, aux États-Unis: Citigroup, Goldman Sachs, JP Morgan, Morgan Stanley et Bank of America, entre autres.

Responsabilité sociale de l’entreprise[modifier | modifier le code]

En janvier 2010, UBS a produit un nouveau code de bonne conduite et de déontologie que les employés ont été encouragés à signer[94]. Ce code traite des problèmes tels que les crimes financiers, la compétition, la confidentialité ainsi que les droits de l’homme et les problèmes environnementaux. Les huit pages de ce code indiquent aussi les sanctions possibles pour les employés qui ne le respecteraient pas. Celles-ci comprennent des avertissements, rétrogradations ou renvois[95]. Selon Kaspar Villiger, ancien Chairman of the Board, et Oswald Grübel, ancien CEO du groupe, le code fait «partie intégrante du changement dans la façon dont UBS mène ses affaires[96]

En 2011, UBS a étendu sa base de donnée de conformité pour inclure des informations sur les problèmes environnementaux et sociaux fournis par RepRisk[97], une entreprise internationale spécialisée dans la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, l’analyse des risques et leurs mesures[98]. Ceci a été fait pour limiter les risques sociaux et environnementaux qui pourraient nuire à la réputation de la banque ou à ses résultats financiers et pour, en même temps, aider la standardisation globale et l’implémentation systématique des procédures de diligence requise[99]. Les données de RepRisk sont aussi utilisées pour évaluer les clients et les partenaires potentiels[100], ainsi que pour réévaluer périodiquement les clients actuels et les risques liés aux transactions des banques d’investissements et aux prêts aux institutions[101],[102]

Autres projets d'UBS[modifier | modifier le code]

Monnaie virtuelle[modifier | modifier le code]

UBS a développé une monnaie virtuelle en collaboration avec Clearmatics, une société britannique. Le projet s’appelle «Utility Settlement Coin» (USC), et il utilise la technologie dite Blockchain. Cette monnaie devrait faciliter et réduire les coûts des transactions entre instituts financiers[103],[104].

Affaires[105][modifier | modifier le code]

Comptes en déshérence[modifier | modifier le code]

Lingot d’or frappé du logo d’UBS.

En 1962, l'UBS constate que de nombreux comptes n'ont pas évolué depuis la Seconde Guerre mondiale et que cet argent (dont les propriétaires sont décédés durant la guerre) stationne dans des comptes en déshérence à cause du règlement qui stipule qu'un membre de famille doit produire un certificat de décès pour avoir accès au compte bancaire[106].

En 1995, au 50e anniversaire de la fin de la guerre, plusieurs journaux israéliens exigent que l'argent qui appartenait à des Juifs et qui se trouve dans les comptes en déshérence soit restitué à leurs héritiers - une somme qu'ils estiment à près de 50 millions de francs suisse. Le banquier Robert Studer provoque la polémique en qualifiant de peanuts (négligeable) la part ayant appartenu aux Juifs. Les banques suisses annoncent que cet argent représente 38 millions de francs dans 775 comptes. Les associations juives qualifient ce chiffre d'inacceptable et le président Jean-Pascal Delamuraz parle d'un "chantage" du congrès juif mondial.

Une commission d'enquête, la commission Volcker est créée en vue de faire toute la lumière sur les comptes en déshérence. En 1999 le rapport de la commission annonce qu'il s'agit de 200 à 400 millions de francs dans 53886 comptes répartis sur 59 banques appartenant à UBS ainsi qu'à d'autres sociétés[107].

En janvier 1997, le gardien de nuit Christoph Meili a vu deux poubelles comprenant beaucoup de livres et papiers préparés pour le destructeur de documents dans un bâtiment d'UBS à Zurich [108]. Il y avait aussi 40 pages de documents concernant des immeubles et hypothèques de Berlin et Breslau des années 1933, 1934 et 1937 [109]. C'était le commerce de l'Eidgenossische Bank, une banque suisse qui avait effectué beaucoup de transactions en Allemagne en ce temps-là. Elle avait fait faillite après la guerre et UBS avait repris une partie de l'entreprise. Meili a décidé de prendre ces documents, à son avis historiquement intéressants, à domicile et de les publier dans les médias sans contacter la banque.

La révélation a fait beaucoup de bruit dans les tabloïds suisses, car quelques semaines avant seulement, une nouvelle loi fédérale avait été adoptée interdisant la destruction des documents reliés à l’holocauste. L'historien de la banque a dit par la suite qu'il a revu les documents trouvés par Meili et qu'ils n'avaient aucune relation avec l’holocauste et que l'on détruisait régulièrement beaucoup de documents anciens. Néanmoins, on a quand même porté plainte au pénal contre lui, et en même temps contre Meili à cause de la violation du secret bancaire[110]. Le procureur a classé les deux plaintes sans suite en septembre 1997. L'historien a perdu son travail à UBS parce que la documentation du processus de destruction des papiers n'était pas suffisante. Meili a aussi perdu son travail chez l'agence de sécurité Wache AG à cause d'abus de confiance.

Début de crash boursier en Inde[modifier | modifier le code]

Le lundi noir est un début de krach boursier survenu en Inde le 17 mai 2004. À la suite de cet événement, le Security and Exchange Board of India, organisme de régulation des marchés financiers en Inde interdit préventivement à UBS Securities Asia Ltd (filiale UBS en Asie) de prolonger et de renouveler des contrats pour des produits dérivés (P-notes) à des clients du pays. L'interdiction d'une durée d'un an est lancée exactement un an après le lundi noir. Le Security and Exchange Board of India suspecte que les transactions commerciales de UBS ont provoqué le lundi noir[111]. Cette interdiction est levée 5 mois plus tard par la cour d'appel qui juge que la décision du Security and Exchange Board of India est injustifiée[112].

Financement des partis politiques suisses[modifier | modifier le code]

En octobre 2008, selon des sources anonymes du journal Sonntagsblick, les banques suisses, notamment l'UBS et le Crédit suisse financent les campagnes électorales des partis politiques libéraux à la hauteur de près de 2 millions de francs pour 3 partis. Serge Gumy, journaliste de La Tribune de Genève, estime que ce procédé «flirte dangereusement avec les limites de la corruption». Andreas Kern, porte-parole de l'UBS reconnaît que les banques financent les partis «depuis longtemps», mais se refuse à tout commentaire sur les montants versés. Selon Christophe Darbellay, président du Parti démocrate-chrétien, l'argent que reçoit le parti provient des deux banques ainsi que de «toutes sortes d'entreprises, PME et multinationales», et la somme totale reçue (1 million de francs) représente 40 % du budget annuel du parti[113].

Crise des subprimes[modifier | modifier le code]

En 2008, touchée par la crise des subprimes, l'UBS enregistre la plus grosse perte de son histoire: 20 milliards de francs suisses[114].

En vue d'assurer l'avenir économique de la Suisse, le Conseil fédéral lance un plan de sauvetage. La Banque nationale suisse, principalement propriété des Cantons, rachète 90 % des actifs toxiques détenus par l'UBS, pour un montant de 40 milliards de dollars américains. L'argent nécessaire est emprunté auprès de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed), et les actifs sont alors contrôlés par une filiale de la Banque nationale suisse – une nouvelle filiale créée dans ce but. L'État achète en outre pour 6 milliards de francs d'obligations convertibles en actions, à un taux de 12 %, et devient ainsi un des principaux actionnaires de l'UBS. 7,2 milliards de francs seront remboursés par la banque, générant ainsi un bénéfice pour l'État de 1,2 milliard de francs[115].

Quelques jours après l'annonce du plan de sauvetage, l'UBS annonce qu'elle continuera de verser des bonus à son personnel – conformément à leurs contrats de travail, soit 2 milliards de francs répartis sur 77 000 employés – beaucoup moins que l'année précédente[116]. Eveline Widmer-Schlumpf, ministre suppléante des Finances se dit scandalisée par cette déclaration[117].

À la fin de l'année 2008, grâce au renflouement de l'American International Group (AIG) par la Réserve fédérale des États-Unis, celui-ci peut rembourser près de 5 milliards de dollars à l'UBS[118]

Aide à l'évasion fiscale[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

UBS New York City, sur Avenue of the Americas

Entre 2001 et 2007 la justice des États-Unis enquête sur un business transfrontalier: des citoyens des États-Unis cachent une partie de leur fortune dans des banques à l'étranger, de manière à échapper aux impôts (évasion fiscale). L'enquête détermine que l'UBS est impliquée dans ce business, et qu'une partie de l'argent est évadé dans des banques en Suisse – pays dont la législation rend possible cette pratique: selon la loi suisse, l'évasion fiscale est un délit mineur, et la loi n'autorise pas l'entraide judiciaire internationale pour ce type de délit.

L'Internal Revenue Service (IRS), le fisc américain, a menacé de rendre public une liste de 52 000 clients américains d'UBS soupçonnés d'avoir fraudé le fisc, et obtient l'aveu spontané de 7 500 d'entre eux. L'IRS fait pression sur Igor Olenicoff, un des 20 hommes les plus riches du pays, surnommé ironiquement «le milliardaire aux poches vides» par le magazine Forbes, et obtient le nom de Bradley Birkenfeld, ancien cadre et gérant de fortune de l'UBS, citoyen des États-Unis, et ayant exercé à Genève. Lors de son jugement, celui-ci plaide coupable, puis coopère activement avec la justice américaine, dans le but d'alléger sa peine[119].

Le , un tribunal américain condamne l'UBS à une amende de 780 millions de dollars et menace de retirer sa licence aux États-Unis (l'interdisant ainsi d'exercer dans ce pays); la justice obtient alors - sous la pression - une liste de 300 titulaires de comptes[120]. L'affaire tourne alors en litige administratif entre les deux pays, le droit du secret bancaire en Suisse interdisant à une banque de divulguer les noms de ses clients. Les autorités suisses ont conclu que le secret bancaire était destiné à « protéger la vie privée et non la fraude fiscale »[121]. Sous la menace d'une procédure pénale, la Suisse accepte en août 2009 un accord de coopération avec l'IRS[122]. Les États-Unis ont toutefois entamé par la suite une procédure civile afin d'obtenir l'identité des 52 000 titulaires de comptes numérotés en Suisse, et en janvier 2010 la Suisse a décidé de suspendre l'accord d'août 2009 qui devait permettre à l'IRS d'obtenir l'identité de 4 500 clients de banques suisses[123]. En juin 2016, la justice américaine a renoncé à une de ses requêtes contre UBS dans la mesure où UBS a fourni elle-même les documents qui étaient requis[124],[125]. Maintenant, un nouveau livre de Bradley Birkenfeld, un ancien employé de UBS déjà responsable de nombres déclarations concernant les affaires de UBS aux États-Unis est attendu pour octobre[126]. De plus, plusieurs banques, dont l'UBS souhaitent lever l'anonymat des sociétés-écrans aux USA. Celles-ci sont soupçonnées de faciliter l'évasion fiscale ainsi que le blanchiment d'argent[127].

En Allemagne[modifier | modifier le code]

UBS est accusée d'avoir facilité la fraude fiscale à des clients allemands, notamment en leur permettant de dissimuler leur argent au Liechtenstein ou à travers des sociétés-écrans à Singapour ou à Panama[128]. Le gendarme financier allemand a lancé une enquête contre la Banque en avril 2010[129].

En France[modifier | modifier le code]

Le 12 avril 2012, après les États-Unis et l'Allemagne, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire contre UBS pour soupçon d'évasion fiscale[130].

En mai 2013, la filiale française d’UBS a été mise en examen pour complicité de démarchage illicite de riches Français à qui ses commerciaux auraient proposé d’ouvrir des comptes non déclarés en Suisse au début 2000. Elle est aussi placée sous statut de témoin assisté pour blanchiment de démarchage et blanchiment de fraude fiscale[131]. Le 6 juin 2013, UBS AG est aussi mise en examen pour «démarchage bancaire ou financier illicite»[132]. Cela conduit à une amende de 10 millions d’euros pour « laxisme » lors des contrôles de ses pratiques, le 25 juin 2013. Le 23 juillet 2014, elle doit verser une caution de 1,1 milliard d’euros lors de sa mise en examen pour « blanchiment aggravé de fraude fiscale ». Elle fait recours contre la décision des juges d’instruction, qui sera confirmée par la Cour d'appel de Paris le 22 septembre puis par la Cour de cassation le 17 décembre 2014. La caution a été payée le 30 septembre 2014[133]. À la suite de la découverte de 38 000 comptes de clients français totalisant 12 milliards d'euros dissimulés en 2008, UBS va être renvoyé devant le tribunal correctionnel[134]. Jean-Frédéric de Leusse, CEO d'UBS France, dénonce une attaque infondée contre UBS[135]. Une ancienne manager de marketing chez UBS France, Stéphanie Gibaud a dû témoigner plusieurs fois après que UBS ait lancé plusieurs procédures en justice liées à ses déclarations de lanceuse d’alerte contre la banque[136].

Le 24 juin 2016, l’ancien numéro 2 d’UBS France Patrick de Fayet, mis en examen avec d'autres responsables, adresse un courrier au juge et au parquet pour leur indiquer qu’il reconnaît sa culpabilité, s’agissant de l’infraction principale, à savoir le démarchage illicite. Le 8 juillet 2016, le parquet national financier requiert le renvoi devant le tribunal correctionnel d’UBS AG et UBS France, en qualité de personnes morales, ainsi que d’une demi-douzaine d’anciens dirigeants de la banque[137],[138],[139],[140].

En Belgique[modifier | modifier le code]

En juin 2014, le chef exécutif de UBS Belgique, Marcel Brühwiller, a été arrêté pour cause de suspicion de fraude. Les bureaux de UBS Belgique et la résidence de Mr Brühwiler ont aussi été fouillés. UBS Belgique aurait prétendument recruté de riches belges et leur aurait proposé de placer leur argent sur des comptes secrets suisses, leur permettant ainsi d’éviter les impôts[141].

Déforestation en Malaisie et blanchiment d’argent[modifier | modifier le code]

Le Bruno Manser Fonds (BMF) a déposé une plainte contre UBS en 2012. UBS est soupçonné d’avoir accepté et blanchi plus de 90 millions de dollars d’origine douteuse en 2006 et 2007[142]. Le Ministère public de la Confédération a entamé une procédure pénale contre UBS et contre inconnu pour blanchiment présumé de fonds le 29 aout 2012. Le dirigeant malais Musa Aman serait impliqué en relation avec le commerce de bois tropical[143].

Affaire du « crédit lombard »[modifier | modifier le code]

Des clients ont porté plainte contre UBS pour leur avoir fait perdre beaucoup d'argent avec la technique spéculative du « crédit lombard » , qui consiste à nantir des titres (actions ou autres) pour ensuite investir l'argent issu des prêts dans des produits financiers risqués[144]. La Banque n'aurait pas ou mal averti les investisseurs des risques, notamment des conséquences en cas de chute de la valeur des titres hypothéqués, ce qui a débouché sur de grandes pertes lors de la crise de 2008.

Implication dans le scandale Madoff et rôle de Luxalpha[modifier | modifier le code]

La banque UBS a placé l'argent d'investisseurs dans les pyramides financières de Bernard Madoff via le fond Luxalpha, une société d'investissement à capital variable du Luxembourg[145]. Or, il a été découvert qu'UBS était promoteur, administrateur et dépositaire de Luxalpha. La législation européenne oblige le dépositaire à rembourser les sommes qui lui sont confiées en cas de disparition des actifs, mais UBS a refusé, prétendant que « le fonds a été créé à la demande d'investisseurs avertis souhaitant, en toute connaissance de cause, investir avec Madoff. Selon certaines sources, « UBS aurait par ailleurs tenté, dans les dernières semaines précédant l'éclatement du scandale Madoff, de se soustraire à ses responsabilités à l'égard de Luxalpha ». Le nom de Madoff était par ailleurs explicitement cité dans les documents internes de Luxalpha[146]. . En , 80 ex-investisseurs d'UBS ont porté plainte contre la banque pour tromperie[147].

Procédure juridique contre les anciens dirigeants[modifier | modifier le code]

Le 14 avril 2010, l'assemblée générale des actionnaires a refusé d'accorder la décharge aux dirigeants d'UBS de 2007 (52,75 % de non à la décharge, 45,9 % de oui et 1,35 % d’abstentions). Le 14 octobre 2010, à la veille du délai de prescription, le conseil d'administration a annoncé avoir renoncé à poursuivre les anciens dirigeants de la banque.

Fraude d'un trader en 2011[modifier | modifier le code]

Le 15 septembre 2011, UBS annonce que les positions risquées de son trader londonien Kweku Adoboli, travaillant pour son compte ont entraîné la perte de US$ 2 milliards[148]. Cette somme a par la suite été revue à la hausse, à 2,3 milliards $US[149]. . Le trader s'est défendu, affirmant avoir informé sa hiérarchie de ses transactions[150].

Cette perte de trading a provoqué de sérieux remous, dont la démission du directeur général Oswald Grübel le 24 septembre[151]. Par ailleurs, l'agence de notation Moody's a évoqué la possibilité de dégrader la note d'UBS en raison des « faiblesses du groupe en matière de gestion des risques »[152].

Ironiquement, cette affaire est intervenue au moment où la banque faisait une grande campagne de publicité louant la confiance[153].

La note d'UBS a été abaissée par l'agence de notation Standard and Poor's en novembre 2011[154].

Kweku Adoboli est reconnu coupable de fraude et condamné à 7 ans de prison par un tribunal londonien le 20 novembre 2012[155].

Scandale du Libor[modifier | modifier le code]

Le 19 décembre 2012, UBS a accepté de payer 1,5 milliard de dollars, dont 700 millions de $ à la CFTC (plus grosse amende de l'histoire de cette agence), pour clore les poursuites des régulateurs au sujet de la manipulation du Libor[156]. UBS a été accusée d'avoir manipulé les taux du Libor et des taux similaires pendant plus de 6 ans. Le taux du Libor est utilisé pour fixer les taux de plus de 300 000 milliards de $ de crédits, et la manipulation des taux par UBS et d'autres banques aurait, par exemple, couté plus de 3 milliards de dollars rien qu'à Fanny Mae et Freddy Mac. Plus de 45 employés d'UBS auraient été au courant de cette manipulation ou y auraient participé, et deux traders d'UBS ont été poursuivis pour conspiration.

En novembre 2014, après une enquête de la Financial Conduct Authority (Royaume-Uni), de la Finma (Suisse), de la Commodity Futures Trading Commission (États-Unis) et de l'Office of the Comptroller of the Currency (États-Unis), Bank of America, Citigroup, HSBC, JP Morgan Chase, Royal Bank of Scotland et UBS ont payé une amende de 4,2 milliards de dollars dans le cadre d'ententes pour manipuler le cours du Libor, un indice de taux de change[157].

Scandale de la manipulation du marché des changes ou Forex (1991–2015)[modifier | modifier le code]

UBS est l’une de plusieurs banques importantes trouvée coupable de manipuler les taux de changes entre monnaies étrangères dans le monde. Le 20 mai 2015, les autorités américaines ont jugé que devait payer $545 million pour finir une procédure regardant la manipulation des taux d’échanges monétaires. UBS a été l’une des premières parmi d’autres banques à avouer ses manquements et ainsi a évité d’être mise en examen par le département de justice américain[158]. Une amende de $203 million est liée aux activités de UBS sur le marché des changes en contradiction avec un accord précédent fait avec les États-Unis concernant le scandale du Libor. Cet accord dépendait de l’adhésion de la banque aux lois américaines et de sa capacité à éviter tous nouveaux délits pendant deux ans. L’accord avait été conclu en 2012 et les investigations concernant le Forex ont commencé moins d’une année plus tard, révoquant ainsi son statut protégé. En plus de l’amende de $203 million, UBS a dû plaider coupable pour les charges de fraude électronique dans le scandale du Libor comme partie de l’accord avec le département de la justice américain. À partir de mai 2015, UBS a suivi une période de mise à l’épreuve de trois ans avec le département de la justice[159].

Scandale des fonds de Porto Rico[modifier | modifier le code]

UBS a vendu une grande quantité des fonds de Porto Rico qui étaient en grande partie concentrés sur la dette du gouvernement de l’île de Porto Rico[160]. Les fonds ont perdu jusqu’à 75 % de leurs valeurs depuis 2008. Les pertes ont commencé en 2013 lors d’une faiblesse générale sur les marchés et l’augmentation de la dette portoricaine. UBS doit maintenant faire face à de nombreuses plaintes de ses investisseurs auprès de l'autorité de surveillance financière portoricaine, qui réclament plus de $900 millions en dommages[161],[162]. UBS avait déjà eu des problèmes avec ces fonds portoricains en 2012. Le 11 septembre 2015, UBS AG a gagné face à un investisseur après une longue série de pertes vis-à-vis d’autres investisseurs[163].

Panama papers[modifier | modifier le code]

UBS est citée parmi les banques impliquées dans le scandale des Panama Papers révélé en 2016[164], notamment dans la création de sociétés fictives offshore[165],[166],[167]. Les sociétés-écrans enregistrées aux Bahamas pourraient jouer un rôle aussi important dans l'évasion fiscale[168].

Sponsoring et Charités[modifier | modifier le code]

L'UBS a lancé le "UBS Future of Finance Challenge" pour promouvoir les innovations dans le domaine de la finance. Le vainqueur 2015 est l'entreprise Aesthetic integration[169]. L'UBS a été reconnue pour ses efforts pour lutter contre la crise d'Ebola[170]. La banque prévoit d'obtenir 75 % de son énergie par les renouvelables d'ici à 2020[171].

Depuis 2014, le programme "Venture for America" offre des encouragements à de jeunes diplômé(e)s pour lancer leur carrière de chef d’entreprise et aider à revitaliser les villes américaines. « Venture for America » (consulté le 13 décembre 2016) Après une formation de cinq semaines, les diplômé(e)s passent deux ans dans une start-up pour pouvoir ensuite créer leur propre entreprise. Les vainqueurs de 2015 ont été annoncés le 19 septembre 2016.« Venture for America and UBS announce 2016 UBS Venture Catalyst Award winners » (consulté le 13 décembre 2016)

Sport[modifier | modifier le code]

Dès 2010, UBS est Global Partner de la Formule 1. En 2014, l'engagement a été réduit de 50 millions à 30 millions de francs suisses par année[172]. L'UBS soutient beaucoup d'autres évènements et organisations de sport, particulièrement des tournois de golf, ski de fond, et hockey sur glace. UBS était le sponsor d'Alinghi, le syndicat ayant gagné la Coupe de l'America en 2003 et en 2007.

Événements et institutions majeurs

Golf et autres


Courses populaires

Culture[modifier | modifier le code]

Bâle, sculpture dynamique devant la banque UBS

L'engagement de l'UBS dans le sponsoring de culture est focalisé dans l'art contemporain et la musique classique, mais inclut aussi une variété de festivals et autres événements et organisations[175].

Institutions

Festivals

Expositions

Publications phares[modifier | modifier le code]

  • La Suisse en chiffres (paraît une fois par an)
  • Prix et salaires (paraît tous les trois ans)
  • UBS Investor's Guide (paraît deux fois par mois)
  • UBS Outlook, panorama de l'économie suisse et mondiale (paraît quatre fois par an)
  • UBS Research Focus (paraît suivant l'actualité du moment)
  • UBS Wealth Management (paraît quatre fois par an)

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • UBS : Le cauchemar américain. Une banque dans la tourmente des "SUBPRIME". Documentaire, Suisse, 2008, 52 Min., Réalisation Jean-Daniel Bohnenblust et Steven Artels, Production TSR – Télévision Suisse Romande Lien vers la vidéo
  • Der Fall. Wie die UBS in den Strudel der Finanzkrise geriet. Documentaire, Suisse, 2008, 50 Min., Réalisation : Hansjürg Zumstein, Production: SF, Lien vers la vidéo
  • "Generation Startup". Un nouveau film documentaire retrace les débuts de deux compagnies primées en 2014, la première année de l’UBS Venture Catalyst Award, Banza (une compagnie de pâte en pois chiche) et Castle (un système de gestion de propriété). « Generation Startup » a eu sa première le 23 septembre 2016 au IFC Center à New York City. « Generation Startup »,‎ (consulté le 13 décembre 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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