Alfred Adler

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Alfred Adler
Portrait de Alfred Adler
Biographie
Naissance
à Rudolfsheim
Décès (à 67 ans)
à Aberdeen
Nationalité Drapeau d'Autriche Autrichien
Thématique
Formation médecine
Profession Psychiatre, psychanalyste, psychologue, médecin et essayiste (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Idées remarquables Complexe d’infériorité
Œuvres principales
  • Le tempérament nerveux (1912)
  • Théorie et pratique de la psychologie individuelle (1918)
  • L'enfant difficile (1928)
  • Le Sens de la vie (1933)
Auteurs associés
Influencé par Sigmund Freud

Alfred Adler, né le à Rudolfsheim, près de Vienne (aujourd'hui le 15e arrondissement du district viennois de Rudolfsheim-Fünfhaus), et mort le (à 67 ans) à Aberdeen, en Écosse, est un médecin et psychothérapeute autrichien d'origine juive (en 1904, il se convertit au protestantisme). Il est le fondateur de la psychologie individuelle.

Deux de ses livres – Der Sinn des Lebens et Über den nervösen Charakter[1] – ont été retenus dans la liste des cent chefs-d’œuvre de la psychothérapie[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Alfred Adler , était le quatrieme des cinq enfants d'une famille juive ; Leopold Adler, marchand de grains (né vers 1833 à Kittsee, alors en Hongrie, aujourd'hui dans le Burgenland, en Autriche – mort à Vienne en 1922) et de Pauline Beer (née en 1845 à Trebitsch, en Moravie – morte à Vienne en 1906). Enfant, il essayait de prendre pour modèle son frère aîné Sigmund (né en 1868 à Fünfhaus, près de Vienne), qui par la suite devait réussir sa carrière comme commerçant. Il souffrait d'une maladie responsable de rachitisme et de spasme du larynx quand il pleurait.

Études de médecine – le cabinet médical – Freud[modifier | modifier le code]

Il étudie la médecine à l'université de Vienne et obtient son diplôme de médecin en 1895. Pendant ses études, il rencontra dans un groupe d'étudiants socialistes Raissa Timofeyevna Epstein, étudiante russe à Zurich et Vienne. Ils se marient en 1897 à Moscou et ont quatre enfants. Adler s'installe comme ophtalmologue, puis ouvre un cabinet de médecine générale près du Prater viennois, dans un quartier dont les habitants vivaient dans des conditions misérables, ce qui le renforça dans sa conscience qu'il fallait qu'une médecine sociale soit proposée à la population viennoise. Dès 1902, il participe à la Société psychologique du Mercredi, cependant, une incompréhension survint lors du développement de ses propres conceptions. L'individu tel qu'Adler le voyait n'était pas commandé par ses instincts, mais était une nature libre, qui devait résoudre les tâches culturelles que la vie lui soumettait. Cette opposition ne fit que croître, et aboutit, en 1911, à sa rupture avec Freud et la Société psychanalytique de Vienne, rupture dans laquelle le suivent plusieurs membres, notamment Margarete Hilferding, qui cosigne sa lettre de démission et s'engage dans le mouvement de psychologie individuelle à ses côtés.

Élaboration de la psychologie individuelle – les bases théoriques[modifier | modifier le code]

Dans son étude publiée en 1907 sur les déficiences organiques, Adler exposait son point de vue particulier et ses idées nouvelles, et il fondait ainsi l'école de psychologie individuelle. Il indiquait le lien entre la déficience organique, sa compensation et sa surcompensation somatiques et psychiques. Après la rupture avec Freud, Adler fonde sa propre société pour une psychanalyse libre, qui devait plus tard devenir l'association pour la psychologie individuelle. Il désigne sa doctrine comme une « psychologie individuelle », parce qu'il constatait, dans son cabinet médical, que chaque patient est unique et ne ressemble à aucun autre, et que c'est comme un individu et comme une totalité qu'il faut le traiter sur le plan corporel et le comprendre sur le plan psychique.

Adler exposa les traits principaux de sa doctrine dans son principal ouvrage théorique : Über den nervösen Charakter[1] (1911), où il réunissait la psychologie normale et la psychopathologie à l'intérieur d'un concept unique. Avec ce livre, la psychologie individuelle faisait irruption dans la littérature spécialisée comme une solution alternative à la psychanalyse[réf. nécessaire]. En 1913, avec Heilen und Bilden. Ein Buch der Erziehungskunst für Ärzte und Pädagogen, Adler et ses élèves jetaient les bases du développement de la psychologie individuelle dans le travail d'éducation. Il fonde en 1914 l'Internationalen Zeitschrift für Individualpsychologie.

La première guerre mondiale amena la première interruption dans le développement de la psychologie individuelle. De 1914 à 1916, Adler travaille comme médecin militaire à Cracovie, Brünn et Vienne.

Développement de la psychologie individuelle – sa mise en application[modifier | modifier le code]

Adler voulait créer une psychologie proche de la vie réelle, qui permettrait à chacun de comprendre les autres d'après leurs biographies, chaque fois différentes. Les ouvrages qu'il publia à partir de 1920, dans un style volontairement dépouillé, ainsi que ses conférences, devaient rendre sa psychologie accessible à tous et en faire un bien commun. Dans les années vingt, il prononça une série de conférences à la Volkshochschule de Vienne, et les publia en 1927 sous le titre de Menschenkenntnis[3].

L'entre-deux-guerres fut une période où se développa la psychologie individuelle. Dans le cadre de la réforme scolaire de Vienne, environ trente services de conseils pour l'éducation purent être ouverts dans cette ville par Adler et ses collaborateurs. En 1920, il est nommé directeur de la première clinique viennoise consacrée à la psychologie de l'enfant et donne ses cours au Pädagogium de la ville de Vienne. Avec la publication de Praxis und Theorie der Individualpsychologie[4] (1930), qui contenait des conférences pour l'introduction dans la psychothérapie destinées aux médecins, aux psychologues et aux enseignants, Adler commence à exposer sa théorie de façon plus détaillée.

Poursuite de la psychologie des profondeurs et départ vers les États-Unis[modifier | modifier le code]

À partir de 1926, Adler se rend régulièrement aux États-Unis, où sa doctrine optimiste sur la personne considérée comme un être social rencontre de l'intérêt. Plus de 2 000 personnes participent au cinquième congrès international de psychologie individuelle organisé à Berlin par Arthur Kronfeld.

Pour renforcer et faire mieux comprendre la prophylaxie de l'éducation, Adler publie en 1929 die Individualpsychologie in der Schule et en 1930 Die Seele des schwererziehbaren Kindes. En 1933, dans Der Sinn des Lebens[5], une œuvre tardive, Adler expose sa position philosophique fondamentale. Le sens de la vie serait, selon lui, le développement d'un esprit communautaire pour résoudre les problèmes de la vie, un effort de perfectionnement pour parvenir à une société idéale.

Confronté aux menaces nazis, il s'établit aux États-Unis en 1934. Il est depuis 1926 professeur invité à l'université Columbia et depuis 1932 au Long Island College. En 1935, paraît pour la première fois l'International Journal of Individual Psychology, en anglais. Il entreprend d'autres voyages pour des conférences en Europe. C'est au cours d'un de ces voyages qu'il meurt d'une défaillance cardiaque, le à Aberdeen, à l'âge de soixante-sept ans.

Outre la mort prématurée d'Alfred Adler, c'est surtout l'accession d'Hitler à la chancellerie allemande au cours des années trente qui porta un rude coup au système de pensée libre de la psychologie individuelle. Les élèves d'Adler furent pourchassés par le régime nazi. En pleine floraison, la psychologie des profondeurs dut quitter son centre, l'Europe germanophone, et continuer dans d'autres parties du monde son œuvre de recherche psychologique. Les dictatures et la Seconde Guerre mondiale ont contribué aussi à perturber gravement le développement de la science psychologique.

La connaissance de l'être humain[modifier | modifier le code]

Alors qu'il exerçait la médecine et traitait les douleurs corporelles, Alfred Adler participait activement aux nouveaux cercles de discussion de Freud consacrés à la psychanalyse ; c'est ainsi qu'il découvrit qu'à chaque manifestation vitale de l'individu, les processus somatiques et psychiques s'accomplissent toujours en même temps, formant une unité indivisible. C'est aujourd'hui cette découverte qui forme la base de la psychosomatique.

En observant les déficiences organiques, Adler pouvait constater que le corps et la psyché ont tendance à les compenser d'une façon ou d'une autre. Cette situation de Minderwertigkeit ou Unterlegenheit dans le domaine psychique, il la rencontrait, avant tout, dans les trois buts de la vie : le travail, l'amour, la communauté (communauté : vie infantile, fratrie, école, profession, situations de confrontation, etc.). Elle déclenche chez l'individu un état des sentiments qu'Adler appelait Minderwertigkeit. De façon analogue, comme compensation d'une déficience organique, la psyché humaine s'efforce de surmonter cet état d'infériorité par ce qu'Adler appelait le Geltungsstreben. La façon dont l'individu est en mesure d'affronter de tels défis de la vie dépend en premier lieu, selon Adler, de la manière dont il a pu surmonter sa première situation d'infériorité, son impuissance en tant que nourrisson. Il a constaté que cette impulsion positive dans le processus de croissance et de développement constitue la base pour l'éducabilité de la personne, parce que, dans cette situation, il dépend absolument de l'aide des personnes de son entourage. Dans cette corrélation précoce entre la mère et l'enfant, se forme un sentiment d'Aufgehobensein entre les gens, ce qu'Adler appelait l'esprit communautaire, qui devient une part inconsciente de la personnalité. L'esprit communautaire se trouve au centre de la doctrine adlérienne, parce qu'il est la mesure de la santé psychique de l'individu et de la communauté.

La doctrine des névroses[modifier | modifier le code]

Outre la description de la psyché normale, description qui aide à comprendre la personnalité humaine – ou, selon ses termes, à acquérir la connaissance de l'être humain –, Adler a examiné également en tant que médecin les phénomènes psychiques déviants et pathologiques. Selon son principe de l'unité des processus psychiques, il voyait en eux des réponses erronées aux demandes de la vie. Le fait d'éprouver un fort sentiment d'infériorité (notion de complexe d'infériorité) pouvait aboutir à une surcompensation sous la forme d'un effort exagéré de valorisation, ou à ce qu'il appelait la volonté de puissance. Adler décrivait le caractère nerveux comme le trait d'union entre la psychologie normale et la psychologie névrosée. Il voyait dans la psychose une forme de névrose plus aiguë, c'est pourquoi, selon son point de vue, toutes les deux pouvaient être traitées par l'analyse psychologique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le tempérament nerveux. Éléments d’une psychologie individuelle et application à la psychothérapie, 1911, traduit de l'allemand par le Dr Roussel en 1948. [(fr) texte intégral].
  2. (de) Alfred Pritz (Hg.): Einhundert Meisterwerke der Psychotherapie., Wien, New-York, 2008, 11-14.
  3. Connaissance de l'homme, 1927. Traduction française de l'allemand par Jacques Marty, 1949. [(fr) texte intégral].
  4. Pratique et théorie de la psychologie individuelle comparée, 1930. Préface et traduction du Dr H. Schaffer. [(fr) texte intégral des chapitre 1 à 14] et [(fr) texte intégral des chapitre 15 à 30].
  5. Le sens de la vie, 1933. Traduction française du Dr H. Schaffer, 1950 [texte intégral].

Source[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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