Jean-Claude Brouillet

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Jean-Claude Brouillet est un aviateur et ancien résistant français né le à Villeneuve-sur-Lot et mort le , Santa Barbara, Californie USA à l'âge de 91 ans[1]. Il fut également chef d'entreprises de transport aérien et écrivain. Il fut l'époux de Marina Vlady dont il eut un fils : Vladimir.

Biographie[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Marguerite Brouillet, aviatrice[2]. Pendant l'Occupation, les Brouillet travaillent au réseau de renseignement Alliance : Marguerite, alias « Abeille », héberge son chef Marie-Madeleine Fourcade, avant de devenir agent de liaison auprès de l'état-major ; Jean-Claude, alors 17 ans, est également un agent de liaison du PC. Arrêté en novembre 1942 à Marseille, avec l'ensemble du PC, il s'évade avec l'ensemble de ses compagnons et la complicité des policiers français[3]. Il assiste ensuite Georges Guillot pour organiser les filières d'évasion[4].

En janvier 1943, il accompagne le général d'aviation Gabriel Cochet (nom de code Cottin, dans la Résistance) en Espagne et l'assiste durant la traversée des Pyrénées[5]. Il est alors à nouveau arrêté en Espagne et emprisonné à Pampelune et Lérida. Il part pour le Maroc (base aérienne de Casablanca) où sont regroupés les French Cadets, volontaires qui intègrent la formation des pilotes de l'Armée américaine. Au fil de sa formation il est affecté à la base aérienne de Tuscaloosa à Montgomery en Alabama, États-Unis d'Amérique. C'est à la Tuscaloosa Flying School que Jean-Claude Brouillet passe son brevet militaire de pilote, avant de revenir en France en 1944.

Sa mère Marguerite, après s'être échappée de peu en mai 1943[6], est à nouveau appréhendée en avril 1944[7] ; elle est déportée, et exécutée et incinérée au camp du Struthof le 2 septembre 1944[8],[9].

Après la guerre[modifier | modifier le code]

La guerre est finie et Jean-Claude, démobilisé au CRAP 204, décide de rejoindre l'Afrique. En 1945, il achète un camion (à crédit) et il commence les transports à l'intéreur du Gabon afin de gagner suffisamment d'argent pour acheter un avion, car c'est cela son but : le transport aérien.

En 1950, il fonde la compagnie aérienne TAG (Transports aériens du Gabon) qui effectue des vols intérieurs, ravitaillant et transportant les exploitants forestiers avec son (puis ses) Tiger Moth. L’année suivante, il acquiert le Dragon de Havilland F-OAIH, premier vrai avion de transport.

En 1953 il fonde « Air Service », la première école de pilotage en Afrique noire.

Chef d´entreprise[modifier | modifier le code]

En 1960, 20 terrains d'aviation sont ouverts et homologués au Gabon. À cette époque, Jean-Claude Brouillet réside dans le village de Mont-Bouet, près de Libreville, au Gabon. Le , jour de l’indépendance du Gabon, sa « Compagnie Transgabon » assure toutes les liaisons aériennes du pays avec des DC-3 et DC-4 qui se posent sur 35 aéroports.

De pilote de brousse, Jean-Claude Brouillet est devenu entrepreneur, propriétaire de deux compagnies aériennes internationales, TransGabon et Air Services. Il a créé de toutes pièces un réseau de transport aérien dans l'une des contrées les plus difficiles d'accès: la forêt équatoriale africaine.

Il a 15 000 heures de vol et a effectué 120 évacuations sanitaires en Afrique (de jour comme de nuit).

Il fondera ensuite la compagnie Corsair mais abandonnera devant les avanies et la mauvaise volonté de l'administration française.

Départ en Polynésie[modifier | modifier le code]

À 35 ans, ce pionnier de l'aviation décide de tout vendre et de faire le tour du monde à bord de son voilier l’African Queen.

En Polynésie, il supervise la construction des Hôtels Kia Ora à Moorea et Rangiroa. Il est propriétaire de l’atoll de Marutea Sud au sud des Tuamotu. Il fonde alors la compagnie « Polynésie Perles ».

En 1980, Jean-Claude Brouillet investit dans le jojoba en Arizona, fondant la Jojoba Oil Co, tout en développant parallèlement une exploitation de 20 000 hectares dans le Haut-Chaco au Paraguay (appelée Estancia Eldorado) qui produit du bétail de première qualité.

Jean Claude Brouillet est père de huit enfants dont un, Vladimir, de son union avec son ex-épouse Marina Vlady.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine Samoyeau, « Disparition du « pionnier » Jean-Claude Brouillet », sur radio1.pf,
  2. Fourcade, tome 1, p. 281.
  3. Fourcade, tome 1, p. 363.
  4. Fourcade, tome 1, p. 398.
  5. Fourcade, tome 1, p. 408.
  6. Noguères et Degliame-Fouché 1972, Partie 2, chapitre V : « Mai 1943 ».
  7. Mémorial de l'Alliance, p. 31.
  8. Lefebvre-Filleau et de Vasselot 2020, ch. « Marie-Madeleine Bridou ».
  9. Fourcade, tome 2, p. 428.

Voir Sébastien Philippe et Tomas Statius "toxique" 2021 Chapitre 10 "les perles noires de Marutea" https://moruroa-files.org/fr/book

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]