Libération sous caution

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Traditionnellement, la libération sous caution désigne une procédure légale s'appliquant à un suspect. La caution est une forme de propriété, souvent une somme d'argent, déposée ou promise à une cour dans le but de la persuader de relâcher un suspect, étant entendu qu'il reviendra à son procès ou renoncera à sa caution (avec la conséquence d'être arrêté pour avoir refusé de se présenter). Dans certains cas, une somme d'argent peut être remise au suspect à la fin du procès, si toutes les requêtes de présence ont été honorées, peu importe le verdict rendu (coupable ou innocent).

Dans quelques pays, la pratique de la libération sous caution est courante. Cette décision appartient à la cour et celle-ci peut la refuser pour différents motifs (par exemple, si l'accusé peut s'enfuir hors du pays ou refuser sciemment de se présenter au procès). Des pays n'offrant pas la libération sous caution emprisonnent les suspects avant leur procès si c'est jugé nécessaire ou peuvent demander, par l'intermédiaire de juges, le versement d'une caution comme provision financière pour indemniser les victimes, régler les frais d'avocat de la partie adverse ou payer les amendes (en France, ce type de caution est déposé à la Caisse des dépôts et consignations et n'entraîne pas automatiquement l'emprisonnement si elle n'est pas réglée). Dans le cas de certains crimes, notamment ceux passibles de la peine de mort, la libération sous caution est automatiquement refusée.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, la libération sous caution est devenue presque la règle, puisqu'elle permet d'éviter l'incarcération d'un prévenu qui bénéficie de la présomption d'innocence surtout dans le cadre où les prisons américaines sont soumises à une situation de surpopulation carcérale. Mais cette pratique est encadrée par le 8e amendement de la Constitution américaine qui exige de « ne pas requérir de caution excessive »[1].

La plupart des prévenus qui ne peuvent disposer de cash pour régler la somme requise dans un bref délai. peuvent faire appel à des « garants de caution judiciaire », appelés bondsmen (en) en anglais, dont l'activité (qui n'existe d'ailleurs qu'aux États-Unis et aux Philippines) est proche de celle d'un agent d'assurance. La plupart des États américains exigent des bondsmen la possession d'une licence professionnelle. Seul quatre États (l'Illinois, le Kentucky, l'Oregon et le Wisconsin) l'interdisent complètement cette activité[1].

Celui-ci demande au prévenu de régler 6 à 20 % de la somme qu'il ne récupèrera pas et qui constitue une commission sur laquelle le garant se rémunère. L'accusé doit également fournir au bondsman un dépôt de garantie : soit une part importante la somme en liquide, soit une propriété d'une valeur au moins égale au total dû[1].

En contrepartie, le garant soumet à la cour un contrat par lequel il accepte de payer la caution dans l'éventualité où le prévenu ne se présenterait pas aux audiences. Ces contrats sont la plupart du temps financés par des compagnies d'assurance capables de mettre rapidement le capital à disposition[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Pauline Fréour, « La caution, particularité du système judiciaire américain », sur Le Figaro, (consulté le 25 février 2017)