Givaudan

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Givaudan
logo de Givaudan
Création 1895
Dates clés 1963, Rachat par Hoffmann-La Roche; 2000, redevient indépendant
Forme juridique Société anonyme
Action SWX : GIVN
Siège social Drapeau de Suisse Vernier (Suisse)
Direction Gilles Andrier, CEO
Effectif 9907 (2015)
Site web www.givaudan.com
Chiffre d’affaires 4,4 milliards CHF (2015)
Résultat net 635 millions CHF (2015)[1]

Givaudan (SWX : GIVN) est un fabricant suisse de parfums, d’arômes et d'ingrédients actifs cosmétiques. En 2008, elle est devenue la plus grande entreprise de l'industrie de la parfumerie et des arômes. Givaudan détient 25 % de parts de marché d’une industrie estimée globalement à 17 milliards de francs suisses. Elle compte parmi les 30 premières valeurs boursières de Suisse. Ses concurrents sont International Flavors and Fragrances, Firmenich, Symrise, Takasago International Corporation, Robertet, Mane.

Histoire[modifier | modifier le code]

La société est fondée en 1895, à Zurich[2] par Léon et Xavier Givaudan. En 1898, Givaudan se déplace à Genève et construit une usine à Vernier[3],[4],[5]. En 1946, Givaudan a ouvert une école de parfumerie, qui a depuis formée le tiers des parfumeurs dans le monde. En 1948, l'entreprise a racheté Ersolko SA, qui a permis à Givaudan d'effectuer une transition vers l'industrie des arômes[6]. En 1963, Givaudan a été acquise par Roche et en 1964 ce dernier a acquis Roure, un des concurrents de Givaudan. Roure a été fondé à Grasse en France durant les années 1820. En 1937, Roure a créé le premier parfum de designer : Shocking pour Schiaparelli[7],[8]. Le quartier général d’origine pour la parfumerie aux États-Unis, à Teanick, New Jersey, a été construit en 1972 par Der Scutt, architecte de la Trump Tower[9]. L'entreprise a ensuite déménagé a East Hanover, NJ.[10].

Givaudan-Roure[modifier | modifier le code]

En 1991, Givaudan et Roure ont fusionné pour former Givaudan-Roure[11]. En 1991 également, la société a acheté Fritzsche, Dodge et Olcott[6]. En 1997, elle rachète Tastemaker basée à Cincinnati. En 2002, le groupe fait l'acquisition de FIS, une division de Nestlé spécialisée dans les arômes[6]. En l'an 2000, Givaudan-Roure redevient Givaudan et intègre la Bourse suisse (code GIVN.VX). Le groupe fait partie du SMI[11]. Le montant de la transaction a été fixé à 1,2 milliard de livres, soit quelque 1,8 milliard d'euros (et 2,8 milliards de francs suisses). Cette intégration a sérieusement réduit le bénéfice du groupe au 1er semestre 2007[12]. En décembre 2013, Nestlé vend sa participation de 10 % dans Givaudan pour 1,08 milliard de francs suisse[13].

Les années 2000[modifier | modifier le code]

En 2002, Givaudan fait l'acquisition de FIS, une division de Nestlé spécialisée dans les arômes[14], et Nestlé reçoit une participation de 10% dans l’entreprise[15]. L'année suivante, Givaudan a acheté l'entreprise d'arômes de fromage IBF.[6] En 2004, la société a élargi ses activités en Chine, où elle était présente depuis les années 1990[16].

Le 22 novembre 2006, Givaudan a annoncé l'acquisition de Quest International pour le 1er trimestre 2007[17],[18]. Le 21 février 2007, l' UE a approuvé la fusion de Givaudan et Quest, réglant le dernier obstacle réglementaire à la fusion après que les autorités des États-Unis l’aient approuvé plus tôt dans le mois[19]. La fusion a été conclue le 2 mars 2007. Cette acquisition a fait de Givaudan le leader mondial dans la parfumerie fine ainsi que la parfumerie fonctionnelle; elle était déjà leader dans les arômes et l'acquisition de Quest International a renforcé sa position[20]. L'acquisition de Quest a permis d'augmenter les ventes de 42 %, passant de 2 909 millions CHF en 2006 à 4 132 millions CHF en 2007[21].

En 2013, Nestlé a vendu ses parts dans Givaudan pour 1,3 milliard $[15]. En 2014, la société a atteint environ 4,6 miliards $ de revenu. Cette année-là, la société a effectué sa première acquisition depuis Quest, en achetant Soliance. Givaudan a également lancé sa solution d’arôme TasteSolutions Richness. Et enfin, elle a lancé la Fondation Givaudan ainsi qu’un programme de réseaux de collecte pour le patchouli et autres ingrédients pour établir des pratiques de développement durable, appelé le programme « Innovative Naturals »[22],[23],[24],[25],[26],[27].

Produits[modifier | modifier le code]

Les parfums et les arômes de la société sont développés pour les fabricants d’aliments et de boissons, et également utilisés dans les produits ménagers et de lessive, d’hygiène et dans la parfumerie fine. Les parfums et arômes de Givaudan sont généralement fabriqués sur mesure et vendus en vertu de conventions de confidentialité[28]. Givaudan utilise ScentTrek, une technologie qui capture la composition chimique de l'odeur des plantes vivantes[29]. La société est présente en Europe, Afrique, Moyen-Orient, Amérique du Nord, Amérique Latine et Asie Pacifique[30]. En 2014, Givaudan a atteint un revenu de 4,4 milliards CHF avec une part de marché globale d’environs 25 %. C'est l'une des 30 plus grandes sociétés cotées en Suisse en termes de capitalisation boursière. En 2014, 10 % de ses ventes ont été réinvesties en R&D.[31].

Talc Morhange[modifier | modifier le code]

En 1972, la société Givaudan est mise en cause dans l'affaire du talc Morhange qui tua 36 bébés et en intoxiqua plus d'une centaine. Les responsables condamnés ont été amnistiés en 1981 par François Mitterrand, sur le conseil de Robert Badinter qui était à la fois avocat des industries Givaudan (Hoffman-La Roche) et ministre de la justice fraîchement en poste[32].

Givaudan et l'environnement[modifier | modifier le code]

En 1976, c'est le réacteur de l'usine chimique Icmesa (propriété de la société Givaudan), située à proximité de la petite ville de Seveso, qui laisse échapper un nuage toxique contenant plusieurs produits mal identifiés sur le moment. C'est seulement au bout de quatre jours, quand apparurent les premiers cas de chloracné, que les laboratoires Hoffmann-Laroche identifièrent l'agent responsable, le 2,3,7,8-TCDD, produit plus connu sous le nom de dioxine de Seveso[33]. Dans les années 2000, Givaudan crée un partenariat avec les communautés locales de Guam, où la culture locale de la gomme est une entreprise d'exportation. Ce partenariat soutient les efforts de développement durable dans le commerce du benjoin, en particulier avec la construction de deux écoles secondaires dans la région afin d’établir une éducation formelle pour les enfants de la région.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.givaudan.com/investors/online-annual-report/financial-performance-highlights?destination=investors/online-annual-report
  2. «...Fâcheusement, après quelques mois d'activité dans un local à la Weinbergstrasse, notre voisin - un boulanger - dont la clientèle se plaignait de plus en plus que son pain sentait la violette, nous fit expulser...» Xavier Givaudan, Souvenirs
  3. (en) Wolfgang Legrum, Riechstoffe, zwischen Gestank und Duft: Vorkommen, Eigenschaften und Anwendung von Riechstoffen und deren Gemischen, Springer-Verlag, (lire en ligne), p. 209
  4. (en) Leading Sensory Innovation, vol. 104, Chemical Engineering Progress, (lire en ligne), p. 77
  5. (en) Thom Votteler, International Directory of Company Histories, Volume 43, St. James Press, (lire en ligne), p. 192
  6. a, b, c et d (en) Chris Rowley, Jayantee Saha, and David Ang, Succeed or Sink: Business Sustainability Under Globalisation, Elsevier, (lire en ligne), p. 72
  7. (it) Bruno Ziglioli, La mina vagante. Il disastro di Seveso e la solidarietà nazionale, FrancoAngeli, (lire en ligne), p. 169
  8. (en) « New Perfume Handbook », google.ca
  9. Chadderdon, Lisa. "The Sweet Smell of Success: A building in Teaneck, New Jersey is the source of some of the world's most popular fragrances. Meet Givaudan Roure's perfumers, the 'ghostwriters' behind your favorite scents.", Fast Company (magazine), March 1998. Accessed 22 August 2007
  10. (en) Howard Prosnitz, « Major Teaneck ratable remains vacant », North Jersey Record,‎ (consulté le 22 avril 2015)
  11. a et b (en) David Rowe, Chemistry and Technology of Flavours and Fragrances, John Wiley & Sons, (lire en ligne), p. 4
  12. La Tribune.fr 3 août 2007
  13. Nestle sells Givaudan stake as it trims portfolio, Caroline Copley et Blaise Robinson, Reuters, 6 décembre 2013
  14. (en) « Nestlé drops Givaudan from balance sheet », Swiss Info,‎ (consulté le 22 avril 2015)
  15. a et b (en) John Revill, « Nestlé to Sell Its 10% Stake in Givaudan », Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  16. (en) « Givaudan Smells Opportunity in China », Chemical & Engineering News,‎ (consulté le 23 avril 2015)
  17. (en) « Givaudan - engage your senses », givaudan.com
  18. CNBC Interview with CEO Gilles Andrier on Quest acquisition
  19. EU approval for merger.
  20. Quest acquisition closure.
  21. (en) « Corporate publications », givaudan.com
  22. (en) « The Sweet Smell of the Bronx », NY City Lens
  23. (en) « Givaudan buys France's Soliance in first acquisition since 2007 », Reuters
  24. (en) « Givaudan breaks down flavour components for ‘home-cooked’ taste », FoodNavigator.com
  25. (en) « Givaudan launches charitable foundation », CosmeticsDesign-Europe.com
  26. (en) John Revill, « Givaudan Scents Tough Conditions Continuing in 2015 », Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  27. (en) « Givaudan furthers patchouli collection network », CosmeticsDesign.com USA
  28. (en) Raffi Katchadourian, « The Taste Makers », Condé Nast, no 23 November,‎ , p. 86–99 (lire en ligne)
  29. (en) « The Ecotourism-Extraction Nexus », google.ca
  30. http://www.givaudan.com/files/annual-report-2013enpdf
  31. (en) « Corporate publications », givaudan.com
  32. http://www.lesechos.fr/03/03/2010/lesechos.fr/300414042_du-talc-morhange-aux-toyota---inventaire-de-rappels-tristement-celebres.htm
  33. http://www.lesfinances.ch/2010/864/givaudan/

Liens externes[modifier | modifier le code]