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Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages

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Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages
Description de cette image, également commentée ci-après
Logo de l'affiche originale de 1968
Réalisation Michel Audiard
Scénario Michel Audiard
Henri Viard
Jean-Marie Poiré
Musique Georges van Parys
Stéphane Varègues
Acteurs principaux Françoise Rosay
Bernard Blier
Marlène Jobert
André Pousse
Dominique Zardi
Robert Dalban
Sociétés de production Gaumont
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Comédie, film de gangsters
Durée 79 minutes
Sortie 1968

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages est un film français réalisé par Michel Audiard et sorti en 1968. Il s'agit du premier long métrage réalisé par Michel Audiard, couronné à sa sortie par un gros succès en salle avec un total de 2 006 177 entrées[1]. Comédie burlesque aux dialogues pittoresques, fleuris, approchant l'esprit pop d'un Richard Lester et abordée d'une manière inventive et avant-gardiste[2], le film met en scène une partie des acteurs favoris d'Audiard, parmi lesquels on retrouve notamment Bernard Blier, Marlène Jobert, Françoise Rosay, Paul Frankeur, Robert Dalban ou encore Jean Carmet.

Rita est une mignonne jeune femme sans scrupules, particulièrement intéressée par l'argent. Tout en étant la maîtresse de plusieurs gangsters fortunés, elle découvre le fruit d'un holdup subtilisé à Jacky l'auteur du casse, par le nouveau venu dit « Fred l'Élégant » également devenu fiancé de Rita, soit un milliard en lingots d'or, une somme astronomique, même pour des malfrats au sommet de leur réussite professionnelle.

Hébergée par son amant Charles dit « Charles Le Téméraire » bien plus amoureux de son tas d'or que de sa jeune maîtresse, elle ne tarde pas à être molestée car le malfaiteur d'un certain âge ne la supporte plus. Après le hold-up du siècle, Rita réclame sa part mais se voit opposer un refus autant catégorique que cuisant. Elle se décide dès lors à faire appel à sa célèbre tante Léontine, en retraite sur la Côte-d'Azur, depuis l'arrestation d'Al Capone dans la fin des années 1930. Très réputée et crainte dans le « milieu » en raison de sa faculté à régler ses comptes par des méthodes expéditives, sa nièce parvient à la convaincre d'intervenir. Rita lui fait croire que Charles l'appelle « la gâteuse » et lui manque régulièrement de respect en rapportant ses paroles à son sujet : « la vieille perd ses boulons ! ». Apprenant l'arrivée très prochaine de la tante Léontine pour régler ses comptes, le brutal Charles Le Téméraire rassemble ses troupes pour traiter définitivement le sort de la vieille dame. Malheureusement pour lui, ses partenaires se dégonflent les uns après les autres et il se retrouve très vite seul pour affronter la mamie ultra armée retranchée dans son fief. La résidence secondaire de Léontine en région parisienne est une coquette villa ultra moderne, décorée d'art contemporain et surtout équipée de différents dispositifs de protection. La rencontre décisive s'avère redoutable et on s'attend à voir du sang sur les murs...

Fiche technique

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Distribution

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Autour du film

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Michel Audiard n'avait envie de réaliser qu'un seul film, ce seul film Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages, qu'il revendiqua et lui permit d'explorer ses propres idées personnelles de mise en scène tout en s'amusant. À la suite de son succès inattendu, selon un « enchainement des fatalités » (dixit Audiard), le réalisateur fut incité à faire les huit autres (dont un documentaire), dont deux ou trois seulement trouvèrent grâce à ses yeux[3].

Ce sont de vrais hippies que l'on voit dans le film, Françoise Rosay a précisé qu'après le tournage il a fallu désinfecter leur loge[4].

Le journaliste franco-suisse Christian Defaye souligne lors d'une interview en avril 1976 en compagnie du réalisateur que les critiques intellectuels qui ne portaient pourtant pas une estime particulière à Michel Audiard avaient jugé Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages très intéressant[3]. Pour le magazine Télé-Loisirs, « Michel Audiard était meilleur scénariste que réalisateur. Mais cette comédie fantaisiste — la première qu'il a réalisée — se laisse voir sans ennui. Françoise Rosay réussit une composition pleine d'humour[5]. »

Postérité

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Le titre du film est d'abord une expression populaire « Il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages » qui peut signifier « il ne faut pas exagérer » et est comparable à « il ne faut pas pousser mémère dans les orties »[réf. nécessaire] ; elle est très courante depuis les années 30. Cette expression avait déjà inspiré le titre du roman à l'intrigue totalement différente : Les Enfants du bon Dieu d'Antoine Blondin paru en 1952 aux éditions de La Table Ronde à Paris, où elle figure en exergue.

Le titre du film est repris, en créole réunionnais (Elle y prend z'enfants bon dié po des canards sauvages), dans la chanson Nénette, ma nénette interprétée par le groupe Ousanousava[6].

Peu après la sortie du film, l'expression est utilisée par le général de Gaulle dans une conférence de presse, après les événements de Mai 68, ce qui a fait une publicité inattendue au film.

Notes et références

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  1. « Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages (1968) - JP Box-Office », sur www.jpbox-office.com (consulté le )
  2. Jean-Marie Poiré, Bonus du Blu-ray du film (Zone B, Gaumont 2020)
  3. a et b Radio Télévision Suisse, Gros plan sur Michel Audiard, RTS Spécial Cinéma du 4 avril 1976.
  4. Télé 7 Jours, no 479, semaine du au , p. 78-79, portrait et interview de Françoise Rosay par Danièle Sommer : « Elle n'a même pas été étonnée de tourner son avant-dernier film : Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages avec d'authentiques hippies. Quand ils sont partis, dit-elle, il a fallu désinfecter leur loges ! »
  5. Télé Loisirs, no 81, du 19 au , p. 63.
  6. « Ousa Nousava - Nénette, ma Nénette », sur chansonsdelareunion.com (consulté le ).

Bibliographie

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  • Thibaut Bruttin (édition, présentation et annotations), Michel Audiard réalisateur : Scénarios écrits avec Jean-Marie Poiré, t. 3, institut Lumière / Actes Sud, , 784 p. (ISBN 9782330171209), scénario et histoire de la production.

Liens externes

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