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Banque cantonale de Fribourg

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Banque cantonale de Fribourg
logo de Banque cantonale de Fribourg
illustration de Banque cantonale de Fribourg

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Institut de droit public (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social FribourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées 46° 48′ 07″ N, 7° 09′ 04″ E
Activité Activités de services financiers, à l’exception des assurances et des caisses de retraite. (d)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Produits Banque de détail, crédits, gestion de fortune, négoce de titres
Site web www.bcf.ch
www.fkb.chVoir et modifier les données sur Wikidata

La Banque cantonale de Fribourg (BCF) est la banque cantonale du canton de Fribourg, en Suisse. Fondée en 1892, elle est constituée en établissement autonome de droit public et bénéficie de la garantie de l’État[2]. Au fil de son histoire, elle a développé les services d’une banque universelle de proximité. Elle propose une gamme de prestations allant de la banque de détail aux crédits, en passant par la gestion de fortune et le négoce de titres. Sa clientèle est composée de particuliers, de petites et moyennes entreprises, de grandes sociétés, ainsi que d’administrations publiques et d’institutions.

La BCF concentre principalement ses activités dans le canton de Fribourg, tout en pouvant opérer hors canton dans des limites définies par la loi[2]. Elle est membre de l’Union des banques cantonales suisses.

Fondation et bases légales

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La Banque de l’État de Fribourg (BEF), future Banque cantonale de Fribourg (BCF), est instituée par une loi adoptée le par le Grand Conseil fribourgeois. Elle succède à la Caisse d’amortissement de la dette publique fondée en 1867, dont les ressources limitées ne suffisent plus à répondre aux besoins économiques du canton[2].

La création de la BEF est soutenue par plusieurs personnalités politiques, dont Georges Python, futur fondateur de l’Université de Fribourg. Dès son origine, la banque est constituée en personne morale de droit public, distincte de l’État mais bénéficiant de sa garantie pour l’ensemble de ses engagements[2].

La loi de 1892, largement inspirée de celle de la Caisse d’amortissement, est entièrement révisée en 1913, puis modifiée en 1920, 1936 et 1952. Le cadre légal actuel repose sur la loi du sur la Banque cantonale de Fribourg, qui a été adaptée à plusieurs reprises entre 1993 et 2016[2],[3].

Changements de dénomination

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Créée sous le nom de Banque de l’État de Fribourg (BEF), l’institution adopte en 1996 la dénomination Banque cantonale de Fribourg (BCF), afin de mieux refléter son rôle au sein du réseau des banques cantonales suisses.

Développement historique

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Durant la première moitié du XXe siècle, la BEF étend progressivement ses activités, ajuste son cadre légal et ouvre plusieurs succursales dans le canton. En 1907, elle quitte la Grand-Rue pour s’installer dans un bâtiment situé Place Notre-Dame.

La croissance continue de la banque conduit à la construction d’un nouveau siège, inauguré en 1982 au Boulevard de Pérolles et conçu par l’architecte tessinois Mario Botta[4].

Depuis 2024, un vaste programme de rénovation du siège de Pérolles est entrepris, avec la participation de Mario Botta, afin de moderniser le bâtiment, adapter les espaces de travail et améliorer l’efficacité énergétique[5],[6],[7].

Les missions initiales de la Banque de l’État de Fribourg, bien que peu détaillées dans la loi de 1892, incluent :

  • le développement économique du canton ;
  • le paiement d’une rente annuelle en faveur de l’Université de Fribourg ;
  • le service des intérêts et l’amortissement des emprunts de l’État.

La loi du supprime la mission liée à l’amortissement de la dette de l’État, devenue trop lourde, et assigne à la banque de nouvelles tâches : soutenir l’agriculture, le commerce et l’industrie, et procurer des ressources financières au canton. La banque doit également verser un intérêt sur le capital de dotation et reverser à la Caisse de l’État le solde de son bénéfice net, après constitution des réserves[2].

La loi du reformule les missions dans une optique moderne. Elle charge la banque :

  • de contribuer au développement de l’économie cantonale ;
  • de répondre aux besoins financiers de la population et des entreprises ;
  • d’offrir des possibilités de placements sûrs pour l’épargne et les capitaux ;
  • de procurer des ressources financières au canton[2].

Depuis 1908, la BEF puis la BCF agit également en qualité d’agence de la Banque nationale suisse.

Capital de dotation

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Lors de sa création en 1892, la banque reçoit un capital de dotation de 15 millions de francs, provenant d’un emprunt à 3 % placé en France, ainsi que le solde actif de la Caisse d’amortissement (750 000 francs). En raison du manque de capitaux disponibles dans le canton, une convention est conclue avec le Crédit algérien et la Banque Goudchaux & Cie à Paris pour souscrire l’emprunt.

Le capital est augmenté à plusieurs reprises :

  • +6 millions de francs en 1899 ;
  • +9 millions de francs en 1913, issus d’un fonds spécial de l’État ;
  • 40 millions de francs en 1975 ;
  • 50 millions en 1979 ;
  • 70 millions en 1981.

Cadre institutionnel

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La BCF est soumise à la surveillance de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA). Le Conseil d’État soutient la mise en œuvre des décisions fédérales et veille au respect de la législation cantonale. Les comptes annuels de la banque, accompagnés des rapports du conseil d’administration et de l’organe de révision externe, sont soumis à l’approbation du Grand Conseil[2].

Conseil d’administration

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À l’origine, le conseil d’administration comprend le Directeur des finances de l’État, qui le préside, ainsi que huit membres élus par le Grand Conseil. En 1913, le Conseil d’État obtient le droit de nommer deux membres supplémentaires, portant le nombre total à onze. En 1920, le Directeur des finances cesse d’être président de droit ; à partir de cette date, le Conseil d’État nomme le président sur proposition du conseil d’administration. Le nombre d’administrateurs est ensuite porté à treize : six membres élus par le Grand Conseil, cinq par le Conseil d’État et deux cooptés.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi du , le conseil d’administration est composé de sept membres[2]. Cette structure répond aux standards modernes de gouvernance bancaire.

Parmi les présidents successifs figurent :

  • Alphonse Théraulaz (1893–1911)
  • Jean-Marie Musy (1911–1919)
  • Léon Daguet (1920–1949)
  • Joseph Ackermann (1950–1952)
  • Théo Ayer (1952–1972)
  • Arnold Waeber (1973–1987)
  • Félicien Morel (1988–1991)
  • Pierre Rime (1992–1993)
  • Claude Schorderet (1994–2005)[8]
  • Gilbert Monneron (2006–2011)
  • Jean-Louis Romanens (2011–2012, ad intérim)
  • Albert Michel (2012–2022)
  • Alex Geissbühler (depuis 2022)[9],[10]

Direction générale

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Le modèle de direction évolue au fil du temps. À l’origine, la banque est dirigée par un directeur général et un directeur, tous deux élus par le Grand Conseil. Dès 1903, la fonction est limitée à un seul directeur. À partir de 1913, le directeur est nommé par le Conseil d’État.

La loi de 1988 introduit une direction générale composée d’un directeur général et de directeurs responsables de différentes divisions. Parmi les directeurs généraux successifs figurent :

  • François-Xavier Menoud (1892–1900)
  • Louis Grivel (1900–1903)
  • Jules Sallin (1903–1912)
  • Charles Schnyder (1912–1920)
  • Benjamin Erne (1920–1933)
  • Ernest Macherel (1933–1951)
  • André von der Weid (1952–1964)
  • Rodolphe Sidler (1964–1974)
  • Louis Rigolet (1974–1992)
  • Albert Michel (1993–2011)
  • Edgar Jeitziner (2012–2021)
  • Daniel Wenger (depuis 2021)[11]

Organisation

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Le premier siège de la banque est installé à la Grand-Rue 26, dans les anciens locaux de la Caisse d’amortissement. L’augmentation des affaires rend ces locaux rapidement insuffisants. En 1904, l’Hôtel des Merciers est démoli pour permettre la construction d’un nouvel immeuble. La banque s’installe en 1907 dans ce bâtiment situé à la Place Notre-Dame, où elle demeure jusqu’en 1982.

Le , la banque inaugure son nouveau siège au Boulevard de Pérolles, conçu par l’architecte tessinois Mario Botta[12]. À partir de 2024, un projet de rénovation d’envergure est entrepris pour moderniser l’édifice[13],[14].

Réseau de succursales

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À sa création, la banque reprend les cinq agences de la Caisse d’amortissement, situées à Bulle, Morat, Romont, Châtel-Saint-Denis et Cousset. La succursale de Cousset est fermée en 1917, tandis que les autres restent en activité. En 1900, la banque ouvre une agence à Paris afin de collecter des fonds français, mais cette implantation ferme dès 1902. Par la suite, la BCF développe progressivement un réseau de succursales couvrant l’ensemble du canton de Fribourg.

Domaines d’activité

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Selon la loi cantonale et la législation fédérale, la Banque cantonale de Fribourg exerce les activités d’une banque universelle et d’un négociant en valeurs mobilières. Elle est soumise à la Loi sur les banques et les caisses d’épargne ainsi qu’à la Loi sur les bourses et le commerce des valeurs mobilières.

Ses domaines d’activité comprennent notamment :

  • la banque de détail (comptes, épargne, paiements) ;
  • le financement des particuliers et des entreprises ;
  • les prêts hypothécaires ;
  • la gestion de fortune et le conseil en placement ;
  • le négoce de titres ;
  • des prestations de trésorerie[15].

La banque concentre l’essentiel de son activité sur le territoire cantonal. Les opérations hors canton ou à l'étranger sont autorisées dans la mesure où elles ne présentent pas de risques particuliers et ne compromettent pas la capacité de l’établissement à répondre aux besoins de l’économie fribourgeoise[2].

La BCF s’engage également dans des initiatives culturelles, sociales et sportives au niveau régional, dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale.

Chiffres clés

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Les résultats de la BCF font régulièrement l’objet de publications dans la presse régionale et nationale. La banque a notamment enregistré un exercice qualifié de « record » en 2023[16]. La presse a également relevé la hausse des résultats et la continuité des bénéfices sur plusieurs décennies[17],[18].

Les chiffres détaillés (total du bilan, résultat net, fonds propres, nombre de collaborateurs, etc.) sont publiés dans les rapports annuels de la banque[19].

Liens externes

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Notes et références

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  1. Pressearchiv 20. Jahrhundert (organisation), consulté le .Voir et modifier les données sur Wikidata
  2. a b c d e f g h i et j « Loi sur la Banque cantonale de Fribourg (LBCF) », sur Canton de Fribourg – Base de données législative (consulté le )
  3. « PV de la session du 17 juin 2016 du Grand Conseil », sur Canton de Fribourg (consulté le )
  4. « Un livre dédié au bâti fribourgeois récent », sur La Liberté (consulté le )
  5. « L’architecte Mario Botta transforme son œuvre », sur BCF (consulté le )
  6. « Le siège de la Banque cantonale de Fribourg va faire peau neuve », sur La Gruyère (consulté le )
  7. « Mario Botta rénove le siège de la banque cantonale à Fribourg », sur Swissinfo (consulté le )
  8. « Des pros à la tête de la Banque cantonale », sur La Liberté (consulté le )
  9. « Alex Geissbühler sera le futur président de la BCF », sur La Liberté (consulté le )
  10. « Un nouveau président pour la BCF en 2022 », sur Frapp (consulté le )
  11. « Daniel Wenger dirigera la BCF », sur La Gruyère (consulté le )
  12. « Ouvrage et exposition sur le bâti à Fribourg entre 1950 et 2000 », sur La Liberté (consulté le )
  13. « Mario Botta transformera la BCF à Fribourg qu’il a conçue », sur Frapp (consulté le )
  14. « Mario Botta rénove le siège de la banque cantonale à Fribourg », sur RTS (consulté le )
  15. « Rapports de gestion et rapports intermédiaires », sur BCF (consulté le )
  16. « Banques : la BCF enregistre un exercice record en 2023 », sur La Gruyère (consulté le )
  17. « La Banque cantonale de Fribourg signe des résultats en nette hausse », sur Swissinfo (consulté le )
  18. « 30 ans de bénéfices pour la BCF », sur Frapp (consulté le )
  19. « Rapports annuels de la Banque cantonale de Fribourg », sur BCF (consulté le )