Mage

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Un mage (du persan magis) désigne à l'origine un disciple de Zarathoustra. Par extension, le terme est également utilisé comme synonyme de « magicien ».

Jacques Duchesne-Guillemin, spécialiste des religions d'Iran, distingue les sens suivants du mot « mages »[1] :

  1. Prêtres officiels perses. À l'époque achéménide, Darius Ier renverse, en 522 av. J.-C., le mage mède Gaumâta, qui vient de se proclamer roi de l'empire perse. Les mages exercent le monopole sacerdotal. Selon Xénophon, c'est Cyrus II le Grand qui, vers 550 av. J.-C., installa officiellement les mages de Perse. Les mages exposaient les morts aux oiseaux et aux chiens (alors que les Perses couvraient leurs morts de cire avant de les enterrer). Pour les Grecs, les mages perses étaient des spécialistes de magie (mot dont l'étymologie renvoie à "Mages") et d'astrologie.
  2. Disciples de Zarathoustra. À une certaine époque, les mages passent pour disciples de Zarathoustra. Comme ils étaient astrologues, le nom du prophète fut déformé en "Zoroastrès" (d'où le nom "Zoroastre"), et les gens peu instruits confondaient les mages de l'Iran et les astrologues de Chaldée. Zarathoustra n'est pas mage, mais il emploie le mot maga, qui désigne un état mystique procurant l'union avec les Amesha Spenta (Immortels Saints, sept entités entourant Ahoura Mazda : Esprit Saint, Justice Excellente, etc.).
  3. Occultistes. À l'époque hellénistique (depuis la conquête d'Alexandre le Grand, vers 330 av. J.-C.), on ne trouvait rien de mieux que de placer tout écrit de magie, d'alchimie, d'occultisme sous l'autorité de Zoroastre ou de quelque autre prétendu mage (comme Ostanès). Mais Héraclite ((500 av. J.-C.) associait déjà les "mages" avec les initiés, les bacchants.
  4. Dans le nouveau testament, "mages venus d'Orient" adorant Jésus nouveau-né, aujourd'hui plus souvent désignés sous le nom de rois mages. Selon l'Évangile de saint Matthieu, des mages vinrent de l'Orient se prosterner à Bethléem (Matthieu II, 1-12). Ils furent vite considérés comme des rois, par contamination avec le psaume 72, qui parle de rois d'Arabie apportant des présents. Quand, à partir du VIe s. au plus tard, on les différencia, l'un d'eux fut identifié à un roi de l'Iran sud-oriental et du bas Indus, Gundoffarr (d'où 'Gaspar').

Les Mages et Hérodote[modifier | modifier le code]

Livre I (Histoire-Hérodote) Chapitre 140. « Ces usages m’étant connus, je puis en parler d’une manière affirmative ; mais ceux qui se pratiquent relativement aux morts étant cachés, on n’en peut rien dire de certain. Ils prétendent qu’on n’enterre point le corps d’un Perse qu’il n’ait été auparavant déchiré par un oiseau ou par un chien. Quant aux mages, j’ai la certitude qu’ils observent cette coutume, car ils la pratiquent à la vue de tout le monde. Une autre chose que je puis assurer, c’est que les Perses enduisent de cire les corps morts, et qu’ensuite ils les mettent en terre. Les mages diffèrent beaucoup des autres hommes, et particulièrement des prêtres d’Égypte. Ceux-ci ont toujours les mains pures du sang des animaux, et ne tuent que ceux qu’ils immolent aux dieux. Les mages, au contraire, tuent de leurs propres mains toutes sortes d’animaux, à la réserve de l’homme et du chien ; ils se font même gloire de tuer également les fourmis, les serpents et autres animaux, tant reptiles que volatiles. Mais, quant à cet usage, laissons-le tel qu’il a été originairement établi, et reprenons le fil de notre narration. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Duchesne-Guillemin, dans Dictionnaire des religions, Paris, PUF, 1984, p. 988-989, 1069.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Benveniste, Les Mages dans l'ancien Iran, Paris, 1938.
  • J. Bidez et Fr. Cumont, Les mages hellénisés. Zoroastre, Ostanès et Hystaspe d'après la tradition grecque, Paris, Les Belles Lettres, 1938, 2 t. (t. II : textes en grec).
  • Pierre A. Riffard, Dictionnaire de l'ésotérisme, Paris, Payot, 1983, p. 195-197.
  • Geo Widengren, Les religions de l'Iran (1965), trad. de l'all, Paris, Payot, 1968.