Papy fait de la résistance

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Papy fait de la résistance
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Réalisation Jean-Marie Poiré
Scénario Christian Clavier
Martin Lamotte
Jean-Marie Poiré
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films Christian Fechner
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Durée 102 minutes
Sortie 1983


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Papy fait de la résistance est un film français réalisé par Jean-Marie Poiré, sorti en 1983.

Adapté d'une pièce de théâtre écrite par Martin Lamotte et Christian Clavier, le film réunit les acteurs de la nouvelle génération des années 1970-80 (dont ceux de la troupe du Splendid mais aussi Jacques Villeret, Roland Giraud, Pauline Lafont) et les acteurs de l'ancienne génération dont font partie Michel Galabru, Jacqueline Maillan ou encore Jean Carmet dans une histoire confrontant résistants et collabos, sous l'Occupation allemande.

En France, il est considéré comme un film culte[1],[2].

Le film est dédié à la mémoire de Louis de Funès, qui devait y tenir le rôle du papy ou du demi-frère d'Hitler, mais qui décédera peu avant le tournage. Michel Galabru héritera alors du rôle du papy et Jacques Villeret de celui du demi-frère d'Hitler.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'action du film se situe en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Héléna Bourdelle, dite « La Bourdelle », une célèbre cantatrice française d'avant-guerre, est l'épouse du maestro André Bourdelle. Ce dernier, engagé dans la Résistance française, est tué accidentellement par l'explosion d'une grenade.

À la suite de la défaite des armées françaises, la famille Bourdelle (qui est aussi composée du père d'André Bourdelle, connu sous le nom de « Papy ») voit son luxueux hôtel particulier parisien investi par les forces allemandes, leur domicile devenant la résidence du général allemand Hermann Spontz, transféré du front de l'Est. Alors qu'elle se plaint à la Kommandantur des excès commis par l'arrivée des allemands chez eux, Mme Bourdelle, accompagnée de ses deux filles et de leur locataire Michel Taupin, aident par hasard un soldat britannique à s'évader et sont ensuite obligés de le cacher chez eux.

La famille, qui doit faire face à l'ancien concierge de l'Opéra Adolfo Ramirez, devenu un agent de la Gestapo, est mieux considérée par leur occupant, le général Spontz, qui se liera avec Bernadette Bourdelle, l'une des filles d'Héléna. Mais il ignore que Guy-Hubert, le fils de la famille, un coiffeur efféminé et apparemment poltron, est en fait l'insaisissable justicier français connu sous le nom de « Super-Résistant », recherché par les troupes allemandes.

Quant à Michel Taupin, amoureux malheureux de Bernadette Bourdelle et qui, au départ, avait des vues sur Colette, l'autre fille d'Héléna, il montre une insistante volonté de rejoindre la Résistance, ce qui l'entraîne dans bien des péripéties. Emprisonné après l'épisode de la Kommandantur, il rencontre un résistant, Félix/Frémontel qui se confie à lui, se croyant sur le point d'être fusillé ; mais les deux sont finalement libérés par Super-Résistant et Félix se voit encombré d'un « pot de colle » en la personne de Taupin.

Ramirez découvre que Guy-Hubert est en fait « Super-Résistant » et le patron de Félix, mais Spontz ne le croit pas.

Bien qu'elle ait juré de ne plus chanter tant qu'il y aurait un Allemand en France, Héléna Bourdelle se voit contrainte par le général Spontz de participer à la réception donnée en l'honneur du demi-frère d'Adolf Hitler, le maréchal Ludwig von Apfelstrudel, qui arrive à Paris. À cette occasion, la Résistance confie à Michel Taupin le soin de dissimuler une bombe, qui devra exploser lors de la réception tenue dans un château près de Paris. Mais l'opération échoue et les Bourdelle et Taupin sont sur le point d'être arrêtés, mais sont sauvés par l'arrivée de Super-Résistant, qui capture von Apfelstrudel et tous les généraux allemands avec l'aide de ses hommes et de Papy.

Alors que le récit semble s'achever, l'histoire se révèle être un film dans le film et laisse la place à un débat télévisé contemporain (parodie des Dossiers de l'écran) destiné à aborder la période de l'Occupation et à faire le point sur la réalité des événements dépeints dans le film, qui était diffusé avant cette émission. L'émission de débat réunit alors certains protagonistes du film, qui sont maintenant âgés : Bernadette Bourdelle et son mari le général Spontz, son frère Guy-Hubert, Michel Taupin (devenu ministre des Anciens Combattants) et Adolfo Ramirez Junior (le fils de Ramirez, venu de Bolivie pour défendre la mémoire de son père défunt). Mais, très vite, le débat tourne à la foire d'empoigne lorsque Adolfo Ramirez Junior, diffamant et insultant les autres protagonistes de l'histoire, se fait passer à tabac sur le plateau de l'émission, obligeant l'animateur (Alain Jérôme) à rendre précipitamment l'antenne en catastrophe...

Personnages[modifier | modifier le code]

Famille Bourdelle[modifier | modifier le code]

  • Héléna Bourdelle (Jacqueline Maillan) : épouse d'André Bourdelle, célèbre cantatrice, surnommée « La Bourdelle », triste depuis la mort de son mari, elle essaye d'imiter le modèle dont elle est fan, Arturo Toscanini, en essayant de refuser de jouer devant les fascistes et les nazis tant qu'ils sont en France. Mais elle craque à chaque fois. Elle s'engage dans une résistance personnelle en recueillant un Anglais chez elle et en contribuant à la pose de la bombe pour tuer le maréchal. Dans le débat télévisé, Adolfo Ramirez Jr. prétend qu'elle n'aurait été en fait qu'une chanteuse à deux sous qui faisait six cabarets par soirée et terminait à six heures du matin, au One-Two-Two, complètement bourrée et le nez dans la choucroute.
  • André Bourdelle (Jean Carmet) : André est le mari d'Héléna et est chef d'orchestre de profession. Dès le début de la guerre, il dirige un réseau de Résistance sous le pseudonyme de Capitaine Raymond. Il meurt en 1941, après l'explosion d'une grenade dégoupillée qu'il avait envoyée sur un terrain de tennis où jouait un officier allemand (Roger Carel) qui, maladroitement, l'a renvoyée dans l'automobile d'André.
  • Jean-Robert Bourdelle, dit Papy (Michel Galabru) : père d'André Bourdelle, ancien vétérinaire, il a servi pendant la Première Guerre mondiale. Il aurait eu une liaison avec une cousine de la famille royale d'Angleterre. Exprimant son patriotisme, il participe à l'action de Super-Résistant contre le maréchal von Apfelstrudel.
  • Bernadette Bourdelle (Dominique Lavanant) : issue d'une famille de grands musiciens et fille aînée d'André et Hélena Bourdelle, elle pratique le violoncelle et passe souvent au conservatoire de musique de Paris. Un peu bêcheuse, elle est une gaulliste fervente. Alors qu'elle s'est fiancée avec Michel Taupin, elle le trompe avec le général Spontz. Après la guerre, elle se marie en mai 1952 avec Spontz à Vienne.
  • Guy-Hubert Bourdelle (Martin Lamotte), alias Super-Résistant : fils d'André et Héléna Bourdelle, coiffeur aux manières efféminées, on le croit d'abord « collabo » par certaines de ses déclarations. Mais on découvre rapidement qu'il est en fait Super-Résistant. Sous ces traits, il agit habillé d'un costume singulier, composé d'un chapeau haut-de-forme, d'un masque, d'un smoking et d'une longue cape. Il préfère qu'on l'appelle simplement Super. Le personnage de Super-Résistant n'est que peu apprécié par les hautes instances de la Résistance. L'un des contacts de Taupin, le colonel Vincent, confie même que de Gaulle aurait dit, à la vue d'une photo de Super-Résistant en costume, Ça craint... Lors du débat télévisé qui suit le film, Guy-Hubert Bourdelle dément avoir été Super-Résistant et reconnaît simplement un rôle mineur dans la Résistance, connu sous le nom de « Sparadrap » d'après Michel Taupin. Selon Guy-Hubert, il n'aurait fait que porter deux ou trois messages pour la Résistance. En outre, il trouve que le nom de « Sparadrap » est ridicule : Pourquoi pas Roudoudou ou Raplapla, tant qu'on y est ?, lance-t-il lors du débat.
  • Colette Bourdelle (Pauline Lafont) : fille cadette d'André et Héléna Bourdelle, elle se retrouve mêlée aux pérégrinations de la famille pour sauver le pilote anglais qu'ils aident à s'échapper de la Kommandantur et s'amourache bien vite de ce dernier (provoquant la colère de son frère Guy-Hubert sous les traits de Super-Résistant). Ils finiront par se marier après la guerre et iront élever des porcs dans le Sussex (Angleterre), prononcé « sussessexe » par Bernadette Bourdelle.
  • Michel Taupin (Christian Clavier) : issu d'un milieu modeste et, après avoir étudié le grec et le latin, Michel Taupin décide de l'enseigner en cours particuliers. Il cherche alors un logement à Paris et tombe sur André Bourdelle, qui lui propose une chambre dans sa demeure. Les jours passent et Michel se fiance avec Bernadette. Il est un peu la « cinquième roue du carrosse » et est considéré comme étant de la famille seulement quand ça arrange les Bourdelle. Alors qu'il a essayé plusieurs fois de rejoindre un réseau de résistance, il se fait refuser jusqu'à ce qu'il décide de commencer lui-même sa propre résistance lors de l'arrivée du général Spontz chez les Bourdelle. Après avoir contacté un chef de réseau du nom de « Mireille », il a pour mission de poser une bombe au château de Mombreuse où doivent se retrouver le maréchal von Apfelstrudel et d'autres généraux allemands. En 1944, il contribue à la libération de Paris avec le maréchal Leclerc et devient, par la suite, ministre des Anciens Combattants.

Troupes allemandes[modifier | modifier le code]

  • Hermann Spontz (Roland Giraud) : officier allemand, il combattit en Russie sur le front de l'Est ; c'est d'ailleurs là-bas qu'il trouva son chat Gustav. Il est ensuite promu au grade de général et affecté à la ville de Paris. Gêné d'arriver dans une maison habitée par de grands musiciens qu'il respecte, il décide de se montrer clément avec la famille Bourdelle. C'est alors qu'il remarque Bernadette, dont il va être secrètement amoureux jusqu'à la fin de la guerre pour, finalement, l'épouser en à Vienne. Alors qu'il s'occupe du cas de Super-Résistant, qui sème la terreur auprès des nazis et des collabos parisiens, il accueille le maréchal von Apfelstrudel, demi-frère d'Hitler, venu faire une visite d'inspection à Paris. Mal conseillé par Kluglicht, son aide de camp, Spontz organise une fête qu'il regrettera. Alors que le maréchal est enlevé par la Résistance française, Spontz décide de déserter la Wehrmacht pour éviter les représailles et pourra revoir Bernadette par la suite. Lors du débat télévisé, Spontz affirme qu'il n'a jamais assisté à la réunion des officiers de la SS au château de Mombreuse (et encore moins organisé la réception pour le maréchal von Apfelstrudel) car, à ce moment-là, il faisait une cure pour son foie à Luchon et que, de toute façon, il n'avait pas à assister à cette fête en tant qu'officier de la Wehrmacht.
  • Ludwig von Apfelstrudel[3] (Jacques Villeret) : demi-frère d'Adolf Hitler, il a été séquestré comme le Masque de fer par ce dernier, mais a réussi à le convaincre de le garder. Amputé des deux jambes à la suite de la Première Guerre mondiale, il écrit alors Mein Kampf pour Hitler. Nommé Reichsminister (en) par ce dernier, mission lui a été confiée de vérifier que les généraux allemands font bien leur travail en France. Alors qu'il inspecte Paris, il est informé que le général Spontz est incapable de réagir face à « Super-Résistant ». Il décide alors d'intervenir ; lors de la rencontre, il est capturé par Super-Résistant et emmené. Mais, tandis qu'il s'échappe de la voiture dans laquelle il était emmené avec Adolfo Ramirez, il est fauché sur la route par un camion.
  • Adolfo Ramirez (Gérard Jugnot) : Français pro-nazi et collaborationniste, Adolfo Ramirez garde une rancune pour la famille Bourdelle, qui date de l'époque où il était le concierge de l'académie de musique de Paris, c'est-à-dire l'Opéra. Ayant rejoint la Gestapo française pendant la guerre, il décide de profiter de son pouvoir pour se venger des humiliations des Bourdelle. Son enquête est néanmoins gênée par le général Spontz, qui n'aime guère les traîtres à leur pays ; celui-ci l'humiliant régulièrement. La narration du film dans le film explique que Adolfo Ramirez est mort renversé par un camion avec le maréchal von Apfelstrudel. Lors du débat télévisé qui suit l'histoire, son fils, Adolfo Ramirez Jr., venu de Bolivie, révèle que son père a survécu au conflit et assure qu'il lui aurait fait des révélations gênantes sur les Bourdelle (le mariage de Spontz et Bernadette consommé bien avant les noces, la collaboration d'Héléna avec les Allemands, la mort bien étrange d'Henrique le nain...). Ramirez Junior essaie aussi de défendre la mémoire de son père en le faisant passer pour un agent double ; ce qui ne convainc pas grand monde et fait enrager l'assistance quand il commence à ironiser sur la « véritable histoire » des protagonistes.
  • Kluglicht (Jean-Paul Muel) : Kluglicht (traduction littérale : « lumière de l'intelligence », l'antithèse parfaite du personnage) est un militaire allemand, aide de camp du général Spontz. Il essaie par tous les moyens de compromettre les Bourdelle auprès du général, en vain. C'est lui qui donnera également l'idée à Spontz de donner une grande réception au château de Mombreuse en l'honneur du maréchal von Apfelstrudel.

Résistants[modifier | modifier le code]

  • Colonel Vincent (Julien Guiomar) : le colonel Vincent est chef d'un réseau de Résistance. Alors qu'il doit retourner à Londres au plus vite, car il se sent débusqué, il rencontre Super-Résistant chez un autre résistant, Félix, propriétaire d'un hôtel particulier où se donne une soirée costumée. Alors que le colonel Vincent, Super-Résistant et son complice s'enfuient dans la voiture des Bourdelle, ils sont victimes d'un accident et abandonnent Super-Résistant. Il rencontrera alors Michel Taupin et lui fournira une bombe à activer durant la réception pour Apfelstrudel.
  • Frémontel, alias Félix (Jacques François) : Frémontel est chef d'un réseau de Résistance. Il rencontre Michel Taupin alors qu'ils sont tous deux emprisonnés dans un hangar, en attente d'être fusillés. Après leur libération par Super-Résistant, Taupin cherche à tout prix à entrer dans le réseau de Félix.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Un aspect intéressant de la distribution est que l'équipe du tournage voulait que tous les rôles (mêmes les plus secondaires) fussent joués par des acteurs connus. Le coût d'une telle distribution est ironiquement évoqué dans un slogan publicitaire trouvé au moment de la sortie en salle : « Le film qui a coûté plus cher que le Débarquement »[5].

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Production[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Le film est, à l'origine, une idée de Christian Clavier et Martin Lamotte. Alors qu'ils travaillaient sur un projet qui ne marchait guère, Lamotte a soudain parlé de la Résistance à Clavier. Ce projet a été d'abord une pièce de théâtre. Ayant vu cette pièce, le producteur Christian Fechner a immédiatement proposé d'en faire un film.

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Le producteur Christian Fechner s'engage à accorder au film un budget de trente millions de francs, à condition d'avoir une grande star en haut de l'affiche. Le nom de Louis de Funès est rapidement avancé. L'acteur, qui apprécie beaucoup l'équipe du Splendid et a vu la pièce de théâtre, donne son accord pour interpréter un rôle réduit afin de ne pas fatiguer son cœur. Plusieurs idées de personnages sont mises sur la table, notamment le rôle de Papy, ou encore celui d'un poilu vivant dans le jardin de la famille Bourdelle. On lui attribue finalement le rôle du demi-frère d'Adolf Hitler, finalement interprété par Jacques Villeret[6].

Louis de Funès meurt le . Le film lui est dédié. À ce sujet, Jean-Marie Poiré déclare : S'il n'avait pas accepté de le faire, on n'aurait pas commencé à l'écrire. Plusieurs acteurs ayant côtoyé de Funès participent au film : Jacques Villeret et Jean Carmet (son compère dans La Soupe aux choux en 1981), Jacques François et Michel Galabru (dans la série du Gendarme), Jacqueline Maillan (dans Pouic-Pouic en 1963), Julien Guiomar (dans L'Aile ou la Cuisse en 1976). De plus, Christian Fechner avait produit les derniers films de l'acteur, en dehors des deux Gendarme. Jean-Marie Poiré était également assistant réalisateur sur Oscar (1967).

Christian Fechner suggère alors de s'inscrire dans le sillage du film Le Jour le plus long ou d'un Paris brûle-t-il ?, en engageant un acteur célèbre pour chaque rôle. L'entreprise s'avère difficile et plusieurs grands noms refusent des seconds rôles, bien trop habitués à tenir la tête d'affiche. Bernard Blier, Robert Hirsch et Jerry Lewis refusent chacun le rôle de Papy[7]. Pour celui du général Spontz, le premier choix se porte sur Michel Serrault. Pour le rôle d’Héléna Bourdelle, Christian Fechner souhaite engager Annie Girardot tandis que Jean-Marie Poiré a en tête Delphine Seyrig. Le rôle est finalement obtenu par Jacqueline Maillan, les deux hommes allant jusqu'à envisager Jerry Lewis.

Le film rassemble ainsi des acteurs connus du grand écran (ceux précités, auxquels l’on ajoute Roger Carel) et des acteurs de la nouvelle génération (Dominique Lavanant, Gérard Jugnot, Jacques Villeret, Christian Clavier, Michel Blanc, Josiane Balasko, Roland Giraud…).

C'est l'un des deux seuls films de l'équipe du Splendid dont Marie-Anne Chazel est absente en raison de sa grossesse, l'autre étant Les Secrets professionnels du docteur Apfelglück.

Dans le film, Michel Galabru joue le père de Jean Carmet alors qu'en réalité, Galabru a deux ans de moins que celui-ci.

Inspiration des personnages[modifier | modifier le code]

Le double personnage de Guy-Hubert / Super-Résistant s'inspire directement[réf. nécessaire] de celui de Superman. En effet, Guy-Hubert est quelqu'un de plutôt peureux et naïf (comme Clark Kent) tandis que Super-Résistant est un héros courageux et viril (même maladroit, par moments). Par ailleurs, à la fin du film, Guy-Hubert qualifie Super-Résistant de Superman d'opérette.

L'apparence de Super-Résistant s'inspire[réf. nécessaire] de celle de Fantômas[7], personnage de fiction français créé en 1910-1911 par Pierre Souvestre et Marcel Allain : smoking noir, chemise blanche, nœud papillon noir, chapeau haut-de-forme, masque noir sur les yeux. Comme Fantômas, Super-Résistant frappe par surprise, échappe toujours à la capture, défie et ridiculise les autorités censées contrôler Paris. La différence est que Fantômas est un criminel mégalomane (il se désigne lui-même comme « génie du crime ») qui agit par cupidité et non pour des motivations patriotiques.

Le nom du général Spontz évoque un personnage récurrent des Aventures de Tintin, le colonel Sponsz. Spons signifie éponge en néerlandais. Accessoirement, le nom rappelle l'expression « schpountz », argot péjoratif servant à désigner les Allemands à l'époque.

Le nom du maréchal joué par Jacques Villeret, Apfelstrudel, est celui d'une pâtisserie autrichienne, un gâteau aux pommes. Le nom du colonel Kluglicht fait référence au klug, une des spécialités du pays de M. Preskovitch, dans le film Le père Noël est une ordure. De plus, en allemand, « klug » signifie « intelligent » et « licht » signifie « lumière » (alors que le personnage accumule les bévues).

Un certain von Kluge, Generalfeldmarschall Günther Adolf Ferdinand von Kluge, est également cité par le personnage de Thierry Lhermitte, ainsi que le Generalfeldmarschall Karl Rudolf Gerd von Rundstedt.

Les alias « Capitaine Raymond » et « Colonel Vincent » font référence au résistant Pierre Georges, surnommé « Colonel Fabien ».

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage du film s'est révélé difficile pour Jacqueline Maillan. La comédienne a exigé de pouvoir terminer à 18 heures, puisqu'elle jouait Coup de soleil au théâtre tous les soirs. D'après Jean-Marie Poiré, son premier plan était « catastrophique ». Elle avait décidé de répéter à plusieurs reprises « Quand Mamina va, tout va ! », ce qui n'était pas au goût du réalisateur qui l'avait engagée pour son chic et non pour sa dimension comique. De plus, elle a été très déçue lorsqu'elle a appris qu'elle allait être doublée pour les scènes de chant, contrairement à Jacques Villeret. Les plans sur Madame Bourdelle qui sont intercalés pendant que von Apfelstrudel interprète Je n'ai pas changé reflètent l'état d'esprit de Jacqueline Maillan à ce moment[8].

Roland Giraud, qui incarne le général Spontz, ne parle pas allemand. Il a donc appris en phonétique toutes les répliques en langue allemande avec une répétitrice. Ce fut notamment le cas pour les citations allemandes que Spontz aime proclamer. Il fallait surtout que l'accent soit le plus proche du naturel et non pas de la caricature.

Au moment où Michel Taupin rentre à la résidence des Bourdelle en vélo, il se fait contrôler par les deux soldats allemands gardant l'entrée. En passant devant la caméra, Christian Clavier fait un petit pet avec sa bouche.

Contrairement à la fiction, le chat Romulus (qui s'appelle Gustav dans le film) n'était pas une forte tête. Au moment où il est censé griffer Spontz au visage, Roland Giraud a eu l'idée de le faire sursauter en utilisant un souffleur. Dans l'une des scènes du film (vers la 25e minute), Jacques de Frémontel, alias Félix (joué par Jacques François), est en train de lire un livre de Maxime Gorki, La Mère, qui a comme thème principal la déportation.

Le film contient une fausse fin, suivie par un débat télévisé des Dossiers de l'écran (présenté par Alain Jérôme, dans son propre rôle) où l'on retrouve la plupart des personnages une petite quarantaine d'années plus tard, avec quelques surprises. Il s'agit en fait d'une double référence : le générique des Dossiers de l'écran, un passage du Spirituals for String Choir and Orchestra (1941) de Morton Gould, est également connu pour avoir été utilisé par le cinéaste Jean-Pierre Melville dans L'Armée des ombres (1969), film emblématique consacré à la Résistance.

Les phrases codées utilisées au téléphone par les résistants Vincent et Félix sont des contrepèteries : « Le cuisinier secoue les nouilles » et « Les Nippons sont cause du soulèvement de la Chine ».

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

L'Opéra Garnier en mars 1941.

Le film a été tourné en France aux endroits suivants[9] :

Musique[modifier | modifier le code]

Lors de la poursuite de Super-Résistant sur les toits, après qu'il a nargué Spontz, la musique entendue est le début du finale (Stürmisch bewegt) de la Première Symphonie de Mahler. On entend à nouveau ce thème quand l'Anglais arrache la balle de son corps. Un extrait du premier mouvement de la Symphonie nº 3 de Mendelssohn se fait également entendre lors de la scène souterraine de Super-résistant, lorsqu’il se fait presque attraper par l’hystérique Ramirez.

On peut aussi entendre dans le film un extrait des Spirituals for String Choir and Orchestra de Morton Gould[11], ainsi que le titre Mademoiselle Swing de Raymond Legrand, ici interprété par Irène de Trébert.

L'entrée catastrophique de Ludwig von Apfelstrudel (Jacques Villeret) au château de Ferrières se fait sur le concerto pour cordes en sol majeur Alla Rustica d'Antonio Vivaldi[12]. Par ailleurs, la chanson Je n'ai pas changé, interprétée dans le film par Villeret/von Apfelstrudel, est un titre du chanteur Julio Iglesias sorti en 1979. Jacques Villeret débute la chanson avec un accent allemand puis, petit à petit, transforme celui-ci en une imitation de l'acteur et chanteur Yves Montand. L'adaptation de la chanson pour le film est de Claude Lemesle.

Pour Jean Musy, compositeur et arrangeur de chansons et de musiques de films qui a travaillé sur ce film, Papy fait de la résistance [n'est pas un grand film], c'est un film que je ne voulais pas faire, ça m'a juste aidé à payer mes retards d'impôts. Je n'aime pas ce film. (…) c'est un film drôle qui a fait rire beaucoup de gens, et qui m'a rapporté [suffisamment] d'argent pour me remettre un peu sur la route, mais sinon il ne m'intéresse pas[13].

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

L'historien Henry Rousso, spécialiste de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, considère Papy fait de la résistance comme un tournant dans la représentation de la Résistance au cinéma, notamment parce que le film parodie la vision de toutes les précédentes œuvres (comme L'Armée des ombres), qui traitaient du sujet de manière sérieuse[14].

Le film comporte un certain nombre de similitudes avec la comédie La Vie de château (1966) de Jean-Paul Rappeneau[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La rédaction, « Hier soir à la télé : Papy fait de la résistance : vous avez aimé ? On vous recommande... », allocine.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 29 décembre 2017)
  2. Sylvain Zimmermann, « Audiences TV : "Harry Potter" bat largement "Papy fait de la résistance" », rtl.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 29 décembre 2017)
  3. Apfelstrudel : « gâteau aux pommes ».
  4. JP, « Papy fait de la résistance (1983)- JPBox-Office », sur www.jpbox-office.com (consulté le 15 janvier 2017)
  5. « Papy Fait De La Résistance - Bande Annonce 1983 », sur YouTube (consulté le 7 septembre 2017)
  6. « Des Bronzés au Père Noël », sur https://www.youtube.com/watch?v=VXdcXpZ7JAQ, .
  7. a et b « Papy fait de la résistance, TF1 : 8 choses à savoir », sur Télé Star.fr, .
  8. Un jour, un destin - Jacqueline Maillan, la solitude du rire
  9. l2tc.com
  10. « Le château de Ferrières - Papy fait de la résistance », sur parisfaitsoncinema.com (consulté le 2 juin 2014).
  11. Jean-Marie Poiré, Michel Galabru, Roland Giraud et Gérard Jugnot, Papy fait de la résistance, (lire en ligne).
  12. Le même motif musical utilisé pour le générique de l'émission radiophonique À votre écoute, coûte que coûte.
  13. Benoît Basirico, « Interview B.O : Jean Musy fait de la résistance », sur cinezik.org, .
  14. Henry Rousso, « Papy, c'est fini », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, no 2,‎ , p. 98-100 (lire en ligne).
  15. « Critique : La Vie de château, de Jean-Paul Rappeneau », sur Critikat, (consulté le 18 octobre 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]