La Cerisaie

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La Cerisaie
Auteur Anton Tchekhov
Genre Comédie
Version originale
Titre original Вишнёвый сад (La Cerisaie)
Langue originale Russe
Pays d'origine Drapeau de la Russie Russie
Date de la 1re représentation 1904
Metteur en scène Stanislavski
Lieu de la 1re représentation Moscou - Théâtre d'Art
Version française
Traducteur Georges Neveu
Date de la 1re représentation 1954
Metteur en scène Jean-Louis Barrault
Lieu de la 1re représentation Paris - Théâtre Marigny

La Cerisaie est une pièce de théâtre d'Anton Tchekhov créée en 1904. Commencée en 1901, la pièce – une comédie en quatre actes – est achevée en septembre 1903. La première a lieu au Théâtre d'art de Moscou le , puis la pièce est représentée en avril à Saint-Pétersbourg, où elle connaît un succès plus vif encore. Tchékhov a écrit en partie sa pièce à la Datcha Blanche et dans le domaine de Constantin Stanislavski à l'été 1902, Lioubimovka, dont il s'inspire aussi pour sa pièce.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Ermolaï Alexéïevitch Lopakhine est le personnage principal de cette pièce et est au centre de l’action. C’est lui qui tente tout pour convaincre les propriétaires de la nécessité d’agir et d’acheter la Cerisaie. Tchekhov fait très attention à ne pas faire passer Lopakhine pour une brute antipathique ou un parvenu insupportable. Il représente, à lui seul, la classe des « marchands » et celle des hommes d’affaires, en clamant être le petit-fils d’un serf afin d’obtenir la Cerisaie en reniant ses origines. Mais son manque d'élégance est présent aussi bien dans ses manières que dans ses vêtements, il reste le moujik qu'il a toujours été.
  • Lioubov Andréïevna Ranevskaïa est beaucoup plus importante et complexe que l’idée reçue de son rôle dans la faillite de la Cerisaie. Elle est présentée avec une grande tendresse. Elle apparaît comme très attachante et aimable, bonne et généreuse, spontanée et sincère. Elle n’hésite pas à s’engager ou à aller jusqu’au bout de son amour, elle ne craint pas de « vivre sa vie », malgré l’homme qui la rappelle, après l’avoir quittée. Tchekhov nous dit de Lioubov que seule la mort pourrait calmer une telle femme. Elle aime dépenser et a accumulé les dettes, son seul espoir de les apurer étant de vendre la Cerisaie. Mais ses souvenirs d'enfance sous les cerisiers en fleur l'empêchent de mettre la propriété aux enchères, avant d'y être réellement contrainte (selon ses critères).
  • Léonid Andréïevitch Gaïev est le frère de Lioubov. Il partage la même passion et le même amour pour la Cerisaie, amour lié à leurs souvenirs d’enfance et à leur conscience d’appartenir à une vielle famille de la noblesse. Gaïev reste loin d’avoir le charme de sa sœur car ses défauts ne sont rachetés par aucune qualité remarquable dans cette pièce. Il est son contrepoint ridicule et comique. Personne ne le prend au sérieux, même les domestiques se moquent de lui. Cet homme de 51 ans se comporte comme un enfant ; il se fait habiller, materner et gronder. Il passe son temps à dire des termes techniques de billard, c'est sa façon à lui de s'excuser.
  • Varia est la fille adoptive de Lioubov, ce qui explique ses rapports ambigus avec sa famille. Si Lioubov la considère comme sa propre fille, les domestiques ne manquent pas de lui rappeler sa véritable origine. Âgée de 24 ans, Varia est toujours en porte-à-faux, elle a du mal à se confier à sa mamotchka, dont la conduite la choque tout en la ravissant secrètement. Elle pense plusieurs fois, en vain, pouvoir se marier avec Lopakhine, mais celui-ci est toujours amoureux de Lioubov de façon nostalgique.
  • Les domestiques sont particulièrement représentés, avec au moins cinq variantes (Firs, Yacha, Douniacha, Epikhodov, Charlotta). Ce ne sont pas, ici, des personnages secondaires car, même s’ils ne participent pas directement à l’action principale, ils sont beaucoup plus finement caractérisés que des domestiques ordinaires. Quelques histoires amoureuses, parmi eux, donnent effectivement une dimension sentimentale propre à ces personnages.
  • Piotr Serguéïevitch Trofimov est un étudiant d'une trentaine d'années, révolutionnaire, amoureux d'Ania. Il est pour que l'on vende la Cerisaie.
  • Ania est la fille de Lioubov. Âgée de 17 ans, elle est amoureuse de l'idéaliste Trofimov ; elle est romantique et caractérisée par son aspect à la fois jeune et mature.
  • Yacha est un jeune domestique. Profondément nihiliste, il ne pense qu'à une chose : retourner à Paris. C'est le valet de Lioubov.
  • Sémion Pantéléïevitch Epikhodov est le comptable du domaine, son surnom est « mille malheurs », il est amoureux d'une servante : Douniacha, mais il est devancé. Il est engagé par Lopakhine, à la fin, pour veiller sur les travaux.

Résumé[modifier | modifier le code]

En cette fin de XIXe siècle, le mois de mai s'installe doucement en Russie dans la propriété de Lioubov Andréïevna, tout juste revenue de Paris après cinq ans d'absence. En compagnie de son frère et de quelques parents et amis, elle contemple les délicates fleurs des innombrables cerisiers de la propriété onduler doucement dans la brise, en pensant au passé. Rien ne semble avoir changé depuis l'âge d'or de son enfance. Pourtant, rien n'est plus comme avant. Lioubov a dilapidé son héritage au profit d'un amant français et la propriété ne rapporte plus autant de revenus que du temps de ses parents. Aveuglés par la nostalgie, le frère et la sœur refusent pourtant d'adapter leur chère Cerisaie aux nouvelles contraintes de cette Russie moderne en pleine émergence. « Chacun d'entre nous a sa Cerisaie intérieure », remarquait Rouslan Kats, le directeur de production de La Cerisaie - en 2004 au Canada - en faisant référence à notre attachement aux lieux évoquant des moments heureux[1].

Citation[modifier | modifier le code]

« Toute la Russie est notre Cerisaie. La terre est vaste et belle, il y a beaucoup d'endroits splendides. Imaginez, Ania : votre grand-père, votre arrière-grand-père, tous vos ancêtres possédaient des esclaves, ils possédaient des âmes vivantes, et ne sentez-vous pas dans chaque fruit de votre cerisaie, dans chaque feuille, dans chaque tronc, des créatures humaines qui vous regardent, n'entendez-vous donc pas leurs voix ?... Posséder des âmes vivantes - mais cela vous a dégénérés, vous tous, vivants ou morts, si bien que votre mère, vous, votre oncle, vous ne voyez même plus que vous vivez sur des dettes, sur le compte des autres, le compte de ces gens que vous laissez à peine entrer dans votre vestibule... Nous sommes en retard d'au moins deux siècles, nous n'avons rien de rien, pas de rapport défini avec notre passé, nous ne faisons que philosopher, nous plaindre de l'ennui ou boire de la vodka. C'est tellement clair, pour commencer à vivre dans le présent, il faut d'abord racheter notre passé, en finir avec lui, et l'on ne peut le racheter qu'au prix de la souffrance, au prix d'un labeur inouï et sans relâche. Comprenez cela, Ania. »

— Anton Tchekhov, La Cerisaie (Trofimov, à la fin de l'acte II)[2].

La Cerisaie en France[modifier | modifier le code]

Parmi les représentations mémorables en France, on peut citer:

En film[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Photographie de Tchékhov en 1901
  1. [1]
  2. Traduction d'André Markowicz et Françoise Morvan
  3. The Cherry Orchard', 1999" imdb, accessed November 19, 2011, disponible en DVD

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]