Henri Ellenberger

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Henri F. Ellenberger

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Biographie
Naissance 6 novembre 1905
Décès 1er mai 1993 (à 87 ans)
Montréal
Nationalité Canada Drapeau : Canada
Thématique
Formation Médecine (psychiatrie)
Titres Professeur

Henri F. Ellenberger, né en 1905 et mort à Montréal en 1993, est un psychiatre canadien d'origine suisse. Frère du géologue François Ellenberger et du paléontologue Paul Ellenberger. Fils de l'archéologue Victor Ellenberger et de Evangéline Christol

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille lettrée de missionnaires protestants (SMEP) installés en Afrique du Sud (son grand-père David Ellenberger est l'auteur d'une histoire des Bassoutos, tandis que son père Victor a écrit La Fin tragique des Bushmen)[1], Henri Fréréric Ellenberger est né à Nalolo en Rhodésie[2].

C'est néanmoins à Strasbourg qu'il passe son baccalauréat en 1924 et qu'il poursuit ses études de médecine. Durant ces années universitaires, il suit les cours de Fernand Baldensperger, Maurice Halbwachs et du professeur Charles Blondel, psychologue farouchement hostile à Freud[3].

Attiré par l'Histoire, il lit Marc Bloch, initiateur de l'École des Annales.

En novembre 1930, il se marie en l'église orthodoxe de Saint-Serge à Paris avec Esther Von Bachst qui est originaire de Russie.

Il vient terminer ses études à Paris en 1932 à l’internat des Asiles de la Seine, puis il devient résident à Saint Anne, dans le service de Joseph Capgras.

Il découvre la Psychiatrie dynamique sous l'égide de Pierre Janet.

Il rencontre Henri Baruk qui lui donne l'idée du sujet de sa thèse - Essai Sur Le Syndrome Psychologique de la Catatonie - qu'il soutiendra avec succès en 1933 devant Maxime Laignel-Lavastine.

Désormais docteur en psychiatrie, il s'installe à Poitiers où il fréquente assidument le Docteur Paul Foucault et le tout jeune Michel Foucault !

Fidèle à la tradition familiale, il profite de son séjour dans le Poitou pour recueillir des données ethnographiques[4] qu'il partage avec Arnold van Gennep.

L'invasion de la France en mai 1940 met fin à cette période. Son jeune frère François Ellenberger - qui deviendra un éminent géologue - est fait prisonnier[5]. Son beau-frère, le prêtre orthodoxe Valentin de Bachst, aumônier de la Cimade, s'engage dans la Résistance[6].

Peu de temps après, l'occupant nazi, en établissant la Liste Otto, interdit la vente d'un livre que le père d'Henri venait de traduire (Chaka, roman de Thomas Mofolo)[7].

Lui-même, naturalisé depuis peu, craint d'être dénaturalisé par le gouvernement de Vichy[8].

En 1941, il émigre donc en Suisse. Il enseigne quelque temps à Zurich où il fréquente Carl Gustav Jung, Ludwig Binswanger, et entreprend une analyse didactique avec le pasteur Oskar Pfister[9] de mars 1949 à février 1952[10]. Il songe à devenir membre de la Société suisse de psychanalyse (SSP) qui avait justement été fondée par Oskar Pfister ainsi que par Hermann Rorschach, l'inventeur du fameux test projectif. Il recueille des informations en vue d'écrire une biographie sur Hermann Rorschach qu'il publiera en anglais en 1954. Il est alors médecin-chef de l'asile cantonal d'aliénés de Breitenau, près de Schaffhausen. Il collabore néanmoins à la revue française L'Évolution psychiatrique dirigé, à l'époque, par Henri Ey qui lui commandera trois articles pour son grand Traité de psychiatrie clinique et thérapeutique[11].

En 1952, il reçoit une bourse qui lui permet d'effectuer un voyage d'étude aux États-Unis où il rencontre des psychanalystes ayant fréquenté Freud (Jacob Moreno, F. Fromm-Reichman, F. Alexander) et des psychiatres américains (John Rosen et Karl Menninger). La rencontre avec Karl Menninger, lui donne l'opportunité d'aller travailler, en 1953 en pleine période du Maccarthysme, à la Menninger School of Psychiatry, à Topeka, Kansas aux États-Unis[12].

Dans la revue de la clinique, Henri Ellenberger publie plusieurs articles, relatifs à l'histoire de la découverte de l'inconscient, qui préfigurent son œuvre majeure[13]. Fin 1958, il fait une demande de naturalisation[14].

Comme son épouse était née en Russie, et compte tenu du contexte de la Guerre froide, elle ne peut obtenir de visa longue durée[15]. En 1959, il s'installe donc définitivement à Montréal au Québec.

Jusqu'en 1962, il travaille à l'Allan Memorial Institute dirigée par le docteur Ewen Cameron, le psychiatre anglo-saxon le plus renommé de l'époque dont on apprit en 1977 qu'il était engagé dans un programme de lavage de cerveau secrètement financé par la CIA (MK-Ultra)[16]. Durant trois ans, il collabore à la Transcultural Psychiatric Research Review[17].

Puis, il occupera un poste de Professeur à l'Université de Montréal dans le département de Criminologie, où il côtoie Denis Szabo et Marie-Andrée Bertrand, jusqu'à sa retraite en 1977[18]. En 1963, il met en garde la communauté médicale contre les illusions de la classification psychiatrique, notamment celle employant l'outil statistique[19]

Aboutissement de vingt années de recherche[12], il acquiert une reconnaissance internationale[20] après la publication en 1970 de The Discovery of the unconscious, The History and Evolution of Dynamic Psychiatry, livre dans lequel il replace et retrace la découverte de l'inconscient dans son contexte historique et dans une perspective plus large que celle exclusivement centrée sur Freud.

À la découverte de l'inconscient[modifier | modifier le code]

À la découverte de l'inconscient À la découverte de l'inconscient

Dans l'esprit de l'École des Annales, Henri F. Ellenberger aborde la découverte de l'inconscient comme une « histoire-problème[21]», et non plus comme une « histoire-récit » chronologique, évènementielle et hagiographique: « C'est ce qui nous a entraîné à effectuer de longues recherches historiques, nous efforçant de fonder celles-ci sur une méthodologie rigoureuse que résument les quatre points suivants : 1. Ne jamais considérer aucune donnée comme certaine a priori. 2. Vérifier tout. 3. Replacer chaque donnée dans son contexte. 4. Faire une distinction tranchée entre les faits et l'interprétation des faits[22]» Il replace donc la lente élaboration des concepts de la psychiatrie dynamique dans la durée et dans la « totalité des faits sociaux[23]», évoquant toujours le cadre politique, culturel et social de l'époque de leur émergence. Ainsi deux chapitres sont tout particulièrement consacrés au contexte du siècle des Lumières puis du Romantisme, et à l’émergence des nouvelles doctrines scientifiques, sociales et philosophiques, notamment celles de Charles Darwin et de Karl Marx : « Ces deux doctrines, le Darwinisme et le Marxisme, exercèrent une influence prépondérante[24]». Quant à Nietzsche, Ellenberger le qualifie de « prophète d'une ère nouvelle[25]» dont la pensée influença les travaux d'Alfred Adler, de Carl Gustav Jung et de Sigmund Freud.

Pour commencer, Ellenberger cherche les ancêtres lointains de la psychothérapie du côté des chamans, des exorcistes et des guérisseurs  ; car, en effet, « l'utilisation thérapeutique des forces psychiques inconscientes remonte à la nuit des temps[22]». D'ailleurs, « certaines doctrines médicales ou philosophiques du passé révèlent une perspicacité étonnante, une profonde intuition de certaines données psychologiques[26]». Ainsi en est-il du Magnétisme animal de Mesmer dont la théorie, bien qu'elle fut rejetée, donna une « impulsion décisive qui devait permettre la création de la psychothérapie dynamique ».

En raison de son importance dans la genèse de la psychiatrie dynamique, une grande place est donnée tout au long de l'ouvrage à l'hypnose, notamment avec l'école de Nancy et celle de la Salpêtrière que Freud a brièvement fréquenté[27]. En 1882, Charcot « réhabilitant officiellement l'hypnose qui acquit un statut scientifique[28]», suscite un engouement : Pierre Janet devient son élève à la Salpêtrière. « L'hypnotisme fournit un premier modèle de l'esprit humain, celui d'un double moi : un moi conscient, mais limité, le seul dont l'individu ait conscience, et un moi subconscient, bien plus vaste, ignoré par le conscient, mais doué de pouvoirs de perception et de création mystérieuse[29]».

C'est ainsi que le « mot dynamique en vint à être utilisé assez communément en psychiatrie[25]». Néanmoins, Ellenberger souligne que ce mot possède « des acceptions diverses entraînant souvent une certaine confusion[25]». Plusieurs grands axes se dégagent : le premier, s'opposant à organique, affirme l'aspect fonctionnel des processus ; tandis que le second, s'opposant à statique, met l'accent sur le côté évolutif. Une troisième conception, s'engage vers une théorie énergétique des processus.

Le chapitre consacré à Freud est probablement le plus long. Appliquant la méthodologie qu'il avait défini au départ, Ellenberger n'hésite pas à s'attaquer et à dissiper quelque peu la « légende freudienne[30]». C'est d'ailleurs souvent ce seul aspect que les diverses critiques de la psychanalyse retiennent de ce livre, en faisant de son auteur l'un des initiateurs de ce mouvement.[travail inédit ?] Si effectivement, comme l'exprime Ellenberger à propos de la psychanalyse, « le problème de son statut scientifique n'est pas encore éclairci », il n'en demeure pas moins que « Sigmund Freud marque un tournant décisif dans l'histoire de la psychiatrie dynamique[31]». En effet, « Freud a inventé une nouvelle voie d'approche de l'inconscient[32]». Ellenberger reste néanmoins dubitatif quant à la « puissante influence[33] » que Freud aurait exercée « non seulement sur la psychologie et la psychiatrie, mais sur tous les domaine de la culture[33]», influence « profonde au point de transformer notre façon de vivre et nos conceptions de l'homme[33].» Ce qu'il souligne à plusieurs reprise, c'est « un évènement extraordinaire qui n'a pas attiré toute l'attention qu'il mérite » : Freud a rompu « avec le principe d'une science unifiée : la psychanalyse devenait son école, avec son organisation, sa doctrine[22] ». Cette « rupture avec l'idée d'une science unifiée [...] signifie un retour à l'ancien modèle des sectes philosophiques gréco-romaines[22]

En ce qui concerne Alfred Adler et C. G. Jung, Ellenberger explique que « contrairement à une opinion courante, ni Adler ni Jung, ne sont des dissidents de la psychanalyse [34]» puisque « l'un et l'autre avaient leurs propres idées avant de rencontrer Freud[34] » et qu'ils « construisirent des systèmes entièrement différents de la psychanalyse[34]»

Si « Jung accueillit avec enthousiasme la nouvelle méthode d'exploration de l'inconscient préconisée par Freud[35] », il « n'accepta jamais les idées de Freud sur le rôle de la sexualité dans les névroses[35]»

Autant Ellenberger n'oublie pas la polémique à propos de l'antisémitisme de Carl G. Jung. Il mentionne des textes de ce dernier à tonalité antisémite sans les citer (p. 559) et tente même de les expliquer par des malentendus. Il mentionne la collaboration de Jung avec les nazis et en particulier avec l'Institut Göring.

Bien qu'il se soit élevé contre ce qu'il considérait comme une adulation et une idéalisation de Freud, il n'en a pas moins toujours défendu l'idée d'une psychiatrie dynamique à l'opposé de la psychologie expérimentale[36].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Henri F. Ellenberger, The discovery of the unconscious : the history and evolution of dynamic psychiatry, Basic Books,‎ 1970, 932 p.
    • Henri F. Ellenberger (trad. J. Feisthauer), à la découverte de l'inconscient : histoire de la psychiatrie dynamique, SIMEP,‎ 1974, 760 p. (ISBN 2-853-34097-X) Document utilisé pour la rédaction de l’article
    • Henri F. Ellenberger (préf. Elisabeth Roudinesco), Histoire de l'inconscient, Fayard,‎ 2001, 975 p. (ISBN 2-213-61090-8)
  • Henri F. Ellenberger, Essai sur le syndrome psychologique de la catatonie, L'Harmattan,‎ 2004 (1re éd. 1933), 130 p. (ISBN 2-747-56031-7, lire en ligne)
  • Henri F. Ellenberger, Le monde fantastique dans le folklore de la Vienne, t. I, Librairie celtique,‎ 1949 (JSTOR 40991695, lire en ligne)
  • (en) Henri F. Ellenberger, Hermann Rorschach, M.D., 1884-1922 : A Biographical Study, Menninger Foundation,‎ 1954
  • Henri F. Ellenberger, Effets d'une maladie physique grave et prolongée d'un enfant sur sa famille, Archives Suisses de neurologie, neurochirurgie et de psychiatrie,‎ 1967 (OCLC 26331074)
  • Henri F. Ellenberger, Criminologie du passé et du présent, Presses de l'Université de Montréal,‎ 1969, 50 p. (OCLC 729543117)
  • Henri F. Ellenberger, Pierre Janet philosophe, Université de Montréal,‎ 1973, 254 p.
  • (en) Henri F. Ellenberger (préf. Mark S. Micale), Beyond the Unconscious : Essays of Henri F. Ellenberger in the History of Psychiatry, Princeton University Press,‎ 1993, 416 p. (ISBN 0-691-08550-1)
  • Avec Robert Duguay, Précis pratique de psychiatrie, St-Hyacinthe Paris, Edisem Maloine,‎ 1984 (ISBN 2-224-01029-X)
  • Textes réunis par Elisabeth Roudinesco : Médecines de l'âme, essais d'histoire de la folie et des guérisons psychiques, Fayard, 1995, (ISBN 2213595003)

Articles[modifier | modifier le code]

  • Henri F. Ellenberger, « Aspects culturels de la maladie mentale », Revue de l'Association canadienne de psychiatrie, vol. 4, no 1,‎ 1959, p. 26-37
  • Henri F. Ellenberger, « Les illusions de la classification psychiatrique », L’Évolution psychiatrique, vol. 28 & 79, no 2 & 1,‎ 1963 & 2014, p. 221-242 & 23-37 (ISSN 0014 6 3855)
  • Henri F. Ellenberger, « Ethno-psychiatrie », Encyclopédie médico-chirurgicale,‎ 1965
  • Henri F. Ellenberger, « L'histoire d'"Anna O. : étude critique avec documents nouveaux (1972) », L’Évolution psychiatrique, vol. 72, no 4,‎ 2007, p. 731-746

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Charles Heim, « Mokhali Cave Revisited », The Digging Stick, vol. 28, no 3,‎ décembre 2011, p. 6 (ISSN 1013-7521, lire en ligne)
  2. (Yanacopoulo 2009)
  3. Charles Blondel, La Psychanalyse : La doctrine de Freud.-La psychanalyse en action, Alcan,‎ 1924, 251 p. - Henri Wallon, « Un psychologue humaniste : Charles Blondel. », Enfance, vol. 21, no 1-2,‎ 1968, p. 103-109 (lire en ligne)
  4. « De 1934 à 1940, Ellenberger pratiqua comme jeune psychiatre en Poitou où il observe combien les pathologies mentales rencontrées dans la province française diffèrent de celles de Paris. Il fut frappé par la persistance des croyances en la sorcellerie ou au mauvais sort. Il signale à quel point les malades, méfiant de la médecine officielle, consultaient secrètement les guérisseurs; il est étonné de constater que les gens par ailleurs sains d’esprit puissent croire qu’un humain puisse être transformé en loup par l’intervention d’une sorcière ou d’un magicien ou pouvaient attribuer leur maladie à des êtres étranges comme la galipote, la bigorne, le cheval-malet, ou les fadets. » - « Henri Ellenberger (1905-1993) » – Robert Duguay, « Henri Ellenberger (1905-1993) », [Santé mentale au Québec], vol. 18, no 2,‎ 1993, p. 5-6 (lire en ligne)
  5. Oflag XVII-A
  6. (Ellenberger 2001, Présentation par Élisabeth Roudinesco)
  7. En mai 1940, les éditions Gallimard publie Chaka, roman de Thomas Mofolo traduit du sesotho par Victor Ellenberger, le père d’Henri. La publication de ce roman est annoncée ainsi : « Un aventurier famélique, avide, sans scrupules, arrive, par son habileté et avec le concours de puissances occultes, à conquérir le pouvoir suprême. Identifiant son ambition avec la destinée de sa nation, il la réorganise sous une discipline de fer, institue le service militaire obligatoire, tourne toutes les activités du pays en vue de la guerre, puis, grâce à une tactique audacieuse, subjugue les peuples voisins, arrive de proche en proche à jeter des millions d’hommes dans un carnage indescriptible, cependant qu’ivre de sang il massacre même ses amis et ses bienfaiteurs, pour finir lui-même assassiné par ses proches, laissant sa nation épuisée et bientôt asservie par l’étranger. Pour éviter toute confusion, précisons que ces évènements se passaient il y a un peu plus d’un siècle chez les païens sauvages de l’Afrique Australe, et que ce tyran sanguinaire se nommait Chaka, roi des Zoulous. » Malgré cette dernière précision, le livre est aussitôt interdit à la vente par l’occupant nazi ! – The Ellenbergers ( D.Frédéric, Victor, Paul): interpreting sesotho
  8. « Sur le plan de sa formation médicale, H. Ellenberger vient terminer ses études à Paris en intégrant l’internat des asiles de la Seine (1932). Henri Claude (1869-1946) détient alors la chaire des maladies mentales et de l’encéphale (CMME), mais c’est sous l’influence d’Henri Baruk (1897-1999) que H. Ellenberger présente une thèse sur la psychologie de la catatonie. Ensuite, il s’installe quelque temps à Poitiers en tant que médecin des maladies nerveuses. En 1941, il doit fuir l’État vichyste qui met en danger la nationalité française qu’il a récemment acquise. » Emmanuel Delille, « Un voyage d’observation des psychothérapies aux États-Unis : Henri ELLENBERGER entre psychiatrie transculturelle et héritage janetien (1952) », [Presses universitaires de Caen],‎ 2008 (lire en ligne)
  9. Emmanuel Delille, « Henri Ellenberger, Henri Ey et le Traité de psychiatrie de L’Encyclopédie médico-chirurgicale : Une carrière américaine sous le patronage de l’Évolution psychiatrique », Gesnerus, vol. 63,‎ 2006, p. 259-279 (lire en ligne)
  10. Attestation d'analyse d'Oskar Pfister: « Je soussigné certifie que Monsieur le Dr H. Ellenberger, médecin-chef de l'asile de Breitenau, Schaffhausen, Suisse, né le 6 septembre 1905, a suivi une analyse didactique avec moi du 2 mars 1949 au 6 février 1952. Comme il possédait déjà de très bonnes connaissances de la psychanalyse freudienne qui se concrétisaient par de nombreuses publications reconnues, l'analyse a spécialement porté sur sa personnalité et consisté en des exercices pratiques sur lui-même. Monsieur le Dr H. Ellenberger travaillait avec grande adresse et application, ce qui me permet de lui établir la meilleure attestation. - - Par ailleurs, ses qualités éthiques, laissent attendre de lui d'excellentes performances psychanalytiques, dès qu'il aura effectué l'analyse de contrôle. Je fonde de grands espoirs sur sa carrière en tant qu'analyste freudien. - - Cela certifié. Dr Théol. et Philo. Oskar Pfister, Pasteur » - Une copie de cette attestation datée du 23 août 1952 est présente dans le livre de Ellenberger, Médecine de l'âme, Paris, Fayard, 1995.
  11. Emmanuel Delille, « Un voyage d’observation des psychothérapies aux États-Unis : Henri ELLENBERGER entre psychiatrie transculturelle et héritage janetien (1952) », [Presses universitaires de Caen],‎ 2008 (lire en ligne)
  12. a et b Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de la Psychanalyse, Fayard,‎ 2006 (ISBN 221363047X)
  13. (en) Henri F. Ellenberger, « The Ancestry of Dynamic Psychotherapy », [The Bulletin of the Menninger Clinic], vol. XX, no 6,‎ 1956, p. 288-299 (lire en ligne) - (en) Henri F. Ellenberger, « The unconscious before Freud », [The Bulletin of the Menninger Clinic], vol. XXI,‎ janvier 1957, p. 3-15 (lire en ligne)
  14. (en) « Records to Naturalization Petitions, U.S. District Court, District of Kansas, Topeka Division. (Record Group 21) », sur http://www.archives.gov,‎ 1er décembre 1958 (consulté le 7 février 2013)
  15. à vérifier : le Maccarthisme s'est terminé en 1954 !
  16. (en) Anne Collins, In the Sleep Room : The Story of CIA Brainwashing Experiments in Canada, Toronto, Lester & Orpen Dennys,‎ 1988, 272 p. (ISBN 088619198X) - Le nom du Docteur D Ewen Cameron est cité une fois en note dans le livre d'Henri F. Ellenberger qui évoque laconiquement ses « principes assez différents. » (note 128 du chapitre 8 consacré à Adler) - Il faut remarquer que le départ d'Henri Ellenberger se situe la même année que la parution de l'article suivant : (en) Ewen Cameron et J.G. Lohrenz, « The Depatterning treatment of schizophrenia », Comprehensive Psytriatry, vol. 3, no 2,‎ avril 1962 (lire en ligne)
  17. (en) Raymond H. Prince, « Transcultural Psychiatry », the Canadian Journal of Psychiatry,‎ juin 2000, p. 433 (lire en ligne) - Le Transcultural Psychiatry Institute de l'Université McGill était dirigé par le Dr Eric Wittkower et avait été créé par Ewen Cameron en 1955. La Revue, à laquelle collaborait Margaret Mead, était aussi financée par la Society for Investigation of Human Ecology (SIHE)
  18. (en) Mark S. Micale et Roy Porter, Discovering the History of Psychiatry, Oxford University Press,‎ 1994, 466 p. (ISBN 0195077393), p. 112-134
  19. (Ellenberger 1963)
  20. Alain de Mijolla, Dictionnaire international de la psychanalyse, Hachette, coll. « Grand Pluriel »,‎ 2005, 2122 p. (ISBN 201279145X)
  21. Guy Massicotte, L'histoire problème: la méthode de Lucien Febvre, Edisem,‎ 1981, 121 p. (ISBN 2-891-30050-5)
  22. a, b, c et d (Ellenberger 1974, Préface pour l'édition française)
  23. .
  24. (Ellenberger 1974, Chap. 4, Les fondements de la psychiatrie dynamique)
  25. a, b et c (Ellenberger 1974, Chap.5, A l'aube d'une nouvelle psychiatrie dynamique)
  26. (Ellenberger 1974, chap. 1, Les ancêtres lointains de la psychothérapie dynamique, p. 114)
  27. « Sigmund Freud passa quatre mois à la Salpêtrière en 1885-1886. » (Ellenberger 1974, Chap. 3, La première psychiatrie dynamique) - « il rencontra Charcot pour la première fois le 20 octobre 1885, [...] il prit congé le 23 février 1886 » (Ellenberger 1974, Chap. 7, Sigmund Freud et la psychanalyse), p.363
  28. (Ellenberger 1974, Chap. 6, Pierre Janet et l'analyse psychologique, p. 281)
  29. (Ellenberger 1974, Chap. 3, La première psychiatrie dynamique, p. 145)
  30. « Un coup d'œil rapide sur la légende freudienne révèle deux traits essentiels. Le premier est le thème du héros solitaire, en butte à une armée d'ennemis, subissant, comme Hamlet, les “coups d'un destin outrageant”, mais finissant par en triompher. La légende exagère considérablement la portée et le rôle de l’antisémitisme, de l'hostilité des milieux universitaires et des prétendus préjugés victoriens. En second lieu, la légende freudienne passe à peu près complètement sous silence le milieu scientifique et culturel dans lequel s'est développée la psychanalyse, d'où le thème de l'originalité absolue de tout ce qu'elle a apporté : on attribue ainsi au héros le mérite des contributions de ses prédécesseurs, de ses associés, de ses disciples, de ses rivaux et de ses contemporains en général. » (Ellenberger 1974, Chap.7, Sigmund Freud et la psychanalyse, p. 464), p. 464
  31. (Ellenberger 1974, Chap.7, Sigmund Freud et la psychanalyse)
  32. (Ellenberger 1974, Chap.7, Sigmund Freud et la psychanalyse, p. 465), p.465
  33. a, b et c (Ellenberger 1974, Chap.7, Sigmund Freud et la psychanalyse, p. 463), p.463
  34. a, b et c (Ellenberger 1974, Chap.8, Alfred Adler et la psychologie individuelle, p. 471), p.471
  35. a et b (Ellenberger 1974, Chap.9, Carl Gustav Jung et la psychologie analytique, p. 602), p.602
  36. « Tous ces paradoxes se ramènent à un paradoxe plus profond et plus fondamental, celui du contraste entre les démarches de la psychiatrie dynamique et celle de la psychologie expérimentale. La science moderne repose sur l'expérimentation, la quantification et la mesure, non seulement en physique, mais aussi en psychologie. Dans cette perspective, la psychiatrie dynamique prête sans aucun doute à la critique. Qui a jamais mesuré la libido, la force du moi, le surmoi, l'anima, l'individuation ? L'existence même de ces entités n'a jamais été démontrée. mais pour les psychiatres qui ont passés tout leur temps à traiter des patients dans la situation psycho-thérapeutique, ces termes ne sont pas des conceptualisations abstraites; ce sont des réalités vivantes dont l'existence est plus tangible que les statistiques et les calculs des chercheurs expérimentaux. », (Ellenberger 1974, Chap.11, Conclusion, p. 731), pages 731-732

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Andrée Yanacopoulo, Henri F. Ellenberger : Une vie 1905-1993, éditions Liber,‎ 2009, 408 p. (ISBN 2-895-78194-X)
  • Delille E. (2006), «Henri Ellenberger, Henri Ey et le Traité de Psychiatrie de l’“Encyclopédie médico-chirurgicale” : une carrière américaine », Gesnerus, 63, p. 259-279.
  • Delille E. (2008), Un voyage d’observation des psychothérapies aux États-Unis : Henri Ellenberger entre psychiatrie transculturelle et héritage janétien (1952). Psychiatries dans l’histoire, J. Arveiller (dir.), Caen, PUC, 2008, p. 85-96.
  • Micale M.S. (1994), «Henri F. Ellenberger : The History of Psychiatry as the History of the Unconscious », in M.S. Micale et R. Porter (éd.), Discovering the History of Psychiatry, New York – Oxford, Oxford University Press, p. 112-134.
  • Mousseau J. (1972), « Le professeur Henri Ellenberger… », Psychologie, 27, p. 34-43 (propos recueillis par J. Mousseau, reportage photographique A. Dorka).
  • Vidal F. (1994), « À la recherche d’Henri Ellenberger », Gesnerus, 51, 3-4, p. 288-293.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]