Société psychanalytique de Paris

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Société psychanalytique de Paris
Fondation
Discipline Psychanalyse
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse 187 rue Saint-Jacques
Langue Français
Fondateur René Laforgue
Marie Bonaparte
Président Denys Ribas
Secrétaire général Clarisse Baruch
Publications Revue française de psychanalyse
Affiliation Association psychanalytique internationale
Site web Site officiel

La Société psychanalytique de Paris est une association dont les objets sont la diffusion de la psychanalyse et la formation des psychanalystes qui partagent ses orientations théoriques et cliniques. Elle est historiquement la première association psychanalytique fondée en France, en 1926.

Histoire[modifier | modifier le code]

Elle est fondée officiellement le 4 novembre 1926, par Marie Bonaparte, Eugénie Sokolnicka, Angelo Hesnard, René Allendy, Adrien Borel, René Laforgue, Rudolph Loewenstein, Georges Parcheminey et Édouard Pichon. Ce groupe de fondateurs, constitué majoritairement de jeunes psychiatres, s'ouvre dès l'origine à des femmes non médecins, notamment Marie Bonaparte qui est à l'origine de la décision de création, et Eugénie Sokolnicka.

Le premier institut de psychanalyse, dont Marie Bonaparte prend la direction, est ouvert en 1934 au 137, boulevard Saint-Germain, il est inauguré par Ernest Jones le , Freud et Max Eitingon adressant des télégrammes de félicitations.

Elle édite à partir de 1927 la Revue française de psychanalyse, financée à l'origine par Marie Bonaparte[1].

Elle s'implique dans l'organisation des conférences des psychanalystes de langue française, dont la première se tient à Genève le , et dans la commission linguistique pour l’unification du vocabulaire psychanalytique français[2].

Dès l'origine, de nombreux points d'opposition existent, et s'accentuent : ces divergences concernent notamment l'accès à la pratique de la psychanalyse des non-médecins, mais également de la place de la Société à l'égard de l'Association psychanalytique internationale et de Freud[3].

La Seconde Guerre mondiale désorganise les activités de la SPP. L’Institut ferme ses portes au printemps de 1940. Rudolph Loewenstein émigre aux États-Unis où il s’installe définitivement. René Laforgue tente de collaborer avec l’Institut Göring de Berlin contrôlé par les Nazis. D’autres, Sacha Nacht par exemple, se réfugient en zone libre au sud de la France ou entrent dans la résistance active, Paul Schiff par exemple. Rares sont les analystes, comme John Leuba, qui poursuivent leur activité.

Dès la Libération, la Société se réorganise, des psychanalystes reviennent à Paris. Se pose alors la question de la formation des analystes. L’Institut de psychanalyse rouvre le , inauguré officiellement le . De profondes divergences autour de la question de la formation subsistent toutefois, surtout entre Daniel Lagache et Sacha Nacht, qui s’opposent sur la place à accorder à l’enseignement universitaire dans la formation psychanalytique.

Organisation[modifier | modifier le code]

La Société psychanalytique de Paris a le statut d’une association régie par la loi de 1901, reconnue d’utilité publique[4].

Le conseil d’administration, son président et son bureau sont élus pour deux ans. Les secrétaires scientifiques travaillent en étroite relation avec le conseil scientifique et technique, également élu pour deux ans. Plusieurs groupes régionaux rattachés à la Société se sont constitués, notamment à Lyon, où est situé l’un des deux instituts de formation et le Centre de recherche et d’information psychanalytique (CRIP). D'autres groupes régionaux sont implantés en régions : un groupe toulousain, un groupe méditerranéen, un groupe aquitain, un groupe Bretagne-Pays de Loire, un groupe Bourgogne-Champagne-Franche-Comté, un groupe normand, un groupe Nord.

Formation[modifier | modifier le code]

Les candidats qui ont réalisé une analyse personnelle, auprès d'un membre de la société ou d'une autre société appartenant à l'Association psychanalytique internationale, peuvent demander à entrer en formation. Leur demande est évaluée par les membres de la commission du cursus. Si sa candidature est acceptée, le candidat devient « analyste en formation ». Il entreprend un minimum de deux cures supervisées hebdomadairement par un analyste superviseur et participe aux séminaires de formation. Si son cursus est validé par la commission d'enseignement, le candidat peut demander à devenir membre de la société.

Les membres de la Société psychanalytique de Paris[modifier | modifier le code]

La société regroupe environ 850 membres actifs[5], anciennement élèves des instituts de psychanalyse. Selon leur engagement dans les responsabilités de la Société, ils sont :

  • membres adhérents, agréés après la validation de leur cursus, qui deviennent membres associés de l'Association psychanalytique internationale ;
  • membres titulaires, élus sur présentation d'un mémoire ou d'un recueil de leurs travaux cliniques, qui ont le statut de membres de l'API ;
  • membres honoraires ;
  • membres correspondants.

Le Centre de consultation et de traitement Jean Favreau (CCTP)[modifier | modifier le code]

Inauguré en 1954, parallèlement à l'Institut de psychanalyse, le Centre de consultation et de traitement psychanalytique (CCTP) propose des traitements psychanalytiques aux patients domiciliés à Paris, plus particulièrement à ceux pour lesquels un traitement en cabinet libéral serait financièrement difficile ou impossible. Dès sa création, la légitimité du CCTP est fondée sur sa collaboration étroite avec l'Institut de psychanalyse. Il s'agissait de fonder un centre de soins dans lequel exerceraient les psychanalystes de la SPP. À l'origine, y exerçaient des analystes en formation supervisés par des formateurs de la Société. Depuis 1958, le Centre est lié par convention à la DDASS.

La bibliothèque Sigmund Freud[modifier | modifier le code]

La naissance de la bibliothèque Sigmund Freud, est liée à la fondation de l'Institut de Psychanalyse et subventionnée à son origine par Marie Bonaparte : celle-ci a légué plusieurs milliers de livres à la bibliothèque, dont plusieurs comportent des autographes et des annotations de Freud, ainsi qu'une collection de revues psychanalytiques allemandes[6]. Les ressources de la bibliothèques sont numérisées et librement accessibles, notamment son fichier qui reflète « la grande richesse »[6] du fonds disponible ce qui en fait une « bibliothèque spécialisée remarquable »[6].

Activités ouvertes au public[modifier | modifier le code]

Plusieurs activités de la Société sont librement accessibles :

  • Le séminaire Jean Cournut : cycle de deux ans ouvert aux médecins, psychiatres, psychologues et aux étudiants en fin de cursus de psychologie et de psychiatrie.
  • Conférences du mercredi : cycle de conférences d'introduction à la psychanalyse de l'enfant et de l'adolescent sur un thème annuel.
  • Conférences du jeudi : cycle de conférences sur la psychanalyse d'adulte, sur un thème annuel.
  • Conférences de l'hôpital Sainte-Anne : à l'intention des psychiatres et médecins, ouvertes au public.
  • Sont également proposées des présentations cliniques organisées en collaboration avec le CCTP Jean Favreau.

Publications[modifier | modifier le code]

  • La Revue française de psychanalyse (RFP), fondée en 1927, éditée par la SPP et publiée depuis 1948 par les Presses universitaires de France. Cinq volumes sont publiés par an, dont trois sur des thèmes choisis par le comité éditorial, les deux autres concernent des conférences organisées par la SPP.
  • Monographies et Débats de Psychanalyse : cette collection a pour but de proposer des réflexions sur des thèmes choisis, elle fournit des perspectives claires et concises que le lecteur du grand public, l'étudiant et le psychanalyste peuvent aisément aborder.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les archives de la Société psychanalytique de Paris sont conservées aux Archives nationales sous la cote 101AS[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain de Mijolla
    • « Société psychanalytique de Paris et Institut de psychanalyse de Paris », p. 1596-1603, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 2. M-Z. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).
    • « La scission de la Société Psychanalytique de Paris en 1953, quelques notes pour un rappel historique », Cliniques méditerranéennes, 1996, no 49-50, p.  9-30, [lire en ligne].
  • Roger Perron, Histoire de la psychanalyse, Paris, Puf, coll. « Que sais-je ? », 1988.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fonds de la Société psychanalytique de Paris, répertoire numérique et détaillé (1950-1997) en ligne.
  2. Alain de Mijolla, « Congrès des psychanalystes de langue française des pays romans », p. 347-349, Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L., Paris, Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).
  3. Alain de Mijolla, « Société psychanalytique de Paris et Institut de psychanalyse de Paris », p.  1596, cf. bibliographie.
  4. Décret du 8 août 1997.
  5. Information institutionnelle apportée par la Société psychanalytique de Paris sur son site.
  6. a, b et c Inspection générale des bibliothèques, « Rapport annuel 2004 », La Documentation française, Paris, 2005, p. 51-53. [1]
  7. Notice du fonds en salle des inventaire virtuelle des Archives nationales