Frithjof Schuon

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Frithjof Schuon
Frithjof Schuon.jpg
Frithjof Schuon vers 1990.
Biographie
Naissance
Décès
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BloomingtonVoir et modifier les données sur Wikidata
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Catherine Schuon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Œuvres principales
De l'Unité transcendante des religions (d), Logique et transcendance (d), Comprendre l'Islam (d), Forme et substance dans les religions (d), La Transfiguration de l’Homme (1995). (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Frithjof Schuon (allemand : [ˈfʀiːtˌjoːf ˈʃuːˌɔn]), également connu sous le nom d’Isâ Nûr ad-Dîn, né le à Bâle et mort le à Bloomington (Indiana), États-Unis, est un métaphysicien et ésotériste suisse d'ascendance allemande, appartenant à l'école de pensée pérennialiste. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur le phénomène religieux, la métaphysique, la spiritualité et l'art. Il est aussi artiste peintre et poète.

Inspiré par Platon et l'Advaïta védanta — « non-dualisme » — hindou, tel que l'a exposé notamment Adi Shankara, Schuon fut également marqué par la pensée de Maître Eckhart et de Grégoire Palamas pour le christianisme, et par celle d'Ibn Arabi et d'Ahmad al-Alawi pour l'islam soufi, ainsi que par les traditions spirituelles nord-amérindiennes.

Analyste du patrimoine religieux des peuples, il exprime sa conviction en un principe absolu dont émane l'univers et considère que toutes les révélations divines, outre un sens littéral qui les différencie, possèdent une dimension ésotérique commune, donc essentielle, primordiale et universelle, que rappelle le titre de son premier ouvrage, De l'unité transcendante des religions. En dépit de ce caractère universel, qui concerne la doctrine, Schuon prône une pratique spirituelle en lien avec une tradition orthodoxe.

Avec René Guénon et Ananda Coomaraswamy, Schuon fait partie des principaux représentants de la philosophia perennis au XXe siècle et partage leur critique du monde moderne. Il a rédigé la majeure partie de son œuvre en prose en français, consacrant ses dernières années à la composition de plus de trois mille poésies dans sa langue natale, l'allemand. Ses articles ont été rassemblés en une vingtaine de titres, traduits dans plusieurs langues. Maître spirituel, il est le fondateur de la tariqa Maryamiyyah.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Frithjof Schuon, né en à Bâle, est le cadet des deux fils de Paul Schuon, violoniste d’origine allemande et de tradition luthérienne — devenu catholique[1] — et de Margarete Boehler, Alsacienne de langue française[2]. Enfant précoce, il s’intéresse à l’art ainsi qu'aux religions, notamment celles du Proche-Orient et de l'Inde. Il lit ou se fait lire le Véda, la Bhagavad-Gita, le Coran, Platon, Goethe, Emerson[1],[3],[4]. Par son caractère et ses intérêts il attire l’attention et le respect de ses professeurs et camarades d’école[5].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père meurt en , et avec sa mère et son frère, le jeune Schuon s'installe à Mulhouse, dans un environnement catholique et de langue française. Son frère entre au séminaire et deviendra moine trappiste sous le nom de père Gall[6]. Trois ans plus tard, Schuon quitte les études pour subvenir aux besoins de sa famille et travaille comme dessinateur textile[7]. Il a 17 ans lorsqu'il découvre les écrits de René Guénon, qui sont pour lui une confirmation de son propre refus de la civilisation occidentale moderne, en même temps qu’une clarification de sa perception des principes métaphysiques et de leurs applications[8] ; Schuon dira plus tard de Guénon qu’il était « le théoricien profond et puissant de tout ce qu’il aimait »[9].

Vie adulte[modifier | modifier le code]

À l'âge de 22 ans, après le service militaire, Schuon s’installe à Paris ; il reprend son métier de dessinateur textile, rencontre les orientalistes Louis Massignon et Émile Dermenghem, et apprend l’arabe[10]. Il reconnaît la validité de toutes les voies spirituelles révélées, et n’a pas d’attachement à une confession particulière ; son désir de trouver un maître spirituel et d’être initié dans une voie ésotérique, et ses recherches dans ce sens, aboutissent en à la décision de partir pour l'Inde[11]. Mais au début de son voyage, lorsqu’il se trouve encore à Marseille, des évènements imprévus le convainquent de se rendre à Mostaganem en Algérie, où réside un maître spirituel soufi renommé, Ahmad al-Alawi. À Mostaganem, il devient musulman et au terme de quatre mois passés dans la zaouïa du Sheikh, celui-ci lui confère l’initiation et le nom de 'Isâ Nûr ad-Dîn, puis il rentre en Europe[12],[13].

Lors d'un second voyage à Mostaganem, en , Adda ben Tounès, le successeur du Sheikh al-Alawî, mort entretemps, lui remet une ijâzah (certificat)[N 1]. Bien que ce document ne mentionne pas le mot « moqaddem », Schuon écrira dans ses Mémoires que cette fonction lui fut attribuée, ce que confirmeront plus tard, selon Mark. J. Sedgwick, certains membres de la tariqa Alawiyya, alors que d'autres, toujours selon lui, le contesteront[14]. « Revenu en Europe, Schuon est, à la suite d'une expérience spirituelle, investi - selon Patrick Ringgenberg - d'une fonction de maître spirituel (de cheikh) en . »[15] C’est ainsi qu’il fondera la première tariqa européenne à Bâle puis à Lausanne et à Amiens[16].

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Schuon sert pendant dix mois dans l’armée française. Fait prisonnier par les Allemands, libéré au bout d'un mois en tant qu'Alsacien, il franchit le Jura de nuit pour gagner la Suisse, y est emprisonné, avant de recevoir une autorisation de séjour (). Il s’installe à Lausanne, où il poursuit sa contribution aux Études Traditionnelles[17]initiée en , et en publie De l'Unité transcendante des religions chez Gallimard dans la collection Tradition créée par Luc Benoist et Jean Paulhan. Après son mariage avec Catherine Feer en , il s’installe à Pully, dans la banlieue lausannoise, où il poursuit son œuvre[18].

Schuon noue des liens d’amitié ou épistolaires avec des personnes de différentes traditions : René Guénon, Ananda Coomaraswamy, Titus Burckhardt, Martin Lings, Seyyed Hossein Nasr, William Stoddart, Léo Schaya, Jean Borella, Marco Pallis, Joseph Epes Brown, Michel Vâlsan, Jean-Louis Michon[19] ; plusieurs d'entre eux deviendront ses disciples[20]. Il correspond avec le chamane sioux Black Elk[21], survivant du génocide amérindien et des politiques subséquentes[22]. Il entretient aussi des rapports avec Swami Ramdas, le métropolite Antoine Bloom de Souroge, l'archimandrite Sophrony, Shin'ichi Hisamatsu et d'autres dignitaires du bouddhisme japonais et tibétain[23],[24]. Le travail de Schuon a également eu une influence sur un certain nombre de chercheurs et d'universitaires qui l'ont fait connaître, comme Huston Smith qui rédigera la préface à la version anglaise de L'unité transcendante des religions[25], Whitall Perry[26], Gai Eaton[27], William Chittick[28] et bien d'autres[29].

Entre et , Schuon se rend au Maroc à une dizaine de reprises, ainsi qu’en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Turquie et en Grèce[30]. Son profond attachement pour la tradition des Indiens d’Amérique, dans laquelle, selon lui, « il s’est maintenu quelque chose de primordial et de pur »[31], motive deux longs séjours dans l’Ouest américain parmi différentes tribus[32] ; il est adopté, lors de son premier voyage, par les Sioux Lakotas[33].

C'est vers que la tariqa de Schuon prend le nom de Maryamiyyah en l'honneur de la Vierge Marie dont il dit avoir eu des visions[34].

En , accompagné de quelques disciples, Schuon s’installe à Bloomington, dans l'Indiana, aux États-Unis, où un groupe déjà constitué les accueille. Selon l'universitaire Mark J. Sedgwick et l'auteur Patrick Ringgenberg, la communauté de Bloomington — nouveau siège de la tariqa — s'éloigne alors de plus en plus de la tradition musulmane soufie pour pratiquer une forme d'universalisme incluant des danses traditionnelles amérindiennes[35],[36]. En 1991, un ancien disciple en conflit avec Schuon et la tariqa accuse celle-ci d’avoir introduit dans ses activités des « assemblées primordiales » où se serait pratiquée la nudité en présence de mineures. Ces accusations valent à Schuon un procès pour affaire de mœurs mais se soldent par un non-lieu[36],[37],[38] et les excuses publiques du procureur[39]. Ces événements affectent Schuon[40]et jettent un certain discrédit sur le groupe et son fondateur[41]. D’autres sources biographiques[1],[5],[42],[43],[44] font mention non pas d’assemblées primordiales ni de nudité, mais bien de participations occasionnelles à des danses indiennes, lesquelles n’auraient nullement interféré avec la voie soufie car ne comportant aucun rite[45].

Frithjof Schuon meurt début à l’âge de 90 ans à Bloomington[46].

Aspects essentiels de son œuvre[modifier | modifier le code]

Pour Seyyed Hossein Nasr, Frithjof Schuon « est à la fois métaphysicien, théologien, philosophe [...] et logicien », versé « en religion comparée » et en « science de l’homme et de la société, interprète des arts et des civilisations traditionnelles, guide spirituel et critique du monde moderne [...] en ses aspects pratiques » et « dans ses dimensions philosophiques et scientifiques »[47].

Dans ses écrits, Schuon aborde principalement les domaines de « la métaphysique essentielle, donc universelle, avec ses ramifications cosmologiques et anthropologiques ; la spiritualité dans le sens le plus large ; l’éthique et l’esthétique intrinsèques ; les principes et les phénomènes traditionnels ; les religions et leurs ésotérismes ; l’art sacré »[33]. Il décrit la métaphysique « pure » comme étant à la fois « essentielle », c’est-à-dire « indépendante de toute formulation religieuse », et « universelle », en tant qu’elle « englobe tout symbolisme intrinsèquement orthodoxe » et « peut par conséquent se combiner avec tout langage religieux »[48].

Doctrine[modifier | modifier le code]

Fondements[modifier | modifier le code]

Frithjof Schuon s'est intéressé dès son arrivée à Paris en 1923 à la Bhagavad-Gita et à l'advaïta védanta[49]. Dans une lettre de 1982, il écrit : « pendant près de 10 ans j'ai été complètement fasciné par l'hindouisme [...] je ne vivais pas d'autre religion que celle du Vedânta et de la Bhagavad Gita ; cela a été ma première expérience de la religio perennis »[7],[50]. Bien qu'il estime que la doctrine de l'advaïta védanta « se trouve également, sous une forme ou sous une autre, même si parfois sporadiquement, dans [...] toutes les grandes religions »[51] et bien que, selon Harry Oldmeadow, une grande partie de son travail ait été dévolue aux religions abrahamiques[49], ses exposés métaphysiques sont enracinés dans l'Advaita Vedanta[52]. Frithjof Schuon considère l'advaïta védanta comme « l'expression doctrinale la plus directe »[51],[53],[54] de ce qu'il appelle tantôt la sophia perennis[51] ou philosophia perennis[55], tantôt l'essence de la réalité spirituelle[53] et tantôt la gnose[54]. En particulier, il relève dans l'advaïta védanta les notions d'âtman, de maya et de tat tvam asi (en)[N 2],[51]. Il considère en outre que la « perspective de Shankara est une des expressions les plus adéquates possibles de la philosophia perennis »[56]. « L'inébranlable conviction » de ce dernier que « Brahman est la seule réalité et que l'univers est illusoire »[57], constitue selon Mark Perry un « axe » de la pensée de Schuon[58].

Philosophie pérenne[modifier | modifier le code]

Schuon distingue comme René Guénon la pensée métaphysique de la pensée philosophique[59], en considérant que la seconde « au sens humaniste, rationalisant et donc courant du mot, est avant tout de la logique » et que la première est caractérisée par l'intuition intellectuelle, comprise en tant que « prise de conscience directe de la vérité »[60]. Dans la préface de L'Unité transcendante des religions, il précise que « la philosophie procède de la raison, faculté tout individuelle », alors que la métaphysique procède d'une « intuition intellectuelle » qui, en tant qu'elle est « directe et non discursive », est une « participation directe et active à la Connaissance divine », qui « émane de Dieu et non du sujet raisonnant »[61].

Tout en considérant le rationalisme comme limité, Schuon estime que « le mot « philosophe » n’a pour le moins rien de limitatif en soi », que « pour Platon la philosophie est la connaissance de l’immuable et des Idées », et considère comme un « abus de langage » le fait de réserver le terme de philosophe aux « raisonneurs antiques et modernes » et de sous-entendre que « la norme de l’esprit est le raisonnement pur et simple »[62]. Sous réserve de cette précaution sémantique, il recourt à plusieurs reprises, comme le relève Patrick Ringgenberg[63], à la notion de « philosophia perennis » à propos de ce que d'autres auteurs appellent la philosophie éternelle[64],[65],[66]. Rappelant que l'expression est apparue chez Agostino Steuco[N 3], il précise que :

« Le mot philosophia suggère à tort ou à raison une élaboration mentale plutôt que la sagesse et ne convient donc pas exactement à ce que nous entendons. La religio est ce qui « relie » au Ciel et engage l’homme entier ; quant au mot traditio, il se réfère à une réalité plus extérieure, parfois fragmentaire, et suggère du reste une rétrospective : une religion naissante « relie » au Ciel dès la première révélation, mais ne devient une « tradition » — ou comporte « des traditions » — que deux ou trois générations plus tard.[67] »

Patrick Ringgenberg voit dans ce texte l'expression d'une distanciation de Schuon à l'égard de la notion guénonienne de tradition primordiale : « De fait, si Schuon reprend de Guénon l’idée d’une tradition primordiale, origine anhistorique des traditions manifestées dans l’histoire, il lui reproche en même temps de n’avoir qu’une fonction limitée, en quelque sorte cosmique et cyclique. Or, Schuon s’intéresse bien plus à comprendre la racine des religions en Dieu, que de retracer leur filiation terrestre à partir d’une tradition primordiale »[68] ; « alors que Guénon faisait de la tradition primordiale la source aujourd'hui cachée et inexprimable des traditions historiques, Schuon tend à faire de la religio perennis une doctrine et une spiritualité précises et « utilisables »[69].

Dans un texte de 1982, Sur les traces de la religion pérenne, Schuon associe les trois notions de philosophie (philosophia), de sagesse (sophia) et de religion (religio) pérennes pour montrer « leur concordance et l'unité de réalité qu'elles désignent »[70] :

« Le terme de philosophia perennis [...] désigne la science des principes ontologiques fondamentaux et universels ; science immuable comme ces principes mêmes, et primordiale du fait même de son universalité et de son infaillibilité. Nous utiliserions volontiers le terme de sophia perennis pour indiquer qu'il ne s’agit pas de « philosophie » au sens courant et approximatif du mot – lequel suggère de simples constructions mentales, surgies de l’ignorance, du doute et des conjectures, voire du goût de la nouveauté et de l’originalité –, ou encore nous pourrions user du terme de religio perennis en nous référant alors au côté opératif de cette sagesse, donc à son aspect mystique ou initiatique.[71] »

Métaphysique[modifier | modifier le code]

Pour Schuon, « la métaphysique n'entend fournir dialectiquement que des points de repère ; [...] elle offre – et c'est toute sa raison d'être – un système de clefs parfaitement suffisant, moyennant un langage qui ne peut être autre qu'indicatif et elliptique »[72].

À la suite de Shankara, Schuon rappelle que « la distinction principale en métaphysique [...] est celle entre Âtmâ et Mâyâ, [...], l'Absolu et le Relatif », distinction que l'on retrouve notamment chez Platon dans la Grèce antique, Maître Eckhart et Grégoire Palamas dans le christianisme et Ibn Arabi dans l’islam[73],[74].

Le mot sanscrit âtmâ désigne le principe suprême, la « Réalité absolue », le « Sur-Être » ou « Non-Être », la divinité impersonnelle. Mâyâ désigne le relatif, participant de l'Absolu, qui « à la fois le voile et le révèle[75] » et qui comporte plusieurs degrés dont le plus élevé – mâyâ in divinis – correspond à l’« Être », à l’« Esprit incréé », au « Dieu personnel », qui est l'interlocuteur à qui l'homme peut s'adresser et que Schuon qualifie de « relativement absolu »[73]. Il rappelle que la distinction « Sur-Être/Être » ne s’applique qu’en métaphysique et jamais dans le rapport opératif de l’homme avec Dieu[76].

Les degrés subordonnés suivants – Schuon en identifie trois conformément à la doctrine soufie des cinq présences divines – constituent la manifestation, premièrement la manifestation supra-formelle (esprit, intellect, logos créés, paradis, anges), ensuite la manifestation formelle, d’abord subtile ou animique, puis grossière ou matérielle (le monde visible)[77].

Dans le microcosme, ces cinq degrés correspondent, en sens inverse, au corps et à l’ego mortel ; à l’âme immortelle ; à l’esprit ou intellect créés ; à l’esprit ou intellect incréés ; au « Soi »[77].

Schuon précise que « le contenu de la Doctrine universelle et primordiale est le suivant, exprimé en termes védantins : « Brahma [âtmâ] est la Réalité ; le monde est l'apparence ; l'âme n'est pas différente de Brahma ». Ce sont là les trois grandes thèses de la métaphysique intégrale : une positive, une négative, une unitive[78].

Ésotérisme

Schéma adapté de l'introduction de Huston Smith à la version anglaise de l'ouvrage de F. Schuon De l'unité transcendante des religions.

Chaque religion comporte deux dimensions : l'exotérisme et l'ésotérisme[79]. Cet ésotérisme religieux est qualifié de « relatif » par Schuon, pour le différencier de l’ésotérisme « absolu »[80] ou « quintessentiel »[81] qui, lui, n'est ni limité, ni totalement exprimé par une forme religieuse ou une école théologique particulières[82].

Pour Schuon, la métaphysique intégrale – qui part de la distinction entre âtmâ et mâyâ (l'absolu et le relatif)[73] – est la substance même du pur ésotérisme[83], auquel doit se joindre une méthode de réalisation[84] car, comme le souligne Patrick Laude :

« La perspective ésotérique n'est pas réductible à une compréhension conceptuelle puisqu'elle est essentiellement une conformité intellective et « existentielle » à la Réalité, ou une assimilation spirituelle et morale de la nature des choses. Comme l'a souvent rappelé Frithjof Schuon, connaître c'est être. L'ésotérisme vécu est, en son sommet, la sagesse en laquelle être et connaître coïncident.[85] »

Il y a donc continuité entre l’exotérisme et l’ésotérisme lorsque celui-ci apparaît comme la dimension intérieure de celui-là et en adopte par conséquent le « langage », et il y a discontinuité lorsque l’ésotérisme transcende toute religion[86] : c’est la religio perennis, l’ésotérisme intemporel, essentiel, primordial, universel[19]. Elle constitue « l’unité transcendante des religions » et s’appuie, méthodiquement, sur une des révélations tout en ayant pour objet la Vérité une, commune à chacune d'elles[87].

Méthode

Voie spirituelle

L’œuvre écrite de Schuon est marquée par la fonction de guide spirituel : le discours spéculatif se déploie immanquablement dans son prolongement pratique et opératif[88], car le discernement entre le réel et l’illusoire —  fondement de la voie de gnose (jñāna en sanskrit) — resterait purement mental[89] en l’absence, d’une part, de la concentration sur le réel par les rites et la prière[90], c’est-à-dire sans un lien effectif avec Dieu fondé sur une piété authentique et, d’autre part, en l’absence d’un détachement suffisant à l’égard de l’égo et du monde. Ce discernement implique une prise de conscience de l’incommensurabilité entre le principe et la manifestation, et l'adhésion sincère[89], grâce à une intelligence illuminée par la foi[91],[92], à la nécessité d’un rapport concret et salvifique avec Dieu, le souverain bien[89], en vue de la régénération[93] de l'individualité immortelle[77], d’où la pratique d’une méthode spirituelle[94].

Cette méthode se fonde sur les rites exotériques et ésotériques de la religion pratiquée, et d’aucune autre[94] ; la prière en est l’élément central, car sans elle le cœur ne peut assimiler ou réaliser ce que le mental aura pu saisir[95]. Schuon rappelle les trois modes de prière : la prière personnelle dans laquelle l’orant s’ouvre spontanément et informellement à Dieu ; la prière canonique, impersonnelle, prescrite par sa tradition ; et la prière invocatoire ou prière du cœur[96],[97], qui « est déjà une mort et une rencontre avec Dieu ; elle est déjà quelque chose du paradis et même, dans sa quintessence mystérieuse et « incréée », quelque chose de Dieu »[98]. Cette forme d’oraison est l’invocation d’un nom divin, d’une formule sacrée, d’un mantra ; elle concilie la transcendance et l’immanence de la vérité[91], car si d’une part celle-ci nous dépasse infiniment[99], le gnostique sait qu’elle est également « inscrite dans la substance même de notre esprit »[100] ; Dieu est à la fois le plus haut et le plus profond[101].

Vertus

Ces deux exigences que sont la doctrine et la méthode resteraient inopérantes sans un troisième élément : la vertu[102], car « La vertu est un rayon de la Beauté divine, à laquelle nous participons par notre nature ou par notre volonté, facilement ou difficilement, mais toujours par la grâce de Dieu »[103]. L’humilité, la charité et la véracité, c’est-à-dire l’effacement de l’égo, le don de soi et l’attachement foncier à la vérité sont, pour Schuon, des vertus essentielles, qui correspondent par ailleurs aux trois étapes de la voie : purification, épanouissement et union[104]. « Avoir une vertu, c'est avant tout ne pas avoir le défaut qui lui est contraire, car Dieu nous a créés vertueux, Il nous a créés à son image, les défauts sont surajoutés »[105]. Toute vertu est une participation à Sa beauté et une réponse à Son amour[106].

Beauté

Bien que Schuon considère que les fondements de toute voie spirituelle sont la vérité, la prière et la vertu, il insiste également sur l’importance d’un quatrième élément : la beauté[107] car « L'intériorisation de la beauté présuppose la noblesse de l'âme et en même temps la produit »[108] et « La fonction cosmique, et plus particulièrement terrestre, de la beauté est d’actualiser dans la créature intelligente et sensible le ressouvenir des essences, et d’ouvrir ainsi la voie vers la nuit lumineuse de l’Essence une et infinie. »[109] À la conscience de la beauté divine doivent correspondre, non seulement la beauté intérieure, les vertus, mais également le sens de la beauté extérieure, que ce soit dans la contemplation de la nature[110] ou dans la réceptivité aux meilleures productions artistiques humaines[111], sans oublier le rôle intériorisant, chez soi, d’une ambiance traditionnelle faite de beauté et de sérénité, étrangère aux caprices de la modernité[112]. « La beauté, quel que puisse être l’usage qu’en fait l’homme, appartient fondamentalement à son Créateur, qui par elle projette dans l’apparence quelque chose de son être »[113].

Pour Schuon, toutes ces considérations trouvent leur source et leur justification dans la nature « théomorphe » de l’être humain[114]. Autrement dit : « L'anthropologie spirituelle de l'ésotérisme authentique part de l'idée que l'homme se définit par une intelligence totale et « déiforme ». »[115].

Art sacré

Dans la lignée d’Ananda Coomaraswamy et de Titus Burckhardt[116], Frithjof Schuon rappelle que « l’art sacré est d’abord la forme visible et audible de la Révélation, puis son revêtement liturgique indispensable »[117]. Cet art communique des « vérités spirituelles d'une part et une présence céleste d'autre part »[118]. James Cutsinger souligne que, pour Schuon, un art est sacré « non par l’intention personnelle de l’artiste, mais par le contenu, le symbolisme et le style, donc par des éléments objectifs »[119], qui doivent respecter les règles canoniques propres à la religion de son auteur[119],[120]. Celui-ci, selon Martyn Amugen citant Schuon, doit être « sanctifié ou en état de grâce » car le langage du sacré « ne saurait émaner du simple goût profane, ni même du génie, mais doit essentiellement procéder de la tradition »[121], qui « ne saurait être remplacée, et encore [...] moins surpassée, par les ressources de l'humain »[122]. C’est ainsi que les peintres d'icônes, par exemple, « étaient des moines qui, avant de se mettre au travail, se préparaient par le jeûne, la prière, la confession et la communion »[123],[124], afin de mater les deux écueils qui guettent tout artiste : « une virtuosité s'exerçant vers l'extérieur et la superficialité, et un conventionnalisme sans intelligence et sans âme »[125].

Se faisant l'écho de la pensée schuonienne, Cutsinger relève que les différentes formes d’art sacré ont pour objet la « transmission d’intuitions intellectuelles », conférant ainsi « une aide directe à la spiritualité »[119], et il note que cet art communique à la fois des « vérités métaphysiques, des valeurs archétypiques, des faits historiques, des états spirituels et des attitudes psychologiques »[126].

Évoquant la transition du Moyen Âge – avec ses arts byzantin, roman et gothique primitif[127] – vers la Renaissance, Schuon remarque que « l’art chrétien, qui était un art sacré, symbolique, spirituel » céda devant l'avènement de l’art néo-antique, à caractère naturaliste et sentimental, qui ne répondait « plus qu'aux aspirations psychiques collectives »[128],[129]. Ayant rompu avec la tradition, rapporte Amugen, l'art devint « humain, individualiste, donc arbitraire [...], signes infaillibles d’une déchéance »[130],[131], et toute volonté de restauration de son caractère sacré doit nécessairement passer par l’abandon du relativisme individualiste pour remonter aux sources, qui se situent dans l’intemporel[132] et dans l’immuable[133],[134].

Critique du monde moderne[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne la critique du monde moderne, le traducteur brésilien de Schuon, Mateus Soares de Azevedo, note que ce dernier reprend la « critique [que Guénon fait] du monde moderne, de sa culture, de son art et de ses sciences, qu'il rejette comme matérialistes, relativistes, triviales et nuisibles à l'homme et à son ambiance. »[135].

Sa critique n'est pas dirigée contre l'Occident traditionnel, que ce soit dans le domaine de la religion, de l'art ou de la littérature ; ce qu'il critique en termes catégoriques, c'est l'Occident moderne, sécularisé, profanateur de la nature[136], et la théorie de l'évolution, qui ne joue pas seulement un rôle de postulat scientifique mais aussi de dogme quasi-religieux[137].

Seyyed Hossein Nasr ajoute que « pour Schuon, la civilisation moderne qui a commencé en Europe à la Renaissance et qui, après avoir détruit la civilisation chrétienne traditionnelle, s'est répandue dans d'autres parties du globe, est fausse non seulement dans ses résultats, mais aussi dans ses prémisses »[138]. Toujours selon Nasr, pour Schuon, la science est totalement ignorante des dimensions du Réel, des rythmes du cosmos, de la nature qualitative du temps, du lien intérieur de la matière avec les états subtils et de bien d'autres réalités[139].

Schuon pense, avec les autres pérennialistes, qu'en dépit de certains avantages qu'offre le monde moderne[N 4], l'humanité est entrée dans la phase terminale d'un cycle, l'« âge sombre » ou kali yuga[140],[141].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Dans son compte rendu de l'ouvrage de Schuon De l'unité transcendante des religions, l'islamologue Mohammed Arkoun reproche à Schuon d'avoir une conception romantique de l'islam et de négliger les problèmes sociaux et matériels qui se posent aux musulmans dans la vie quotidienne. Il dénonce le « conservatisme épistémologique », qui est propre, selon lui, non pas seulement à Schuon mais à un certain nombre d'« apologètes chaleureux » de l'islam en Occident, lesquels sont écrivains, universitaires ou ésotéristes et propagent une vision mythologique de cette religion[142].

L'universitaire américain Gregory A. Lipton relève dans son texte De-Semitizing Ibn ʿArabī: Aryanism and the Schuonian Discourse of Religious Authenticity, l’influence que la notion de peuples aryens et sémites exerce sur le regard nuancé que porte Schuon sur l'œuvre d'Ibn Arabi ainsi que sur le soufisme confrérique exotérisant (appelé par Schuon « soufisme moyen » ou « ordinaire »)[143].

L’auteur Patrick Ringgenberg, dans une perspective agnostique[144], entend réfuter la thèse schuonienne selon laquelle le gnostique, par l’intuition intellectuelle, pourrait « voir les choses telles qu’elles sont », donc objectivement ; et d'ajouter : « on ne peut que constater, chez Schuon comme chez Guénon, une même confusion entre la prétention de leur perspective et une universalité qui, en réalité, se confond avec leurs limites subjectives et culturelles »[145].

L’écrivain Jean Hani (1917-2012) établit un lien entre le don artistique et poétique de Frithjof Schuon, et « la chaleur qui accompagne toutes ses évocations des réalités et des expériences d’ordre spirituel », en comparant cette approche à la « froideur » d'œuvres métaphysiques dépourvues « d’amour dévotionnel », qui donnent le sentiment que leurs auteurs n’ont pas « pénétré vitalement la doctrine »[146]. Parallèlement, et à l’encontre du point de vue religieux et de la philosophie moderne, Hani corrobore l’assertion guénonienne et schuonienne attestant la possibilité pour l’intellect de connaître le réel : « cette connaissance de l'Absolu et de l'Infini constitue le fond même de l'Intellect et c'est lui qui permet son objectivité et son illimitation »[147].

Le professeur Harry Oldmeadow souligne que Schuon ne se contente pas d’exposer la philosophia perennis, mais qu’il en dégage une thérapie spirituelle adaptée aux exigences de notre temps[148].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • (de) Leitgedanken zur Urbesinnung, Zürich, Orell Füssli Verlag, 1935 ; deuxième édition Urbesinnung - Das Denken des Eigentlichen (revue et corrigée), Aurum Verlag, 1989 ; traduit en français sous le titre Méditation primordiale : la conception du vrai, Les Sept Flèches, 2008 (ISBN 297003252X).
  • De quelques aspects de l'islam, Chacornac, 1935.
  • De l'unité transcendante des religions, Gallimard, 1948 ; rééditions : Gallimard, 1958 ; Le Seuil, 1979 (revue, corrigée et augmentée d'un nouveau chapitre) ; Sulliver, 2000 ; L'Harmattan, 2014 (ISBN 9782336336169, présentation en ligne).
  • L'œil du cœur, Gallimard, 1950 ; rééditions : Dervy-Livres, 1974 (revue et corrigée) ; L'Âge d'Homme, 1995 ; L'Harmattan, 2017 (augmentée de trois chapitres).
  • Perspectives spirituelles et faits humains, Cahiers du Sud, 1953 ; rééditions : Maisonneuve et Larose, 1989 ; L'Âge d'Homme, 2003.
  • Sentiers de gnose, La Colombe, 1957 ; rééditions : La Place Royale, 1987, 1996 (revue et corrigée).
  • Castes et races suivi de Principes et critères de l'art universel, Derain, 1957 ; réédition : Archè, 1979 (revue et corrigée) (ISBN 8872520282).
  • Les stations de la sagesse, Buchet/Chastel-Corréa, 1958 ; rééditions : Maisonneuve & Larose, 1992 ; L'Harmattan, 2011 (ISBN 9782296546684, présentation en ligne).
  • Images de l'esprit : shinto, bouddhisme, yoga, Flammarion, 1961 ; réédition : Le Courrier du Livre, 1982 (ISBN 2702901220).
  • Comprendre l'islam, Gallimard, ; réédition : Le Seuil (coll. Points Sagesses), 1976 et réimpressions ; avant-propos d'Annemarie Schimmel dans les versions allemande et anglaise.
  • Regards sur les mondes anciens, Éditions Traditionnelles, 1968 (traduction anglaise de Lord Northbourne) ; rééditions : Nataraj, 1997 ; L'Harmattan, 2016 (ISBN 9782140026331, présentation en ligne).
  • Logique et transcendance, Éditions Traditionnelles, 1970, 1972 ; réédition : Sulliver, 2007 (ISBN 9782351220115).
  • Forme et substance dans les religions, Dervy-Livres, 1975 ; réédition : L'Harmattan, 2012 (ISBN 9782296570146, présentation en ligne).
  • L'ésotérisme comme principe et comme voie, Dervy-Livres, 1978, 1997 (ISBN 2850768766).
  • (de) Von der inneren Einheit der Religionen (traduction par l'auteur de De l'Unité transcendante des religions), Ansala-Verlag, 1979.
  • Le soufisme, voile et quintessence, Dervy-Livres, 1980, 2007 (ISBN 2844544371).
  • Christianisme/Islam : visions d'œcuménisme ésotérique, Arché, 1981 ; réédition : L'Harmattan, 2015.
  • Du divin à l'humain : tour d’horizon de métaphysique et d’épistémologie, Le Courrier du Livre, .
  • Sur les traces de la religion pérenne, Le Courrier du Livre, (ISBN 2702901263).
  • Approches du phénomène religieux, Le Courrier du Livre, 1984 (ISBN 2702901433).
  • Résumé de métaphysique intégrale, Le Courrier du livre, .
  • Avoir un centre, Maisonneuve & Larose, 1988 ; réédition : L'Harmattan, (ISBN 9782296265622, présentation en ligne).
  • Racines de la condition humaine, La Table Ronde, (ISBN 2710304139).
  • Le jeu des masques, L'Âge d'Homme, (ISBN 9782825102541).
  • La transfiguration de l'homme, L'Âge d'Homme, (ISBN 9782825105979).

Poésies[modifier | modifier le code]

  • (de) Sulamith (original allemand), Urs Graf Verlag, 1947.
  • (de) Tage- und Nächtebuch (original allemand), Urs Graf Verlag, 1947.
  • (en) Road to the Heart (original anglais), World Wisdom Books, 1995.
  • (de)Liebe / Leben / Glück / Sinn (original allemand), 4 vol., Verlag Herder, 1997.
  • (de), (fr) Poésies didactiques, vol. 1-10 (bilingue original allemand/traduction française), Les Sept Flèches, 2001-2005.

Le compositeur John Tavener est l’auteur des Schuon Lieder (2003, cycle de chansons pour soprano et ensemble) sur des poèmes de Frithjof Schuon[149].

Compilations d'écrits de Frithjof Schuon[modifier | modifier le code]

  • Les perles du pèlerin, Éditions du Seuil, Paris, 1990 ; textes réunis par Thierry Béguelin (ISBN 9782021252651).
  • (en) The Feathered Sun, Plains Indians in Art and Philosophy, World Wisdom, 1990 ; introduction de Thomas Yellowtail (ISBN 9780941532082).
  • Trésors du bouddhisme, Nataraj, 1997 ; comprend la plupart des textes de Frithjof Schuon traitant du bouddhisme.
  • (en) The Fullness of God : Frithjof Schuon on Christianity, World Wisdom, 2004 ; textes réunis par James S. Cutsinger, avant-propos d'Antoine Faivre.
  • (en) The Essential Frithjof Schuon, World Wisdom, 2005 ; préface et textes réunis par Seyyed Hossein Nasr.
  • (en) Prayer fashions Man, World Wisdom, 2005 ; textes réunis par James S. Cutsinger.
  • (en) Art from the Sacred to the Profane: East and West, World Wisdom, (ISBN 9781933316352, présentation en ligne) ; textes et illustrations réunis par Catherine Schuon.
  • Vers l'Essentiel : lettres d'un maître spirituel, Les Sept Flèches, 2013 ; lettres françaises de Frithjof Schuon réunies par Thierry Béguelin.
  • De tout cœur et en l'esprit : choix de lettres d'un maître spirituel, L'Harmattan, 2015 ; lettres allemandes de Frithjof Schuon réunies et traduites par Ghislain Chetan, préface de Patrick Laude.
  • La conscience de l'Absolu : aphorismes et enseignements spirituels, Hozhoni,  ; textes réunis par Thierry Béguelin[150].
  • Par "l'amour qui meut le soleil et les autres étoiles" : méditations et notes de voyage, Hozhoni, 2018 ; extraits autobiographiques réunis et traduits de l'allemand par Ghislain Chetan, préface de Patrick Laude, (ISBN 978-2-37241-054-0).

Annexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

ordre alphabétique

  • (en) Patricia Adrichem, Frithjof Schuon and the Problem of Religious Diversity (thèse), Université de La Trobe, (OCLC 225547806).
  • (sv) Kurt Almqvist, Tidlös besinning i besinningslös tid : ur Frithjof Schuons verk, Stockholm, Ed. Natur & Kultur, (ISBN 9789127419742).
  • (en) Martyn Amugen, The Transcendental Unity of Religions and the Decline of the Sacred, Bangkok, Lap Lambert, Academic Publishing, , 206 p. (ISBN 978-3659925580, lire en ligne).
  • Thierry Béguelin, « Préface », dans Frithjof Schuon, Vers l'Essentiel: lettres d'un maître spirituel, Lausanne, Les Sept Flèches, , 235 p. (ISBN 9782970032588, lire en ligne).
  • (en) Jennifer Casey, Frithjof Schuon Messenger of the Perennial Philosophy, Bloomington, World Wisdom, , DVD (ISBN 9781936597048).
  • Bernard Chevilliat (dir.), Frithjof Schuon, 1907-1998 : biographie, études et témoignages, Connaissance des Religions (recueil d'articles de J.-B. Aymard, M. Lings, W. Perry, Sw. Ramdas, S.H. Nasr, J. Cutsinger, P. Laude, etc.), , 300 p. (ISBN 2-7029-0392-4, notice BnF no FRBNF37674306).
  • Bernard Chevilliat, « Frithjof Schuon ou le regard de l'aigle », Ultreïa, no 7,‎ .
  • (en) en:James Cutsinger, Advice to the Serious Seeker: Meditations on the Teaching of Frithjof Schuon, Albany, State University of New York Press, , 225 p. (ISBN 9780791432501).
  • (en) en:James Cutsinger, Splendor of the True: a Frithjof Schuon Reader, Albany, State University of New York Press, (ISBN 9781438446127).
  • (en) en:Michael O. Fitzgerald, Frithjof Schuon Messenger of the Perennial Philosophy, Bloomington/IN, World Wisdom, , 256 p. (ISBN 9781935493594).
  • Eric Geoffroy (dir.), Une voie soufie dans le monde : la Shâdhiliyya, Maisonneuve & Larose, , 544 p. (ISBN 9782706818271).
  • Roland Goffin (dir.), Vers la Tradition n° 74, , 64 p. (ISSN 0755-4222).
  • (en) en:Ali Lakhani, « A Commentary on the Teachings of Frithjof Schuon », Sacred Web, no 20,‎ (ISSN 1480-6584).
  • Patrick Laude (dir.) et Jean-Baptiste Aymard (dir.), Frithjof Schuon, L’Âge d’Homme (recueil d’articles de M. Lings, J. Biès, J. Hani, J. Cutsinger, S.H. Nasr, R. Shah-Kazemi, M. Perry, M. Soares de Azevedo, W. Stoddart, etc.), coll. « Les Dossiers H », , 484 p. (ISBN 9782825114582).
  • (en) Seyyed Hossein Nasr, The Essential Frithjof Schuon, World Wisdom, , 560 p. (ISBN 0-941532-92-5).
  • (en) Kenneth (Harry) Oldmeadow, « Formal Diversity, Essential Unity: Frithjof Schuon on the Convergence of Religions », Sacred Web, a Journal of Tradition and Modernity, no 5,‎ (lire en ligne).
  • (en) en:Harry Oldmeadow, The Betrayal of Tradition: Essays on the Spiritual Crisis of Modernity, World Wisdom, , 386 p. (ISBN 9780941532556, lire en ligne).
  • (en) en:Harry Oldmeadow (préf. William Stoddart), Frithjof Schuon and the Perennial Philosophy, Bloomington, World Wisdom, , 348 p. (ISBN 9781935493099, lire en ligne).
  • (en) en:Harry Oldmeadow, « Philosophy and Metaphysics in Perennialist Perspective », dans Touchstones of the Spirit: Essays on Religion, Tradition and Modernity, World Wisdom, , 229 p. (ISBN 9781936597031, lire en ligne).
  • Patrick Ringgenberg, Diversité et unité des religions chez René Guénon et Frithjof Schuon, Paris, L'Harmattan, , 384 p. (ISBN 978-2-296-12762-3).
  • (en) Timothy Scott, « “Made in the Image”: Schuon’s theomorphic anthropology », Sacred Web, vol. 20,‎ (ISSN 1480-6584, lire en ligne).
  • Mark J. Sedgwick (trad. de l'anglais, préf. Jean-Pierre Brach), Contre le monde moderne : le traditionalisme et l'histoire intellectuelle secrète du XXe siècle [« Against the Modern World: Traditionalism and the Secret Intellectual History of the Twentieth Century »], Paris, Dervy-Livres, , 394 p. (ISBN 978-2-84454-563-3, notice BnF no FRBNF42027548).
  • (en) en:Mateus Soares de Azevedo, « Frithjof Schuon and Sri Ramana Maharshi: A survey of the spiritual masters of the 20th century », Sacred Web, a Journal of Tradition and Modernity, no 10,‎ (lire en ligne).
  • (en) en:Arthur Versluis, « From Europe to America », dans American Gurus, From Transcendentalism to New Age Religion, New York, Oxford University Press, , 297 p. (ISBN 9780199368136, lire en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Traduction de l’arabe : « Au Nom de Dieu, Clément et Miséricordieux ! Louange à Dieu ! Paix sur Ses serviteurs qu’Il a élus ! J’atteste, et Dieu est le meilleur témoin, d’une attestation faite purement pour Lui (litt. « pour Sa noble Face »), que nous avons fréquenté l’être à l’âme pure, aux vertus excellentes et à la pénitence sincère, le frère en Dieu Sîdî ‘Îsâ Nûr al-Dîn, Européen de résidence et de naissance, et que celui-ci a été récemment en relations prolongées avec nous, ce qui nous a permis de scruter les états de l’homme, ses paroles et ses actes, et nous n’en avons vu - et c’est la vérité qu’il faut dire - que ce qui tranquillise le croyant et plaît à l’affilié à Dieu, le Bienveillant, l’Informé, Lui qui élit pour Lui-même qui Il veut et guide vers Lui-même qui se repent. Sur la base de ma connaissance de ce frère en Dieu, je l’ai autorisé à diffuser l’appel à l’islam parmi les Européens, en enseignant la parole du tawhîd : « Pas de divinité si ce n’est Dieu, Muhammad est l’envoyé de Dieu », et ce qui en découle comme rites religieux obligatoires. Dieu a dit : « Et qui parle mieux que celui qui appelle à Dieu et agit justement et dit : je suis au nombre des musulmans ? » Je lui recommande, comme je me le recommande à moi-même, de craindre Dieu en son for intérieur comme à l’extérieur, et d’éviter les penchants (maṭāmi‘) de l’âme (nafs), de ne pas suivre ses passions et de s’en remettre à Dieu dans toutes ses affaires : Dieu suffit à qui s’en remet à Lui. Dieu réalise son ordre. Et Dieu a écrit pour chaque chose son destin.– Cette ijâza a été émise par le serviteur de son Seigneur qui obéit à Ses ordres et qui espère Son pardon et qui implore Ses faveurs.– Adda Bin Tounis ».
  2. tat tvam asi (« tu es cela »), formule résumant la doctrine advaïta [1], p. 328.
  3. « La plupart des ouvrages de référence attribuent désormais l'origine du concept à Steuco. Cependant [dans son ouvrage de 1944], Aldous Huxley attribue toujours l'origine du concept à Leibniz. D'autres créditent Steuco, mais ne réalisent pas que sa conception de la philosophie pérenne est quelque peu différente de celle du XXe siècle ». Traduction libre de la note no 12 : « Most reference works now attribute the origin of the concept to Steuco, Aldous Huxley, op.cit;, vii, however, still attributed the origin of the concept to Leibniz. Others give Steuco credit but do not realize that his conception of perennial philosophy is somewhat different from XXth century notions. »(en) Charles. B. Schmitt, « Perennial philosophy from Agostino Steuco to Leibniz », Journal of the History of Ideas, University of Pennsylvania Press, vol. 27, no 4,‎ , p. 506 (lire en ligne).
  4. « ... the traditional perspective does not only see good in the past and only bad in the modern world. No doubt the modern world has its compensations [...] If you want to read the Tao te king, the Upanishads, or the works of Rumi [...] we have got almost the entire treasury of the world’s spiritual traditions available to us, in a way that has never been the case before, this is an extraordinary privilege we have! [...] It’s a kind of compensation for the peculiar conditions of the [...] "Kali Yuga". [...] We have a good which necessarily (given human nature, the ’fall’, etc.) entails some evils - that’s the world of tradition -, as compared with modernity, which is an evil which entails - no doubt - some good. [...] it’s illogical to prefer an evil which entails some good over a good which entails some evil. » [in Professor Harry Oldmeadow. Tradition Betrayed; The False Prophets of Modernism, (video 33'05) [2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) Renaud Fabbri, Frithjof Schuon : the shining realm of the pure intellect (Thesis in Comparative Religion), Miami University, (lire en ligne), p. 8.
  2. Aymard, Connaissance des religions 1999, p. 2.
  3. Aymard, Connaissance des religions 1999, p. 3.
  4. Versluis 2014, p. 167.
  5. a et b Casey 2012.
  6. Dossiers H 2002, p. 474 [lire en ligne].
  7. a et b Aymard, Connaissance des religions 1999, p. 7.
  8. (en) Barbara Perry, « Introduction », dans Frithjof Schuon, Catherine Schuon, Art from the Sacred to the Profane: East and West, Bloomington-Indiana, World Wisdom, , 140 p. (ISBN 978-1-933316-35-2, lire en ligne), p. XIV.
  9. Chevilliat 2016, p. 29.
  10. Aymard, Connaissance des religions 1999, p. 9.
  11. Casey 2012, 22 min 35 s à 25 min 30 s.
  12. Aymard, Connaissance des religions 1999, p. 17.
  13. Denis Gril, Khaled Bentounes, « Le cheikh al-`Alawî et la diffusion du soufisme en Occident », dans Soufisme, l’héritage commun, Alger, Zaki Bouzid Editions, (ISBN 978-9961771150), p. 156sq.
  14. Sedgwick 2008, p. 111.
  15. Patrick Ringgenberg, Les théories de l'art dans la pensée traditionnelle, Guénon - Coomaraswamy - Schuon - Burckhardt, L'Harmattan, , 832 p. (ISBN 9782296464452, lire en ligne), page 28.
  16. Aymard, Connaissance des religions 1999, p. 22.
  17. H. Cornélis, « Spiritualité indienne », La Vie spirituelle, vol. 9, no 36,‎ (lire en ligne).
  18. Aymard, Connaissance des religions 1999, p. 43.
  19. a et b Béguelin 2013, p. 9.
  20. Sedgwick 2008, p. 18.
  21. (en) Peter A. Huff, « Black Elk Keeps Speaking », Bearings, Collegeville Institute,‎ (lire en ligne).
  22. (en) « Frithjof Schuon and the American Indian Spirit: Interview with Michael Fitzgerald » [PDF]], reproduced from (en) « Vincit Omnia Veritas: Collected Essays », Renaud Fabbri & Timothy Scott, edtrs,, p. 15 à 34.
  23. Aymard, Connaissance des religions 2002, p. 45.
  24. Patrick Ringgenberg, Les théories de l'art dans la pensée traditionnelle : Guénon - Coomaraswamy - Schuon - Burckhardt, L'Harmattan, , 832 p. (ISBN 9782296464452, lire en ligne), p. 30.
  25. WorldCat.
  26. (en) Oldmeadow, « Book Review: Frithjof Schuon: Life and Teachings », Sophia: The Journal of Traditional Studies, Washington, (D.C.), vol. 11.1,‎ , p. 197-204 (lire en ligne [PDF])
    « One thinks not only of his many translators but also [...] the support [...] of his close friend Whitall Perry. »
  27. (en) Reza Shah-Kazemi, « The Late Shaykh Hasan Le Gai Eaton, 1921 – 2010 », sur gaieaton.com, .
  28. (en) William Chittick, The Sufi Doctrine of Rumi, World Wisdom, , 122 p. (ISBN 9780941532884, lire en ligne), page 103 index.
  29. Nasr, Dossiers H 2002, p. 177sq [lire en ligne].
  30. Aymard, Connaissance des religions 1999, p. 44.
  31. Schuon, Regards sur les mondes anciens, 2016, p. 74.
  32. Aymard, Connaissance des religions 1999, p. 50,52.
  33. a et b Béguelin 2013, p. 8.
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  35. Sedgwick 2008, p. 221,226.
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  38. (en) Avis Little Eagle, « Naming honor returns to haunt area family », Lakota Times,‎ .
  39. Fitzgerald 2010, p. 194sq.
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  41. Ringgenberg 2010, p. 286.
  42. Fitzgerald 2010, p. 116sq.
  43. Chevilliat 2016, p. 43.
  44. Aymard, Connaissance des religions 1999, p. 61, 64sq.
  45. Fitzgerald 2010, p. 216..
  46. « Frithjof Schuon, Biographie » [PDF], p. 5.
  47. Nasr, Dossiers H 2002, p. 173sq [lire en ligne].
  48. Béguelin 2013, p. 76.
  49. a et b Oldmeadow 2010, p. 138 [lire en ligne].
  50. (en) Jean-Baptiste Aymard et Patrick Laude, Frithjof Schuon : Life and Teachings, SUNY Press, (lire en ligne), p. 10.
  51. a b c et d (en) Frithjof Schuon, « The Perennial Philosophy », dans Martin Lings et Clinton Minnaar, The Underlying Religion: An Introduction to the Perennial Philosophy, World Wisdom, (lire en ligne), p. 244.
  52. (en) Frithjof Schuon on Eastern Traditions : Hinduism, Buddhism, Taoism, Shinto by Harry Oldmeadow
    « While much of Schuon's oeuvre has been devoted to the religious forms of the Abrahamic traditions and to the metaphysical and cosmological doctrines as expressed within the esoteric domains of these traditions, his own metaphysical expositions, like those of Guénon, are rooted in Advaita Vedanta, and this for a very simple reason: "Advaita Vedânta is the most direct possible expression of gnosis" (Schuon). »
  53. a et b Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains, 1989, p. 127.
    « Le Vedânta apparaît, parmi les doctrines explicites, comme l'une des formulations les plus directes possibles de ce qui fait l'essence même de notre réalité spirituelle. »
  54. a et b (en) Frithjof Schuon, Gnosis : Divine Wisdom, Perennial Books, , p. 77.
    « Advaita Vedanta [...] is the most direct possible expression of gnosis. »
  55. Schuon, L'ésotérisme comme principe et comme voie, 1997, p. 21.
  56. Schuon, L'ésotérisme comme principe et comme voie, 1997, p. 21.
    « La perspective de Shankara est l'une des expressions les plus adéquates possibles de la philosophia perennis ou de l'ésotérisme sapientiel. »
  57. Śaṅkarācārya (trad. Marcel Sauton), Le Plus beau fleuron de la discrimination : Viveka-Cūḍā-Maṇi, J. Maisonneuve, , p. 6.
  58. M. Perry, Dossiers H 2002, p. 229 [lire en ligne].
  59. René Guénon, « Pensée métaphysique et pensée philosophique », dans Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, Partie II, Chapitre VIII, Marcel Rivière, .
  60. Schuon, Les stations de la sagesse, 2011, p. 18 [lire en ligne].
  61. Schuon, De l'unité transcendante des religions, 2014, p. 11-12 [lire en ligne].
  62. Schuon, Le soufisme, voile et quintessence, 1980, p. 98.
  63. Ringgenberg 2010, p. 187-189.
  64. Schuon, Sentiers de gnose, 1996, p. 27.
    « La gnose ou la philosophia perennis est le trait d'union entre les différents langages religieux. »
  65. Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains, 1989, p. 23.
    « Des penseurs du XIXe siècle — un Comte ou un Schopenhauer par exemple — peuvent paraître vieillots et démodés, un peu comme des peintres ou des dramaturges de la même époque ; mais les porte-parole de la philosophia perennis, qu'ils aient écrit il y a deux mille ans ou qu'ils aient vécu aux confins de la terre, auront toujours la fraîcheur et la parfaite « actualité » que confère la vérité exprimée avec intelligence. »
  66. Schuon, Comprendre l'islam, 1976, p. 7.
    « Ce que nous avons en vue, dans ce livre comme dans les précédents, c'est en fin de compte la scientia sacra ou la philosophia perennis, la gnose universelle qui a toujours été et qui sera toujours. »
  67. Schuon, Regards sur les mondes anciens, 2016
  68. La sophia perennis de Frithjof Schuon par Patrick Ringgenberg.
  69. Ringgenberg 2010, p. 191.
  70. Ringgenberg 2010, p. 193.
  71. Schuon, Sur les traces de la religion pérenne, 1982, p. 9
  72. Schuon, Racines de la condition humaine, 1990, p. 40.
  73. a b et c Stoddart, Dossiers H 2002, p. 331 [lire en ligne].
  74. (en) Mark Juergensmeyer, Wade Clark Roof, Encyclopedia of Global Religion, SAGE Publications, , 1528 p. (ISBN 9781452266565, lire en ligne), page 987.
  75. Oldmeadow 2010, p. 62 [lire en ligne]
    « The world of maya [...] is an ever changing multiplicity, a fugitive tissue of relativities, one which both veils and discloses the Absolute. »
  76. Biès, Dossiers H 2002, p. 59sqq [lire en ligne].
  77. a b et c Oldmeadow 2010, p. 53 à 57 [lire en ligne].
  78. Schuon, L'œil du cœur, 2017, p. 155.
  79. Alain Jacquemart, « Exoterisme et esoterisme : deux approches differentes pour un meme but ! », sur Tout Par Amour.
  80. Schuon, Dossiers H 2002, p. 424 [lire en ligne]
    « ... il y un ésotérisme relatif comme il y a un ésotérisme absolu... »
  81. Laude, Dossiers H 2002, p. 128 [lire en ligne].
  82. Patrick Ringgenberg, « La sophia perennis de Frithjof Schuon », sur Patrick Ringgenberg.com, D'un Orient à l'autre, via web.archive.org.
    « La sophia perennis, dont Schuon s’est voulu le porte-parole est présentée comme un ésotérisme quintessentiel et transhistorique : dégagé de toute interférence avec une perspective exotérique, libre aussi de la perspective confessionnelle attachée aux ésotérismes historiques, il constitue la doctrine suprême, pérenne et normative, susceptible d’éclairer, de l’intérieur et dans la lumière de la Vérité une, toutes les religions et tous les ésotérismes de l’humanité. »
  83. (en) Timothy Scott, « The Elect and the Predestination of Knowledge - 'Esoterism' and 'Exclusivism': A Schuonian Perspective », Esotericism and the Control of Knowledge, (ed. Edward Crangle), The University of Sydney,‎ , page 3 (lire en ligne).
  84. Schuon, Résumé de métaphysique intégrale, 1985, p. 73.
    « L'ésotérisme en soi est la métaphysique tout court, à laquelle se joint nécessairement une méthode de réalisation appropriée ; l'ésotérisme de telle religion – de tel exotérisme – s'adapte au contraire à cette religion et entre par là dans des méandres théologiques, psychologiques et légalistes étrangers à sa nature, tout en conservant en son centre secret son caractère authentique et plénier, sans quoi il ne serait pas ce qu'il est. »
  85. Laude, Connaissance des religions 1999, p. 216.
  86. (en) Harry Oldmeadow, « The Heart of the Religio Perennis, Frithjof Schuon on Esotericism », Esotericism and the Control of Knowledge, (ed. Edward Crangle), The University of Sydney,‎ , page 5, 6, 7 (lire en ligne [PDF]).
  87. Nasr, Connaissance des religions 1999, p. 123sq.
  88. Ringgenberg 2010, p. 307.
  89. a b et c Oldmeadow 2010, p. 298sq.
  90. Laude, Connaissance des religions 1999, p. 212.
  91. a et b Lakhani 2007, p. 12.
  92. Luc Benoist, « L’œuvre de Frithjof Schuon », Études traditionnelles, vol. 79, no 461,‎ , p. 99 (lire en ligne).
  93. Schuon, Les stations de la sagesse, 2011, p. 148.
  94. a et b Nasr, Connaissance des religions 1999, p. 124
  95. Shah-Kazemi, Dossiers H 2002, p. 199 [lire en ligne].
  96. Shah-Kazemi, Dossiers H 2002, p. 201sqq [lire en ligne].
  97. Jean Biès, « Un Homme de la Tradition : Frithjof Schuon », Revue Question DE., no 8,‎ 3e trimestre 1975 (lire en ligne), (consulté le 18 août 2018).
  98. Schuon, Logique et transcendance, 1972, p. 292.
  99. Schuon, L'ésotérisme comme principe et comme voie, 1997, p. 234.
  100. Schuon, Regards sur les mondes anciens, 2016, p. 139.
  101. Lakhani 2007, p. 13.
  102. Oldmeadow 2010, p. 301.
  103. Schuon, La conscience de l'Absolu, 2016, p. 33.
  104. Oldmeadow 2010, p. 304.
  105. Schuon, La transfiguration de l'homme, 1995, p. 111.
  106. Schuon, La conscience de l'Absolu, 2016, p. 34.
  107. Lakhani 2007, p. 15.
  108. Schuon, La conscience de l'Absolu, 2016, p. 59.
  109. Schuon, L'ésotérisme comme principe et comme voie, 1997, p. 191.
  110. Nasr, Dossiers H 2002, p. 176 [lire en ligne].
  111. Laude, Dossiers H 2002, p. 120 [lire en ligne]
    « Selon Schuon, dans la lignée de la pensée néo-platonicienne et de la conception traditionnelle en général, l'art et la beauté constituent des voies d'accès aux archétypes ; ce qui rend compte du fait que l'art ne saurait simplement copier la nature. Il y a dans toute forme d'art authentique une « stylisation » ou une « essentialisation » qui a pour but de dégager la racine qualitative des phénomènes. Frithjof Schuon parle de cette alchimie artistique dans les termes d'une sorte de « brûlure par l'essence » [...], analogue au processus de réalisation spirituelle en tant qu'il dégage l'archétype personnel du limon accidentel de l'ego. En ce sens, l'art est une préfiguration de la voie spirituelle. »
  112. Nasr, Connaissance des religions 1999, p. 125sq.
  113. Schuon, L'ésotérisme comme principe et comme voie, 1997, p. 191.
  114. Scott 2007, p. 1.
  115. Schuon, Racines de la condition humaine, 1990, p. 143.
  116. Amugen 2016, p. 8.
  117. Schuon, Comprendre l’islam, 1976, p. 157.
  118. Schuon, L’ésotérisme comme principe et comme voie, 1997, p. 179.
  119. a b et c Cutsinger 1997, p. 126.
  120. Amugen 2016, p. 100.
  121. Amugen 2016, p. 99.
  122. Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains, 1989, p. 48.
    « L'œuvre d'art sacré a un parfum d'infinité, une empreinte d'absolu. Le talent individuel y est discipliné ; il se confond avec la fonction créatrice de la tradition entière ; celle-ci ne saurait être remplacée, et encore beaucoup moins surpassée, par les ressources de l'humain. »
  123. Amugen 2016, p. 84.
  124. Schuon, De l’unité transcendante des religions, 2014, p. 87.
    « ... il arrivait même que l’on mélangeait les couleurs avec de l’eau bénite et de la poussière de reliques, ce qui n’eût pas été possible si l’icône n’avait eu un caractère réellement sacramentel. »
  125. Schuon, L’ésotérisme comme principe et comme voie, 1997, p. 181.
  126. Cutsinger 1997, p. 127.
  127. Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains, 1989, p. 46.
    « Les arts byzantin, roman, gothique primitif, sont des théologies : ils énoncent Dieu, ou plutôt, ils le « réalisent » sur un certain plan. »
  128. Schuon, De l’unité transcendante des religions, 2014, p. 74sq.
    « ...aussi est-il tout ce qu’il y a de plus contraire à la contemplation intellectuelle et ne tient-il compte que de la sentimentalité ; d’ailleurs, celle-ci se dégrade à mesure qu’elle répond aux besoins des foules, pour finir dans la vulgarité doucereuse et pathétique. Il est curieux de constater qu’on ne semble jamais s’être rendu compte combien cette barbarie des formes, qui a atteint un certain sommet de fanfaronnade creuse et misérable avec le style Louis XV, a contribué – et contribue encore – à éloigner de l’Église bien des âmes, et non des moindres ; celles-ci se trouvent véritablement suffoquées par un entourage qui ne permet plus à leur intelligence de respirer. »
  129. Amugen 2016, p. 71.
  130. Amugen 2016, p. 70.
  131. Schuon, De l’unité transcendante des religions, 2014, p. 74.
  132. Amugen 2016, p. 114.
  133. Schuon, Principes et critères de l’art universel, 1979, p. 89.
  134. Amugen 2016, p. 88.
  135. Soares de Azevedo, Dossiers H 2002, p. 249, n.11 [lire en ligne]
    « Il convient ici d'ajouter que Guénon et Schuon appartiennent à un seul et même esprit - bien qu'ils aient cependant des fonctions et des styles différents - celui de la métaphysique traditionnelle, de l'orthodoxie intrinsèque et universelle, et d'une critique dévastatrice du monde moderne, de sa culture, de son art et de ses sciences qu'ils rejettent comme matérialistes, relativistes, triviales et nuisibles à l'homme et à son ambiance. »
  136. Nasr 1986, p. 47sq [lire en ligne]
    « Schuon does not of course identify the whole of the contemporary world with the modern one. There still survives something of the premodern and the traditional in the West which gave birth to modernism and within the soul of Western man. [...] the criticism of Schuon is not against the West as such for he defends the Western tradition whether it be in the domain of religion, art or literature in the strongest terms while criticizing in the most categorical terms the modern West. [...]The result is that debilitating secularism which has led at once to the destruction of the inner man and the desecration of the natural environment. »
  137. Nasr 1986, p. 49sq [lire en ligne]
    « There is no scientific idea that is criticised with more vehemence by Schuon than the theory of evolution which in fact does not play only the role of scientific theory but also a pseudo-religious dogma which is upheld by its scientific supporters with a kind of religious zeal rather than scientific detachment and is defended in such a way that the very manner of its defense reveals how it has replaced religion for so many modern men. »
  138. Nasr 1986, p. 47 [lire en ligne]
  139. Nasr 1986, p. 49 [lire en ligne]
    « Science is totally ignorant of other dimensions of reality, of the rhythms of Cosmos, of the qualitative nature of time, of the inward nexus of matter with the subtle states and many other realities. »
  140. Jean-Louis Michon, « Remarques à propos de la communication faite par le Dr. Mark Sedgwick Au Séminaire d’Alexandrie sur la tariqa shadhiliyya », Vincit Omnia Veritas., vol. I,2,‎ , p. 103. (lire en ligne)
    « Chaque « traditionnaliste » a appris, en lisant Guénon, Schuon et en fréquentant les ouvrages sur l’histoire des religions, que l’humanité actuelle est entrée dans la période finale de l’âge de fer, le Kali Yuga de l’hindouisme. »
  141. Micnet, « La crise du monde moderne vue par les traditionalistes », Agoravox,‎ (lire en ligne)
    « Frithjof Schuon : "Nous nous trouvons à la fin d’un cycle, doublement si l’on peut dire puisque cet âge, qui est notre âge présent, le Kali Yuga, coïncide avec la fin d’un cycle plus étendu, qui correspond à la période complète de notre humanité. Nous sommes entrés et depuis plusieurs siècles dans une phase de décomposition qui s’accélère d’ailleurs - c’est le propre des fins de cycles – et qui annonce d’une part « la fin d’un monde », selon l’expression de René Guénon, et la promesse d’un nouveau cycle complet, d’une nouvelle humanité... Ce qui est indubitable, c’est que nous nous trouvons au terme d’un cycle – le Kali Yuga – qui s’est caractérisé comme « un temps où la connaissance spirituelle est devenue cachée, et où quelques uns seulement peuvent encore l’atteindre, pourvu qu’ils se placent dans les conditions voulues pour l’obtenir." »
  142. Mohammed Arkoun, « Schuon (Frithjof), De l'unité transcendante des religions [compte rendu] », Archives de sciences sociales des religions, vol. 48, no 2,‎ (lire en ligne).
  143. (en) Lipton, Gregory A., « De-Semitizing Ibn ʿArabī : Aryanism and the Schuonian Discourse of Religious Authenticity », Numen, vol. 64, nos 2-3,‎ 2017, 35 p. (ISSN 0029-5973, lire en ligne).
  144. Stanislas Ibranoff, « Étude critique du livre : Diversité et unité des religions chez René Guénon et Frithjof Schuon par Patrick Ringgenberg », Cahiers de l'unité, no 1,‎ (lire en ligne)
    « M. Ringgenberg qui écrivait (.....) que « la démarche critique et agnostique des études académiques » n’est « pas idéologiquement neutre vis-à-vis de l’histoire des phénomènes religieux et spirituels ». »
  145. Ringgenberg 2010, p. 326.
  146. Hani, Dossiers H 2002, p. 75 [lire en ligne].
    « Chez Schuon, [...] on sent continuellement la chaleur qui accompagne toutes les évocations des réalités et des expériences d'ordre spirituel. [...] C'est là, aussi, l'un des signes qui relient, d'une certaine façon, cette expérience à celle de l'artiste et du poète. »
  147. Hani, Dossiers H 2002, p. 76sq [lire en ligne].
    « F. Schuon [...] parle du « miracle de l'intelligence », de la « théophanie de la conscience » ; ce miracle qui constitue la base même de la vie gnostique. »
  148. Harry Oldmeadow, The Role and Oeuvre of Frithjof Schuon, Sophia, The Journal of Traditional Studies, , 290 p. (ISSN 1521-1231), p. 64.
  149. (en) Bwitherden, « Tavener Schuon Lieder », sur Gramophone (magazine).
  150. Patryck Froissart, « La conscience de l'Absolu, Aphorismes et enseignements spirituels, Frithjof Schuon », sur La Cause Littéraire, (ISSN 2257-6711).

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