Karl Abraham

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Karl Abraham
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Karl Abraham, né le à Brême et mort le à Berlin, est un psychiatre et psychanalyste allemand. Il est l'un des pionniers de la psychanalyse et le fondateur de l'Institut de psychanalyse de Berlin (1920).

Parcours de formation et professionnel[modifier | modifier le code]

Poul BjerreEugen BleulerMaria MoltzerMaria GincburgLou Andreas-SaloméBeatrice M. HinkleEmma JungMaria von StachToni WolffMartha Sigg-BöddinghausFranz RiklinOtto RankLudwig BinswangerDebout première rangée, 3e depuis la gaucheIsidor SadgerOskar PfisterSándor FerencziCarl Gustav JungDebout première rangée, 5e depuis la droiteDebout première rangée, 4e depuis la droiteJames Jackson PutnamErnest JonesWilhelm StekelJan NelkenLudwig JekelsMax EitingonSigmund FreudKarl AbrahamDebout deuxième rangée, 4e depuis la droiteDebout deuxième rangée, 3e depuis la droiteDebout deuxième rangée, 2e depuis la droiteJohannes Jaroslaw MarcinowskiDebout troisième rangée, 1er depuis la gaucheDebout troisième rangée, 2e depuis la gaucheAlphonse MaederDebout troisième rangée, 4e depuis la gaucheDebout troisième rangée, 4e depuis la droiteDebout troisième rangée, 3e depuis la droiteDebout troisième rangée, 2e depuis la droiteDebout troisième rangée, 1er depuis la droiteAbraham A. BrillDebout quatrième rangée, 4e depuis la droitePaul FedernDebout quatrième rangée, 2e depuis la droiteDebout quatrième rangée, 1er depuis la droiteEduard HitschmannDebout cinquième rangée, 2e depuis la gaucheDebout cinquième rangée, 3e depuis la gauche
Image cliquable du congrès international de psychanalyse de septembre 1911. Karl Abraham apparaît au deuxième rang sur la droite.vdm

Karl Abraham naît à Brême, dans une famille allemande juive orthodoxe, il fait ses études de médecine à l'université de Wurtzbourg, l'université Humboldt de Berlin et à Fribourg-en-Brisgau, puis se forme comme psychiatre, à Berlin, puis à Zurich, à la clinique psychiatrique du Burghölzli, auprès d'Eugen Bleuler. Il s'y initie notamment à la psychanalyse, avec Carl Gustav Jung qui est médecin-chef de la clinique.

À partir de son expérience professionnelle à Zurich, Karl Abraham rédige ses deux premiers articles psychanalytiques dans lesquels il accorde une place centrale au traumatisme sexuel. Dans cette année 1907, où le mouvement psychanalytique prend un essor, Karl Abraham s’intéresse à l’étude du traumatisme par rapport à la sexualité infantile dans l’hystérie et la démence. Freud le guide dans ses premières formulations[1].

En 1907, il s'installe comme psychanalyste à Berlin. Hermann Oppenheim, une personnalité de Berlin, créateur de la notion de « névrose traumatique », qui est par ailleurs un de ses parents, l’accueille dans sa policlinique, lieu incontournable pour appréhender cette pathologie[2].

Durant la Première Guerre mondiale, il est employé à des fonctions de chirurgien. Ce travail auprès de personnes souffrant de traumatismes physiques enrichit sa compréhension des traumatismes psychiques[3]. Georg Groddeck, autre disciple de Freud, réalise des traitements psychanalytiques des affections organiques de guerre[4]. Par la suite, Abraham porte le projet d'un service psychiatrique qui devient véritablement un service psychanalytiques[5]. Il est un des fondateurs, avec Sándor Ferenczi et Ernst Simmel, de la psychanalyse des névroses de guerre chez les soldats.

Il fonde l'Institut psychanalytique de Berlin en 1920, avec Ernst Simmel et Max Eitingon.

Karl Abraham et le mouvement psychanalytique international[modifier | modifier le code]

Le comité secret : Rank, Freud, Abraham, Eitingon, Ferenczi, Jones, Sachs (1922)

Il succède à Carl Gustav Jung à la présidence de l'Association psychanalytique internationale, en 1918, puis en 1925. Il est dès l'origine l'un des membres du « Comité secret », ce conseil restreint des plus proches collaborateurs de Freud, entre 1912 et 1936, par lequel les premiers psychanalystes tentaient de structurer le mouvement psychanalytique naissant[6].

L'analyste[modifier | modifier le code]

Abraham devient «le mentor» de Melanie Klein, lorsque celle-ci s'installe comme psychanalyste à Berlin en janvier 1921, rejoignant la Société psychanalytique alors en pleine expansion[7]. Elle entreprend en 1924 une analyse didactique avec lui, qui est interrompue par la maladie d'Abraham et le départ de Melanie Klein pour Londres. Abraham a notamment eu une très profonde influence sur certains développements théoriques de Klein, notamment en ce qui concerne la conceptualisation de l'«objet partiel», que cette dernière devait formaliser pleinement par la suite.

Karl Abraham a également été l'analyste de Felix Boehm, Hélène Deutsch, des britanniques Edward Glover, James Glover et Alix Strachey, que Melanie Klein retrouve à Londres, au sein de la Société britannique de psychanalyse, et également Karen Horney, Sándor Radó et Theodor Reik.

Repères théoriques[modifier | modifier le code]

Plaque commérotative pour Abraham à la Berliner Rankestraße

Karl Abraham s'est intéressé aux stades de développement de la sexualité infantile, décomposant le stade oral en deux sous-stades, un stade oral précoce ou préambivalent, où le plaisir est lié à la succion, et un stade oral-cannibalique ou sadique oral, au cours duquel le plaisir est lié à la morsure.

Il est l'auteur de cinq ouvrages et de nombreux articles et communications.

Sa fille Hilda Abraham (1906–1971), elle-même psychiatre et psychothérapeute, fit beaucoup pour publier et faire connaître l'œuvre de son père[8],[9]. Elle est l'auteur d'une biographie[10].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres complètes[modifier | modifier le code]

Ouvrages et articles de Karl Abraham[modifier | modifier le code]

  • La Petite Hilda, Paris, Puf, coll. «Le fil rouge», 1976 [publié avec Karl Abraham : biographie inachevée, de Hilda Abraham]. «Little Hilda: Daydreams and a symptom in a seven-year-old girl», International Review of Psychoanalysis, 1974, vol. 1, p. 5-14).
  • Sur les névroses de guerres (avec Sigmund Freud et Sandor Ferenczi), Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2010, (ISBN 222890578X)
  • Manie et mélancolie. Sur les troubles bipolaires, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2010, (ISBN 2228905925)
  • Perte, deuil et introjection, Paris, Payot & Rivages, 2010, coll. « Petite Bibliothèque Payot » [en annexe du texte de S. Freud, Deuil et mélancolie].
  • Giovanni Segantini. Essai psychanalytique (1911), in Manie et mélancolie. Sur les troubles bipolaires, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2010, (ISBN 2228905925).
  • Correspondance complète (1907–1926) avec Sigmund Freud, Paris, Gallimard, coll. «Connaissance de l'inconscient», 2006, (ISBN 2070742512). [Traduction de Briefe 1907-1926, éd. Hilda C. Abraham & Ernst L. Freud].
  • Psychanalyse et culture, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 1969.
  • (Chapitre d'ouvrage collectif) Le complexe de castration : un fantasme originaire, Paris, Tchou Sand, coll. «Les grandes découvertes de la psychanalyse», 1997. (ISBN 2-7107-0590-7)

Textes en ligne[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Tréhel. Karl Abraham (1877–1925) : premiers échanges avec Sigmund Freud (1856-1939) à propos de la sexualité. Cliniques méditerranéennes, no 78, 2008/2 , p. 281–299. Article en ligne.
  2. Gilles Tréhel. Karl Abraham (1877-1925) et Hermann Oppenheim (1857-1919) : rencontre autour des névroses traumatiques de paix. L’Information psychiatrique, 2005, 81, n°9, p. 811–822
  3. Gilles Tréhel, « Karl Abraham (1877-1925): travail en chirurgie militaire et intérêt pour les névroses traumatiques de guerre », Cliniques méditerranéennes, no 76 (2),‎ , p. 235-254
  4. Gilles Tréhel, « Georg Groddeck (1866–1934) : traitement psychanalytique des affections organiques de guerre », Annales Médico-psychologiques, no 172 (10),‎ , p. 840-845
  5. Gilles Tréhel, «Karl Abraham (1877-1925) : psychiatre de guerre à l’hôpital d’Allenstein», Perspectives Psy, 2010, n°2, p. 144-157
  6. Phyllis Grosskurth, Freud, l'anneau secret, Paris, PUF, coll. «Histoire de la psychanalyse», 1995.
  7. Phyllis Grosskurth, Melanie Klein, Paris, PUF, «Quadrige», 1990, p. 130.
  8. Hilda C. Abraham, Obituary Notice, British Medical Journal, 13 Nov 1971.
  9. Chantal Talagrand, « Hilda Abraham », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque, Mireille Calle-Gruber (éd.), Le Dictionnaire universel des créatrices, Paris, Éditions des femmes, .
  10. Karl Abraham : biographie inachevée, 1974.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Johannes Cremerius, « Abraham, Karl », p. 7-8, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L., Paris, Calmann-Lévy, 2002 (ISBN 2-7021-2530-1).
  • Hilda Abraham, « Karl Abraham: an unfinished biography », International Review of Psychoanalysis, 1974, vol. 1, p. 17-72). Karl Abraham : biographie inachevée, Paris, PUF, coll. « Le fil rouge », 1976, préface d'Anna Freud.
  • Bernard Lemaigre, Karl Abraham, Paris, PUF, coll. «Psychanalystes d'aujourd'hui» no 37, 2003, p. 127 (ISBN 213053273X).
  • Gilles Tréhel
    • «Karl Abraham (1877-1925): psychiatre de guerre à l’hôpital d’Allenstein», p. 144-157, Perspectives Psy, vol. 49, 2010/2, [article en ligne lire en ligne].
    • « Karl Abraham (1877–1925) : premiers échanges avec Sigmund Freud (1856-1939) à propos de la sexualité », Cliniques méditerranéennes, no 78, 2008/2 , p. 281–299, [lire en ligne]
    • «Karl Abraham (1877-1925) : travail en chirurgie militaire et intérêt pour les névroses traumatiques de guerre», Cliniques méditerranéennes, no 76, 2007/2, p. 235-254, [lire en ligne].
    • « Karl Abraham (1877-1925) et Hermann Oppenheim (1857-1919) : rencontre autour des névroses traumatiques de paix », L'Information psychiatrique, 2005, 81, n°9, p. 811–822 [lire en ligne].

Liens externes[modifier | modifier le code]