Chevalière

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Chevalière armoriée traditionnelle en or.

La chevalière, encore appelée anneau sigillaire, est une bague à large chaton sur laquelle sont gravées des armoiries ou des initiales [1]. Les bagues destinées à servir de sceau (sigillum) présentent un motif gravé en creux qui a varié de l'Égypte antique jusqu'à nos jours, passant du cartouche hiéroglyphique aux représentations mythologiques, effigies de princes, symboles, armoiries ou inscriptions.

La chevalière est souvent une matrice, le dessin est soit moulé en relief, soit gravé en intaille, c'est-à-dire à l'envers, en négatif, afin de pouvoir servir comme sceau lorsqu'il est appliqué sur de la cire. Avant l'empreinte en cire, la table de la chevalière peut être passée au noir de fumée pour faire ressortir les détails de la gravure.

Elle peut être réalisée en or, en or blanc ou en argent, mais aussi en gravure sur pierre fine, semi-précieuse ou précieuse. Il existe actuellement plusieurs formes de chevalières : ovale, tonneau, ronde, carrée, etc.

Port de la chevalière[modifier | modifier le code]

Angleterre[modifier | modifier le code]

En Angleterre, la chevalière (signet ring) porte souvent la représentation du cimier (crest) au lieu de l'écu. La chevalière est généralement portée à l'auriculaire gauche.

France[modifier | modifier le code]

En France, toute personne peut porter une chevalière. Il est de tradition que les descendants en ligne agnatique d'une famille noble portent une chevalière armoriée, mais les armoiries n'étant pas signe de noblesse, ce port n'est pas réservé aux nobles. Ainsi toute personne, qu'elle descende ou non d'une famille noble, peut porter une chevalière armoriée. En principe également seuls les descendants en ligne agnatique d'une famille noble peuvent porter des armoiries timbrées mais cette règle n'est pas respectée.

La tradition veut que les hommes portent la chevalière à l'auriculaire droit, exception faite du « chef de nom et d'armes » – c'est-à-dire l'aîné – de la famille, qui la porte à l'annulaire gauche, avec l'alliance. Quant aux femmes, la chevalière est généralement portée à l'auriculaire droit.[réf. nécessaire]

D'après les codes traditionnels, les armes sur les chevalières des membres de familles nobles sont représentées différemment. Pour les hommes nobles, mariés ou non, elles sont dans un écu. Pour les femmes non mariées, les armes sont dans un losange. Pour les femmes sans noblesse mariées à un homme noble, les armes sont celles du mari, dans un ovale. Pour les femmes nobles, mariées à un noble, les deux armes sont dans deux ovales côte à côte.[réf. nécessaire]

Cependant, ce code n'est pas respecté à la lettre dans la société moderne française et il est courant de voir la chevalière à l'annulaire gauche de nombreux hommes.

La chevalière peut se porter de deux manières mais sans aucune obligation de lier sa situation personnelle à la manière de la porter :

  • en baise-main, c'est-à-dire le motif orienté vers l'ongle, synonyme que la personne est libre ;
  • ou en bagarre, c'est-à-dire le motif orienté vers le porteur, synonyme que le cœur de la personne est pris.

Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, la tradition veut qu’il n’y ait pas de différence entre les femmes et les hommes pour le port de la chevalière.

Hommes et femmes porteurs du nom de famille portent la chevalière à l’auriculaire gauche.

L'annulaire y est destiné exclusivement au port de l'alliance.

La chevalière peut se porter de deux manières :

  • en baise-main, c'est-à-dire le motif orienté vers l'ongle, synonyme que la personne est libre ;
  • ou en bagarre, c'est-à-dire le motif orienté vers le porteur, synonyme que le cœur de la personne est pris.

Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, la chevalière est habituellement portée à l'annulaire gauche. Elle se porte aussi à l'auriculaire droit dans des cas beaucoup plus rares.

Chevalière et noblesse[modifier | modifier le code]

Traditionnellement réservée aux descendants en ligne agnatique d'une famille noble ou à des personnes non nobles portant des armes depuis longtemps, l'érosion des règles sociales a mené de nombreuses personnes à porter une chevalière armoriée. L'association entre port de la chevalière et lignage est ancienne ; l'anneau d'or était déjà le signe distinctif de l'ordre équestre dans la Rome antique. Ce lien persiste aujourd'hui dans l'imaginaire, entre le port de la chevalière et l'appartenance à un certain milieu, authentique ou prétendue. Au Moyen Âge déjà l'anneau se portait à l'annulaire gauche en signe de distinction pour rappeler l'engagement du chevalier. Ce n'est qu'au XIXe siècle que les cachets armoriés portés à la ceinture sont remplacés par la chevalière.

Les armoiries des familles nobles y sont représentées et sont « timbrées », c'est-à-dire surmontées :

  • soit d'une couronne si la famille possède un titre de noblesse ;
  • soit d'un heaume, symbole de la chevalerie, pour celles qui ne possèdent pas de titre de noblesse mais dont les origines sont nobles.
  • soit d'un manteau pour les princes, pairs et souverain.
  • soit de simples lambrequins pour une décoration non-noble.

Symbolique[modifier | modifier le code]

La chevalière est empreinte de toute une symbolique sociale et culturelle. En effet, cette dernière peut marquer l'appartenance, réelle ou voulue, à la noblesse ou a l'identification personnelle et réfléchie au sein de l'Héraldique. Mais porter une chevalière peut être simplement esthétique,ou révéler une passion pour l'histoire, une époque, ou une volonté de se réclamer d'un attachement à certaines valeurs et traditions familiales.

Souvent stigmatisé par certains milieux antiroyalistes et anticléricaux, le port d'une chevalière n'est pas forcément rattaché à la prétention d'une ascendance noble, et encore moins à l'image et aux idées prêtées à cette classe. Les possesseurs d'armoiries portent d'ailleurs souvent les armes de leurs familles par fierté et tradition, sans y attacher de quelconques idées politiques.

Illustrations[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. « Chevalière », sur CNRTL, (consulté le 2 avril 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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