Sanaï
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Le jardin clos de la vérité (d) |
Sanaï de son nom complet Hakim Abul-Majd Majdūd ibn Ādam Sanā'ī Ghaznavi (en farsi حکیم ابوالمجد مجدود بن آدم سنایی غزنوی), était un poète soufi persan[1] du XIIe siècle. Protecteur des sciences et philosophe, son œuvre a eu une influence certaine sur les poètes mystiques du Moyen-Orient notamment sur Jalâl ud Dîn Rûmî auteur du Masnavi-I Ma'navi. Son œuvre la plus connue est Hadiqat al Haqiqa c'est-à-dire « Le jardin de la vérité », un poème de plus de 11 000 vers.
Biographie
[modifier | modifier le code]La chronologie de sa vie ne peut être établie avec certitude[2],[3]. On peut raisonnablement supposer qu'il est né vers 1080 dans une famille de lettrés de Ghazni[3],[2] (au sud de l’Afghanistan actuel). Sanā'i est son nom de plume[2].
Il éveille, par ses talents, la curiosité des hommes de sciences et des religieux de l'école hanafite. Cela lui permet de devenir panégyriste officiel à la cour. Lorsqu'il devient mystique vers 1114, il quitte brusquement la cour pour Balkh, puis le Khorasan[2] et finalement rejoindre le Turkménistan actuel (à Merv[3] ou bien à Sarakhs[2]) où il trouve un protecteur hanafite. Il compose ensuite des textes de style masnavi destinés à l'enseignement de la morale et de la religion qui vont avoir un grand succès. Il revient à Ghazni en 1126 et devient rapidement poète attitré du sultan Ghaznévide Bahram Shah (en) et, malgré ses réticences, compose pour lui plusieurs poèmes ce qui témoigne de l'influence du sultan sur lui. Il ne peut plus alors quitter la cour et meurt vers 1131[2].
Son œuvre
[modifier | modifier le code]Sa poésie est d’inspiration soufie. Sana'i a été le premier poète à utiliser le style masnavi, le style Qasida et le style ghazal pour transmettre des concepts philosophiques. Sans être véritablement le premier poète soufi – on sait, par exemple, qu’avant lui, Rābi‘a écrivit des poèmes ou encore que le cheikh Abū Sa‘īd Abū l-Khayr composa plusieurs quatrains – il est sans doute celui qui, le premier, a laissé une œuvre essentiellement poétique d’inspiration spirituelle et déclarait d’ailleurs lui-même que « nul n’avait jamais écrit des vers tels que lui » et que si, dans le monde on trouvait des vers semblables aux siens, fussent-ils un millier, c’est qu’ils étaient de lui.
Plus de 30 000 vers connus lui sont attribués. Son œuvre a eu une très grande influence non seulement sur les œuvres soufis suivantes, mais aussi bien au-delà, sur toute la littérature et la philosophie du monde arabo-musulman. Reconnu par tous les grands maîtres spirituels, dont Rūmī, bien qu’invitant à abandonner la gloire éphémère et le monde d’ici-bas, son audience se répandit dans les cours royales de son temps aussi bien d’ailleurs que parmi le peuple. Son œuvre demeure de nos jours encore un objet d’études dans de nombreux centres soufis indo-musulmans[4].
Le divan de Sanā'ī (son œuvre lyrique) nous est connu par deux manuscrits, l'un conservé à Istanbul, l'autre en Afghanistan[2].
Il nous a laissé sept masnavis, dont Hadīqat al Haqīqa (« Les Jardins de la vérité »), Eshq-Nāmeh (« le Livre de l'amour mystique ») et ‘Aql-Nāmeh (« le Livre de l'esprit »)[3]. Mais la paternité de ces deux derniers est contestée[2]. Kārnāma-ye Balkh est une source d'informations sur son séjour dans la ville de Balkh[2].
Les jardins de la vérité sont dédiés au sultan Bahram Shah de Ghazna. Ce poème didactique porte sur des sujets éthiques et religieux. Son impact se mesure au nombre de références qui lui sont faites dans la littérature postérieure. La version en persan de Kalila et Dimna en fait des citations. Aḥmad Ghazāli et Sohrawardi y font également référence. Il constitue le modèle suivi par Rūmī pour composer son Masnavi[2].
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) « Sanāʾī on Encyclopædia Britannica »
- (en-US) Johannes Thomas Pieter de Bruijn, « SANĀʾI », sur Encyclopædia Iranica, (consulté le )
- Encyclopædia Universalis, « Biographie de SANĀ'I (1080 env.-env. 1131) », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
- ↑ Le Livre des Haltes, Émir Abd el-Kader, trad. de Abdallah Penot, Dervy, Paris 2008.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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