Les Visiteurs (film, 1993)

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Les Visiteurs
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Logo original du film.

Réalisation Jean-Marie Poiré
Scénario Jean-Marie Poiré
Christian Clavier
Acteurs principaux
Sociétés de production Alpilles Productions
Amigo Productions
France 3 Cinéma
Gaumont International
Canal+
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Durée 107 minutes
Sortie 1993

Série Les Visiteurs

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Visiteurs est un film français réalisé par Jean-Marie Poiré, sorti en 1993.

Le film raconte l'histoire de deux hommes, le comte Godefroy de Montmirail et son serviteur Jacquouille, transportés par magie dans le temps afin d'éviter la mort accidentelle du beau-père de Godefroy. Mais, à la suite d'une erreur, au lieu de remonter le temps de quelques jours, ils sont transportés du XIIe siècle à la fin du XXe siècle. La distribution se compose de Jean Reno dans le rôle de Godefroy de Montmirail, de Christian Clavier dans le rôle de Jacquouille, ainsi que de Valérie Lemercier, Marie-Anne Chazel ou encore de Christian Bujeau.

Réalisé pour un budget de 50 millions de francs, le film attira près de 14 millions de spectateurs au cinéma et fut classé à la première place du box-office français en 1993.

Après son succès au box-office, le film est nommé huit fois à la 19e cérémonie des César, pour ne recevoir finalement qu'un César, celui de la Meilleure actrice dans un second rôle, décerné à Valérie Lemercier.

Le succès du film et sa fin ouverte engendrent une suite, Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2 (1998), qui est elle-même suivie par un troisième épisode, Les Visiteurs : La Révolution (2016), formant ainsi une trilogie, entièrement réalisée par Jean-Marie Poiré.

Aujourd'hui encore, Les Visiteurs est l'une des comédies les plus populaires du cinéma français et le 5e film français ayant engrangé le plus d'entrées, derrière Bienvenue chez les Ch'tis, Intouchables, La Grande Vadrouille et Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

En 1123, pour avoir sauvé la vie du Roi des Francs, Louis VI, dit « le Gros », le comte Godefroy de Montmirail, dit « le Hardi », se voit promettre en épousailles Frénégonde de Pouilles, la fille du duc Fulbert de Pouilles. Godefroy se met en route vers le château de sa promise, acompagné de ses hommes et de son fidèle écuyer Jacquouille la Fripouille. En chemin, ils capturent une sorcière, qu'ils emprisonnent dans le but de la juger et de la faire brûler vive.

Arrivé en vue du château, Godefroy se met en bonne tenue pour se présenter auprès de Frénégonde. Cette dernière, ayant été avertie de l'arrivée de son aimé, sort en courant du château pour le rejoindre, poursuivie par son père. Profitant d'inattention du comte, la sorcière verse une potion dans sa gourde, que Godefroy boit peu après. Il est alors victime d'hallucinations : il voit le château se déformer et ses hommes avec des traits d'animaux. Il aperçoit alors sa promise, poursuivie par ce qu'il prend pour un ours, qui est en fait le duc de Pouilles. Godefroy saisit son arbalète et abat son futur beau père d'un carreau en pleine tête.

Alors que les occupants du château se recueillent auprès de la dépouille du duc, Frénégonde fait serment de ne pas épouser Godefroy, qui a tué son père, et de se retirer dans un couvent. Peu après, alors que tout le monde est parti, Jacquouille, qui s'occupait d'éloigner les mouches du corps, s'empare du collier serti de pierres précieuses du duc et le cache dans la tête creuse d'une statue.

Afin de réparer sa faute, Godefroy demande conseil au mage Eusæbius, qui lui concocte une potion afin de le renvoyer dans le passé, peu de temps avant le drame. Le comte fait goûter la potion à son écuyer, afin de vérifier que le mage ne cherche pas à l'empoisonner, puis en boit lui-même. Eusæbius récite alors la formule magique, ce qui fait disparaître Godefroy et Jacquouille, le premier transformé en statue de cristal, le second en tas d'excréments. Le mage se rend compte alors qu'il a oublié les oeufs de caille, ingrédient indispensable à la préparation de la potion, et déclare que c'est une catastrophe.

La fourgonnette Renault 4L de La Poste du « Sarrazin », défoncée par les deux moyenâgeux, exposée lors de l'édition 2016 du Mondial de l'automobile de Paris.

Jacquouille et Godefroy se réveillent dans un bois, qu'ils ne reconnaissent pas comme étant la forêt de Montmirail. Alors que Godefroy trouve des détritus inconnus, Jacquouille va plus loin et découvre une route. Une Renault 4L de La Poste arrive alors, et freine brutalement devant Jacquouille, qui commence à frapper la voiture. Le postier, noir, sort du véhicule, ce qui effraie Jacquouille, qui retourne en courant au bois avertir son maître de la présence de ce qu'il prend pour un Sarrasin. Alors qu'il remet en place la tôle de sa voiture, le postier voit arriver vers lui les deux moyenâgeux, l'air menaçants, Godefroy lançant sa masse d'armes sur la voiture. Le facteur s'enfuit en courant, pendant que Godefroy et son écuyer détruisent le véhicule.

Alors que Godefroy cherche un cheval, ils rencontrent Ginette Sarclay, une SDF excentrique qui les prend pour des cascadeurs. Après une échaufourrée avec le gérant d'un restaurant Courtepaille, Godefroy s'enfuit à cheval pendant que Jacquouille part avec Ginette. Le comte entre à cheval dans une église, et demande l'asile au prêtre stupéfait. Ce dernier contacte alors Béatrice de Montmirail, une mère de famille bourgeoise, car Godefroy s'est présenté comme étant le Hardi, son ancêtre. En voyant le calendrier, il a aussi appris être au XXe siècle, en 1992. Arrêté par les gendarmes, Godefroy est envoyé à l'hopital psychiatrique, dont il sort peu après, récupéré par Béatrice qui le prend pour son « cousin Hubert », un pilote de rallye disparu depuis plusieurs années, qu'elle croit revenu amnésique après un accident à Bornéo, durant le Raid Gauloises. Il retrouve également son fidèle écuyer, qui a sympathisé avec Ginette.

Béatrice les emmène tous deux chez elle, et Godefroy s'étonne qu'en tant que Montmirail, elle ne vive pas au château du même nom. Celle ci lui apprend que sa famille ne vit plus au château depuis plusieurs années, et qu'il a été racheté par un certain Jacques-Henri Jacquart, un roturier nouveau riche. Ils font la connaissance de Jean-Pierre Goulard, mari de Béatrice et dentiste réputé, et découvrent plusieurs choses du monde moderne, provoquant quelques catastrophes comme l'inondation du salon. Dans la soirée, Jacquart vient leur rendre visite accompagné de Mr. Berney, président d'un groupe bancaire qui souffre d'une rage de dents, et de sa collègue, Fabienne Morlot. Pendant que Jean-Pierre s'occupe de Berney, Jacquart, qui s'avère être le descendant de Jacquouille, fait la connaissance des deux moyenâgeux. Godefroy lui propose de racheter le château, mais Jacquart refuse et s'en va, de plus outré que Béatrice le prenne pour le frère de Jacquouille.

Pendant la nuit, Godefroy réveille Béatrice et lui demande de lui apprendre l'histoire de France depuis Louis VI le Gros. Alors que Béatrice lui présente l'encyclopédie Larousse (que Godefroy n'apprécie guère car il n'y est mentionné nulle part), celle ci remarque le sceau du Hardi au doigt de celui qu'elle prend toujours pour le cousin Hubert, et pense que celui-ci l'a volée au château. Le lendemain, elle part à Montmirail accompagnée de Godefroy et de Jacquouille rendre la bague. Pendant le trajet, le comte soutient que cette bague est la sienne, mais Béatrice lui rétorque qu'elle ne peut être à la fois avec lui et au château. Au même moment, l'exemplaire moderne de la bague du Hardi, exposé dans une vitrine, commence à chauffer à blanc et à grésiller. Dérangé dans son exposé, le président Berney fait convoquer Jacquart, qui constate la situation.

La Safrane des Goulard, au toit troué par l'explosion de la bague, exposée lors de l'édition 2016 du Mondial de l'automobile de Paris.

Plus Béatrice, Godefroy et Jacquouille approchent du château, plus le ciel s'assombrit et l'échauffement de la bague s'amplifie, jusqu'à enflammer toute la vitrine. Jacquart et Berney tentent d'éteindre le feu, mais l'extincteur ne fonctionne pas. Dans la voiture, la bague de Godefroy s'échauffe elle aussi, et finit sous le siège. Arrivé au château, Jacquart appelle Béatrice à l'aide, lui disant que la bague du Hardi brûle. Béatrice lui répond que c'est impossible, vu qu'elle est dans la voiture. A ce moment, l'interférence temporelle entre les deux exemplaires de ce même objet est maximale : la bague de Godefroy traverse brutalement le toit de la Safrane, tandis que celle du château jaillit de sa vitrine et sort par une fenêtre. Les deux bagues se rencontrent et fusionnent dans une gigantesque explosion, dont les retombées s'abattent sur la Range Rover de Jacquart. Alors que ce dernier, effondré, constate les dégâts, Godefroy reprend sa bague, qui se trouve sur la carcasse du véhicule.

Godefroy demande à la réceptionniste de lui montrer la chambre du Hardi, et fait part à Béatrice de sa volonté de séjourner ici, parce qu'« Un Montmirail loge à Montmirail ». Béatrice se montre réticente au vu du coût élevé d'un tel séjour, mais quand Godefroy veut payer Jacquart avec ses deniers, elle accepte de payer. Godefroy et son écuyer vont à la chambre du Hardi, où ils congédient la réceptionniste. Godefroy trouve dans la cheminée (seul vestige du château féodal) un mécanisme laissant apparaître un passage secret. Godefroy demande à Jacquouille d'aller lui chercher une torche pour explorer les lieux. Jacquart et Béatrice constatent la situation, et celle ci demande des explications. Godefroy lui répond qu'il n'est pas Cousin Hubert, mais le Hardi, ce que Béatrice refuse de croire. Godefroy lui montre alors le souterrain. Béatrice va chercher elle aussi une torche. Pendant ce temps, Jacquouille croise Fabienne Morlot, qui le prend toujours pour le frère de Jacquart, et lui raconte le destin tragique de ses parents. Fabienne partie, Jacquouille va au secours de Ginette, importunée par le majordome du château, qui finit par la laisser tranquille, pensant lui aussi qu'il est le frère du patron. Après avoir cassé une armure dans le bureau de la direction, Jacquouille et Ginette sont poursuivis par le chien que Jacquart a fait lâcher sur eux, et se précipitent à la chapelle, où Jacquouille retrouve le collier du duc qu'il avait caché en 1123.

Béatrice revenue avec une lampe, elle et Godefroy explorent le souterrain. Ils finissent par trouver le laboratoire de l'enchanteur, mais les livres présents sont moisis et inutilisables. Béatrice remarque alors un mot indiquant à Godefroy de contacter un certain Ferdinand Eusèbe, un médium-guérisseur qui s'avère être le descendant du mage. Il a confectionné pour Godefroy à partir du grimoire de son ancêtre la potion lui permettant de regagner son époque. Il dit au comte de repartir au plus vite avec son écuyer, sinon un autre futur où Godefroy n'aura pas eu de descendance viendra remplacer le futur actuel. De retour au château, Godefroy reçoit un appel de Jacquouille, alors au bowling avec Ginette. Il apprend à son maître qu'il veut se marier avec elle et rester dans cette époque. Godefroy bluffe alors en disant à son écuyer que s'ils ne repartent pas, leurs corps vont pourrir et se décomposer. Constatant sa mauvaise haleine auprès d'un serveur dégoûté, Jacquouille décide de revenir au château. Godefroy retourne à sa chambre et y trouve Béatrice, qui faisait visiter le souterrain à Jean-Pierre. Le comte les congédie, mais Jacquart accompagné du Maréchal des Logis Gibbons survient dans la chambre. Godefroy les enferme alors dans le souterrain et les gave de somnifères.

Le château de Montmirail à l'époque contemporaine, en réalité le château d'Ermenonville.

Au dîner, alors que Godefroy raconte ses exploits, Jacquouille revient au château avec Ginette au volant d'une Cadillac, et annonce à son maître qu'il peut rester ici, car il a trouvé le dentifrice, "remède contre le pourrissement". Ulcéré, Godefroy empoigne Jacquouille, l'emmène dans la chambre du Hardi et lui ordonne de l'accompagner. Jacquouille refuse, préférant être un homme libre en 1992 qu'un écuyer asservi à son maître en 1123. Alors qu'il entend des plaintes provenant du souterrain, Godefroy lui explique qu'il y a emprisonné Jacquart. Béatrice frappe à la porte, et demande des explications. Alors que Godefroy lui répète qu'il est bien le Hardi, Jacquouille profite de ce répit pour aller libérer son descendant dans le souterrain. Puisque Béatrice ne veut toujours pas le croire, Godefroy l'emmène dans la chambre et fait boire la potion à Jacquart (encore sous l'effet du somnifère, qui a pris malgré lui la place de Jacquouille, qui a échangé leurs tenues), avant de réciter la formule. Jacquart disparaît, parti en 1123. Béatrice, tout émue, comprend que Godefroy est bel et bien ce qu'il prétend être. Tout aussi ému, celui ci boit à son tour la potion et, après avoir fait ses adieux à sa descendante, récite la formule. Jean-Pierre et les gendarmes font alors irruption dans la chambre. Alors que les seconds se précipitent dans le souterrain, le premier demande à Béatrice où est son cousin. Jacquouille apparaît alors, avant de s'éclipser. Béatrice réalise alors la situation.

Au Moyen-Âge, Jacquart se réveille dans la boue, entouré de paysans et des hommes de Godefroy. Ce dernier tombe alors du ciel, et commence à se comporter comme il l'avait fait avant. Mais juste après avoir tiré le carreau, il se souvient des paroles de l'enchanteur : s'il trouve suffisamment de force en lui-même, il pourra alors dévier son tir. Godefroy se concentre, et fait appel à toute sa volonté. Le carreau freine brutalement avant d'arriver au duc, et Godefroy le redirige sur la sorcière, qui reçoit le projectile en pleine tête. Le duc est sauvé, et Godefroy retrouve avec bonheur Frénégonde, qu'il s'apprête à épouser. Jacquart, désorienté, court après celui qu'il pense toujours être cousin Hubert en lui demandant entre autres « Qu'est ce que c'est que ce binz ? ».

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

La naissance du film date de 1990, lors d'un déménagement de Jean-Marie Poiré qui retrouve alors dans un carton un de ses cahiers d'écolier. En feuilletant les pages, le réalisateur tombe sur une petite histoire de quatre pages qu'il avait écrite pendant un cours de mathématiques à l'âge de 17 ans. Cette histoire constitue déjà la trame du scénario qui sera retravaillé par Christian Clavier et lui-même[1].

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Le budget assez important du film est amorti par un important placement de produit qui expose de nombreuses marques à l'écran (c'est d'ailleurs l'un des premiers films à en montrer autant) : ainsi, sont visibles ou citées des marques comme Émail Diamant, Lacoste, Hartwood (la veste que porte Jacquart, maculée d'huile, puis mouillée par la serpillière de Jacquouille[2]), Thonon (diverses bouteilles de cette marque sont visibles chez les Goulard et au château de Montmirail), La Poste, Chanel No 5 (la bouteille de parfum dont Godefroy déverse le contenu dans son bain, sans en savoir la valeur[2]), Range Rover (le 4×4 neuf de Jacquart), la Citroen XM (la "Limo" de Berney), Hermès, Courtepaille, Avis (une camionnette Avis est notamment visible dans la scène du Courtepaille, ainsi que des flyers sur le comptoir à l'accueil du château), Renault et la boisson Yop visible sur une table dans la chambre du descendant du magicien[3],[4]. Dès la sortie du film, la Renault Safrane a enregistré un taux de notoriété spontanée de 74 %[4],[2].

Le portrait de Godefroy âgé exposé dans la suite « Le Hardy » a été réalisé par l'artiste Odile Alliet[5],[6].

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

À l'origine, Jean-Marie Poiré désirait donner le rôle de Godefroy de Montmirail à Didier Pain et celui de Béatrice à Jacqueline Maillan (qui avait joué dans Papy fait de la résistance) mais le producteur Alain Terzian lui a conseillé de réunir à nouveau le trio de L'Opération Corned-Beef : Jean Reno, Christian Clavier (qui co-écrit une nouvelle fois le scénario avec Poiré) et Valérie Lemercier[7]. Jacqueline Maillan n'a donc pas été retenue pour le film. De plus, elle est morte en mai 1992, avant le tournage. Didier Pain, lui, joue finalement le rôle du roi Louis VI « le Gros ».

Gérard Vives, qui joue un petit rôle non-crédité dans le film (l'un des infirmiers de l'hôpital psychiatrique), n'est pas encore connu du grand public : la série qui le rendra célèbre, Les Filles d'à côté, ne commença qu'à la fin de l'année 1993.

Au début du film, c'est Jean-Marie Poiré qui dit la réplique « Messires, le roi ! ». Plus tard, lors du festin au château de Montmirail, c'est aussi lui qui annonce l'arrivée de Godefroy en criant « Le comte de Montmirail est à vue ! ». À la fin du film, il fait même une apparition, jouant un paysan qui, avec d'autres gens, se moquent de Jacquart qu'ils prennent pour Jacquouille. Il y prononce une réplique : « Donne tes bijoux, le drôle ! ». Il incarne aussi le premier personnage qui apparaît dans le film, un garde, et salue le spectateur après le générique de fin.

C'est l'acteur Dominique Hulin qui joue le guerrier anglais décapité par Godefroy : cet acteur de 2,05 mètres a aussi joué le professeur de gymnastique du film Les Sous-doués de Claude Zidi.

Tournage[modifier | modifier le code]

L'extérieur du palais du Roi de Rome de Rambouillet a servi au tournage de la courte scène dans laquelle Godefroy sort de chez Ferdinand Eusèbe.
La porte de l'Aude, l'une des entrées de la cité de Carcassonne.
L'église et l'ancien abreuvoir de Thoiry, (Yvelines).

Le château d'Ermenonville, dans l'Oise a servi de décor pour le château de Montmirail à l'époque actuelle et le château comtal de la Cité de Carcassonne, pour l'époque médiévale.

Comme on peut le constater sur les plaques minéralogiques des voitures, le film a été tourné dans les départements de l'Aude, où de nombreuses scènes furent tournées aux abords du château comtal de la Cité de Carcassonne, ainsi que dans l'Oise et dans le Val-d'Oise, au début Jean Reno à cheval sur le pont d'Argenteuil avec au fond l'ancienne centrale électrique de Gennevilliers et à Cergy (la scène du restaurant Courtepaille en particulier). Ceci peut sembler insolite étant donné que ces départements sont situés de part et d'autre de la France. De plus, si l'on observe bien le début du film, on peut remarquer que la voiture de la famille Goulard porte successivement les immatriculations de deux des trois départements cités.

La scène durant laquelle Godefroy de Montmirail tire une flèche dans le front de son beau-père a été tournée dans la campagne environnante de Carcassonne. Le plan qui suit la trajectoire de la flèche a en réalité été tourné à reculons, sur un travelling de 100 mètres de long. L'équipe de rugby de Carcassonne a aidé au tournage de cette scène en enlevant les rails nécessaires pour le travelling au fur et à mesure, pour qu'ils n'apparaissent pas dans le champ[8],[9].

Le château de Montbrun, censé être sur une plaine, a été placé sur une montagne pour l'arrière-plan de la première scène, grâce à des effets spéciaux numériques.

Selon un calendrier visible au début du film, Godefroy et Jacquouille arrivent le à notre époque.

L'église où Godefroy demande asile et la maison de sa descendance se trouvent à Thoiry dans les Yvelines. Pour des raisons d'angles et de prises de vue, le plan où le cheval de Godefroy frappe brusquement la porte de l'église avec ses sabots n'a pas été filmé à Thoiry mais les répétitions ont bien été faites sur la porte de l'église Saint-Martin de Thoiry, la porte en garde encore les marques de sabots. Dans le cas du passage montrant les champs et les fils électriques haute tension, il s'agit du plateau d'Andelu, se trouvant juste à côté de Thoiry. La maison de Béatrice et Jean Pierre Goulard a été aussi filmée à Thoiry, 6 rue des Vignettes.

Le film a été tourné entre juin et  : lors d'une interview télévisée, Jean Reno indique que le tournage à Carcassonne s'est déroulé lors des inondations du début de l'été 1992 et que le tournage en région parisienne (comportant le tournage en studios) a eu lieu en août/septembre, période qui, en 1992, s'est avérée très ensoleillée et chaude, ce qui rend le mois d'octobre visible dans le film très beau pour cette époque de l'année[10]. Néanmoins, dans une scène, un passant lit Le Parisien avec la une « Tout Schuss » datant du [11].

Bande originale[modifier | modifier le code]

Bande Originale du Film
Les Visiteurs

Bande originale de Éric Lévi et divers artistes
Sortie Drapeau de la France
Enregistré Drapeau de la Tchéquie Smecky Studio, Prague
Drapeau du Royaume-Uni Abbey Road Studios, Londres
Genre Musique de film
Format Cassette audio, CD
Auteur-compositeur Éric Lévi
Label Warner/Chappell Music (en)
Editions de la Bascule
Joker Editions
Editions de la Marguerite
Remark Records

Bandes originales par Éric Lévi

Bandes originales de Les Visiteurs

Pour écrire la musique du film, Jean-Marie Poiré fait appel au guitariste Éric Lévi, qui avait composé la musique de son film précédent, L'Opération Corned-Beef[12]. Lévi s'était illustré vingt ans plus tôt en fondant le groupe de hard rock français Shakin' Street, en 1975[12].

Le film se déroulant entre deux époques, le Moyen Âge et le XXe siècle, Lévi, ne voulant surtout pas s'inspirer de la musique médiévale, écrit une musique originale avec un thème choral façon Carmina Burana, qu'il mélange avec des guitares électriques du guitariste Philippe Manca et des sonorités plus modernes[13]. En mélangeant ces sonorités new age et rock dans une ambiance médiévale et chevaleresque, et des chants, en anglais ou dans une langue imaginaire proche du latin, qui rappellent le chant grégorien, Lévi représente « l'aspect plus moderne, voire anachronique, de deux hommes du Moyen Âge perdus dans une époque qui n'est pas la leur »[12].

Le musicien parsème également sa bande originale de « grosses musiques orchestrales à l'hollywoodienne »[12]. Ainsi, les morceaux Le chevalier de Montmirail et Où vit l'enchanteur sont pastichées de la bande originale du film américain Robin des Bois, prince des voleurs composée par Michael Kamen : ils reprennent les « mêmes figures mélodiques, les mêmes orchestrations et les mêmes rythmes »[12]. Un procès aurait été intenté à Lévi pour ce plagiat[12].

Deux extraits de musiques classiques de Felix Mendelssohn (compositeur allemand du XIXe siècle) sont utilisés dans le film : le premier est tiré de sa Symphonie no 3, dite Symphonie Écossaise, et le second de son Concerto pour violon[12]. Cette seconde musique est utilisée dans les deux films suivants.

Lévi, ne sachant pas vraiment écrire pour un orchestre, fait appel au compositeur Frederick Rousseau (qui fut l'ancien assistant de Vangelis et de Jean-Michel Jarre) et à l'arrangeur Yvan Cassar[12]. Les chants grégoriens / new age (que l'on entend principalement dans Enae Volare) sont interprétés par l'English Chamber Choir (en), sous la direction du chef de chœur Guy Protheroe (en).

La bande originale du film sort en CD et en cassette audio en 1993[14],[15],[16] : à l'instar du film, elle obtient un large succès commercial, notamment grâce au morceau Enae Volare, conduisant Éric Lévi à fonder le projet musical Era quelques années plus tard. La musique du film est nommée pour le César de la meilleure musique originale lors de la 19e cérémonie des César en 1994 mais c'est finalement la composition de Cheb Khaled pour Un, deux, trois, soleil qui remporte le prix.

Quelques chansons sont entendues durant le film :

  • Ginette, après avoir rencontré Godefroy et Jacquouille, leur interprète le refrain de Casser la voix, la chanson de Patrick Bruel sortie trois ans plus tôt.
  • Jacquouille, lui, chante deux chansons aux origines inconnues : la première, chantée avec Godefroy lors du dîner, parle d'un certain « bailli du Limousin » qui fut « fendu » puis « pendu avec ses tripes » et l'autre, qu'il chante dans le bain, raconte apparemment l'histoire d'un chevalier qui s'en va « guerroyer à la croisade ».
  • Dans le bowling où sont Jacquouille et Ginette est diffusée la chanson Passion for War/Love, composée par Lévi pour L'Opération Corned-Beef.

Sortie en France[modifier | modifier le code]

Promotion[modifier | modifier le code]

Le , Jean Reno, Christian Clavier, Valérie Lemercier et Marie-Anne Chazel participent à l'émission Sacrée Soirée, animée par Jean-Pierre Foucault ; tous les acteurs sont dans leurs costumes du film, Christian Clavier portant le costume jaune de Jacquart et Valérie Lemercier la tenue de Béatrice.[17]

Critiques[modifier | modifier le code]

Presse[modifier | modifier le code]

Les Visiteurs obtient un accueil positif des critiques professionnels, obtenant une moyenne de 3,25 sur le site Allociné, pour cinq critiques[18]. Dans les pays anglophones, l’accueil est plus mitigé, obtenant 33 % sur le site Rotten Tomatoes, pour 14 critiques et une moyenne de 5,410[19].

Parmi les critiques positifs, Monique Pantel de France Soir note dans son avis sur le film que « le film commence comme une épopée de chevalerie, et petit à petit, tombe dans le délire total », ajoutant que « le plus beau (…) c'est qu'on s'identifie aux personnages, surtout à Jacquouille la fripouille »[18], tandis que pour Camille Nevers des Cahiers du cinéma, « ça fonctionne, malgré quelques erreurs de dosages, le film relève le pari de son sujet »[18].

Parmi les critiques mitigées ou négatives, Positif trouve le long-métrage « lourd mais efficace »[18], tandis que Marie-Elisabeth Rouchy de Télérama écrit qu'« on sourit, mais c'est pour tuer le temps »[18].

Public[modifier | modifier le code]

Du côté du public, le film reçoit un très bon accueil. Il rassemble une moyenne de 3,8/5 sur le site Allociné du côté des spectateurs pour 33 496 avis[réf. nécessaire].

Depuis, le film est devenu un véritable phénomène, le hissant au rang de film culte[20].

Box-office en France[modifier | modifier le code]

Malgré ses 13,78 millions d'entrées au total, le film débuta en fait plutôt modestement (comme un film qui ne dépasserait pas 2 ou 3 millions d'entrées) ; en deuxième semaine, il attire 150 000 personnes de plus que la première. Mais au fil du temps, la fréquentation se maintient et le film devient finalement l'un des plus grands succès du box-office en France.

Lors de son premier jour d'exploitation, il attire 23 000 spectateurs à Paris[21].

Box-office français du film, semaine par semaine
Sem. Entrée[22] Cumul Évolution
1 518 997 518 997
2 669 883 1 188 880 + 150 886
3 648 624 1 837 504 - 21 259
4 689 724 2 527 228 + 41 100
5 744 335 3 271 563 + 54 611
6 657 430 3 928 993 - 86 905
7 503 756 4 432 749 - 153 674
8 350 821 5 176 531 - 152 935
9 323 940 5 500 471 - 26 881
10 346 115 5 857 717 + 22 175
11 315 363 6 173 080 - 30 752
12 290 094 6 463 179 - 25 269

Finalement, le film fait 13 782 991 entrées[23], ce qui en fait :

À sa sortie, le film rapporte 98 754 810 $ de recettes.

Diffusions à l'étranger[modifier | modifier le code]

Le film a été doublé notamment en allemand, en espagnol et castillan, en italien et en russe. Une tentative de doublage en anglais avait été supervisée par Mel Brooks pour une diffusion du film aux États-Unis : ce doublage, dont le coût fut d'un demi-million de dollars, n'avait plu ni aux adolescents auprès desquels il a été testé, ni à Jean-Marie Poiré, qui trouva que le film avait été transformé en parodie dans laquelle Godefroy est affublé d'un « accent français si caricatural qu'il en est pratiquement incompréhensible »[25],[26].

Le film sort finalement aux États-Unis le , dans une version sous-titrée et est en 48e position du box-office américain lors de sa première semaine d'exploitation[27],[28]. C'est d'ailleurs cette impossibilité de faire un doublage correct au film qui donna aux producteurs américains l'idée de réaliser un remake, Les Visiteurs en Amérique.

Versions doublées ou sous-titrées[modifier | modifier le code]

Box-office dans le monde[modifier | modifier le code]

Europe[modifier | modifier le code]

  • En Espagne, il réalise 1 040 822 entrées, distribué sous le titre Los Visitantes : grâce au succès des Visiteurs, L'Opération Corned-Beef, le film précédent de Jean-Marie Poiré, qui n'était pas sorti en Espagne, bénéficie d'une sortie dans ce pays et sort en salles en 1994, soit 4 ans après sa sortie française.
  • En Allemagne il réalise 337 618 entrées[29], distribué sous le titre Die Besucher.
  • En Suisse, il réalise 148 260 entrées.
  • Au Danemark, il réalise 10 376 entrées.

Reste du monde[modifier | modifier le code]

  • Aux États-Unis, il réalise 149 300 entrées[30], distribué sous le titre The Visitors.
  • Au Québec, il réalise 132 513 entrées[31].
  • En Corée du Sud, il réalise 66 427 entrées[32], diffusé.

Total monde[modifier | modifier le code]

  • Total monde non exhaustif (liste des pays où le film est sorti ici) : 15 668 307 entrées.

En mars 1994, le magazine Le Film français estime à 347 millions de francs les recettes engrangées par le film dans le monde[33].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Valérie Lemercier avec son César de la meilleure actrice dans un second rôle lors des César 1994. À l'époque, sa filmographie ne comptait que six films.

Nommé neuf fois (dont deux fois au César du meilleur acteur pour Christian Clavier et pour Jean Reno et même au César du meilleur film) lors de la 19e cérémonie des César en 1994, le film se retrouve en face d'autres succès de l'année 1993 comme Smoking / No Smoking et surtout Germinal, nommé douze fois. Les Visiteurs ne remporte finalement qu'une seule récompense, celle de la meilleure actrice dans un second rôle, décernée à Valérie Lemercier pour son double-rôle dans le film : elle le reçoit des mains de Francois Cluzet et Anouk Grinberg.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Remake[modifier | modifier le code]

En 1994, ce film populaire est détourné en une version pornographique intitulée Les Visiteuses avec Tabatha Cash.

Le film fit aussi l'objet d'un remake américain, Les Visiteurs en Amérique, réalisé aussi par Jean-Marie Poiré et comprenant Jean Reno et Christian Clavier dans sa distribution : sorti en 2001, il n'a pas connu le même succès que le film original, n'ayant trouvé son public ni aux États-Unis, ni en France.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le film est diffusé pour la première fois à la télévision le en crypté sur Canal+, puis pour la première fois en clair le sur France 3, avec 46,6 % de parts de marché[34].

Le jeu survolté de Christian Clavier, né de l'interprétation de Jacquouille et surtout de Jacquart dans le film, a souvent été reproché à l'acteur : dès son film suivant, Les Anges gardiens, son interprétation est sans cesse comparée à celle du personnage de Jacquouille[33], et ce même quand il interprète un autre personnage connu, Astérix.

Jacquouille la Fripouille étant le rôle le plus connu de la carrière de Christian Clavier (avec Astérix), il lui a rendu hommage en appelant sa société de production Ouille Productions : celle-ci participa à la production des Visiteurs 3. Jean-Marie Poiré, lui aussi, a rendu un hommage au personnage en nommant sa société de production Okay Films mais, après l'échec des Visiteurs en Amérique, il la renomma Comédie Star[35].

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Pour composer son personnage de Jacquouille la Fripouille, Christian Clavier, passionné de bande dessinée, s'est inspiré des traits de caractère de Pirlouit[36].
  • Le déplacement dans le temps distingue bien la richesse de la pauvreté : Godefroy devient une statue de cristal qui éclate tandis que Jacquouille se transforme en tas de matière fécale. Ce sera également le cas dans Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2 et Les Visiteurs en Amérique, mais avec davantage d'effets spéciaux.
  • Le titre de travail du film était « Les chevaliers de Louis VI le gros »
  • Le film contient environ 2 000 plans (alors que la moyenne habituelle est de 500 à 700 plans par film)[8].
  • Un clin d’œil est fait à deux des producteurs du film, Alain Terzian et Patrice Ledoux : on peut voir, lorsque Godefroy, Jacquouille, Béatrice et Jean-Pierre quittent le centre psychiatrique, deux panneaux, l'un indiquant le service du docteur A. Terzian et l'autre celui du professeur P. Ledoux.
  • Un clin d’œil est fait au film L'Opération Corned-Beef dans la scène se déroulant au bowling : la chanson qui y est diffusée est Passion For War / Love, qui est le titre principal de la bande-originale du précédent film de Jean-Marie Poiré.
  • Jean-Marie Poiré aurait imaginé cette histoire en visitant la Grand-Place d'Arras alors qu'il avait 17 ans. C'est à la suite d'un déménagement qu'il retrouva ses notes 30 ans plus tard. À l'époque, il envisageait de réaliser un court métrage avec Robert Dalban et Robert Hossein[37].
  • On peut relever quelques faux raccords dans le film[38] :
    • Lorsque Jacquouille dévisse la tête de la statue pour y cacher les bijoux du Duc de Pouille, le cou du chapeau est sculpté de forme hélicoïdale alors que l'intérieur de la tête n'a pas de vissage.
    • Lorsque la camionnette postale arrive vers Jacquouille, elle roule tantôt sur la ligne blanche, tantôt au milieu de la route. Par la suite, lorsqu'elle s'arrête devant l'écuyer, sa roue est sur une ligne blanche alors que celle-ci n'apparaît plus sous cette même roue dans certains plans suivants. De plus, Godefroy détruit d'un coup de manche d'épée l'auto-radio alors qu'il n'est pas censé savoir arrêter la musique de cette manière.
    • Après avoir traversé les champs avec le cheval, Godefroy rejoint la route par un rond-point, entrant ainsi dans le village de Parnans sous Montmirail. On peut observer que le panneau d'entrée est orienté vers le champ au lieu de la route.
    • Lorsque Godefroy tend le calendrier au père Hervé, le bloc est transpercé avec l'épée par le côté arrière. Or si l'objet était accroché au mur, il est donc peu probable que le comte médiéval ait pu le prendre avec sa lame dans ce sens.
    • Au début du film, lorsque le roi d'Angleterre arrive et frappe sa nièce, il porte les armes écartelées de France et d'Angleterre. Or ces armes ont été créées par son descendant Édouard III d'Angleterre environ 200 ans après la date à laquelle la scène se passe.
    • Lorsque Béatrice interrompt Jean-Pierre pour lui parler de son cousin Hubert, le dentiste[39] a son masque rabaissé, des gants en caoutchouc et la poche vide. À partir du moment où Béatrice veut lui montrer le livre des Montmirail, Jean-Pierre a soudainement le masque rangé dans sa poche et n'a plus de gant aux mains.
    • La plaque d'immatriculation de la Renault Safrane de Béatrice change plusieurs fois de numéro selon les scènes.
    • La renault 4 de la Poste est immatriculée dans le département de l'Aude (11), lieu de tournage de certaines scènes du film, alors que l'histoire est censée se dérouler en région Île-de-France.
    • Lorsque Jean-Pierre roule doucement avec Godefroy passant la tête par la fenêtre, il n'excède pas 10km/h. Pourtant, un des plans avec Béatrice montre que la voiture roule soudainement plus vite (vers 70 km/h). De plus, on peut apercevoir le panneau d'ombrage dans le reflet du camion que la voiture croise.

Autour de l'histoire[modifier | modifier le code]

  • La formule magique d'Eusæbius pour emprunter les couloirs du temps énonce : « Per Horus et per Ra et per sol invictus duceres ». Elle écorche les règles de la déclinaison et de la conjugaison (notamment la concordance des temps) du latin, qui impliquent de dire : « Per Horum et per Ra et per solem invictum duceris (ou mieux : ducaris) », c'est-à-dire : « Tu seras conduit (ou mieux : Sois conduit) par Horus et par et par le soleil invaincu »[40].
  • La devise des Montmirail est « Que trépasse si je faiblis ! », précédée du cri de guerre des chevaliers francs, « Montjoie ! Saint-Denis ! », du nom de l'oriflamme, créé par l'abbé Suger et devenu l'étendard de l’ost royal. Lors du combat avec les CRS, Godefroy dit également « Dieu le veut », un cri de ralliement utilisé par les croisés dès la première croisade.
  • Le blason de Godefroy de Montmirail est composé comme suit ; Tiercé en chevron : en 1, d'azur à deux alérions de gueules ; au 2, de sinople à la tour de gueules, ouverte et ajourée de sable ; au 3 d'or.
  • Étrangement, Godefroy dispose d'un écu dont le blason est différent de celui de sa tunique.
  • Lors de l'altercation entre troupe franque et anglo-normande, en 1123, les soldats "anglois" parlent en anglais, alors que cette langue (en l'occurrence le vieil anglais) n'était encore utilisée que par les paysans insulaires. Les chevaliers et autres nobles de la cour d'Angleterre s'exprimaient en langue d'oïl (anglo-normand).
  • Lorsqu'il découvre le château moderne de Montmirail, Godefroy s'étonne de son manque de protection face à une éventuelle attaque des Wisigoths, alors que le royaume de ces derniers fut anéanti en 711, soit environ 400 ans avant l'époque du Moyen Âge central.
  • À l'époque moderne, dans le château de Montmirail, quand Jacquouille renverse une armure, il dit ensuite savoir la remonter, alors que ce type de harnachement n'est apparu que vers 1420, soit presque 300 ans après son époque d'origine, durant laquelle, les soldats utilisaient alors encore la cotte de mailles.
  • Les pièces que Godefroy jette aux pieds de Jacquart ne sont ni des louis d'or comme le croit Jean-Pierre, ni des écus comme le dit Godefroy plus tôt (« [Jacquart] va vous rendre le château contre écus sonnants et trébuchants. ») : les pièces de Godefroy ne ressemblent nullement à des pièces en or (les écus, premières pièces en or ayant été créées en France, sont frappés à partir du règne de Louis IX). Elles ne sont sans doute que des deniers, Godefroy venant d'une époque où plusieurs dizaines de seigneurs, laïques ou ecclésiastiques, possédaient leur propre atelier et leur propre monnaie[41].
  • Fabienne Morlot, interprétée par Isabelle Nanty, est souvent assimilée à tort à la secrétaire d'Edgar Bernay (certains sites relatifs au film lui attribuent d'emblée cette fonction), ce qui est très peu probable compte tenu de son niveau de formation : elle dit avoir fait l'ENA, par conséquent, il est très probable qu'elle occupe un poste plus élevé au sein de l'établissement bancaire mis en scène dans le film.
  • Les chiffres arabes ne sont apparus en France qu'au XIVe siècle, Godefroy ne peut donc les connaître et lire la date chez le curé
  • On voit deux portraits de Godefroy : une peinture et une gravure. Or, les premiers vrais portraits ne sont apparus qu'au XIVe siècle en Occident.
  • Le duc de Pouille, futur beau-père de Godefroy, dit qu'il aurait préféré marier sa fille Frénégonde au fils du duc de Montmorency sauf que le premier duc de Montmorency fut Anne de Montmorency (1493-1567)
  • Godefroy est suivi en toutes circonstances par Jacquouille la Fripouille, simple serviteur d'origine roturière, alors qu'en réalité un comte ne devrait être suivi que par d'autres nobles, notamment un ou des écuyer(s)
  • Dans l'ancienne chambre de Godefroy, au sein du château de Montmirail, il y a un tableau le représentant. Or une éventuelle représentation datant de cette époque est fort peu crédible, et ce même à partir d'archives

Produits dérivés[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Jeux de société[modifier | modifier le code]

  • Les Visiteurs, le jeu (1993)
Simple adaptation du jeu de l'oie à l'univers du film, ce jeu est édité par Gaumont et la Générale Multimédia[42],[43],[44],[45].

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Les Visiteurs, le jeu sort en 1998 sur PC. L'année suivante, une version Game Boy Color est éditée.
  • Les Visiteurs : La Relique de Sainte Rolande sort sur PC et PS1 en 2001.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le personnage d'Enguerrand le Balafré devait à l'origine s'appeler « Bouchard le Borgne ».
  2. « Funérailles » en français.
  3. « Le piège (ou tour) de la sorcière » en français.
  4. « Aucune issue » en français.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jérémy Parayre, Les Visiteurs : les secrets d'un succès à la française, Télé 7 jours no 2621, août 2010
  2. a b et c Dominique Beaulieu, « Au cinéma, les marques jouent à “cash cache” », sur www.e-marketing.fr, (consulté le 9 mai 2015) : « La notoriété de la Renault Safrane a grimpé de 74 % après avoir transporté Jacquouille dans Les Visiteurs. […] Le maniéré Christian Clavier montre sa Range Rover dont le toit est arraché dans Les Visiteurs. Le produit est cité par l'acteur. Le même Jacquart prononce la marque de son costume Hartwood maculé d'huile. […] Un mésusage attire parfois l'attention, tel le flacon géant de Chanel 5 versé dans le bain de Jean Reno dans Les Visiteurs. La réaction excessive du propriétaire souligne la préciosité du produit. »
  3. Wikia, Placement de produit sur Les Visiteurs Wiki.
  4. a et b Anne Luzin, « Les Marques au cinéma », sur www.iletaitunefoislecinema.com (consulté le 9 mai 2015) :

    « Le succès de placements à l’écran : les Visiteurs sorti en 1994, le film à placement de référence car l’un des tout premier à avoir intégré autant de marques dans une production française (Email Diamant, Lacoste, Hartwood et Renault entre autres) ou encore l’énorme présence de Peugeot dans la saga des Taxi tendent à banaliser la technique du placement de produits en France.

    Pour donner quelques exemples chiffrés (D'après Jacoberger, Virginie (1998), Des marques sur grand écran, Valeurs Actuelles, septembre 2002), on peut citer : […] 3. dès la sortie des Visiteurs, la safrane Renault a enregistré un taux de notoriété spontanée de 74 % »

  5. Hélène Saïnz, « Odile Alliet », sur www.helenesainz.free.fr (consulté le 23 novembre 2016) : « Peinture réalisée pour le film Les Visiteurs ».
  6. « Site officiel d'Odile Alliet » (consulté le 23 novembre 2016) : « Odile Alliet a travaillé dans différents domaines des arts appliqués : décors pour la publicité, le théâtre, le cinéma (Jacques Doillon, Jean-Marie Poiré) ».
  7. Gaël Golhen et François Grelet, « Alain Terzian, le dernier nabab », Première, no 456,‎ , p. 62 (ISSN 0399-3698)
  8. a et b Thierry Klifa, « Les Clés du rire : Jean-Marie Poiré, Christian Clavier, Jean Reno. Les Visiteurs », Studio, no 70,‎ , p. 50 à 55
  9. Poiré, Clavier 1998, p. 17
  10. « Plateau Valérie Lemercier et Jean Reno » [vidéo], sur ina.fr, France 2, (consulté le 9 novembre 2014)
  11. « DANS LE RETRO. 1992 : les JO d'Albertville émerveillent le public », Une du Parisien du 8 et 9 février 1992 célébrant l'ouverture des Jeux d'hiver d'Albertville, sur Le Parisien,
  12. a b c d e f g et h Quentin Billard, « Les Visiteurs, original motion picture soundtrack, Music composed by Eric Levi », sur GoldenScore.fr (consulté le 27 mars 2016).
  13. Biographie - ERA, RFI Musique, juin 2003 (page consultée le 15 décembre 2009).
  14. « Les Visiteurs ( Ils Ne Sont Pas Nés D'hier! ) (CD, Album) », sur www.discogs.com, Discogs (consulté le 27 mars 2016).
  15. « Les Visiteurs ( Ils Ne Sont Pas Nés D'hier! ) (Cass, Album) », sur www.discogs.com, Discogs (consulté le 27 mars 2016).
  16. « Les Visiteurs ( Ils Ne Sont Pas Nés D'hier! ) (CD, Album) », sur www.discogs.com, Discogs (consulté le 27 mars 2016).
  17. « Moment culte sur TF1. En 1993, l'équipe des Visiteurs complètement désarçonnée chez Foucault », LCI,‎ (lire en ligne, consulté le 24 juin 2018)
  18. a b c d et e « Critiques Presse des Visiteurs », sur Allociné (consulté le 5 décembre 2015)
  19. (en) « Les Visiteurs (1993) », sur Rotten Tomatoes (consulté le 5 décembre 2015)
  20. Loïse Delacotte, « Les répliques mythiques du film Les Visiteurs », sur Cosmopolitan,
  21. « Christian Clavier et Valérie Lemercier : Les Visiteurs » [vidéo], sur ina.fr, France Inter, (consulté le 9 mai 2015)
  22. Nombre de visiteurs au box-office.
  23. « Les Visiteurs », sur jpbox-office.com (consulté le 28 novembre 2014)
  24. Classement des plus grands succès du cinéma français.
  25. « Variety : « Okkkayyy » ne passe pas outre-Atlantique. », sur Libération, (consulté le 2 mai 2015) :

    « Depuis deux ans que Les Visiteurs faisaient antichambre aux Etats-Unis, malgré un doublage confié à Mel Brooks, on se doutait d'un problème. Mettant fin à ce suspense brûlant, l'hebdomadaire américain Variety révèle enfin le scoop en une : le film ne sortira pas. Son doublage (facturé un demi million de dollars) n'a convaincu ni les teenagers auprès desquels il a été testé, ni Jean-Marie Poiré, son réalisateur: « Le film a été transformé en parodie, avec un chevalier à l'accent français si caricatural qu'il en est pratiquement incompréhensible » (sic). »

  26. Jean-Philippe Renouard, « La fin de Babel », sur www.vacarme.org, (consulté le 2 mai 2015), p. 47 :

    « De leur côté, les distributeurs français ont compris l’importance du doublage sur certains marchés étrangers comme les États-Unis : c’est à Mel Brooks que l’on a demandé de réaliser la version américaine des Visiteurs. »

  27. « Les Films français aux USA », sur www.ecrannoir.fr, (consulté le 2 mai 2015) :

    « [Les Visiteurs] qui devait être doublé par Mel Brooks à l'origine, sort en brut, sans parfum hollywoodien, en 48e position pour sa première semaine. Il faut avouer que le massacre du doublage appliqué à Un Indien dans la Ville (dont Disney fait un remake) avait coulé le film lors de sa sortie au printemps dernier, et ce, malgré l'un des plus beaux démarrages opérés pour un film étranger. »

  28. P. de G., « La firme Gaumont a plus que triplé son résultat net en 93 », sur www.lesechos.fr, (consulté le 2 mai 2015) :

    « Pour donner toutes ses chances au film, nous avons décidé d'en faire un doublage américain sous la supervision de Mel Brooks »

    — Nicolas Seydoux, PDG de Gaumont.

  29. (de) « Filmhitliste: Jahresliste (international) 1993 », sur www.ffa.de (consulté le 28 novembre 2014)
  30. (en) « Les Visiteurs », sur boxofficemojo.com (consulté le 28 novembre 2014)
  31. « Information sur le film (Régie du cinéma) », sur www.diffusion.stat.gouv.qc.ca (consulté le 28 novembre 2014)
  32. « Les Visiteurs », sur www.kobis.or.kr (consulté le 28 novembre 2014)
  33. a et b Marie Guichoux, « Le complexe de Jacquouille », sur Libération, (consulté le 8 mai 2015)
  34. « Comment « Les Visiteurs » ont traversé les années », sur Le Point, (consulté le 25 juillet 2020).
  35. Comédie Star - Okay Films sur Unifrance
  36. Chrisitan Clavier : La fabuleuse histoire d'un bronzé, Lila Salmi et Guillaume Philippon, 2015
  37. Adrien Gombeaud, « Jacquouille/Batman, le clash », Vanity Fair, no 34,‎ , p. 62
  38. « Les (Viles ?) ERREURS des VISITEURS - Faux Raccord Culte » sur YouTube.
  39. Médecin stomatologiste face au médecin psychiatre, dans le 1er film, chirurgien dentiste dans les autres
  40. « Formule magique "les visiteurs" », sur CommentCaMarche (consulté le 25 juillet 2020).
  41. « Les visiteurs », Numismatique et cinéma, sur Numismatique médiévale, (consulté le 22 février 2015)
  42. Fiche du jeu sur jeuxsoc.fr
  43. Fiche du jeu sur boardgamegeek.com
  44. Fiche du jeu sur www.scifi-universe.com
  45. Fiche du jeu sur www.trictrac.net

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Les Visiteurs 2 revisités, documentaire de François-Cyril Géroult, 2005 (Visionner sur YouTube : partie 1 et partie 2):

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]