Piera Aulagnier

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Piera Aulagnier
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à MilanVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 66 ans)
à SuresnesVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint Cornelius Castoriadis (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Psychiatre et psychanalysteVoir et modifier les données sur Wikidata
Intérêts Co-fondatrice du Quatrième Groupe
Fondatrice de la revue de psychanalyse Topique
Œuvres principales

La violence de l'interprétation (1975)
L'apprenti historien et le maître sorcier (1984)

Un interprète en quête de sens 1991

Piera Aulagnier est une psychanalyste et psychiatre française, d'origine italienne, née le à Milan et morte le à Suresnes[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Piera Spairani passe les premières années de sa vie en France, puis son adolescence en Égypte[2]. Elle fait ses études de médecine à Rome, puis s'installe en France en 1950, lorsqu'elle se marie, prenant le nom d'Aulagnier et elle a un fils, Claude Aulagnier, également psychiatre. En 1968, elle épouse Cornelius Castoriadis, philosophe, économiste et psychanalyste français d'origine grecque, qui participa à la fondation du Quatrième Groupe. Elle décède d'un cancer en 1990[3].

Elle se forme à la psychiatrie, dans le service de Georges Daumezon, à l'hôpital Sainte-Anne, où elle conserve un séminaire et une consultation durant toute sa vie professionnelle. Elle se forme en même temps à la psychanalyse, avec Jacques Lacan dont elle devient l'élève et avec qui elle fait une analyse didactique de 1955 à 1961.

Les sociétés de psychanalyse[modifier | modifier le code]

Lorsque Lacan crée la Société française de psychanalyse, en 1953, après la scission au sein de la Société psychanalytique de Paris, elle le suit. Lors de la deuxième scission, en 1963-64, elle se trouve parmi les premiers membres de l'École freudienne de Paris créée par Lacan, devenant « analyste de l'école » (AE) et responsable de la formation.

Cependant, elle démissionne de l'École freudienne en 1967, lorsqu'elle se trouve en désaccord avec les positions de Lacan concernant la formation des analyses, notamment lorsque celui-ci institutionnalise la procédure de la passe.

Article détaillé : Passe (psychanalyse).

Elle publie à cette occasion deux articles, « Comment peut-on ne pas être persan ? » (Oct 1968) et « Sociétés de psychanalyse et psychanalystes de société » (1969)[4]

Le Quatrième Groupe et la revue Topique[modifier | modifier le code]

En , elle fonde, avec François Perrier, Jean-Paul Valabrega et plusieurs autres psychanalystes, le Quatrième Groupe (Organisation psychanalytique de langue française), dont elle est la personnalité emblématique.

Article détaillé : Quatrième Groupe (OPLF).

Elle fonde également deux revues :

  • en 1967 et 1968 : La revue trimestrielle L'inconscient, avec Jean Clavreul et Conrad Stein, aux PUF[5].
  • à partir de 1969 : la revue Topique, qui remplace L'Inconscient, qu'elle dirige jusqu'à sa mort, et qui est aujourd'hui l'une des grandes revues de la psychanalyse de langue française.

Conceptualisation théoriques et cliniques[modifier | modifier le code]

L'œuvre théorique de Piera Aulagnier s'inspire à la fois de l'œuvre de Freud et du style de pensée, voire du style d'écriture de Jacques Lacan avec qui elle est pourtant en rupture dès 1967. Pour décrire la psychose dont elle a une grande expérience clinique, elle crée sa propre métapsychologie : l'instance organisatrice et qui décide de la structure du sujet devient le « Je ». Le « Je » désigne, en première approche, le parcours identificatoire du sujet à travers plusieurs étapes complexes : T0, T1 et T2. Elle apporte de plus le complexe de potentialité (névrotique, psychotique, ou polymorphe).

Elle s'appuie notamment sur des notions qu'elle a conceptualisées :

  • Pictogramme (psychanalyse)
  • Processus originaire
  • Violence de l'interprétation

Publications (sélection)[modifier | modifier le code]

  • « Le comportement transférentiel chez le sujet interné », collectif Études introductives à la psychothérapie à l'hôpital psychiatrique, L'information psychiatrique, 34e année, 4e série, no 5, 1958
  • « Comment peut-on ne pas être persan ? » L'inconscient, no 1 1967
  • « Sociétés de psychanalyse et psychanalyse de société » Topique, no 1, 1969
  • La violence de l'interprétation - du pictogramme à l'énoncé, Paris, PUF 1975, rééd. 2003, (ISBN 2-130-53720-0)
  • Les destins du plaisir aliénation, amour, passion : Séminaire Sainte-Anne, années 1977 et 1979, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Fil rouge / Section 1, Psychanalyse » (no 18), (ISBN 978-2-130-36114-5)
  • Les Destins du plaisir, aliénation, amour, passion, Paris, PUF, coll. «Le fil rouge», 1979 (ISBN 978-2-13-036114-5)
  • L'apprenti historien et le maître sorcier, Paris, PUF 1984
  • Un interprète en quête de sens, Paris, Payot, 1991 (ISBN 2-228-89458-3)
  • « Quelqu'un a tué quelque chose » Topique, nos 35-36
  • Piera Aulagnier, Jean Clavreul, Conrad Stein, Collectif : L'inconscient, huit volumes,  éd. Bibliothèque des Introuvables, 2002, (ISBN 284575115X)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hélène Troisier, avec la collaboration de Jacqueline Bonnel, Piera Aulagnier, Presses Universitaires de France, 1998, Paris, p. 6.
  2. Biographie, site du Quatrième Groupe, page consultée en ligne le 17.05.15.
  3. Biographie, site du Quatrième Groupe.
  4. Articles publiés dans Un interprète en quête de sens, Paris, Ramsay, 1986 puis Payot, « Petite bibliothèque Payot », (ISBN 978-2228894586).
  5. Notice de la revue L'Inconscient, BnF