Tijaniyya

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Confrérie Tidjane
Région Algérie, Gambie, Guinée, Mali, Niger, Burkina Faso, Indonésie, Ghana, Libye, Maroc, États-Unis, Mauritanie, Chine, Nigeria, Sahara occidental, Sénégal, Soudan Tunisie et Turquie
Création XVIIIe siècle
Type Confrérie soufie malikite
Siège du califat Aïn Madhi (Algérie)[1],[2],[3]
Membres + 900.000.000 en 2009
Calife mondial de la Tidjaniya Sidi Ali Tidjani Bel Arabi
Calife au Sénégal Sidi Chérif Abdelmoutaleb Tijani à Dakar
Affiliation Islam, Soufisme, Malikisme,Asharisme
Site web www.tidjaniya.com, www.asfiyahi.org, www.ndieguene.com

La Tijaniyya est une confrérie (tariqa) soufie fondée par Ahmed Tijani en 1782 (1196 de l'Hégire) dans une oasis algérienne[4],[5]. La doctrine de cette voie est basée sur le Coran et la sunna de Mahomet. Elle est appelée Tarîqah Tijâniyya en arabe, ce qui peut être traduit par « la voie tijanite ».

Ses adeptes sont les tijanis, tidjanis, tijanes, tidianes, ou tidjanes. Le Cheikh fondateur est considéré comme le seul véritable maître. Toutefois, dans chaque contrée, on retrouve un guide local considéré comme le calife ou représentant de la tarîqa (voie tijanie).

La Tijaniyya est la confrérie musulmane la plus répandue en Afrique.

Historique[modifier | modifier le code]

La Tijaniyya trouve son origine vers 1781 lorsque Ahmed Tijani, à 46 ans, lors d'une retraite spirituelle à Boussemghoun (Algérie), a une vision, en l'état de veille[6],[n. 1], de Mahomet, au cours de laquelle ce dernier lui ordonne d’abandonner toutes ses affiliations précédentes et lui promet d’être son intercesseur privilégié, et celui de ses fidèles, auprès de Dieu[7]. Son ordre prend rapidement une expansion importante sur la région, ce qui provoque l'inquiétude des autorités du diwan du Royaume d'Alger. Il prépara donc son exil vers le Royaume de Maroc suite aux inquiétudes du dey d’Alger.

Le 22 juillet 1799 (18 safar 1214 de l'Hégire), Ahmed reçoit le statut de Pôle caché, ce qui dans la hiérarchie islamique en fait un intermédiaire entre les prophètes et le commun des mortels, et le place immédiatement en dessous des prophètes et de leurs compagnons[8].

Doctrine[modifier | modifier le code]

La doctrine de la Tijaniyya est l'accès à la connaissance de Dieu par la fana et le baqa. Le « wird »[Quoi ?] tijane consiste à réciter 100 fois la demande de pardon, 100 fois la prière sur Mahomet (« salatoul fatihi »), 12 fois la prière des « perles de la perfection » (« djawaratoul kamel »), et, ajouté par la suite, 100 fois la reconnaissance de l'unicité de dieu (« lâ ilâha ill’Allâh», soit « il n'y a point de Dieu excepté Allah » - ou littéralement: pas de dieu sauf Le Dieu).[réf. souhaitée]

Aire d'implantation[modifier | modifier le code]

La Tijaniyya trouve son origine à Aïn Madhi en Algérie[9], puis s'est diffusé dans un premier temps autour de Boussemghoune dans le désert algérien. Depuis son foyer d'origine en Algérie, la Tijaniyya se répandit au Maroc, en Tunisie, en Arabie saoudite, en Mauritanie, en Sénégambie, au Mali, au Burkina Faso, au Tchad, au Soudan, au Nigéria, en Indonésie et au Pakistan. On le trouve également en Libye, en Égypte, en Syrie, en France et aux États-Unis. De nos jours il est surtout présent en Algérie, mais aussi au Maroc, au Sénégal, au Ghana, au Niger, en Mauritanie et au Tchad. Actuellement la Tidjaniyya est la confrérie musulmane algérienne la plus répandue au monde. Ses adeptes se comptent par millions surtout en Afrique subsaharienne.

Lieux saints[modifier | modifier le code]

Algérie[modifier | modifier le code]

Le centre intellectuel et culturel de la Tijaniyya est Aïn Madhi, en Algérie où se trouve le siège du califat[3]. Le Ksar abrite également la zaouïa mère de la confrérie qui conserve les tombeaux des chefs de la famille Tidjani[10]. En outre Boussemghoun, où Ahmed Tijani vit Mahomet en état de veille et où il résida pendant 13 ans, est le centre le plus important[3].

Maroc[modifier | modifier le code]

La ville de Fès où Ahmed Tijani a vécu une partie de sa vie (surtout vers la fin), est le lieu saint de la Tijaniyya le plus visité dans le monde surtout par les ressortissants de pays subsahariens (Sénégal, Mali...) . Fès renferme le mausolée de Ahmed Tijani.

Sénégal[modifier | modifier le code]

Au Sénégal, Tivaouane reste la ville la plus influente de la Tijaniyya grâce au rôle prépondérant qu'a joué le Cheikh Malick Sy dans la propagation de la tariqa au Sénégal. Kaolack doit son influence également aux savants tels que le Cadi Cheikh Abdul Hamid Kane, Al Hadj Abdullah Niass . Dans la région de Thiès, Elhadji Ahmadou Barro Ndieguene diffusa largement la voie . Les villes de Louga[3] avec Cheikhna Abass SALL, Bandiagara (Mali) et Chinguetti (Mauritanie) peuvent également être citées.

Politique[modifier | modifier le code]

Comme toutes les confréries au Sénégal, elle a un rôle politique. Mais c'est aussi celle qui suscite les passions les plus vives, de la part de tendances soufies rivales ou de mouvements anti-confrériques[11].

Les compagnons du Shaykh Ahmad At Tijânî[modifier | modifier le code]

Les grands successeurs[modifier | modifier le code]

Les grands ouvrages de la Tarîqah Tijâniyyah[modifier | modifier le code]

  • Al Durratu Allya de Mourchid Ahmed Iyane Sy

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Et non en rêve, comme le plus souvent dans la tradition musulmane[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Laghouat se penche sur son patrimoine : Des sites sont proposés au classement en attendant leur exploitation, La Tribune du 18/11/2009
  2. Aïn Madhi : Restauration du vieux ksar, Le Soir d'Algérie du 14/08/2010
  3. a, b, c et d Mouhamadou Mawloud Diakhaté, L'aménagement du territoire au Sénégal: Principes, pratiques et devoirs pour le XXI siècle, L'Harmattan,‎ (lire en ligne), p. 229
  4. (en) Diana Cousens, « Tijâniyya Sufi Order », dans Martin Baumann et L. Gordon Melton, Religions of the World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices, ABC-Clio,‎ , p. 1280 :

    « The Tijâniyya is a Muslim brotherhood or Sufi order (in Arabic, tarîqa) named after its founder, Ahmad b. Mahammad al-Tijânî (1737–1815). The sources — the most important being Jawâhir al-ma’ânî by 'Alî Harâzim Barâda, a disciple of al-Tijânî — allow us to establish 1782 as the year when the Tijâniyya was established in the Algerian desert. In 1798, Ahmad al-Tijânî moved to the city of Fez (Morocco), where he spent the rest of his life. By the time of his death, the new Sufi order had already reached areas such as Mauritania to the south and Tunisia to the east. »

  5. (en) Gerhard Bowering, The Princeton Encyclopedia of Islamic Political Thought, Princeton, Princeton University Press,‎ , xv :

    «  In West Africa, the Tijani Sufi affiliation was founded in an oasis of Algeria by Ahmad al-Tijani (1737–1815), whose teachings were recorded by a close companion and thereafter elaborated by ‘Umar b. Sa’id al-Futi (1796 1864). Ahmad al-Tijani claimed that the Prophet had appeared to him in a waking vision, appointing him to the spiritual rank of the seal of sainthood (khātam al-awliyā’, quṭb al-aqtāb), a rank that gave him spiritual domination over the age (ṣāḥib alwaqt), exclusive knowledge of the supreme name of God (ism Allāh al-a’ẓam), and the power of a vicegerent (khalīfa) who alone mediates between God and His creatures. In the middle of the 19th century, ‘Umar b. Sa’id al-Futi, a Fulbe of Senegal, assumed the leadership of the Tijanis and the role of a mujāhid (border warrior for the faith), launching a militant anticolonial jihad movement across West Africa from Senegal to Ghana and into Nilotic Sudan. By the middle of the 20th century, the Tijanis were transformed into a revivalist movement among the black Africans as Ibrahim Niasse (1900–1975) extended it among the urban Muslims of Nigeria and Sudan. »

  6. Odile Goerg et Anna Pondopoulo, Islam et sociétés en Afrique subsaharienne à l'épreuve de l'histoire: un parcours en compagnie de Jean-Louis Triaud, Karthala,‎ (lire en ligne), p. 188
  7. a et b Jean-Louis Triaud, « La Tidjaniya, une confrérie musulmane transnationale », Politique étrangère, no 4,‎ (lire en ligne)
  8. Vie et œuvre de Ahmed Tijani, sur le site officiel de la Voie Tidjaniya.
  9. Philippe Marchesin, Tribus, ethnies et pouvoir en Mauritanie., 2010, Karthala (lire en ligne)
  10. Marc Côte, Guide d'Algérie : paysages et patrimoine, Média-Plus,‎ , 319 p. (ISBN 9961-922-00-X), p. 238
  11. Jean-Louis Triaud (éditeur) et David Robinson (éditeur), La Tijâniyya : une confrérie musulmane à la conquête de l'Afrique, Paris, Karthala,‎ (ISBN 2-84586-086-2)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abdourahmane Aidara, Implantation et expansion des ordres Qadiryya et Tidjaniyya en Casamance, Dakar, université de Dakar, 1983, 107 p. (mémoire de maîtrise)
  • Doudou Kane, Sérigne Abbas Sall (1909-1990). Vie et œuvre d’une figure de proue de la Tidjaniya sénégambienne, Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 1998, 199 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Cheikh Ibrahima Sall, Guide pour le disciple Tidjane aspirant à la perfection, Nouvelle Imprimerie dakaroise
  • Mamadou Karfa Sane, Islam et société au Sénégal. Approche sociologique d'une confrérie : le cas de la confrérie tidjane, 2004, Université de Nantes, 2004 (thèse)
  • Alioune Traoré, Contribution à l’étude de l’islam : le mouvement tijanien de Cheikh Hamahoullah, Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 1975, 335 p. (Thèse)
  • Jean-Louis Triaud et David Robinson (sous la direction de), La Tijâniyya : une confrérie musulmane à la conquête de l'Afrique, Paris, Karthala, 2005 (2e édition), 512 p. (ISBN 2845860862)
  • Amadou Hampâté Bâ, Vie et enseignement de Tierno Bokar, le sage de Bandiagara, 1957, réécrit en 1980.
  • (en) Jamil M. Abun-Nasr, The Tijaniyya order, Université d'Oxford, 1961, 378 p. (thèse)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Éliane de Latour, Tidjane : les voies d'Allah, film documentaire, CNRS Images, 2004