Thiès

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Thiès
Blason de Thiès
Héraldique
Thiès
Larges avenues ombragées du centre-ville
Administration
Pays Drapeau du Sénégal Sénégal
Région Thiès
Département Thiès
Maire
Mandat
Talla Sylla
2014-2019
Démographie
Gentilé Thiessois
Population 263 500 hab. (2007[1])
Géographie
Coordonnées 14° 47′ 26″ nord, 16° 55′ 29″ ouest
Altitude 63 m
Localisation
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Thiès
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Thiès
Liens
Site web www.thiesinfo.com

Thiès, chef-lieu de la région éponyme, est l'une des plus grandes villes du Sénégal. Elle est située à 70 km à l'est de Dakar.

Fondée il y a plus de 100 ans, son développement correspond à l’implantation de l’Escale et à la Création de la ligne de chemin de fer de Dakar-Bamako. La création de comptoirs commerciaux et d’ateliers de réparation de la régie des chemins de fer a été un facteur déterminant dans la croissance de la «capitale du rail»[2] .

Administration[modifier | modifier le code]

C'est le chef-lieu du département de Thiès et celui de la région de Thiès.

En novembre 2008[3], trois communes d'arrondissement ont été créées à Thiès : Thiès Est, Thiès Ouest et Thiès Nord.

La ville est rattachée au réseau de l'Association internationale des maires francophones (AMF).

Histoire[modifier | modifier le code]

Dianxène était un village sérère fondé au XVIIe siècle dans le royaume de Cayor et qui ne comptait que 75 habitants en 1860. Une mission avec un village est fondée par les spiritains à la fin du XIXe siècle afin de protéger les populations locales de l'esclavage maure[4].

L'administration coloniale française crée la commune de Thiès en 1904.

Léopold Sédar Senghor a présidé le premier conseil municipal.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Ville-carrefour.

Thiès est située sur la ligne du chemin de fer Dakar-Niger.

Son territoire est ceinturé par la commune de Fandéne d’Est en Ouest, du nord au Sud avec une petite ouverture sur celle de Keur Moussa au Nord Est[5]. Aujourd'hui, sa surface est engloutie par les communautés rurales de Fandéne et Keur Moussa, la forêt classée de Thiès étant à cheval entre les trois collectivités locales. Malgré ces contraintes, la ville continue de s’élargir et empiète sur les périmètres des communautés rurales riveraines.[réf. nécessaire]

Physique géologique[modifier | modifier le code]

« Coupe schématique de Thiès à Rufisque » (1901)

Thiès est sur une assise "éocène moyen - calcaires et argiles phosphatés."

Relief[modifier | modifier le code]

La ville de Thiès est située dans un ancien golf sédimentaire qui se distingue par une topographie relativement plane à l’exception du plateau qui constitue le seul accident. Ce plateau légèrement incliné vers l’Est, à quelques kilomètres en retrait qui surplombe à l’Ouest la Presqu’ile du Cap-Vert, s’étend sur une longueur Nord-Sud de 60 km et une largeur variable de 10 à 20 km et atteint des hauteurs maximales de 133 m au Nord-Ouest de la ville de Thiès. Elle est dans le prolongement de l’étroite échancrure du «  Ravin des voleurs ». Les pentes dominantes varient du Sud-ouest au Nord-est en moyenne de plus 100 m à plus 60 m.

Climat[modifier | modifier le code]

Thiès est doté d'un climat de steppe de type BSh selon la classification de Köppen – c'est-à-dire semi-aride, sec et chaud – avec une température moyenne annuelle de 25,7 °C et des précipitations faibles, d'environ 503 mm par an[6].

Sols[modifier | modifier le code]

Les types de sols sont ceux retrouvés généralement dans la région. Ce sont :

  • Les sols ferrugineux tropicaux lessivés, de texture sableuse, pauvres en matières organiques et communément appelés « sols diors ».
  • Les sols ferrugineux tropicaux peu ou pas lessivés appelés « decks et deck-diors » qui sont de texture argilo-sablonneuse.
  • Les sols hydromorphes ou à hydromorphie temporaire appelés « sols de bas-fonds » qui sont de texture argilo-humifère ; ils sont aptes au maraîchage et à l’arboriculture fruitière[5].

Population[modifier | modifier le code]

Lors du recensement de 1936, la population de la ville est légèrement supérieure à 15 000 personnes[7]. En 1953, le recensement de Thiès, commune mixte, y dénombre 36 650 habitants[8]. À cette date les Européens représentent environ 1/8 de la population. Majoritairement des hommes, ils vivent principalement dans les deux camps militaires. Les autochtones sont surtout des Wolofs, des Toucouleurs, des Bambaras, des Sérères, des Maures, des Sarakholés et des Khassonkés[9].

Après l'indépendance, la ville connaît une forte croissance. Elle atteint 72 400 habitants en 1966, 177 253 en 1988 (recensement), puis 223 867 en 1995 (estimation[10]). Lors du recensement de 2002, 237 849 habitants sont dénombrés dans la commune de Thiès[11].

En 2019, l'aire urbaine de Thiès compte 765 213 habitants, tandis que la région de Thiès en compte 2 105 707[12].

C'est à Thiès et aux alentours que vivent les Nones, un peuple parlant le noon, une langue cangin.

Économie[modifier | modifier le code]

Ancien lieu de garnison, nœud ferroviaire et routier remarquablement situé sur l'axe Saint-Louis-Dakar, puis centre administratif et économique, Thiès dispose d'avenues larges et plantées.

De nombreux et ambitieux travaux d'urbanisme sont en cours, peut-être pas dépourvus de liens avec des enjeux électoraux : le nom de Thiès a parfois été cité parmi les quelques villes prétendant au titre de capitale du Sénégal.

Cependant, les activités industrielles n'y sont pas absentes. En effet, une grande partie des habitants travaille aux mines de phosphates de Taïba et de Pallo, ou dans d'autres entreprises locales comme l'usine de piles. Aujourd'hui, on assiste à la présence des grandes espaces commerciales, qui entre dans le cadre de sa modernisation commerciale.

Transports[modifier | modifier le code]

Comme ailleurs au Sénégal, les taxis sont nombreux, en différentes versions. Des taxis jaunes et noirs relient chaque matin Thiès à Dakar, mais on rencontre aussi beaucoup de taxis clandestins (clandos), des motos dites « Jakarta » et des charrettes tirées par des chevaux. Lors du confinement de 2020 lié à la pandémie de Covid-19 au Sénégal, l'interdiction des transports interurbains et interrégionaux de passagers a conduit de nombreux véhicules à emprunter des voies de contournement pour transporter leurs clients[13].

Religions[modifier | modifier le code]

Cathédrale Sainte-Anne.
Islam
Plus de dix grandes mosquées sont établies à Thiès: Grande Mosquée Mouride de Thiès (Diakay Mouride), Grand Thiès, Grand Standing, Diamaguène, Keur Ablaye Yakhine, Quartier Darou Salam, Randoulène Sud, El Hadj Ousseynou Djité, Silmang, Sampathé, Mbour 1; ainsi que plusieurs mosquées: Keur Dago, Medina Gounass, Oustaz Djitée, Takhikao, Keur Issa, Thiès-Est, Mbour 1, Mbour 3, Fahu, Toucouleur, Keur Mame El Hadj, Médina Fall, Walo, Gouye Tékhé, HLM Dixième, Thialy, Hersent, Diamaguène, Ibadou Rahmane, Ballabey, Carrière, Nguinth, Moussa, Mouhamed Ba, Cité Ousmane Ngom, Hadji Bachir Ngom.
Catholicisme
La ville est avec la cathédrale Sainte-Anne de Thiès, le siège d'un diocèse de l'église catholique, créé par démembrement du diocèse de Dakar en 1969. La doyenné urbain compte sept paroisses couvrant la ville : Cathédrale Sainte Anne, Marie Reine de l'Univers, Saint Jean-Baptiste, Saint Joseph de Peykouck, Saint François Xavier de Pout, Marie Auxiliatrice de Medina Fall et Jésus Bon Pasteur.

Éducation[modifier | modifier le code]

L'école Daniel Brottier – dont le nom rend hommage au père Brottier, missionnaire spiritain français – est une école primaire catholique[14].

Le collège Bassirou Mbacke a l'ambition d'être à la pointe de l'enseignement numérique au Sénégal.[réf. nécessaire]

La ville de Thiès compte plusieurs lycées publics : lycée Malick Sy ; lycée Serigne Ahmad Ndack Seck ; lycée Jules Sagna ; lycée Médina Fall ; lycée de Fahu[15], un lycée d’enseignement technique et de formation professionnelle[16], un lycée privé, l'ISM[17].

Thiès possède plusieurs établissements d'enseignement supérieur, dont l'École polytechnique de Thiès, créée en 1973 à l'initiative du président Senghor, et l'Université de Thiès, ouverte en 2007[18].

Culture[modifier | modifier le code]

Les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (MSAD), spécialisées dans les tapisseries y ont été implantées en 1966, à l'initiative de l'ancien président Léopold Sédar Senghor.

Thiès abrite un musée historique, le musée régional de Thiès, inauguré le 9 février 1995.

Nouro Te Woute, une association créée en partenariat avec la ville de Rungis (France), est à l'origine de plusieurs initiatives culturelles, notamment des bibliothèques[19].

Sport[modifier | modifier le code]

Entrée du stade Lat-Dior.

Personnalités nées à Thiès[modifier | modifier le code]

(ordre alphabétique)

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (2007) Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie, Sénégal (web).
  2. Mémoire de Master 2 ( EtudE dE l’urbanisation dE la villE dE Thiès: la problématiquE dE l’EXtEnsion PERIPHERIQUE ET SES Conséquences ) par Issa SOW Année 2014-2015 ( Thiés-Sénégal ) . à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar Facultés des Lettres et Sciences Humaines ( Ddépartement Ggéographie ), « File PDF », sur dx.doi.org (consulté le 13 janvier 2020)
  3. Décret no 2008-1344 du 20 novembre 2008 portant création de communes d’arrondissement dans la Ville de Thiès, Journal Officiel de la République du Sénégal, no 6446 du 31 décembre 2008
  4. Alfred Sébire C.S.Sp., in Les Missions catholiques, 1894, « De Thiès à Mbour »
  5. a et b « File PDF », sur dx.doi.org (consulté le 8 janvier 2020)
  6. « Climat : Thiès (Sénégal) », climate-date.org [1]
  7. R. Rousseau, « La population du Sénégal d'après le recensement de 1936 », in L'information géographique, volume 2, no 1, 1937, p. 17, [[www.persee.fr/doc/ingeo_0020-0093_1937_num_2_1_6174 lire en ligne]]
  8. Recensement de la commune mixte de Thiès (1953), Service de la statistique générale. Haut-Commissariat de l'Afrique occidentale française. Municipalité de Thiès, rapport généré le 17 août 2017 [2]
  9. Georges Savonnet, La Ville de Thiès : étude de géographie urbaine, Centre IFAN, 1955, p. 66-72 [lire en ligne]
  10. « Décret no 2003-503 du 26 juin 2003 instituant en zone spéciale d’aménagement la zone de Nguinth Nord-Est à Thiès et prescrivant l’élaboration d’un plan d’urbanisme de détails ainsi que des mesures de sauvegarde », Journal officiel de la République du Sénégal, no 6137 du samedi 06 décembre 2003 [3]
  11. Projections de population du Sénégal issues du recensement de 2002 (Direction de la prévision et de la statistique, janvier 2004, p. 20 [4]
  12. « Sénégal », population-data.net [5]
  13. « Taxis et Motos pour relier Thiès et Dakar: les passages clandestins de contournement finalement verrouillés », pressafrik.com, 3 avril 2020 [6]
  14. « Sénégal : l’école Daniel Brottier de Thiès tient son gouvernement scolaire », afrik.com [7]
  15. « Liste d'établissements », Académie de Thiès [8]
  16. « À Thiès, un lycée pilote pour mieux coller au marché de l’emploi sénégalais », Le Monde, 18 février 2018 [9]
  17. Lycée d’Excellence Privé Cheikh Hamidou Kane [10]
  18. « Fiche école : École polytechnique de Thiès », Jeune Afrique[11]
  19. « Rungis fête ses vingt ans d’amitié avec le Sénégal », Le Parisien, 11 septembre 2017 [12]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le chemin de fer de Thiès au Niger, Afrique occidentale française. Gouvernement général/Libr. Larose, 1931
  • Historique de la mission de Thiès (Sénégal), S.l.n.d., 1957 ?, 41 p.
  • « Le Centre national d'Éducation physique et sportive de Thiès (CNEPS) », Sénégal d'Aujourd'hui, décembre 1967, p. 11-13
  • Papa Djibril Ba, Dynamique urbaine et dysfonctionnement des réseaux d'assainissement dans la ville de Thiès, Université Gaston Berger, Saint-Louis, 2003, 129 p. (Mémoire de Maîtrise),
  • Papa Djibril Ba, Approche hydrologique des zones inondables : exemple de la ville de Thiès, Université Cheikh Anta Diop, Dakar, 2005, 80 p. (Mémoire de DEA)
  • Maurice Calvet, Le Français parlé : enquête au lycée de Thiès, Centre de linguistique appliquée de Dakar, 1965
  • Moustapha Diallo, Évolution de la propriété foncière dans le cercle de Thiès du milieu du XIXe siècle à 1920, Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 1995, 41 p. (Mémoire de DEA)
  • Mamadou Diédhiou, Le site préhistorique de Jakk-Mbodoxaan (Thiès). Approche typologique, Dakar, Université de Dakar, 1985, 162 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Aminata Diena, La vie politique dans la ville de Thiès 1946 à 1962, Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 1993, 72 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Babacar Diouf, Assainissement public et pratiques populaires à Thiès : un espace urbain dynamique, UCAD ,Thèse de doctorat unique 2017, 373p.
  • Samba Diouf, L’évolution commerciale de la ville de Thiès au Sénégal : de la période coloniale à nos jours, Paris, Université de Paris, 1980, 57 p. (Mémoire de Maîtrise).
  • Samba Diouf, La ville de Thiès (Sénégal). Croissance démographique et démesure spatiale d’une ville moyenne en pays sous-développé, Toulouse, Université de Toulouse, 1980, 377 p. (Thèse de 3e cycle).
  • Idrissa Fall, Le rôle et l’impact des fortifications dans la conquête française du Sénégal pendant la seconde moitié du XIXe siècle : le cas du fort de Thiès, Dakar, Université de Dakar, 1983, 132 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Josse, « Thiès, plaque tournante du trafic ferroviaire de l'AOF », Bulletin d'information de l'AOF, n° 124, 15 février 1952, p. 9-14
  • Khoudia Mbaye, L’évolution récente de la ville de Thiès, Dakar, Université de Dakar, 1980, 54 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Biram Ndour, Thiès. De la création coloniale au début du XXe siècle. Le développement d’un centre de colonisation 1864-1925, Paris, Université de Paris VII, 1978, 155 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Guy Quérec, La population urbaine au Sénégal. La ville de Thiès et sa région, Dakar, Université de Dakar, 1968, 2 fascicules, 167 p. + annexes (Diplôme d’études supérieures)
  • Georges Savonnet, Thiès et sa banlieue, 1954
  • Georges Savonnet, « Une ville neuve du Sénégal : Thiès », in Cahiers d'Outre-Mer, no 33, janvier-mars 1956, p. 70-93, [lire en ligne]
  • Georges Savonnet, Étude morphologique de la côte de Thiès (Sénégal), 1954
  • Georges Savonnet, La Ville de Thiès : étude de géographie urbaine, Centre IFAN, 1955, 183 p. [lire en ligne]
  • Sidi Sissokho, Étude des rapports entre les Noon de Thiès et la ville de Thiès : 1890-1990. Repli socio-culturel, Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 1991, 93 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Issa Sow, Étude de l'urbanisation de la ville de Thiès : la problématique de l'extension périphérique et ses conséquences, année 2014-2015, Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (mémoire de Master 2)
  • M. J.-C. Tall, « Les chantiers de Thiès, ou réflexion sur les marchés publics », Wal Fadjri, 9 décembre 2005
  • Mor Talla Lo, Le marché central de Thiès : approche géographique, Dép de Géographie, UCAD, 2010, 131 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Mor Talla Lo, Mutation spatiale aux alentours des marchés urbains : exemple des aires proches du marché central de Thiès, Dép de Géographie, UCAD, 2012, 63 p. (Mémoire de Master II Aménagement du Territoire et Gestion Urbaine en Afrique [A.G.U.A.).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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