Sabah

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sabah (homonymie).
Page d’aide sur l’homonymie Pour les articles ayant des titres homophones, voir Saba (homonymie) et Sabbat.
Sabah
Blason de Sabah
Héraldique
Drapeau de Sabah
Drapeau
     Sabah       Malaisie
     Sabah     Malaisie
Administration
Pays Drapeau de la Malaisie Malaisie
Statut État de Malaisie
Capitale Kota Kinabalu
Gouverneur Juhar Hj Mahiruddin
Premier ministre Musa Aman
Démographie
Population 3 543 000 hab. (2015)
Densité 47 hab./km2
Géographie
Coordonnées 5° 15′ nord, 117° 00′ est
Superficie 7 611 500 ha = 76 115 km2
Divers
Devise Sabah Maju Jaya
Hymne Sabah Tanah Airku

Le Sabah est l'un des deux États de Malaisie orientale situés sur l'île de Bornéo. Il est le deuxième État malaisien par sa superficie (76 115 km), après son voisin (Sarawak). Il est situé au nord-est de l'île de Bornéo. La ville principale et capitale de l'État est Kota Kinabalu. En 2015 sa population en forte progression s'élève à 3,54 millions qui peuplent principalement les régions côtières car l'intérieur du territoire est en grande partie couvert par une épaisse jungle. Celle-ci un tant menacée par une exploitation forestière abusive et la multiplication des plantations destinées à produire l'huile de palme, abrite une faune remarquable. Malgré l'abondance de ses ressources naturelles (bois tropical, gaz, pétrole, huile de palme), le Sabah a longtemps accusé un retard de développement important par rapport à la péninsule malaisienne. Grâce à des investissements importants, il est en cours de rattrapage. Le Sabah est connu sous l'appellation de Terre sous le vent.

Géographie[modifier | modifier le code]

Sabah est situé au nord-est de l'île de Bornéo et sa superficie est de 77 500 km². Cet État de Malaisie est bordé sur trois côtés par des mers : au nord par la Mer de Chine méridionale, au nord-est par la mer de Sulu et au sud-est par la mer des Célèbes. La longueur de ses côtes est de 1743 km dont 295,5 km sont soumises à une érosion côtière[1]. Sabah a une frontière à l'ouest avec le Sarawak (autre état de Malaisie) et au sud avec le Kalimantan, territoire de l'île de Bornéo faisant partie de l'Indonésie. Le Sabah, comme l'état voisin du Sarawak, présente un relief étagé entre l'intérieur des terres et la côte. Les côtes sont bordées de mangroves et de forêts à nypas. Tout au long des côtes on trouve des plages de sable qui, dans les zones les plus abritées, sont mélangées avec la vase. La partie occidentale du Sabah est la plus accidentée avec les trois plus hauts sommets de l’État. La chaîne Crocker dont l'altitude varie entre 1000 et 4000 mètres s'étire du nord au sud parallèlement et à quelques dizaines de kilomètres de la côte donnant sur la la Mer de Chine méridionale. Ce massif est dominé à son extrémité nord par le Mont Kinabalu qui avec ses 4095 mètres constitue le plus haut sommet de l'Asie en dehors des massifs de l'Himalaya et de la Nouvelle-Guinée. Le réseau hydrographique de Sabah est constitué par un très grand nombre de rivières alimentées par les précipitations abondantes (de 2 à 3 mètres annuel) qui caractérisent le climat de la région. Le principal cours d'eau est le Kinabatangan long de 560 km et dont le bassin versant draine les eaux du centre de l’État avant de se jeter dans la mer de Sulu et qui s'étend sur 16 800 km² soit 23% de sa superficie. A l'ouest le Padas (bassin versant de 8 774 km²) se jette dans la Mer de Chine méridionale. Les autres fleuves importants se jettent tous dans la mer de Sulu. Ce sont le Labuk (bassin versant de 3 240 km²) et le Sugut (2 150 km²) situés au nord-ouest et le Segama (2 450 km²) situé au nord-est.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Sabah est équatorial c'est à dire chaud et humide. La température est relativement uniforme tout au long de l'année et est comprise entre 23°C le matin et 32°C dans la journée. La saison des pluies, liée à la mousson d'hiver, va de septembre à janvier et produit des précipitations de forte intensité. Les précipitations annuelles peuvent dépasser 3 mètres par an et l'humidité particulièrement élevée atteint 80 à 90 % dans les basses terres. Durant la période des brûlis, vers septembre, une brume sèche peut recouvrir la région. On peut distinguer des variations régionales. Alors que les précipitations annuelles ne dépassent pas 2,8 mètres dans la capitale Kota Kinabalu située sur la côte nord, elles montent à plus de 3 mètres sur la côte nord-est vers Sandakan. Dans le sud-est de l’État, près de la frontière avec l'Indonésie, dans la baie de Lahad Datu et la ville de Tawau, les précipitations annuelles descendent en dessous de 2 mètres et de 150 mm par mois entre juin et septembre. Dans les régions montagneuses comme dans la chaîne Crocker, la température est plus fraiche au fur et à mesure que l'on monte en altitude[2].

Observations météorologiques à Kota Kinabalu
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température moyenne (°C) 26,2 26,3 26,8 27,5 27,7 27,5 27,2 27,1 27 27 26,7 26,5 27
Précipitations (mm) 163 85 94 151 265 293 264 268 301 345 306 252 2 788
Source : « Climat: Kota Kinabalu », sur climate-data.org (consulté le 10 décembre 2017)


Population[modifier | modifier le code]

Évolution de la population
Année Population Croissance
1970 653 000
1980 1 011 000 +54,7%
1991 1 863 000 +84,3%
2000 2 603 485 +39,7%
2010 3 117 405 +19,7%
2015 3 543 000

Sabah compte en 2015 3 543 000 habitants soit une densité modeste selon les standards asiatiques de 47 habitants/km². Cette population a sextuplé en quatre décennies du fait d'une croissance naturelle vigoureuse mais surtout à la suite de l'afflux de réfugiés chassés par l'insurrection moro aux Philippines au début des années 1980 et d'une immigration importante venue essentiellement des Philippines et d'Indonésie attirée par la prospérité relative croissante de Sabah. Les malais comme dans le Surawaks voisin sont minoritaires avec une population estimée à 268 500 habitants en 2015 (7%). Les populations originaires de Bornéo représentent 1 968 000 habitants (49%). Ils sont, à l'image des malais catégorisés bumiputera ("fils du sol", c'est-à-dire "indigènes"), par opposition aux Chinois et aux Indiens et bénéficient à ce titre d'importants avantages. Ces populations indigènes sont par ordre décroissant d'effectif des Kadazan-Dusun (16%), des Bajaus (12%), des Muruts (3%) ainsi que des habitants faisant partie des 42 ethnies présentes dans l'Etat (18%). Les chinois sont 311 500 (9%) tandis que les indiens sont peu présents (12 200 habitants). Enfin les immigrés sont 870 400 (24%)[3],[4].

Les Kadazan-Dusun sont deux ethnies aux caractéristiques très proches vivant en général à l'intérieur des terres des produits de l'agriculture, de la pêche et de la chasse. Ils ont majoritairement chrétiens. La langue kadazan appartient à la famille malayo-polynésienne mais est distincte du malais. Elle est apparentée aux langues de Bornéo groupées sous le nom de dayak. Les Bajaus, qualifiés parfois de nomade de la mer, vivent en bord de mer des produits de leur pêche. Ils sont en partie animistes en partie musulmans.

En 2016 la croissance naturelle de la population est de 1,5%. L'espérance de vie est de 72,6 ans pour les hommes et de 76,3 ans pour les femmes. Le PIB est de 21081 ringgits (4388 €) par habitant. Le taux d'activité est de 70,8% pour les hommes et de 54,7% pour les femmes. Le taux de chômage est de 5,4%[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Premières occupations humaines[modifier | modifier le code]

Changements territoriaux dans le nord est de Bornéo entre 1500 et 1905.

Sultanats (thalassocraties) :

Les traces d'occupation humaines les plus anciennes remontent à 235 000 ans. Plusieurs centaines d'outils en pierre taillée remontant à cette époque ont été découverts en 2007 dans un site reculé de la vallée Mansuli situé dans le district Lahad Datu sur la côte est de Sabah. Ces vestiges démontrent que des hommes en provenance du sud-est de l'Asie ont colonisé l'île de Bornéo à cette époque en profitant de l'existence de passages reliant les îles au continent[6].

Dans la zone d'influence de Brunei[modifier | modifier le code]

D'après des informations fragmentaires disponibles, un petit royaume est fondé au IXe siècle au nord-ouest de Bornéo par un roi païen ou hindouiste connu par les Chinois sous le nom de Po-Li. Son territoire est situé à l'embouchure du fleuve Brunei, implantation actuelle du sultanat de Brunei. Selon le Nagarakertagama, rédigé en 1365 par le javanais Mpu Prapanca, ce royaume baptisé Barune est un État vassal du Majapahit[7]. En 1292 la flotte de l'empereur de Chine Kublai Khan envoie une expédition explorer l'île de Bornéo et on pense qu'un comptoir chinois est crééà cette occasion à l'embouchure du fleuve Kinabatangan. En 1369, le Sultanat de Sulu déclare la guerre à Po-ni et pille le royaume. Majapahit envoie une flotte pour défendre son vassal mais Po-ni est affaibli par l'attaque[8]. Un rapport chinois de 1371 décrit Po-ni comme une région pauvre et totalement sous contrôle de Majapahit[9].

Après la mort de l'empereur javanais Hayam Wuruk, Majapahit décline et perd le contrôle de ses possessions outre-mer. Brunei devient un vassal de la dynastie des Ming et paie un tribut tous les trois ans. Des relations commerciales régulières sont mises en place entre la Chine continentale et Brunei. L'extension de l'influence de Brunei débute à cette époque. Les rois de Brunei se convertissent à l'Islam au XVe siècle, et leur territoire s'étend de manière importante suite à la prise de Malacca par les Portugais qui reprend en partie le rôle commercial joué par comptoir[10],[11] sur les côtes de Bornéo et des Philippines. Le royaume de Brunei décline à partir du XVIIe siècle à la suite de querelles de successions et victime à la fois d'une recrudescence de la piraterie et de l'influence croissante des puissances coloniales européennes[12].

Les navigateurs portugais sont les premiers européens à visiter Brunei. Ils décrivent une ville entourée par une muraille de pierre. L'expédition de Magellan y fait également escale en 1521 peu après la perte de son capitaine. En 1703, en signe de reconnaissance pour l'aide que lui avait apportée le sultan de Sulu (l'archipel de Sulu se trouve dans le sud des Philippines actuelles) pour combattre une rébellion, le sultan de Brunei lui donne un territoire dans le Nord-Est de Bornéo.

North Borneo Chartered Company[modifier | modifier le code]

Dans les années 1840, l'intérêt des puissances coloniales pour Sulu s'accroît. En 1865, le consul américain à Brunei, Claude Lee Moses, obtient du sultan un bail de dix ans pour le territoire de Bornéo du Nord. Mais après la Guerre de Sécession, les États-Unis n'ont plus envie de s'occuper de colonies asiatiques. Moses vend ses droits à l'American Trading Company basée à Hong Kong. Celle-ci y établit un poste. Des difficultés financières et des fuites de travailleurs immigrés amènent à l'abandon du poste en 1866. Le bail expirant en 1875, l'American Trading Company vend ses droits au consul d'Autriche-Hongrie à Hong Kong, le baron von Overbeck. Overbeck obtient de Brunei un renouvellement de dix ans du bail. Il signe un accord similaire avec le sultan de Sulu en 1878. Mais son gouvernement n'est pas intéressé par le territoire. En 1881, les ex-associés d'Overbeck, les frères Dent, créent la British North Borneo Provisional Association Ltd et obtiennent une charte officielle pour créer la British North Borneo Chartered Company qui remplace l'Association. Kudat devient la capitale de la région mais celle-ci, à a la suite de fréquentes attaques de pirates est transférée en 1884 à Sandankan. le Protocole de Madrid de 1885 signé par le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Espagne reconnait la possession de l'archipel des Sulus par ce dernier pays tout formalisant le renoncement des espagnols aux revendications sur le nord de Bornéo. La North Borneo Chartered Company apporte une certaine prospérité dans le territoire de Sabah tout en tentant de mettre fin aux pratiques des chasseurs de tête, au commerce des esclaves, aux guerres entre tribus et à la piraterie. Le Bornéo du Nord devient protectorat britannique en 1888.

Occupation japonaise[modifier | modifier le code]

La Seconde guerre mondiale déclenche l'invasion par l'Armée japonaise du territoire de l'Asie du Sud-est. Le 3 janvier 1942 ces troupes débarquent dans l'île de Labuan et peu après envahissent le nord de Bornéo dont Sabah. les occupants se comportent de manière brutale ce qui pousse de nombreux habitants à se réfugier à l'intérieur des terres. Ils tentent de se concilier les malais tandis qu'ils pourchassent en particuliers les chinois. Albert Kwok, un jeune médecin chinois, organise un mouvement de résistance composé principalement de chinois et les populations indigènes (dusuns, muruts, suluks et Illanums). Celui-ci déclenche en octobre 1943 une révolte qui dans un premier temps remporte des succès et parvient à chasser les japonais de la capitale Jesselton et de plusieurs agglomérations des districts de Tuaran et Kota Belud. Mais les résistants manquent d'armement et les japonais reprennent rapidement le dessus. A la recherche des responsables de la résistance ils lancent une offensive contre les communautés indigènes occupant le littoral occidental de Sabah en massacrant de manière systématique les civils. Kwok décide de se rendre avec les principaux responsables du mouvement pour mettre fin aux exactions japonaises qui ont fait plusieurs milliers de victimes. Il est décapité avec ses lieutenants en janvier 1944 par l'occupant tandis que 175 autres détenus, souvent innocents, sont tués à la baïonnette et à la mitrailleuse. Les Alliés entament une campagne de reconquête de l'île en bombardant les principales localités dont Sandakan qui est rasée. Les japonais ont établi à cette époque le camp de Sandankan rassemblant plus de 2 700 prisonniers de guerre australiens et britanniques capturés principalement à Singapour dans le but de construire un terrain d'aviation. Les mauvais traitements, les exécutions sommaires, la faim et enfin des évacuations à marche forcée lorsque la défaite des japonais se profile, entrainent la mort de la totalité des prisonniers à l'exception de 6 hommes ayant réussi à s'échapper. On estime que par ailleurs que près de 16% de la population de Sabah est tué par les japonais durant les trois années d'occupation japonaise. De leur côté de nombreux soldats japonais sont décédés du fait de l'insuffisance de nourriture (entrainant des cas de cannibalisme), de la brutalité de leur encadrement et d'une nature particulièrement hostile. Après la capitulation du Japon, les autochtones se sont parfois vengés sur les envahisseurs. Sur les 25 000 japonais ayant occupé Sabah seuls quelques centaines regagnent leur patrie[13].

Colonie britannique[modifier | modifier le code]

Sabah devient une colonie de la Couronne le 1 juillet 1946, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La capitale Sandakan a été pratiquement détruite à la fois par les bombardements alliés et par les troupes japonaises, aussi les autorités coloniales décident de faire de Jesselton (aujourd'hui Kota Kinabalu) la nouvelle capitale. De nombreux services sont créés par les autorités anglaises pour restaurer l'économie de cette partie de Bornéo et améliorer le sort des habitants[14].

Création de la Malaisie[modifier | modifier le code]

La colonie obtient l'indépendance en 1963 et rejoint la Fédération de Malaisie sous le nom de Sabah[15]. C'est l'époque où le président indonésien Soekarno se lance dans une confrontation Indonésie-Malaisie. S'appuyant sur l'historique du don de la zone de l'est de Sabah par le sultan de Brunei à celui de Sulu, les Philippines revendiquent également le territoire[16],[17],[18],[19].

Article détaillé : Histoire de Brunei.

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

Le , 235 Philippins, la plupart armés accostent par bateau à Lahad Datu dans l'État de Sabah, déclenchant une réponse de la part des forces armées malaisiennes.

Article détaillé : Conflit de Sabah.

Économie[modifier | modifier le code]

Camion chargé de fruits du palmier à huile.

L'économie de Sabah repose principalement sur le secteur primaire : l'industrie extractive représente 21,8% du PIB et l'agriculture 25,3%. Les productions principales sont le pétrole, le gaz, le bois tropical et l'huile de palme. Le secteur secondaire représente 8,6% du PIB, la construction 3,1% et les services 40,9%. Le tourisme joue un rôle important avec une part dans le PIB de 10% en croissance malgré l'enlèvement récent de touristes par des groupes de militants sévissant dans l'est de l'Etat et en mer de Sulu. Les touristes sont principalement originaires de Chine (60,3%), de Corée du Sud (33,9%), d'Australie (16,3%) et de Taïwan (8,3%).

Transports[modifier | modifier le code]

Le réseau routier de Sabah comporte 21 934 kilomètres de route dont 11 355 sont asphaltées. Au moment de la formation de la Malaisie, ce réseau était rudimentaire et les routes principales ont été construites dans les années 1970 et 1980 grâce à des prêts de la Banque mondiale. L'axe principal est constitué par la voie express Trans-Bornéo qui relie les principales villes de Sabah et de l'état voisin de Sarawak. Construite à partir du début des années 1960 il s'agit en 2015 d'une route à deux voies sauf une courte portion de 144 km entre Sematan et Lawas dans l'état de Sarawak[20]. Le gouvernement fédéral a décidé en 2015 de moderniser cette infrastructure en la remplaçant par une autoroute à 4 voies, baptisée autoroute pan-Bornéo, au standard international R5 : gradient de pente peu élevé, aires de repos, longue respectivement de 1089 km dans l'état de Sarawak et de 1236 km dans le Sabah. Dans ce dernier état la réalisation doit se faire en trois phases dont l'achèvement est programmé en 2023 : Sindumin-Tawau (701 km), Tamparuli-Ranau, Kimanis-Keningau-Tawau[21].

Sabah dispose de 8 ports situés à Sepanggar, Kota Kinabalu, Sandakan, Tawau, Kudat, Kunak et Lahad Datu. En 2015 27,8 millions de tonnes ont transité par ces ports tous gérés par la même société. Le port de Sapangar est le port principal pour les containers (251 704 EVP en 2015) et les produits pétroliers raffinés tandis que le port de Sandakan est le premier port par le volume du fret (7,5 millions de tonnes) constitué principalement par les produits pétroliers et l'huile de palme[22]. Il existe plusieurs liaisons assurées par des ferrys : entre Kuala Penyu et l'île de Labuan ainsi qu'entre Tawau et les villes de Nunukan et Tarakan dans le Kalimantan (Indonésie). Les liaisons qui existaient entre Sabah et les Philippines ont été interrompues à cause d'actes de piraterie. Le principal aéroport de l'île est celui de Kota Kinabalu. C'est le deuxième aéroport de la Malaisie derrière celui de Kuala Lumpur et son trafic représentait 7,2 millions de passagers en 2016. Il a été modernisé pour pouvoir accueillir l'A380. Sabah dispose par ailleurs de plusieurs petits aéroports régionaux à Kudat, Lahad Datu, Sandakan et Tawau. L'aéroport de Layang-Layang a un usage mixte à la fois civil et militaire. Le réseau de ferroviaire de Sabah se limite à une ligne unique longue de 134 kilomètres, le Chemin de fer d’État de Sabah, qui relie Tanjung Aru, située pas très loin de l'aéroport de la capitale, à Tenom en passant par Beaufort. Elle assure à la fois un service fret et voyageurs quotidien. Le gouvernement de Sabah réalise des travaux pour améliorer son infrastructure et a renouvelé le matériel roulant.

Gouvernement local[modifier | modifier le code]

Le Sabah est gouverné selon les règles définies par la Constitution de la Malaisie entrée en vigueur en 1957. Selon celle-ci la Malaisie est une monarchie parlementaire fédérale. Le roi de Malaisie, dont le rôle est principalement symbolique, est un des neuf sultans des États de la péninsule de la Malaisie. Il est élu pour 5 ans (présidence tournante) par ses pairs, les quatre gouverneurs des États non dirigés par des sultans et le premier ministre. Deux assemblées sont élues au niveau fédéral. La Chambre basse, la "Dewan Rakyat" est constituée de 222 députés élus pour cinq ans au scrutin majoritaire uninominal à un tour dont 25 sont élus par le Sabah. La Chambre haute ("Dewan Negara") est composée de 70 membres avec un mandat de 5 ans dont 26 sénateurs, à raison de 2 sénateurs pour chaque État et 44 représentants des minorités ethniques nommés par le souverain, dont 40 avec l'approbation du Premier ministre. Le roi désigne le premier ministre choisi au sein du parti majoritaire. Depuis 1957 celui-ci est le Barisan Nasional une coalition nationaliste et libérale dominée par l'UMNO, parti nationaliste malais.

L’État de Sabah, comme les autres États de Malaisie, dispose d'une chambre législative. Celle-ci est composée de 60 membres élus au suffrage universel pour une période de 5 ans. Un gouverneur de l'État, nommé par le roi de Malaisie, joue un rôle essentiellement symbolique mais est chargé de désigner le premier ministre du Sabah. Celui-ci constitue un gouvernement exécutif. En Malaisie les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire sont divisés entre les instances fédérales et régionales. Les prérogatives des instances de l'État de Sabah portent notamment sur la gestion du foncier, l'administration locale, les travaux publics tandis que la gestion de l'eau et des logements relèvent, selon le cas, des instances fédérale ou régionale. Le Sabah avec le Sarawak sont les seuls états à disposer d'une Haute cour de justice (sans toutefois de pouvoir sur les décisions appliquées dans le cadre de la charia islamique).

Découpage en 2008 des circonscriptions électorales pour les élections nationales (25 circonscriptions notées P167 à P191) pour la chambre législative de l'état (60 circonscriptions notées N1 à N60).

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

Le Sabah comporte cinq divisions administratives elles-mêmes subdivisées en 25 districts (bahagian). Ces derniers portent généralement le nom de la principale agglomération ou de la capitale administrative. Les divisions sont un héritage du passé colonial. A cette époque l'administration britannique nommait un gouverneur à la tête de chaque division. A la suite de la création de la Malaisie ce poste a été aboli et remplacé par des officiers de district nommés par le pouvoir exécutif de l’État de Sabah. Comme dans le reste de la Malaisie, les dirigeants des collectivités locales ne sont pas élus par les habitants mais nommés par le responsable du district. Celui-ci désigne à la tête de chaque village (kampung) un responsable de village baptisé ketua kampung[23] .

Division Districts Superficie
(km²)
Population
(2010)[24]
1 Division de la côte occidentale Kota Belud, Kota Kinabalu, Papar, Penampang,
Putatan, Ranau, Tuaran
7 588 1 067 589
2 Division de l'intérieur Beaufort, Nabawan, Keningau, Kuala Penyu,
Sipitang, Tambunan, Tenom
18 298 424 534
3 Division de Kudat Division Kota Marudu, Kudat, Pitas 4 623 192 457
4 Division de Sandakan Beluran, Kinabatangan, Sandakan, Tongod 28 205 702 207
5 Division de Tawau Kunak, Lahad Datu, Semporna, Tawau 14 905 819 955

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Coastal Engineering », Department of Irrigation and Drainage, Sabah (consulté le 22 mai 2016)
  2. (en) « Climat Malaisie » (consulté le 10 décembre 2017), p. Climats et voyages
  3. (ms) « Unjuran Populasi Penduduk 2015 »,
  4. (en) « Total population by ethnic group, administrative district and state, Malaysia, 2010 »,
  5. (en) « Statistics » Malaysia @ a Glance » Sabah », sur Department of Statistics, Malaysia (consulté le 5 décembre 2017)
  6. (en) durie rainer fong, « Archaeologists hit ‘gold’ at Mansuli », sur The Star,
  7. (id) « Naskah Nagarakretagama », Perpustakaan Nasional Republik Indonesia (consulté le 13 octobre 2014)
  8. History for Brunei 2009, p. 44
  9. History for Brunei 2009, p. 45
  10. (en) P. M. Holt, Ann K. S. Lambton et Bernard Lewis, The Cambridge History of Islam: Volume 2A, The Indian Sub-Continent, South-East Asia, Africa and the Muslim West, Cambridge University Press, , 129– p. (ISBN 978-0-521-29137-8, lire en ligne)
  11. (en) Barbara Watson Andaya et Leonard Y. Andaya, A History of Early Modern Southeast Asia, 1400-1830, Cambridge University Press, , 159– p. (ISBN 978-0-521-88992-6, lire en ligne)
  12. (en) « Brunei, Background », The World Factbook CIA (consulté le 27 octobre 2014)
  13. (en) Dick Braithwaite et Yun-Lok Lee, « Dark tourism, hate and reconciliation : the Sandakan experience »,
  14. Ismail Ali, « The Role and Contribution of the British Administration and the Capitalist in the North Borneo Fishing Industry, 1945–63 », Pascasarjana Unipa Surabaya (consulté le 9 décembre 2017)
  15. (en) « No. 10760 : Accord relatif à la Malaisie » [PDF], Collection des Traités des Nations Unies, Nations Unies, (consulté le 29 juillet 2010).
  16. (en) United Nations Treaty Series No. 8029 MANILA ACCORD between PHILIPPINES, FEDERATION OF MALAYA and INDONESIA (31 JULY 1963).
  17. (en) United Nations Treaty Series No. 8809, agreement relating to the implementation of the Manila Accord.
  18. (en) United Nations list of Non-Self-Governing Territories, North Borneo and Sarawak.
  19. (en) États membres de l'Unies Nations.
  20. (en) « Pan Borneo Highway Sarawak », sur Projet Pan Borneo Highway Sarawak,
  21. (en) « Highway - Project status », sur Projet Pan Borneo Highway Sabah,
  22. (en) « Port Statistics 2012 - 2015 », sur Projet Pan Borneo Highway Sabah, Sabah Ports Sdn. Bhd.,
  23. K. G. Tregonning, A History of Modern Sabah (North Borneo, 1881–1963), Université de Singapore, (lire en ligne)
  24. « Preliminary Count Report » [archive du ], Department of Statistics, Malaysia, (consulté le 24 janvier 2011)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) History for Brunei, History for Brunei Darussalam: Sharing our Past, Curriculum Development Department, Ministry of Education, (ISBN 99917-2-372-2)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :