Chinois (nation)

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Chinois
Description de cette image, également commentée ci-après
Quelques personnalités chinoises.

Populations significatives par région
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 1 420 062 022 (2019)[1]
Autres
Régions d’origine Chine
Langues Langues en Chine
Religions Religion en Chine

Les Chinois [ ʃinwa] sont les citoyens de la Chine, indépendamment de leur appartenance ethnique.

Au début du XXIe siècle, la population chinoise est la plus élevée du monde, sachant que l'ethnie Han représente environ 92 % des Chinois. Le reste de la population chinoise est de 55 différentes ethnies minoritaires. Ce terme peut également désigner un citoyen de Taïwan, qui sont plus couramment appelés Taïwanais.

Définition[modifier | modifier le code]

Le terme Chinois désigne les habitants de la Chine depuis au minimum 1605[2].

Quand il est question de tous les citoyens de la Chine, utiliser les dénominations « peuple chinois » et « population chinoise » est ambigu car le mot « Chinois » est l'équivalent de « Han »[3], qui est l'ethnie majoritaire en Chine au début du XXIe siècle[4]. De plus, un grand nombre de dictionnaires chinois pré- et post-communistes indiquent que « Chine » signifie la « nationalité han »[3].

En effet, l'abus de langage fait que le terme "chinois" renvoie en général à l'ethnie Han. La compréhension occidentale par le mot "chinois" suggère la confusion entre la "citoyenneté d'un habitant en Chine" (qui peut être d'une ethnie minoritaire, donc non-Han) et "l'appartenance ethnique et culturelle à l'ethnie majoritaire en Chine qui est Han".

De fait, les Han composant 98% de la population de Taïwan[5], le terme « chinois » peut également désigner un citoyen de Taïwan dont les habitants sont aussi appelés Taïwanais.

Anthropogéographie[modifier | modifier le code]

Les Chinois sont limitrophes : au nord, par les Mongols ; au nord-est, par les Russes et les Nord-Coréens ; au sud, par les Vietnamiens, les Laotiens, les Birmans, les Indiens, les Bhoutanais et les Népalais ; à l’ouest, par les Pakistannais, les Afghans et les Tadjiks ; au nord-ouest, par les Kirghizes et les Kazakhs.

Ethnographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Avant le XIXe siècle, la plupart des écrivains, Asiatiques et Européens, voient Fo-Hi comme le fondateur de l'Empire Chinois ; les annales de la Chine le font régner quelques trois mille ans av. J.-C.. Ces annales disent que Fo-Hi civilisa les Chinois qui, en conséquence de ce fait, l'élurent pour leur roi[6]. Au XVIIIe siècle, l'opinion la plus commune est que la Chine commença à se peupler un siècle ou deux après le déluge, lorsque la confusion des langues dispersa dans l'Asie différentes colonies de Babyloniens. Il est dit qu'une de ces colonies jeta les premiers fondements de l'Empire Chinois et se soumit volontairement à Fo-Hi, que ses vertus élevèrent à la royauté[6].

Le sentiment le plus général des anciens savants est que les Sères — connus pour leurs manufactures de soie — étaient le même peuple que les Chinois, ou étaient tout du moins une portion considérable des habitants de la Chine. Pline l'Ancien assure que le pays des Sères était traversé par la rivière de Lanos, appelée ensuite Léna[6].

Les premiers habitants de la Chine s'établirent d'abord dans la province de Chen-si ; ensuite ils se répandirent dans les zones voisines, c'est-à-dire dans les provinces de Ho-nan de Pe-tche-li et de Chan-tong. Ces quatre provinces réunies formaient un État ; la réputation des premiers princes qui le gouvernèrent attira dans son territoire une grande multitude d'étrangers[6]. Les Chinois, dont le nombre augmentait constamment et qui, peut-être, n'avaient pas la liberté de s'étendre davantage, furent obligés de recourir à un expédient : Ils desséchèrent une quantité de terres basses submergées par les eaux et, resserrant par des levées les bornes de la mer et le lit des rivières, ils augmentèrent par là l'étendue de leurs campagnes. C'est ainsi que les provinces de Kiang-nan et de Tche-kiang sortirent des eaux[6]. Sous l'Empereur Yu, fut découvert plusieurs terres du côté du sud ; comme ces régions étaient assez désertes, ce prince et ses successeurs y envoyèrent divers colonies commandées par des princes à qui l'on abandonna ce pays, moyennant un tribut[n 1]. Sur la fin de la deuxième dynastie, des colonies chinoises s'étendirent vers l'est et allèrent peupler plusieurs îles[n 2],[6].

Sous la cinquième dynastie, non seulement les Chinois s'étendirent du côté du nord aux dépens des Tartares, sur lesquels ils remportèrent plusieurs victoires, mais ils poussèrent leurs conquêtes jusqu'aux royaumes voisins de l'Inde ; c'est-à-dire jusqu'au Tonquin, au Pégu, à la Cochinchine, etc[n 3],[6]. Environ 600 ans apr. J.-C., le chef de la douzième dynastie ajouta à l'Empire plusieurs provinces septentrionales situées au-delà du fleuve Yang-tsé-kiang. Ces contrées formaient un royaume particulier qui était soumis aux Tartares. Enfin, la révolution arrivée en 1644, en soumettant la Chine aux Tartares, ne fit qu'accroître la puissance et l'étendue de cet Empire ; car elle ajouta à ses anciennes possessions une partie considérable de la grande Tartarie[6].

Caractère[modifier | modifier le code]

Avant que le commerce eût attiré les Européens vers l'extrémité orientale de l'Asie, les Chinois se croyaient si supérieurs aux autres hommes, qu'ils traitaient de « barbares » toutes les nations du monde. Ils supposaient la terre carrée avec la Chine placée au centre, qui en occupait la principale portion ; ils reléguaient les autres peuples dans les angles de ce prétendu carré. Quand les vaisseaux portugais abordèrent pour la première fois à Canton et que les Chinois consentirent à traiter avec les Européens, ils commencèrent à revenir sur leurs anciens préjugés. Ils apprirent avec surprise qu'au-delà des mers, il y avait d'autres hommes instruits de toutes sortes de sciences et même de plusieurs arts, inconnus à la Chine[6].

D'après M. de Marsy, il n'y a pas de nation plus vaine, plus fière avec l'étranger, plus entêtée de son pays et de sa prétendue supériorité vers 1755. Ils ne trouvent rien de bien à part ce qui se fait chez eux et rien de vrai excepté ce que leurs docteurs ont enseigné. Ils pourraient tirer de grandes lumières des artistes européens, dit-il, mais ils négligent d'en profiter ne voulant rien faire à la manière Européenne ; d'autre part ils ont encore de grands préjugés à cette époque. Les Chinois d'alors se piquent d'être plus polis et plus sociables que les autres hommes ; M. de Marsy peut dire qu'à cet égard, la bonne opinion qu'ils ont d'eux-mêmes est mieux fondée. II n'est point de nation dont les mœurs soient si douces ; les querelles sont rares parmi eux et les voies de fait leur sont presque inconnues[6].

Ce peuple, élevé dès l'enfance dans la plus parfaite soumission envers ses parents, est naturellement porté à la même obéissance envers ses maîtres. II chérit ses mandarins, il adore ses rois, mais il veut à son tour en être aimé ; s'il ne trouve point en eux le même amour, il murmure, il sent le joug et cherche bientôt à le secouer. On dirait qu'il change de nature : il devient inquiet, séditieux et insolent[6]. Le Chinois, quoique doux et flegmatique par tempérament, est vindicatif et même cruel quand on l'offense, cependant il est rare qu'il ait recours aux moyens violents. Il patiente et dissimule avec l'agresseur, on dirait qu'il est insensible, mais si l'occasion se présente de vaincre son ennemi, il la saisit avec chaleur et tôt ou tard il trouve le moyen de se venger[6].

Le Chinois du XVIIIe siècle est sobre, modeste, circonspect, laborieux, actif, adroit dans les arts et habile dans le commerce. L'intérêt est la passion dominante de ce peuple qui n'est rien moins que brave : une poignée de Tartares l'a subjugué deux fois[6]. La pudeur et la retenue sont des vertus presque générales parmi les Chinois de cette époque, elles sont communes aussi bien aux hommes qu'aux femmes. Leur maintien est si composé, qu'un étranger qui ne jugera d'eux que par les dehors, croira que la vertu est la seule régie de leurs actions[6].

Modes[modifier | modifier le code]

Avant le XXe siècle, les modes ne varient point en Chine comme dans certains pays d'Europe. Pendant quatre mille ans la forme de l'habillement a été la même ; et si, à partir du XVIIe siècle, les empereurs tartares ont introduit quelques différences, ça n'a été que par un effort vigoureux[6].

Lorsque les Tartares ordonnèrent aux Chinois de couper leurs cheveux, plusieurs d'entre eux préféraient perdre la vie plutôt que de renoncer à cet ornement ; mais il fallut obéir. À la suite de la révolution de 1644, les Chinois se rasent la tête, excepté dans la partie centrale, où ils laissent croître une touffe de cheveux qu'ils tressent et qu'ils cordonnent. En plus de cela, ils ont un bonnet rond à la pointe duquel est un gros flocon de crin ou de soie rouge qui flotte jusque sur les bords ; ce bonnet ne recouvre que la superficie de la tête et ne vas pas jusqu'aux oreilles[6].

Il est rare que les jeunes hommes laisse croître leur barbe au XVIIIe siècle, la plupart l'arrachent avec des pinces ; mais après trente ans, ils commencent à la cultiver et ils la regardent comme un ornement de l'age viril. Les docteurs et les lettrés affectent de laisser croître leurs ongles, surtout au petit doigt ; ils prétendent montrer par-là qu'ils ne sont pas artisans et que la nécessité ne les assujettit point à une profession mercenaire[6]. À la même époque, les dames ont l'usage de mâcher continuellement du bétel, une espèce de racine très saine pour les gencives, mais qui noircit les dents. Aussi, la petitesse du pied est l'agrément le plus ambitionné des femmes d'alors : dès qu'une fille vient au monde, on s'empresse de lui garrotter les pieds pour empêcher qu'ils ne grandissent[6].

Dans la Chine du XVIIIe siècle, une femme est considérée comme jolie lorsqu'elle est d'une taille au-dessous de la moyenne, qu'elle a les yeux petits, des oreilles larges, les cheveux noirs, un teint frais et fleuri, des lèvres vermeilles, le nez court et la bouche petite. D'un autre côté, les femmes trouvent un homme à leur gré lorsqu'il a le front grand, le visage large, le nez écrasé, les narines fort ouvertes, de grosses jambes et des épaules rondes[6].

Costume féminin[modifier | modifier le code]

Les femmes du XVIIIe siècle mettent du rouge et du blanc ; elles ont pour habillement une robe qui descend sur les talons et dont les manches sont fort amples ; un collet de satin blanc leur couvre le col. Sous ce premier habit, elles mettent une autre robe dont les manches sont étroites, mais qui descend aussi jusqu'à terre. Elles portent des caleçons de soie qui tombent sur le milieu de la jambe ; le reste est couvert d'un bas qui est court et de même étoffe. La pointe de leurs mules est fort relevée, le talon est bas et carré[6].

Leur coiffure ordinaire consiste à partager leurs cheveux en plusieurs boucles où elles entrelacent des fleurs d'or et d'argent. Quelquefois elles y ajoutent une figure d'oiseau, dont les ailes déployées tombent sur les tempes. Sa queue retroussée forme une espèce d'aigrette sur le milieu de la tête, le corps de l'oiseau est à la naissance du front, le reste déborde. Il y a tel ornement de tête où l'on voit plusieurs de ces oiseaux joints ensemble en forme de couronne : c'est la coiffure des femmes dites « de qualité ». Les jeunes personnes portent communément une couronne de carton, garnie d'une bande de soie et quelquefois enrichie de perles et de pierres précieuses. Les femmes âgées ont pour toute coiffure une large bande de soie, dont elles font plusieurs tours[6].

Costume masculin[modifier | modifier le code]

L'habillement des hommes diffère assez peu de celui des femmes au XVIIIe siècle. Leur veste (ou robe) de dessous est très longue ; par-dessus ils ont un habit un peu plus court à larges manches et sans collet. Ils se ceignent d'une large ceinture de soie, dont les bouts pendent sur les genoux et à laquelle ils attachent leur bourse et leur couteau. Ils portent des caleçons amples, des bas courts faits en forme de bottines et des pantoufles sans talon[6].

Toutes les couleurs ne sont pas permises à tout le monde, il n'appartient qu'à l'Empereur et aux princes de sa famille de porter des habits et des ceintures jaunes. Le satin à fond rouge est affecté aux Mandarins, les autres couleurs sont libres ; le noir, le bleu et le violet sont les plus usitées[6].

Diaspora[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Diaspora chinoise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. De là se formèrent plusieurs petits royaumes tributaires qui, dans la suite, ayant été réunis à l'Empire, augmentèrent beaucoup son étendue.
  2. Quelques écrivains prétendent, sans aucun fondement, qu'une de ces colonies fonda l'Empire du Japon.
  3. Quelques-uns de ces royaumes sont encore tributaires ou dépendants de la Chine au XVIIIe siècle.

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.worldometers.info/world-population/china-population/
  2. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Chinois » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  3. a et b Anne-Marie Blondeau, Katia Buffetrille, Le Tibet est-il chinois ?, Paris, Albin Michel, 2002 (ISBN 2226134263), p. 40
  4. Lou Qingxi, Les jardins chinois, China intercontinental press, 2003 (ISBN 7508503686), p. 29
  5. Taiwan Population (2017) – World Population Review, worldpopulationreview.com
  6. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v et w François-Marie de Marsy, Histoire moderne des Chinois, des Japonnois, des Indiens, etc., nouvelle édition, tome 1, Paris, Desaint et Saillant, 1755

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]