Ivan Jablonka

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jablonka.
Ivan Jablonka
Description de cette image, également commentée ci-après

Ivan Jablonka aux Rendez-vous de l'Histoire de Blois (octobre 2012)

Naissance (43 ans)
Paris
Nationalité Drapeau : France Française
Profession
Autres activités
codirecteur de la collection La République des idées au Seuil, rédacteur en chef de La Vie des idées
Distinctions
Lauréat du prix du Sénat du livre d'histoire (2012)
Lauréat du prix Guizot de l'Académie française (2012)
Lauréat du prix Augustin Thierry des Rendez-vous de l'histoire de Blois (2012)
Lauréat du prix littéraire du journal Le Monde 2016 pour "Laëtitia ou la fin des hommes"
Lauréat du prix Médicis 2016 pour "Laëtitia ou la fin des hommes"

Ivan Jablonka, né le [1] à Paris, est un écrivain et historien français. Il est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-XIII-Nord.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Paris d’un père ingénieur physicien et d’une mère professeur de lettres, il fait ses études secondaires au lycée Buffon. Après des études en khâgne au lycée Henri-IV, il intègre l'École normale supérieure (promotion B/L 1994) et est reçu à l’agrégation d’histoire[2]. Élève d’Alain Corbin et de Jean-Noël Luc à la Sorbonne, il soutient en 2004 sa thèse de doctorat sur les enfants de l’Assistance publique sous la Troisième République[3]. L’année suivante, il devient maître de conférences en histoire contemporaine à l’université du Maine, et en 2013 professeur à l'université Paris-XIII-Nord.

Édition[modifier | modifier le code]

Depuis 2009, il codirige avec Pierre Rosanvallon la collection La République des idées (éditions du Seuil)[4], où il a édité des ouvrages de sociologues et d'économistes comme Éric Maurin, Camille Peugny, François Dubet, Esther Duflo ou Thomas Piketty.

Il est un des fondateurs et rédacteurs en chef de La Vie des idées, revue en ligne née en 2007[5],[6],[7].

En 2013, il fonde la collection "La Vie des Idées" aux Presses universitaires de France[8].

Histoire des enfants et des jeunes[modifier | modifier le code]

Il a publié une biographie de Jean Genet, où il étudie le parcours social, politique et littéraire de l'écrivain, depuis l'Assistance publique jusqu'à son compagnonnage pro-palestinien.

Ni père ni mère (2006) est une histoire des enfants abandonnés. Il montre que les enfants grandissent dans les humiliations et la violence, mais que certains s’intègrent et font souche dans la région où ils ont été placés. Ce travail s'appuie notamment sur 400 dossiers de pupilles de la Seine, de la Somme et du Loir-et-Cher[9].

Dans son ouvrage Enfants en exil : transfert de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982) publié en 2007, il présente le déplacement de 1 630 enfants vers la métropole. Plus de soixante départements, principalement dans le Massif central et le Sud-Ouest français, ont reçu ces pupilles de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) de la Réunion. L’objectif de cette migration forcée, orchestrée par Michel Debré, était de lutter contre la surpopulation sur l’île et de repeupler les déserts ruraux de la France métropolitaine. Pour l’auteur, ce transfert d'enfants n'est pas un dérapage, mais « une institution républicaine, séquelle du colonialisme dans la France de la Ve République »[10].

Une biographie familiale[modifier | modifier le code]

Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus (2012) raconte la vie et la mort de Matès et Idesa Jablonka, les grands-parents paternels de l’auteur, depuis la Pologne jusqu’à Auschwitz en passant par l’engagement dans le Parti communiste polonais, l’exil en France et le régime de Vichy. Ce récit-essai, basé sur une vingtaine de fonds d’archives et de nombreux témoignages, tente de faire revivre les disparus entre histoire, mémoire et travail de deuil. Publié aux éditions du Seuil dans la collection de Maurice Olender « La librairie du XXIe siècle »[11], il a été salué par Jean-Louis Jeannelle comme un « très grand livre »[12].

Sciences sociales et littérature[modifier | modifier le code]

Dans L'histoire est une littérature contemporaine (2014), à la fois fondement théorique de Histoire des grands-parents et "manifeste pour les sciences sociales", il montre qu'on peut concilier sciences sociales et création littéraire. D'un côté, le chercheur peut assumer la littérarité de son texte en choisissant d'"écrire pleinement"[13]. De l'autre, l'écrivain peut comprendre une réalité passée ou présente (p. ex. un crime), comme font Truman Capote, Annie Ernaux, Emmanuel Carrère[14] et les écrivains-survivants du XXe siècle (Primo Levi, Varlam Chalamov). Ce livre prolonge la réflexion de Michel de Certeau ou Paul Veyne sur l'écriture de l'histoire, mais pour Jablonka toute histoire n'est pas un "roman vrai" et toute littérature n'est pas roman. Les sciences sociales sont plutôt du côté des "écrits du réel" (témoignage, grand reportage, autobiographie...), sous la forme du "texte-recherche". Des outils comme la "fiction de méthode" et le "je de méthode"[15] permettent de concilier rigueur, réflexivité et écriture au sein d'une enquête.

Prolongeant cette réflexion sur les nouvelles écritures du savoir[16], Jablonka a publié une enquête sociologique sur les métiers de l'esthétique, le Corps des autres (2015), dans la collection de Pierre Rosanvallon, "Raconter la vie".

En 2005, il a publié sous le pseudonyme d’Yvan Améry un roman, Âme sœur[17]. Bien qu’appartenant au genre de la fiction, ce livre partage des thèmes communs avec ses recherches d’historien, comme la défaillance parentale, la solitude des jeunes ou encore l’exil.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Pour Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus, il a reçu le prix du Sénat du Livre d'histoire 2012[18], le prix Guizot 2012 de l'Académie française[19], le prix Augustin Thierry des Rendez-vous de l'histoire de Blois 2012[20]. En 2016 il reçoit le Prix littéraire du journal Le Monde[21] pour son roman Laëtitia ou la fin des hommes, ainsi que le Prix Médicis du roman français[22].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les vérités inavouables de Jean Genet, Éditions du Seuil, 2004.
  • Ni père ni mère : histoire des enfants de l’Assistance publique (1874-1939), Éditions du Seuil, 2006.
  • Enfants en exil : transfert de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982), Éditions du Seuil, 2007.
  • Jeunesse oblige : histoire des jeunes en France (XIXe – XXIe siècle), PUF, 2009.
  • Les enfants de la République: l'intégration des jeunes de 1789 à nos jours, Éditions du Seuil, 2010.
  • Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus, Éditions du Seuil, La librairie du XXIe siècle, Paris, 2012.
  • Nouvelles perspectives sur la Shoah (avec Annette Wieviorka), PUF, 2013.
  • L’enfant-Shoah, PUF: Paris, 2014
  • Le monde au XXIIème siècle. Utopies pour après-demain, PUF: Paris, 2014 (avec Alexis Jenni et Nicolas Delalande)
  • L’histoire est une littérature contemporaine. Manifeste pour les sciences sociales, Éditions du Seuil, La librairie du XXIe siècle, Paris, 2014.
  • Le corps des autres, Éditions du Seuil, Raconter la vie, 2015.
  • Laëtitia ou la fin des hommes, Éditions du Seuil, La Librairie du XXIe siècle, 2016. - Prix littéraire du Monde 2016[21] et prix Médicis (roman) 2016[23].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Jablonka, Ivan (1973-....) » sur le site du catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (BNF)
  2. Séverine Nikel, « Ivan Jablonka, fils d’orphelin », in L’Histoire, no 373, mars 2012, p. 18-19
  3. rh19.revues.org/pdf/2402.
  4. http://www.repid.com/Equipe.html.
  5. Biographie d'Ivan Jablonka sur laviedesidees.fr
  6. (fr) « La vie des idées.fr - Wellnews », Wellnews,‎ (lire en ligne)
  7. Pierre Rosanvallon, un évangéliste du marché omniprésent dans les médias, Denis Souchon, acrimed.org, 6 octobre 2015
  8. « laviedesidées.fr : Livres et Manuels - Format Physique et Numérique | PUF », sur www.puf.com (consulté le 4 décembre 2016)
  9. Jean-Claude Farcy, « JABLONKA (Ivan). – Ni père ni mère. Histoire des enfants de l’Assistance publique (1874-1939) », Histoire de l’éducation, no 113,‎ , p. 140–144 (ISSN 0221-6280, lire en ligne)
  10. « L'enfance victime de l'injustice - LeMonde.fr », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  11. Ivan Jablonka, historien : “J'ai tenté de les libérer mes grands-parents de leur propre mort”, telerama.fr, 29 mars 2015
  12. Jean-Louis Jeannelle, « Enfant du silence », Le Monde des livres, 10 février 2012.
  13. Julie Clarini, « Paul Veyne et Ivan Jablonka : « L’histoire peut s’écrire pleinement » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  14. « Ivan Jablonka et Emmanuel Carrère écrivent l'Histoire en littéraires. », Culturebox,‎ (lire en ligne)
  15. « Vers le “je” de méthode avec un historien, Ivan Jablonka | art, langage, apprentissage », sur arlap.hypotheses.org (consulté le 7 juillet 2015)
  16. Martine Fournier, « L'histoire est une littérature contemporaine » (consulté le 7 juillet 2015)
  17. (fr) « yvan-amery > La Volte », sur La Volte (consulté le 4 décembre 2016)
  18. http://www.histoire.presse.fr/web/articles/ivan-jablonka-recoit-le-prix-du-senat-08-06-2012-46434
  19. http://www.prix-litteraires.net/prix/498,prix-guizot.html.
  20. http://www.rdv-histoire.com/IMG/pdf/communique_presse_pat_2012.pdf
  21. a et b Marine Durand, « Ivan Jablonka reçoit le Prix littéraire du "Monde" 2016 », sur Livres Hebdo,‎ (consulté le 7 septembre 2016).
  22. Eric Loret, « Ivan Jablonka récompensé par le prix Médicis », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  23. « Le Prix Médicis 2016 attribué à Ivan Jablonka pour "Laëtitia ou la fin des hommes" », sur Le Huffington Post (consulté le 2 novembre 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]