Khawâdjâ Abdallâh Ansârî
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Khawâdjâ Abdallâh Ansârî[1] (en persan : خواجه عبدالله انصاری) est né à Hérat, au Kuhandiz, en 1006 en Afghanistan dans la province du Khorassan, mort le [2]. Il fut juriste (faqīh), exégète, maître en hadīth, historien estimé et orateur, fervent hanbalite.
Biographie
[modifier | modifier le code]Adolescent, il poursuit ses études à Nishapur puis à Tūs et à Bistām. Il a plusieurs fois essayé de faire le pèlerinage (hajj) à la Mecque, mais la situation politique difficile dans les provinces orientales (à la suite de la mort de Mahmud de Ghazna en 1030) l'en empêcha. Néanmoins, sa vie fut changée par la rencontre, en 1034, du célèbre mystique al-Khirkānī al-Kharaqani (peu avant sa mort)[3]. Il le prend pour maître sur la voie de la réalisation intérieure, dont les débuts avaient été orientés par son propre père.
Hanbalite convaincu, excellent connaisseur du Coran, il se considérait comme un défenseur fervent de la sunna et il s’opposa fermement aux acharites — bien qu'ils aient été considérés en général comme membres une école théologique orthodoxe de l’islam sunnite — ainsi qu'aux mutazilites. Il ne ménagea ni le Sultan ni les notables. Ceux-ci cherchèrent souvent, mais en vain, à le faire condamner ; toutefois , ils réussir à l'obliger à quitter sa ville à plusieurs reprises.
Il réunit autour de lui de nombreux disciples et accomplit divers voyages (à Nishapur, à Bassorah et Bistām, ainsi que dans diverses autres villes où il reçut l’enseignement de plusieurs maîtres). Quand il mourut en 481/1089 dans sa ville natale, il fut gratifié du titre de shaykh al-islām par ses disciples, bien que la légitimité de ce titre ne fasse pas l'unanimité.
Œuvre
[modifier | modifier le code]Dès l’âge de quatorze ans, il fut connu comme poète. Il compte parmi les grands maîtres du soufisme et ses recueils en vers parmi les chefs-d’œuvre de la littérature persane. Son Manāzil as-sā’irīn constitue un guide précieux pour le chercheur spirituel. Ses Tabaqāt aṣ-ṣūfiyya se situent entre celles de Sulamī et les Nafahāt de Jāmī. Son Kitāb dhamm al-kalām wa ahlih est un ouvrage développant son opposition à la théologie rationnelle (mutazalisme) à laquelle il fut opposé durant tout sa vie.
Ses nombreux ouvrages sont encore étudiés et commentés aujourd’hui. Parmi ceux-ci, le Manazil as-sā’irīn a été traduit en français sous le titre Les étapes des itinérants sur le chemin de Dieu. Il traite de cent stations spirituelles (maqāmāt) de la voie[4].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ `Abd Allâh ibn Muhammad ibn `Alî Abû Ismâ`îl al-Harawî al-Ansârî al-Hanbalî
- ↑ « ʿAbd Allāh ibn Muḥammad Abū Ismā´īl Anṣārī al-Harawī (1006-1089) », sur data.bnf.fr (consulté le )
- ↑ Schimmel 2022, p. 121
- ↑ Émir Abd el-Kader, Le Livre des Haltes, trad. de Abdallah Penot, Paris, Dervy, 2008
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]Œuvres traduites
[modifier | modifier le code]- Les Étapes des Itinérants vers Dieu (éd. critique du texte arabe et trad. par Serge de Beaurecueil), Le Caire, Institut français d'archéologie orientale,1962.
- Chemin de Dieu. Trois traités spirituels, (trad. du persan et de l'arabe, présentés et annotés par Serge de Beaurecueil, Paris, Actes Sud / Sinbad,1997 [1985], 287 p. (ISBN 2-742-71231-3).
- (fr + ar) Cris du Cœur / Munâjât (trad. du persan, présentés et annotés par Serge de Beaurecueil, préf. de Mohammad Ali Amir-Moezzi), Paris, Cerf, coll. « Patrimoines Islam », (1re éd. 1988), 177 p. (ISBN 978-2-204-08888-6, présentation en ligne)
Études
[modifier | modifier le code]- Serge de Laugier de Beaurecueil, Khwādja ‛Abdullāh Anṣārī (396-481 H./1006-1089) : mystique hanbalite, Institut de Lettres orientales, Beyrouth, 1965 [Contient des extraits des principales œuvres d'Anṣārī]
- (en) Serge de Laugier de Beaurecueil, « Abdallâh Ansâri », sur iranicaonline.org, Encyclopædia Iranica, 1982 (last updated 2018) (consulté le )
- Annemarie Schimmel (trad. de l'angl. et de l'allem. par Albert van Hoa, préf. de Carl W. Ernst (en)), Le soufisme ou les dimensions mystiques de l'islam, Paris, Le Cerf, (1re éd. 1996), 632 p. (ISBN 978-2-204-14864-1), p. 120-123 et passim
