Theodor Reik

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Theodor Reik
Portrait de Theodor Reik

Plaque commémorative, Berlin

Biographie
Naissance
à Vienne
Décès
à New York
Nationalité Autrichienne puis américaine
Thématique
Formation Doctorat de psychologie (1912)
Profession Psychologue et psychanalysteVoir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales Écouter avec la troisième oreille : l'expérience intérieure d'un psychanalyste (1948)

Theodor Reik, né à Vienne le et mort à New York le , est un psychanalyste américain d'origine autrichienne.

Parcours et formation[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille d'origine juive hongroise installée à Vienne[1], où il fait des études de psychologie, de lettres et de philosophie et consacre sa thèse doctorale à l'ouvrage de Gustave Flaubert, La Tentation de saint Antoine (1912), thèse qui est « l'une des premières thèses d'inspiration psychanalytique »[2]. Il rencontre Sigmund Freud en 1910, et est accepté en 1912 comme membre de la Société psychanalytique de Vienne. Il fait une analyse avec Karl Abraham, à Berlin (1912-1914) et devient l'un des premiers analystes non-médecins. Il est connu surtout pour son article sur La couvade (1914), re-publié dans son ouvrage sur Le rituel (1974). Durant la Première Guerre mondiale, Reik est mobilisé dans l'armée autrichienne.

Orientations des recherches[modifier | modifier le code]

La question de l'analyse profane[modifier | modifier le code]

Il est durant dix ans secrétaire de la Société viennoise, à la suite de la démission d'Otto Rank, mais, en 1925, il est poursuivi pour pratique illégale de la médecine. C'est dans ce contexte que Freud prend son parti et écrit son livre La question de l'analyse profane. Reik décide alors de s'installer en Allemagne, en 1928, où il exerce la psychanalyse et enseigne à l'Institut psychanalytique de Berlin (1928-1934). Il fuit le nazisme en rejoignant les Pays-Bas en 1934, mais il est à nouveau contraint de fuir, du fait des événements politiques et de la montée de l'antisémitisme. Il s'installe alors définitivement aux États-Unis, dont il devient citoyen en 1944, mais se voit refuser la possibilité d'être membre à part entière de la Société psychanalytique de New York, car il n'est pas médecin.

L'étrange et l'effroi[modifier | modifier le code]

Durant la Première Guerre mondiale, Reik est mobilisé et fait face à l’insupportable. Il contribue à l’article de Freud, paru en 1919, « L’Inquiétant », terme par lequel est désignée une nuance de l’effroyable. Plus tard, dans un texte sur l’Effroi, écrit en 1924 et publié en 1929, Reik lie entre eux les aspects, jusque-là disséminés dans l’œuvre de Freud, qui concernent la névrose traumatique. En 1935, il fait paraît un ouvrage où il traite de l’effroi devant des pensées. Il y a ainsi une conceptualisation, chez Reik, du thème de l’effroi[3].

Psychanalyse appliquée et travaux sur le masochisme[modifier | modifier le code]

Il décide, avec d'autres collègues, de fonder une association particulièrement destinée aux psychanalystes-psychologues, la National Psychological Association for Psychoanalysis (en). Il a écrit de nombreux ouvrages, notamment Le besoin d'avouer (1925) et Écouter avec la troisième oreille (1948). Dans son ouvrage Masochism in Modern Man (1941), publié en France sous l'intitulé Le Masochisme (1953), il explique que les patients qui se provoquent des lésions agissent de la sorte pour démontrer leur force émotionnelle, induire les autres à se sentir coupables et pour obtenir une sensation de « victoire à travers la défaite ».

Il a participé à la diffusion de notions liées à la psychanalyse en participant à des émissions de télévision[réf. souhaitée].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michelle Cadoret, cf. bilbiographie.
  2. Cf. Joseph Reppen, « Reik, Theodor », p. 1426.
  3. Trehel Gilles, « Theodor Reik (1888-1969) : sur l'effroi », L'information psychiatrique, no 6,‎ 2012 (volume 88), p. 455-466

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Michelle Cadoret, « Theodor Reik et le rituel », Topique, 2001/2 no 75, p. 45-60, [lire en ligne].
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Joseph Reppen, « Reik, Theodor », p. 1426-1427, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 2. M/Z. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).
  • Gilles Tréhel :
    • « Theodor Reik (1888-1969) : sur l'effroi », L'information psychiatrique, 6/2012 (Volume 88) , p. 455-466. 
    • « Sigmund Freud, Julius Wagner von Jauregg, Arnold Durig, Julius Tandler », L'information psychiatrique, 2013/7, vol. 89, p. 587-598.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le besoin d'avouer, Paris, Payot no 325, 1997, (ISBN 2-228-89104-5)
  • Trente ans avec Freud, Paris, Les Introuvables, (ISBN 978-2845752207)
  • Le Masochisme, Paris Payot, 1953 (réed. 2000), (ISBN 2-228-89359-5)
  • Le rituel. Psychanalyse des rites religieux, trad. M-F Demert, Paris, Denoël, 1974, Préf. S. Freud, (ISBN 2207220826)
  • Le psychologue surpris, Paris, Denoël, 2001, (ISBN 2-207-25206-X)
  • Écouter avec la troisième oreille : l'expérience intérieure d'un psychanalyste, Paris, Les Introuvables, (ISBN 2-84575-053-6)
  • Le trajet d'un psychanalyste de Vienne « fin de siècle » aux États-Unis, 1988
  • La création de la femme, Paris, Complexe, 1975, (ISBN 2-87027-236-7)
  • Variations psychana lytiques sur un thème de Gustav Mahler, Paris, Denoël, 1973, (ISBN 2-207-21879-1)
  • Arthur Schnitzler psychologue, éd. Circe, (ISBN 2-84242-168-X)
  • Écrits sur la musique, 1984
  • Mythe et culpabilité, 1979
  • Fragments d'une grande confession, Paris, Denoël, 1973, (ISBN 2-207-21975-5)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]