Twist again à Moscou

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Twist again à Moscou
Réalisation Jean-Marie Poiré
Scénario Christian Clavier
Martin Lamotte
Jean-Marie Poiré
Acteurs principaux
Sociétés de production Caméra One
Films A2
Gaumont International
Renn Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Durée 89 minutes
Sortie 1986

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Twist again à Moscou est un film français réalisé par Jean-Marie Poiré, sorti en 1986.

À l'instar de Papy fait de la résistance (le précédent film de Poiré), le film réunit l'« ancienne » génération d'acteurs (dont font partie les expérimentés Philippe Noiret, Bernard Blier, Jacques François) et la « nouvelle », représentée notamment par Christian Clavier et Martin Lamotte (qui ont co-écrit le scénario avec Poiré), Agnès Soral (forte du succès de Tchao Pantin), Anaïs Jeanneret et Roland Blanche.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le Stari dvor à Belgrade, qui sert de décor extérieur pour l'hôtel Tolstoï.

En 1984, à Kiev, Iouri (Christian Clavier) organise un concert de rock clandestin pour sa fiancée, la célèbre Tatiana Fédorova (Agnès Soral). Alors que le concert se déroule sans embûches, les parents de Tatiana, un intellectuel juif et son épouse, débarquent à l'improviste, et demandent à Iouri de les cacher parce qu'ils sont poursuivis par le KGB.

Effectivement, peu de temps après, le KGB débarque et, sous les ordres de Sergueï Léontiev (Roland Blanche), sème la panique parmi les spectateurs. Iouri et sa belle-famille sont obligés de s'enfuir, et décident de faire appel à Igor Tataïev (Philippe Noiret), le beau-frère de Iouri, directeur de l'Hôtel Tolstoï à Moscou. Celui-ci jouissant de relations haut placées mène un train de vie très confortable, et se trouve davantage concerné par l'avenir musical de sa fille (Anaïs Jeanneret) qui doit passer le concours international Tchaïkovsky, que par son beau-frère qu'il déteste.

Sous la pression de son épouse Natacha (Marina Vlady), Igor Tataïev va tout de même demander l'appui de son ami, le ministre Alexeï (Bernard Blier), qui lui apprend que son hôtel va être prochainement contrôlé par un délégué du Parti. Aussitôt sorti du bureau du ministre, il est interpellé par Boris Illitch Pikov (Martin Lamotte), un contrôleur dont il va vite apprendre à détester le zèle.

Le soir même, Iouri et sa belle-famille débarquent à Moscou au moment même où Tataïev essaye d'emporter en douce un maximum de biens de l'hôtel. Les premiers ayant dû s'assurer les services d'un individu louche sèment rapidement la panique à l'hôtel, où le maréchal Bassounov (Jacques François), nouvellement nommé au Politburo, est venu dîner en compagnie d'Alexeï. Après avoir accidentellement enfermé Pikov dans la chambre froide, Tataïev parvient à donner le change, pendant que Iouri et sa famille sont conduits à son appartement de fonction. Désireux de se débarrasser au plus vite de son encombrante belle-famille, Igor accepte de la mettre en rapport avec un de ses contacts, qui leur promet un passage en Turquie en avion depuis l'Arménie.

Le château Fantast, en Serbie, qui sert de décor extérieur pour la demeure du ministre Alexeï.

Le plan échoue lamentablement et Igor se fait arrêter par le KGB après être rentré quasi à pied depuis l'Arménie. Ses relations le sauvent encore une fois au grand dam de Pikov qui lui en veut personnellement, mais il est contraint de dénoncer son beau-frère en échange.

La situation devenant intenable, le soir du réveillon du Jour de l'an, Iouri et sa belle-famille débarquent chez Alexeï, chez qui Igor et sa femme ont été invités, lui volent son bateau après avoir agressé Bassounov et parviennent à se rendre en Suède. Iouri et Tatiana, après avoir emprunté la voiture du vaillant général, décident cependant de rester en URSS.

Le film se finit sur un bref aperçu humoristique de ce que chacun de ses personnages est devenu : Sergueï Léontiev a été envoyé pour « infiltrer » des tribus hostiles en Afrique, Boris Pikov participe avec « enthousiasme » à l'élaboration d'un gazoduc en Sibérie par - 50 degrés, Féodor et son épouse ont écrit un roman et vivent heureux en Israël, Iouri et Tatiana « continuent » à organiser des concerts, et grâce au premier concert de leur fille, Igor et Natacha ont ouvert un cabaret russe à Londres.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • On notera qu'au début du film, tout comme dans la bande-annonce, les noms des principaux interprètes ont été transformés pour leur donner une consonance slave. Ainsi Philippe Noiret devient Philippe Noiretov, Christian Clavier devient Christian Clavierov, Martin Lamotte devient Martin Lamottov, Bernard Blier devient Bernard Blieroff, Agnès Soral devient Agnès Soralsky, Marina Vlady devient Marina Vladimirovna, Anaïs Jeanneret devient Anaïs Jeanneretov, Jacques François devient Jacques Franscoï et Roland Blanche devient Roland Blanchsky.
  • Au départ produit par Claude Berri, c'est Pierre Richard qui était pressenti pour le rôle d'Igor, mais il déclina.
  • Le tournage s'est déroulé en Yougoslavie, et non en URSS comme l'histoire le prétend. On peut ainsi voir des endroits de Belgrade, comme ville nouvelle de Novi Beograd au début du film, le Stari dvor et la Studentski trg, le Bâtiment de l'Assemblée nationale à Belgrade, le complexe d'habitation des « East Gate of Belgrade », le château Fantast près de Bečej et une façade Art nouveau de Subotica[1]. On peut constater un grand nombre de voitures yougoslaves dans les scènes tournées en ville, ainsi que des inscriptions en alphabet serbe latin[2] ou serbe cyrillique[3].
  • Lors de la scène de l'avion, au cours de laquelle l'hélice doit exploser, les comédiens échappent de peu à la mort. Le réalisateur les remplaça au dernier moment par des mannequins, avant que ceux-ci ne finissent en cendres.[réf. nécessaire]
  • Le tournage s'est aussi déroulé en partie sur les pentes du Galibier en Savoie, notamment lorsque les deux héros sortent d'une voiture en feu et trouvent refuge dans une bergerie à Plan Lachat-Valloire.
  • Lors du dîner du maréchal Bassounov (Jacques François) à l'hôtel Tolstoï, l'orchestre fait fi des quotas de chants locaux, précédemment rappelés par Pikov, et fait danser les clients du restaurant avec des chansons à la mode en "Occident" dont notamment Brigitte Bardot de Dario Moreno.

Critiques[modifier | modifier le code]

Le film reçut de très nombreuses critiques mitigées. Dominique Maillet, dans sa biographie de Philippe Noiret, parle d'un échec « sur tous les plans », « commercial comme artistique[4] ». Au contraire, Alain Paucard le défend, l'estimant « tendre et touchant[5] ».

Dans un ouvrage-hommage consacré au professeur Jacques Fontanel, Serge Sur fera une chronique du film qu'il décrira comme « bouillonnant et rapide », « film touffu au rythme épique[6] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Grasset, « Poiré et Clavier, en attendant Les Visiteurs en Amérique », sur www.leparisien.fr, (consulté le 6 juin 2015) :

    « Cette satire du régime soviétique bénéficie d'un générique alléchant, en tête duquel on trouve Philippe Noiret, Christian Clavier, Martin Lamotte, Marina Vlady, Bernard Blier, mais aussi Jacques François, Agnès Soral et le regretté Roland Blanche. Cette brochette de comédiens avait tourné une bonne partie du film en Yougoslavie, dans des studios proches de Belgrade. À l'époque, en 1986, il était impossible de filmer en URSS. Qui plus est pour tourner le système en dérision, comme le fit le tandem Poiré-Clavier, auteurs du scénario, avec une suite de clichés savoureux et de personnages stéréotypés. »

  2. Lorsqu'Igor Tataïev sort du bain public, on peut voir un panneau Taxi.
  3. Lorsque Pikov tape à la machine à écrire, il utilise la lettre J, qui existe en alphabet cyrillique serbe, mais pas en alphabet cyrillique russe.
  4. Dominique Maillet, Philippe Noiret, H. Veyrier, , 395 p., p.324.
  5. Alain Paucard, Défense de la série B, Éditions L'Âge d'Homme, coll. « La Fronde », , 106 p. (ISBN 9782825106259, lire en ligne), p.73.
  6. Serge Sur, « Twist again à Moscou (Jean-Marie Poiré, 1986) : ou les derniers feux du socialisme réel », dans Liber amicorum : Hommage en l'honneur du professeur Jacques Fontanel, L'Harmattan, coll. « La librairie des Humanités », , 436 p. (ISBN 9782296531352, lire en ligne), p.235-237.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]