Karl Abraham

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Karl Abraham

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Karl Abraham (c.1920)

Biographie
Naissance
Brême
Décès (à 48 ans)
Berlin
Nationalité Allemande
Thématique
Formation Médecine
Psychiatre
Psychanalyse

Karl Abraham, né le à Brême et mort le (à 48 ans) à Berlin, est un médecin, psychiatre et psychanalyste allemand. Il est l'un des pionniers de la psychanalyse et fonde en 1920 l'Institut de psychanalyse de Berlin.

Parcours de formation et professionnel[modifier | modifier le code]

Karl Abraham naît à Brême, dans une famille allemande juive orthodoxe, il fait ses études de médecine à Würzburg, Berlin et Fribourg-en-Brisgau, puis se forme comme psychiatre, à Berlin, puis à Zurich, au Burghölzli, auprès de Eugen Bleuler. Il s'y initiera à la psychanalyse, entre autres avec Carl Gustav Jung qui est médecin-chef de la clinique.

En 1907, il s'installe comme psychanalyste à Berlin. Durant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé comme psychiatre, et il est un des fondateurs, avec Sándor Ferenczi et Ernst Simmel, de la psychanalyse des névroses de guerre chez les soldats[1].

Il fonde l'Institut psychanalytique de Berlin en 1920, aidé par Simmel et Max Eitingon.

Karl Abraham et le mouvement psychanalytique international[modifier | modifier le code]

Le comité secret : Rank, Freud, Abraham, Eitingon, Ferenczi, Jones, Sachs (1922)

Il succède à Carl Gustav Jung à la présidence de l'Association psychanalytique internationale, en 1918, puis en 1925. Il est dès l'origine l'un des membres du « Comité secret », ce conseil restreint des plus proches collaborateurs de Freud, entre 1912 et 1936, par lequel les premiers psychanalystes tentaient de structurer le mouvement psychanalytique naissant[2].

L'analyste[modifier | modifier le code]

Abraham devient «le mentor» de Melanie Klein, lorsque celle-ci s'installe à Berlin en janvier 1921, en tant que psychanalyste, et rejoint la Société psychanalytique, alors en pleine expansion[3]. Elle réalise un analyse didactique avec lui, en 1924, interrompue par la maladie puis la mort d'Abraham. Melanie Klein part alors pour Londres. Il a notamment eu une très profonde influence sur les développements théoriques de Mélanie Klein, en commençant par exemple à dégager la notion d'"objet partiel", que cette dernière devait formaliser pleinement par la suite.

Karl Abraham a également été l'analyste de Felix Boehm, Hélène Deutsch, des britanniques Edward et James Glover, et Alix Strachey, que Melanie Klein retrouve à la Société britannique de psychanalyse, Karen Horney, Sándor Radó, Theodor Reik, notamment.

Repères théoriques[modifier | modifier le code]

Karl Abraham s'est intéressé aux stades de développement de la sexualité infantile, décomposant le stade oral en deux sous-stades le stade oral précoce ou préambivalent, où le plaisir est lié à la succion, et le stade oral-cannibalique ou sadique oral, au cours duquel le plaisir est lié à la morsure. Il a désigné comme frontière entre névrose et psychose le passage du stade anal visant la défécation au stade anal visant la rétention.

À partir de son expérience professionnelle à Zurich, Abraham rédige ses deux premiers articles psychanalytiques dans lesquels il accorde une place centrale au traumatisme sexuel. Dans cette année 1907, où le mouvement psychanalytique prend un essor, Abraham s’attaque à l’étude du traumatisme par rapport à la sexualité infantile dans l’hystérie et la démence. Avec le maître viennois, dans leurs correspondances, il partage ses premières formulations[4]. Il rentre en Allemagne. Hermann Oppenheim, une personnalité de Berlin, créateur de la notion de « névrose traumatique », qui est par ailleurs un de ses parents, l’accueille dans sa policlinique, lieu incontournable pour appréhender cette pathologie[5].

Il est l'auteur de 5 ouvrages et de nombreux articles et communications.

Plaque commérotative pour Abraham à la Berliner Rankestraße

Sa fille Hilda Abraham (1906–1971), elle-même psychiatre et psychothérapeute, fit beaucoup pour publier et faire connaître l'œuvre de son père[6]. Elle est l'auteur d'une biographie[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Tréhel. Karl Abraham (1877-1925) : travail en chirurgie militaire et intérêt pour les névroses traumatiques de guerre, Cliniques méditerranéennes, 2007, no 76, p. 235-254,Gilles Tréhel. Karl Abraham (1877-1925) : psychiatre de guerre à l’hôpital d’Allenstein. Perspectives Psy, 2010, n°2, p. 144-157
  2. Phyllis Grosskurth, Freud, l'anneau secret, Paris, Puf, coll. «Histoire de la psychanalyse», 1995.
  3. Phyllis Grosskurth, Melanie Klein, Paris, Puf, «Quadrige», 1990, p. 130.
  4. Gilles Tréhel. Karl Abraham (1877–1925) : premiers échanges avec Sigmund Freud (1856-1939) à propos de la sexualité. Cliniques méditerranéennes, no 78, 2008/2 , p. 281–299. Article en ligne.
  5. Gilles Tréhel. Karl Abraham (1877-1925) et Hermann Oppenheim (1857-1919) : rencontre autour des névroses traumatiques de paix. L’Information Psychiatriques, 2005, 81, n°9, p. 811–822
  6. Hilda C. Abraham, Obituary Notice, British Medical Journal, 13 Nov 1971.
  7. Karl Abraham : biographie inachevée, 1974.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Johannes Cremerius, « Abraham, Karl », p. 7-8, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).
  • (Chapitre) Hilda Abraham, « Karl Abraham: an unfinished biography », International Review of Psychoanalysis, 1974, vol. 1, p. 17-72). Karl Abraham : biographie inachevée, Paris, Puf, coll. «Le fil rouge», 1976. Avec une préface d'Anna Freud.
  • Bernard Lemaigre, Karl Abraham, Paris, Puf, coll. «Psychanalystes d'aujourd'hui» no 37, 2003, p. 127 (ISBN 213053273X).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres complètes[modifier | modifier le code]

Ouvrages et articles de Karl Abraham[modifier | modifier le code]

  • La petite Hilda, Paris, Puf, coll. «Le fil rouge», 1976 [publié avec Karl Abraham : biographie inachevée, de Hilda Abraham]. «Little Hilda: Daydreams and a symptom in a seven-year-old girl», International Review of Psychoanalysis, 1974, vol. 1, p. 5-14).
  • Sur les névroses de guerres (avec Sigmund Freud et Sandor Ferenczi), Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2010, ISBN 222890578X
  • Manie et mélancolie. Sur les troubles bipolaires, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2010, ISBN 2228905925
  • Perte, deuil et introjection, Paris, Payot & Rivages, 2010, coll. « Petite Bibliothèque Payot » [en annexe du texte de S. Freud, Deuil et mélancolie].
  • Giovanni Segantini. Essai psychanalytique (1911), in Manie et mélancolie. Sur les troubles bipolaires, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2010, (ISBN 2228905925).
  • Correspondance complète (1907–1926) avec Sigmund Freud, Paris, Gallimard, coll. «Connaissance de l'inconscient», 2006, ISBN 2070742512. [Traduction de Briefe 1907-1926, éd. Hilda C. Abraham & Ernst L. Freud].
  • Psychanalyse et culture, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 1969.
  • (Chapitre d'ouvrage collectif) Le complexe de castration : un fantasme originaire, Paris, Tchou Sand, coll. «Les grandes découvertes de la psychanalyse», 1997. (ISBN 2-7107-0590-7)

Textes en ligne[modifier | modifier le code]

Articles sur Karl Abraham[modifier | modifier le code]

  • (2010) Gilles Tréhel, «Karl Abraham (1877-1925): psychiatre de guerre à l’hôpital d’Allenstein», p. 144-157, Perspectives Psy, vol. 49, 2010/2, article en ligne.
  • (2008) Gilles Tréhel, Karl Abraham (1877–1925) : premiers échanges avec Sigmund Freud (1856-1939) à propos de la sexualité. Cliniques méditerranéennes, no 78, 2008/2 , p. 281–299, article en ligne
  • (2007) Gilles Tréhel, «Karl Abraham (1877-1925) : travail en chirurgie militaire et intérêt pour les névroses traumatiques de guerre», Cliniques méditerranéennes, no 76, 2007/2, p. 235-254, article en ligne.
  • (2005) Gilles Tréhel. Karl Abraham (1877-1925) et Hermann Oppenheim (1857-1919) : rencontre autour des névroses traumatiques de paix. L’Information Psychiatriques, 2005, 81, n°9, p. 811–822 article en ligne, sur le site de la revue.

Lien extérieur[modifier | modifier le code]