Deux ou trois choses que je sais d'elle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Deux ou trois choses
que je sais d'elle
Description de cette image, également commentée ci-après
Grands ensembles vus depuis le Parc de La Courneuve

Titre original 2 ou 3 choses que je sais d'elle
Réalisation Jean-Luc Godard
Scénario Jean-Luc Godard d'après Le Signe de Guy de Maupassant et un article de Catherine Vimenet publié dans le Nouvel Observateur
Acteurs principaux
Sociétés de production Argos Films
Anouchka Films
Les Films du Carrosse
Parc Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Comédie dramatique
Étude sociale
Durée 95 minutes
Sortie 1967

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Deux ou trois choses que je sais d'elle est un film franco-italien réalisé par Jean-Luc Godard, sorti en 1967.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Portrait de Juliette Jeanson, jeune mère de famille habitant dans un grand ensemble de la région parisienne, qui s'adonne à la prostitution occasionnelle. À travers elle, le portrait est également celui de la société tout entière.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Préparation[modifier | modifier le code]

Marie Cardinal décrit la période en amont du tournage du film dans son ouvrage Cet été-là écrit en 1967 et dont la deuxième édition (seule disponible) parue aux Nouvelles Éditions Oswald en 1979 donne en annexe deux documents :

  • « Examen du film dans son état actuel ».
  • « Choses à filmer ».

La lecture de ces deux documents provoque chez Marie Cardinal une profonde colère car elle a travaillé sur les conditions difficiles de vie des étoiles filantes, ces femmes obligées de se prostituer pour nourrir leurs familles[1]. L'auteure avait pris la suite du travail d'investigations menées par la journaliste et écrivain Catherine Vimenet[N 1] qui a fait l'objet d'un article polémique dans Le Nouvel Observateur titré Les étoiles filantes.

Accompagnée du photographe Nicolas Tikhomiroff, Marie Cardinal est allée enquêter dans les HLM de la périphérie de Paris (été 1966)[N 2]. Pour elle le script de Godard « est un scandale et je le dis. Les étoiles filantes ne se prostituent pas pour acheter des robes, elles le font pour nourrir leurs enfants. Les étoiles filantes ne vont pas au George V, elles font le tapin du côté des Halles et hantent les hôtels meublés du quartier. Ce ne sont pas des pin-ups, elles sont moches. Présenter l'histoire de ces femmes différemment, c'est trahir leur cause ! »[2] , [3] .

Elle évoque aussi les relations entre Jean Luc Godard et Robert Bresson.

Production[modifier | modifier le code]

Scénario[modifier | modifier le code]

« Quand on soulève les jupes de la ville, on en voit le sexe. »

— Jean-Luc Godard.

« 2 ou 3 choses que je sais d'elle / Elle, la région parisienne. »

— Cartons du générique[4].

Tournage[modifier | modifier le code]

  • Période de prises de vue : 8 août au 8 septembre 1966[4].
  • Extérieurs :
  • Après que Marina Vlady eut repoussé la demande en mariage de Jean-Luc Godard juste avant le début des prises de vue, celui-ci ne lui adressa plus la parole comme elle le relate dans ses mémoires[5] : « Je n'ai plus entendu sa voix s'adresser directement à moi pendant le tournage. Il me donnait des ordres, des textes à répéter après lui grâce à un système de micro-oreillette. Pour le reste, c'était son assistant, Charles Bitsch, ou bien le chef opérateur, Raoul Coutard, qui m'indiquaient les emplacements à occuper, les mouvements que le personnage de Juliette devait exécuter devant la caméra. J'étais extrêmement mal à l'aise — comme tous les autres acteurs, d'ailleurs. Ce système ne laissait que peu de place aux émotions. Nous étions tous à l'écoute, tendus pour exécuter les ordres. Souvent, Jean-Luc nous piégeait en nous posant une question personnelle. Par exemple, il me demanda :
    — Définis-toi en un mot, et réponds en regardant droit dans l'objectif.
    Furieuse, je lançai :
    — Indifférence !
    On peut voir ce plan dans le film au cours d'une scène de café.
    Cette technique lui a permis d'étayer sa thèse selon laquelle les acteurs sont les meilleurs robots, formule qu'on lui prête et que je soupçonne d'être authentique. Le résultat n'en est pas moins stupéfiant : cette tension dans l'écoute confère à chacun une étrange présence, une inquiétude latente qui choquent et dérangent. Seule la scène avec le petit Christophe Bourseiller, qui joue mon fils, me permet d'être plus naturelle. […] J'ai gardé le souvenir que c'est la seule et unique fois où il m'a laissée improviser. »

Distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La journaliste, collaboratrice de Jean Nohain, Jacqueline Weil, devenue Catherine Bergère (pseudonyme) puis Catherine Vimenet est l'épouse de Jean Vimenet
  2. Voir le dossier présenté en 2016 par Camille Canteux sur la représentations des HLM

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cardinal 1979, p. 53-54
  2. Cardinal 1979, p. 54
  3. Canteux 2016
  4. a et b 2 ou 3 choses que je sais d'elle, découpage intégral, L'Avant-scène/Éditions du Seuil.
  5. Pages 164-165 des mémoires de Marina Vlady, 24 images/seconde : séquences de mémoire, Paris, Éditions Fayard, , 374 p. (ISBN 9782213623580, notice BnF no FRBNF40087299, présentation en ligne)
  6. Par un jury féminin notamment composé de Marguerite Duras, Florence Malraux, Anne Philipe, Christiane Rochefort (source : INA).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]