Évasion fiscale

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L'expression évasion fiscale est ambiguë. Son sens général est l'évitement de l'impôt en déplaçant tout ou partie d'un patrimoine ou d'une activité vers un autre pays (l'expression paradis fiscal étant alors fréquemment présente à proximité), sans que le citoyen concerné s'expatrie lui-même (ce serait alors une expatriation fiscale).

Il faut la rapprocher de la notion de « fraude fiscale », bien que selon le pays d'origine et la méthode utilisée, l'évasion fiscale puisse être légale, contrairement à la fraude qui est par définition illégale ; l'évasion fiscale est alors synonyme d'évitement licite de l'impôt (y compris en restant dans son pays, par exemple par l'exploitation de niche fiscale), de l'optimisation fiscale ou, en droit américain, de tax avoidance [1].

Évaluation des montants en jeu[modifier | modifier le code]

L'évaluation des montants est délicate et dépend fortement des hypothèses de l'évaluateur.

Le magazine « L’Économie politique » détaille les montants d'impôts non payés du fait des paradis fiscaux pour quelques pays[2]  :

  • les services fiscaux des États-Unis pensent qu'il manque de l'ordre de 330 milliards de dollars par an, soit 16 % des impôts fédéraux et 2 % du PIB.
  • En France, l'État perd au minimum 40 à 50 milliards d'euros par an, soit en gros 3 % du PIB.
  • en Grande-Bretagne, selon les calculs de Richard Murphy, l'évasion annuelle serait d'environ 97 milliards de livres - 16,6 % des recettes fiscales ou 6 % du PIB.
  • l'Union européenne estime que le manque à gagner pour l'ensemble des pays de l'Union est de 2 à 2,5 % du PIB.
  • La Serbie est le premier pays au monde en termes d'évasion fiscale si l'on tient compte du ratio population/évasion[3]

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Selon le journal de 20 heures de France 2 du jeudi 3 novembre 2011 (dix-neuvième minute), l'évasion fiscale est évaluée à 50 milliards d'euros par an en France, 120 milliards d'euros en Italie, et 240 milliards en Allemagne.

Le 12 avril 2013, selon Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, l'évasion fiscale prive les pays de l'Union européenne de 1.000 milliards d'euros par an[4].

D'après le documentaire d'Arte: "Evasion fiscale", le taux moyen effectif d'imposition sur les sociétés des entreprises du Cac 40, serait inférieur au moins de 20% au taux légal de 34% [5] [6] [7].

Moyens d'évasion fiscale[modifier | modifier le code]

  • Conservation de l'argent hors du circuit bancaire, en espèces[8]
  • L'or en lingots, ne laissant pas de trace de transaction[8].
  • Changer de nationalité en prenant celle d'un pays fiscalement attrayant comme le Canada, Belize, Malte, Andorre, Saint-Christophe-et-Niévès[8].
  • L'assurance-vie, les comptes bancaires et les investissements étant détenus au nom de la compagnie d'assurance, ce qui libère le contractant de l'obligation de déclarer le compte, tout en lui permettant de contrôler les actifs et les placements[8].
  • Le compte bancaire en Suisse, désormais moins attrayant depuis que ce pays s'est aligné sur les standards de l'OCDE. Les banques en Suisse appliquant la règle de connaître l'ayant droit économique final[8].
  • Le compte bancaire au Guatemala, où l'obligation pour une banque de connaître l'ayant droit économique final n'existe pas, permettant ainsi à un avocat de servir de prête-nom pour un client via une société offshore[8].
  • La fiducie (trust) fonctionne selon le principe du paravent, via un don d'un constituant (settlor) qui se défait de sa fortune au profit de mandataire (trustee) qui la gère pour les bénéficiaires, par exemple des organismes de charité. Tout le travail des conseillers qui font ce montage consiste à compliquer et à opacifier le schéma pour qu'au final le mandataire ne soit plus qu'un prêt-nom et le constituant le véritable ayant droit[8].
  • La société au Delaware (USA): anonymat garanti et aucun impôts pour les activités hors USA.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. dans ce contexte tax evasion est un faux ami, synonyme de fraude fiscale
  2. Les paradis fiscaux: entre évasion fiscale, contournement des règles et inégalités mondiales, L’Économie politique, n° 042 - avril 2009.
  3. http://balkans.courriers.info/article23460.html
  4. Luke Baker, Julien Dury pour le service français, édité par Marc Angrand « L'évasion fiscale coûterait 1.000 milliards par an à l'UE » , Le nouvel Observateur avec l'agence Reuters, 12 avril 2013
  5. "Arte, Evasion fiscale"
  6. "Les Echos, Juillet 2011"
  7. "Investigation financière, taux imposition sociétés cac 40"
  8. a, b, c, d, e, f et g Le Matin (Suisse), 14 février 2010, Les sept techniques de base pour devenir un parfait évadé fiscal, par Sonia Arnal, p.29

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]