Fantasme originaire

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En psychanalyse, on appelle fantasme originaire (Urphantasien en allemand) des scénarios imaginaires, d'ordre inconscient, liés à l'enfance et constitutifs du psychisme.

Concept[modifier | modifier le code]

Les mythes, comme certains rêves, mettent en scène des images archaïques, que les premières expériences de la cure analytique ont identifié comme essentielles en tant qu’organisatrices de la vie fantasmatique et comme indifférentes aux expériences personnelles de chacun.

Origine[modifier | modifier le code]

L'origine des fantasmes originaires a fait l’objet d’un large débat qui opposa Freud à plusieurs de ses élèves.

Jung[modifier | modifier le code]

Jung émit l’idée que les fantasmes originaires relevaient d’une tendance phylogénique : il s’agit, selon lui, d'archétypes, c’est-à-dire d’images composant l’inconscient collectif.

Freud[modifier | modifier le code]

Freud contestait la pertinence de cette notion : si les mythes, les rêves, peuvent exprimer symboliquement des fantasmes universels, les images elles-mêmes ne peuvent constituer un patrimoine héréditaire. Il faisait plutôt découler ces scènes imaginaires de l'expérience de scènes réelles survenues dans la prime enfance, et leur universalité du fait que ces scènes sont, selon lui, tôt ou tard pareillement vécues par tout un chacun.

Scène de séduction[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Théorie de la séduction.

La scène de séduction, élaborée par Freud dans sa compréhension de l'hystérie, est l'explication imaginaire de l'origine de la sexualité.

Dans un premier temps, Freud voit l'origine de ce fantasme imaginaire dans la scène réelle d'un viol subi dans l'enfance, ce qui l'amene à considérer le viol comme très fréquent. Il revient plus tard sur la pertinence d'une telle conception. Sándor Ferenczi s'interroge sur ce renoncement, pensant que cette scène peut bien, dans certains cas, avoir pour origine une expérience authentique.

Fantasme de castration[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Angoisse de castration et Envie du pénis.

Le fantasme de castration est un fantasme originaire (idée inconsciente commune à l'ensemble des humains) selon lequel tout individu est primitivement pourvu d'un pénis, la petite fille apparaissant alors comme ayant été castrée.

La femme vivrait donc, inconsciemment, dans l'angoisse d'avoir été castrée et l'homme dans celle du risque d'être castré : tout le comportement féminin est motivé par le désir inconscient de récupérer le pénis perdu (qui se traduit dans le conscient par une volonté floue de combler un manque) ; celui de l'homme est, lui, motivé par le désir inconscient de préserver son membre viril (désir qui se traduit dans le conscient par une “lutte d'honneur” contre tout risque d'amputation de son intégrité).

Freud voit l'origine de ce fantasme dans un fait réel survenu dans la petite enfance : c'est en constatant la différence anatomique des sexes et en s'interrogeant sur l'origine de cette différence que l'enfant élabore le fantasme de castration, puis acquiert l'angoisse qui en découle.

Scène originaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Scène primitive.

La scène originaire (ou scène primitive) décrit un rapport sexuel entre les parents du sujet, que le sujet apercevrait en l'interprétant comme agression de la mère par le père.

Vie intra-utérine[modifier | modifier le code]

La vie intra utérine est d'abord comprise comme paradis perdu. Ferenczi théorise plusieurs stades de toute-puissance, dont celui de toute-puissance réelle : la vie fœtale.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Laplanche, Jean-Bertrand Pontalis, Fantasme originaire, fantasmes des origines, origine du fantasme, dans Les Temps Modernes, 1964. Édité en 1985 chez Hachette Littératures dans la collection Textes du XXe siècle