Projet MK-Ultra

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Sceau de la CIA.
Page d'un document déclassifié de MK-Ultra (à la suite d'une demande de Freedom of Information Act de 1995).

MK-ULTRA (ou MKULTRA) est le nom de code d'un projet de la CIA visant à développer des techniques de contrôle et de programmation de l’esprit. Le projet fut approuvé le 13 avril 1953 et se termina au début des années 1970[1],[2].

La parution d’une série d'articles du New York Times en décembre 1974 a permis de dévoiler l’existence de programmes secrets ciblant des citoyens américains au cours des années 1950 et 1960[3],[4]. Ces révélations ont provoqué un retentissement national qui conduisit notamment à la mise en place de plusieurs commissions d'enquête. Un premier rapport fut demandé par le président des États-Unis Gerald Ford, qui a été rendu public en juin 1975[5]. Liée au projet MK-ULTRA, une partie de ces activités clandestines ont été menées dans le but d'exercer un contrôle sur l'esprit humain.

Origines[modifier | modifier le code]

Les États-Unis travaillent sur les techniques de manipulation mentale depuis au moins les années 1920, avec l'essor de la psychologie et de la publicité[6],[7]. C'est un des sujets abordés durant le colloque Lippmann.

Les origines des recherches américaines sur le contrôle de l’esprit se trouvent dans les expérimentations commises dans certaines bases militaires et camps de concentration nazis, en particulier celui de Dachau[8]. Des études sur l’hypothermie aux essais pharmaceutiques, les limites physiques et psychiques de l’humain y ont été étudiées et poussées à des extrêmes aux conséquences inédites. Des recherches liées aux effets de la mescaline sur l'esprit ont notamment été menées par Kurt Plötner, provoquant chez certaines victimes des symptômes de schizophrénie[9],[10].

Truth Drug de l'OSS : 1942-1945[modifier | modifier le code]

La recherche d'un psychotrope capable d'influencer le comportement humain, en particulier la mise au point d'un sérum de vérité, avait déjà été initiée par l'OSS durant la Seconde Guerre mondiale[10],[11]. Un comité fut réuni en 1942 à la demande du général William J. Donovan, avec l'objectif de développer un agent chimique pouvant briser les défenses psychologiques des espions et des prisonniers de guerre afin de les contraindre à divulguer des informations. Outre la mescaline et la scopolamine, déjà expérimentées auparavant, de la marijuana fut utilisée pour mettre au point un extrait de cannabis très puissant qui n'avait ni gout, ni odeur. L'efficacité de cette substance, baptisée TD pour "Truth Drug", a été testée lors d'entretiens avec le personnel de l'OSS et de l'armée américaine. Après quoi le médicament a été utilisé de manière opérationnelle, bien que de façon limitée[10],[11],[12].

Projet CHATTER : 1947-1953[modifier | modifier le code]

À l'automne 1947, la marine des États-Unis a mis en place un projet de recherche sur le contrôle de l'esprit par des moyens chimiques. Centrées sur les techniques d'interrogatoire, les expérimentations ont été menées au Naval Medical Research Institute de Bethesda, Maryland, par le Dr Charles Savage[10],[13]. Il a pu s'appuyer sur les données obtenues par l'US Naval Technical Mission déployée en Europe en 1945, notamment un rapport très exhaustif sur les expérimentations de la mescaline menées à Dachau par Kurt Plötner. Cependant l'utilisation de la mescaline, à l'instar de l'alcool et du cannabis, fut écartée pour ses effets jugés trop aléatoires. Dans ses conclusions, le Dr Savage indique que si l’administration de doses régulières de LSD ne permet pas l’amélioration de l’état dépressif du patient, cela entraîne des modifications profondes du comportement[14]. Les sujets étaient des personnes atteintes de troubles mentaux légers et liées au domaine militaire, qui ignoraient leur rôle de cobaye. Les expérimentations se sont poursuivies jusqu’en 1953, date à laquelle il prit fin[10],[13].

Projet BLUEBIRD : 1949-1951[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, les officiers militaires américains craignaient que les Soviétiques ne soient parvenus à contrôler la volonté des individus par des techniques de « lavage de cerveau ». Le procès du cardinal Jószef Mindszenty à Budapest, en 1949, et la retransmission publique de ses aveux valant une condamnation à perpétuité pour trahison, ont achevé de les convaincre[15],[16]. Cet événement, mis en scène par le régime communiste pour annihiler l'influence de l’Église catholique en Hongrie, avait été préparé et le cardinal drogué à l'aide plusieurs substances pendant des jours[17],[18].

En parallèle du projet CHATTER, la CIA lança donc son propre programme de recherches en 1949[10],[15]. Le projet BLUEBIRD fut focalisé sur l'utilisation du LSD comme arme chimique. Son utilisation dans les expérimentations de l'armée ont été reprises dans le but de créer « une altération exploitable de la personnalité » à des fins de renseignement[10],[19]. Le brevet du LSD ayant été déposé aux États-Unis en 1948 par Arthur Stoll et Albert Hoffman, la mise en place d'un dispositif à grande échelle est devenue possible. Des universitaires et des experts spécialisés en psychiatrie, criminologie, médecine et hypnose ont été recrutés comme consultants. Plusieurs universités, hôpitaux, pénitenciers et bases militaires ont été transformés en laboratoires où la plupart des victimes n'étaient pas consentantes[10],[20]. Dans certains cas, des volontaires étaient engagés en échange d'une rémunération. Un partenariat secret avec le laboratoire Sandoz a été conclu pour l’acheminement de millions de doses de LSD vers les sites du projet[21],[22]. Un comité de direction présidé par le colonel Sheffield Edwards, composé des membres de l'Office of Scientific Intelligence (OSI), de l'Office of Special Operations (OSO) et du Technical Services Staff (TSS), était chargé d'encadrer les expérimentations et la mise en place d'équipes opérationnelles[12],[23].

Guerre de Corée : 1950-1953[modifier | modifier le code]

Durant la guerre de Corée, l'administration américaine était convaincue que les Nord-Coréens, soutenus par la Chine et l'URSS, étaient en mesure de reprogrammer la pensée des soldats américains prisonniers. Ce sentiment fut renforcé lorsque des pilotes de l'US Air Force se sont exprimés sur Radio Pékin pour critiquer la politique extérieure des États-Unis, en des mots similaires au discours communiste de l'époque. Certains d'entre eux ont notamment déclaré que l'armée américaine avait utilisé des armes chimiques en Corée[24]. En 1953, ils ont été rapatriés aux États-Unis et ont évoqué des tortures physiques et mentales. Cela alimenta les suspicions en lien avec le contrôle de l'esprit. Dès 1950, le maccarthysme diffusa ces craintes de manière exacerbée, avec la traque de potentiels agents communistes sur le territoire américain et en Europe de l'Ouest. C'est dans ce contexte que la CIA a pu obtenir les fonds nécessaires à des études plus approfondies.

Projet ARTICHOKE : 1951-1953[modifier | modifier le code]

Le projet BLUEBIRD est devenu le projet ARTICHOKE le 20 août 1951[2],[10]. Les avancées réalisées au cours des projets précédents ont permis la recherche et l'application de capacités plus offensives. Outre l'administration des produits déjà cités, les barbituriques, les amphétamines, la cocaïne, l'alcool et l'héroïne ont aussi été expérimentés à travers des combinaisons pouvant induire des états transitoires exploitables sur le long terme[12],[13],[19].

« Nous sommes maintenant convaincus que nous pouvons maintenir un sujet dans un état contrôlé pendant une période beaucoup plus longue que celle que nous avions auparavant cru possible. De plus, nous pensons qu'en utilisant certains produits chimiques ou combinaisons, nous pouvons, dans un très grand nombre de cas, produire des informations pertinentes. »
— Extrait traduit d'une note déclassifiée du 26 novembre 1952

L'analyse des données récoltées ont guidé l'élaboration de nouvelles procédures, dans lesquelles le recours à l’hypnose et la suggestion ont remplacé les protocoles de questions propres à un véritable interrogatoire. Des méthodes telles que l'induction d'une dépendance puis son sevrage forcé, les électrochocs ou la privation de sommeil ont été mises en place. La lobotomie chirurgicale fut aussi envisagée mais jugée trop barbare, l'objectif premier ayant toujours été de contraindre par des moyens non-physiques[12],[25]. Le comité de direction, toujours présidé par le colonel Sheffield Edwards, a pu définir de nouvelles finalités comme la confusion, l'anxiété, la paralysie ou les hallucinations. Pour cela, dans la continuité du projet BLUEBIRD, l’étude des syndromes amnésiques et des troubles dissociatifs de la personnalité a occupé une place importante dans les expérimentations du projet[10],[17].

La recherche d’une substance toujours plus puissante incita la CIA à envoyer des agents dans différentes régions du monde, pour analyser et recueillir toute plante présentant un profil intéressant. Les champignons ayant des propriétés hallucinogènes ont intéressés les scientifiques du projet. En particulier l'amanita muscaria et le psilocybe mexicana, dont l'utilisation rituelle dans plusieurs cultures fut étudiée par des naturalistes amateurs. Le travail de R. Gordon Wasson, entre autres, fut remarqué par des officiers de l'agence qui ont proposé le recrutement de ce banquier passionné de mycologie[26]. C'est à partir du psilocybe mexicana qu'Albert Hoffman, revenant d'un voyage au Mexique avec Wasson, a pu isoler la psilocybine. Ce puissant psychotrope fut donc ajouté à la longue liste des substances expérimentées dans le cadre du projet[10],[27].

Le 13 avril 1953, ARTICHOKE est intégré au projet MK-ULTRA en tant que sous-projet, gardant son appellation d'origine[1],[2].

Activités[modifier | modifier le code]

Le projet a connu de nombreux développements, sous-projets ou expérimentations connexes, tous réalisés sous le sceau du "secret défense". La plupart des expérimentations ont été entreprises sur des personnes non-consentantes, souvent maintenues dans l'ignorance quant à la nature des protocoles administrés. Beaucoup d'entre elles étaient des employés de la CIA, du personnel militaire et gouvernemental, des prostituées, des personnes affligées de maladies mentales[28]. De plus, un grand nombre de documents liés au projet MK-ULTRA ont été détruits ou caviardés en 1974. Tout cela contribue à rendre sa compréhension et son analyse complète difficile.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Lettre d'approbation du Dr Sidney Gottlieb d'un sous-projet de MK-Ultra sur le LSD daté du .

Les but est l'élaboration de méthodes techniques et scientifiques rigoureuses permettant d'influencer et de provoquer des comportements et de manipuler la conscience pour faire agir de la manière souhaitée.

La CIA met les moyens. Un document MK-Ultra de 1955 donne une indication de l'ampleur de l'effort consenti, qui fait référence à l'étude d'un assortiment de substances qui altèrent l'esprit comme suit[29] :

  1. Substances provoquant un raisonnement illogique et une impulsivité au point que le sujet se discréditera en public ;
  2. Substances augmentant les capacités mentales et les capacités de perception ;
  3. Substances empêchant ou contrariant les effets toxiques de l'alcool ;
  4. Substances augmentant les effets toxiques de l'alcool ;
  5. Substances produisant les signes et symptômes de maladies connues de façon réversible, pouvant être ainsi utilisées pour les simuler ;
  6. Substances rendant la persuasion de l'hypnose plus facile ou qui augmentent son utilité ;
  7. Substances renforçant les capacités de l'individu à supporter privation, torture et coercition pendant un interrogatoire ou un lavage de cerveau ;
  8. Substances et méthodes physiques produisant l'amnésie des événements se déroulant avant et pendant leur utilisation ;
  9. Méthodes physiques pour produire choc et confusion sur de longues périodes et susceptibles d'être utilisées de façon furtive ;
  10. Substances provoquant des incapacités physiques comme paralysie des jambes, anémie aiguë, priapisme… ;
  11. Substance produisant une euphorie « pure », sans « redescente » ;
  12. Substances altérant la personnalité de telle façon que la tendance du sujet à devenir dépendante d'une autre personne est augmentée ;
  13. Substances causant une telle confusion mentale que l'individu sous leur influence lors d'un interrogatoire trouvera difficile de soutenir une histoire fabriquée ;
  14. Substances qui font baisser l'ambition et l'efficacité générale de l'homme lorsque administrées en quantités indétectables ;
  15. Substances qui provoquent faiblesse et distorsion visuelle ou auditive, de préférence sans effets permanents ;
  16. Pilule assommante qui peut être administrée subrepticement dans la nourriture, les boissons, les cigarettes, ou sous forme d'aérosol, etc., qui peut être utilisée en toute sécurité, provoque une amnésie maximum, et qui pourrait convenir à certains types d'agents sur une base ad hoc ;
  17. Substances qui peuvent être administrées subrepticement par les voies supérieures et qui, en très petites quantités, rendent impossible toute activité physique[réf. nécessaire].

Budget[modifier | modifier le code]

Un arrangement secret réserve au projet un pourcentage du budget de la CIA. Le directeur du projet MK-Ultra reçoit 6 % du budget de l'agence en 1953, en dehors de tout contrôle budgétaire[30]. À partir de 1950, le projet représente un milliard de dollar par an[24]. De 1953 à 1963, le projet et ses satellites dépensent 25 millions de dollars[19].

Expérimentations liées au projet[modifier | modifier le code]

Sur le territoire des États-Unis[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, les États-Unis s'intéressent beaucoup à un nouveau psychotrope découvert récemment, le LSD. Des expériences sont menées avec cette substance dans les universités, les hôpitaux psychiatriques, à l'armée et par la CIA. Pour ce faire, elle recrute des volontaires (dont certains deviendront célèbres, comme Ken Kesey). Lors d'une expérience, une sélection de prisonniers héroïnomanes consomment du LSD en continu durant 77 jours. Pour les récompenser, on leur offre de l'héroïne après l'administration du LSD[31].

Une autre technique consiste à injecter des barbituriques par intraveineuse dans un bras et de la méthamphétamine dans l'autre. Les barbituriques sont libérés en premier et, aussitôt que le sujet commence à s'endormir, les amphétamines sont injectées. Le sujet déclame alors des propos incohérents, mais il est possible de l'interroger et d'obtenir des réponses. Le traitement est rejeté, car la combinaison des deux médicaments peuvent causer la mort du patient[réf. nécessaire].

Extrait d'une note du sous-projet 119 datée du 17 août 1960.
Techniques bio-électronique activées à distance[modifier | modifier le code]

Le sous-projet 119 avait pour objectif de réaliser une revue critique de la littérature et des développements scientifiques relatifs à l'interprétation des signaux bioélectriques de l'organisme humain, ainsi que la stimulation du comportement à distance. Dans une note, il est précisé que l'étude regroupait cinq domaines[32] :

  • les capteurs bioélectriques : sources de potentiel électrique significatif et méthodes de captation ;
  • l'enregistrement : amplification, bande magnétique et autres enregistrements multicanaux ;
  • l'analyse : auto-corrélateurs, analyseurs de spectre, etc., et coordination avec des équipements de traitement de données ;
  • la standardisation des données pour la corrélation avec les indices biochimiques, physiologiques et comportementaux ;
  • les techniques d'altération de l'organisme humain par des moyens électroniques distants.

Un répertoire a été constitué après des recherches bibliographiques en neurophysiologie et neuropsychiatrie, biophysique, anatomie, électronique, télémétrie et ingénierie des communications. Les chercheurs ont manifesté un fort intérêt pour les excellentes techniques quantitatives développées par les électroniciens pour analyser et interpréter les signaux électriques des fusées, satellites et missiles balistiques. L'agence devait aussi correspondre avec tout laboratoire ou société ayant des activités liées aux domaines de l'étude[32]. Plusieurs finalités de ce sous-projet, comme la lecture des ondes cérébrales et la modification du comportement à distance, ont été reprises par le journaliste d'investigation Gordon Thomas[33].

Un autre sous-projet a examiné la possibilité d'agir sur le comportement d'un chien, dans un espace ouvert, au moyen d'une stimulation électrique du cerveau à distance. Dans ce but, six chiens ont été employés pour une expérimentation. Certains portaient des électrodes maintenus en place avec du ciment dentaire, tandis que d’autres portaient un casque fixé à leur harnais. Grâce à ces dispositifs, les chercheurs sont parvenus à faire courir, changer de direction et s'arrêter les chiens par le biais d'un courant électrique spécifique faisant office de commande[34],[35].

À l'étranger[modifier | modifier le code]

Au Canada[modifier | modifier le code]

Une partie de ces expériences eurent lieu au Canada après que la CIA eut recruté un médecin d'Albany, le Dr Donald Ewen Cameron, auteur d'un article dans l'American Journal of Psychiatry sur le psychic driving (instinct psychique) que la CIA avait trouvé particulièrement intéressant[36]. Cameron y décrit sa théorie de correction de la folie qui consistait à effacer la mémoire du sujet et à la reconstruire complètement. Il faisait l'aller-retour chaque semaine à Montréal pour travailler à l'Institut Allan Memorial, un institut de santé mentale situé sur le mont Royal, et fut payé 69 000 $ au total entre 1957 et 1964. Il semble que la CIA lui avait confié les expériences les plus dangereuses à tester sur des ressortissants étrangers.

En plus du LSD, Cameron expérimenta diverses substances paralysantes ainsi qu'une thérapie par électrochocs qui utilisait des courants 30 à 40 fois plus puissants que la normale (ses expériences consistaient à mettre les sujets dans un coma induit par des psychotropes pendant plusieurs semaines — jusqu'à trois mois dans un cas) tout en jouant des enregistrements de simples bruits ou de phrases répétitives. Ses expériences étaient généralement faites sur des patients ayant été admis dans l'institut pour des troubles d'anxiété ou de dépression. Beaucoup de ces patients ont conservé des séquelles[37]. Les patients se voyaient administrer de bonne heure des injections intraveineuses de thorazine, phénergan, séconal et autres barbituriques. Puis ils se voyaient administrer des électrochocs de plus de 150 volts. Cette procédure durait de 15 à 65 jours. Ils étaient ensuite traités à la methédrine (un type d'amphétamine) et au LSD, injectés également en doses massives. Ils étaient également conduits dans des chambres d'isolation sensorielle où ils se voyaient exposés 24 heures sur 24 à un même message préenregistré pendant deux semaines[réf. à confirmer][38].

En France[modifier | modifier le code]

En , un épisode de folie collective au bilan très lourd nommée affaire du pain maudit affecte le village de Pont-Saint-Esprit (France). Parmi les cinq hypothèses expliquant cet événement figure celle d'une expérience menée par la CIA sur les effets du LSD[39].

Expérimentations connexes[modifier | modifier le code]

À la même période que le projet MKUltra, les États-Unis investissent dans de nombreuses expérimentations. Ainsi l'armée semble avoir développé ses propres projets dont les objectifs sont proches ou similaires à ceux de la CIA et visent à explorer de nouvelles armes potentielles comme les effets encore peu connus d'éléments nucléaires, radiologiques, bactériologiques et chimiques.

À partir de 1945, un programme de « ré-éducation » psychologique et mentale est mis en place à l'échelle d'un pays entier, l'Allemagne de l'Ouest, dans le cadre de la dénazification d'après le réalisateur Lutz Dammbeck[40].

À partir de 1946, des enfants malades mentaux sont nourris avec des céréales radioactives dans une école du Massachusetts[41].

En 1966, des bactéries cachées dans des ampoules électriques sont propulsées dans le métro de New York afin de calculer la vitesse de propagation en cas de guerre bactériologique[41].

L'agence veut aussi être capable de manipuler des dirigeants étrangers et tente d'ailleurs d'utiliser certaines de ces techniques sur Fidel Castro[réf. nécessaire].

Le docteur Lawrence Hinkle et le neurologue Harold Wolff de l'université Cornell (NY) sur la "douleur auto-infligée", Donald Hebb, Richard Helms et Donald Ewen Cameron[réf. nécessaire] de l'Université McGill au Canada sur la privation sensorielle et la déprogrammation par électrochocs[24],[42].

À partir de là, il s'agit de savoir si ces techniques une fois enseignées à un soldat pourraient en faire un interrogateur efficace. C'est là qu'interviennent les expériences de Stanley Milgram à l'université de Yale et de Philip Zimbardo à Stanford sous la façade d'une recherche de l'US Navy.

Opérations liées au projet[modifier | modifier le code]

Midnight Climax[modifier | modifier le code]

Les efforts pour trouver des sujets étaient parfois illégaux. En 1955, à San Francisco, au cours de l'opération Midnight Climax, la CIA paie George White, de la police anti-drogue, afin qu'il monte deux maisons closes et utilise les prostituées pour obtenir des sujets qui seraient trop gênés pour parler des expériences. Les chambres des maisons closes sont équipées de miroirs sans tain et les scènes sont enregistrées pour des analyses ultérieures. Les clients boivent de l'alcool dans lequel du LSD a été ajouté et les prostituées travaillent sous la surveillance d'agents de la CIA[réf. nécessaire].

Fin du projet[modifier | modifier le code]

En 1972, Richard Helms, directeur de la CIA, ordonna la destruction des archives du projet. Il est donc difficile d'avoir une compréhension complète de MK-Ultra étant donné que plus de 150 sous-projets différents ont été financés dans le cadre de ce programme. Cependant, des milliers de documents furent découverts en 1977[43],[44]. Le projet fut définitivement arrêté en 1988.

Après MK-ULTRA[modifier | modifier le code]

Premières commissions d'enquête et excuses officielles[modifier | modifier le code]

En , le New York Times révéla que la CIA avait conduit des activités illégales sur le territoire américain, dont des expériences sur des citoyens américains dans les années 1960. L'existence du projet est révélée au grand public au milieu des années 1970 par le magazine Time. Certaines des expériences de ce projet sont liées au développement des méthodes de torture et sont donc susceptibles de constituer des infractions au droit américain et au droit international.

En réponse, le gouvernement américain crée trois commissions d'enquête distinctes ayant pour but d'enquêter sur les activités de la CIA et du FBI qui avaient eu lieu sur le territoire américain. Ces commissions ont aussi enquêté sur les activités des agences de renseignement militaires:

- La commission Rockefeller: commission du vice-président Nelson Rockefeller sur les activités de la CIA aux États-Unis (1975) ;

- La Commission Church: une commission d'enquête du Congrès américain, le Comité sénatorial spécial du sénateur Frank Church chargé d’étudier les opérations gouvernementales en matière de renseignement (1975-1976) ;

- et l'enquête des sénateurs Edward Kennedy et Daniel Inouye lors des audiences conjointes du Comité spécial du Sénat sur le projet MKUltra, programme de recherche de la CIA en modification comportementale (1977).

Les conclusions de ces trois commissions seront toutes entravées par le fait que la CIA ait détruit certains de ses dossiers. Lorsque les dossiers sont disponibles, ils sont caviardés ou biffés au feutre noir; lorsque des témoins sont convoqués pour témoigner devant le Congrès, ils ont des oublis[45].

Durant l'été 1975, des audiences du Congrès et de la commission Rockefeller révèlent officiellement au public que la CIA et le département de la Défense avaient conduit des expériences sur des sujets humains, avec ou sans leur consentement, dans le cadre d'un programme visant à influencer des sujets humains par l'utilisation de substances psychotropes, ainsi que par d'autres moyens (psychologique, chimique, physique, électrique).

Lors des commissions sénatoriales dans les années 1970, le conseiller en chef de l'armée a rendu publique une liste, qui pourrait être incomplète, de 125 substances essayées dans le cadre de ces expérimentations sur le lavage de cerveau.[réf. nécessaire]

La commission révéla aussi qu'au moins un sujet, Frank Olson, était mort à la suite de ces expériences. Dick Cheney et Donald Rumsfeld ont organisé une rencontre entre la famille d'Olson et le président Gerald Ford, qui a présenté des excuses officielles à la famille ainsi qu'une compensation financière.

« Le directeur adjoint de la CIA a révélé que plus de trente universités et institutions avaient participé à un large projet de tests et d'expérimentations qui comportait des tests de médicaments cachés sur des sujets non-volontaires de toutes les catégories sociales, hautes et basses, américains et étrangers. Plusieurs de ces tests consistaient à administrer du LSD sur des sujets ignorants dans diverses situations sociales. Au moins un décès fut enregistré : celui du Dr Olson est dû à ces activités. L'agence a elle-même reconnu que ces expériences n'avaient pas de valeur scientifique. Les agents qui faisaient le suivi n'étaient pas des observateurs scientifiques compétents. »

Edward Kennedy, sénateur des États-Unis. Discours prononcé le , devant le comité sur le renseignement, sous-comité sur la santé, service de recherche du comité des ressources humaines du Sénat.

Enquêtes suivantes[modifier | modifier le code]

Le cas Frank Olson[modifier | modifier le code]

Frank Olson, biochimiste de l'armée et chercheur dans le domaine des armes biologiques, avait reçu du LSD et se serait suicidé par défenestration une semaine plus tard, au cours d'une crise de paranoïa aiguë. Le médecin de la CIA qui était censé surveiller Olson s'était apparemment endormi lorsque Olson est passé à travers la fenêtre fermée aux rideaux tirés. Les circonstances exactes de sa mort demeurent pour le moins controversées. À l'issu de la commission d'enquête de 1975, il a été établi que Frank Olson aurait ingéré du LSD contre sa volonté dans le cadre d'une expérimentation. Dick Cheney et Donald Rumsfeld ont organisé une rencontre entre la famille d'Olson et le président Gerald Ford, qui a présenté des excuses officielles à la famille ainsi qu'une compensation financière.

Le fils de Frank Olson conteste cette version et prétend que son père a été supprimé en raison de ses connaissances sur les techniques d'interrogatoire (parfois mortelles) utilisées par la CIA sur des prisonniers du bloc de l'Est en Europe. En 1994, le corps d'Olson a été exhumé et les traces sur sa boîte crânienne suggèrent qu'il a reçu un coup avant la chute qui l'aurait tué.

L'enquête interne de la CIA a conclu que le Dr Gottlieb avait conduit ses expériences avec l'assentiment de Frank Olson, bien que ni Olson ni les autres personnes qui ont pris part à ces expériences n'eussent été informées de la nature exacte des substances avant leur ingestion. Cette enquête suggère que le Dr Gottlieb aurait dû être réprimandé car il n'avait pas pris en compte les tendances suicidaires de Frank Olson, bien que ces tendances aient été déjà diagnostiquées.

Des rapports successifs montrent qu'une autre personne, Harold Blauer, un joueur de tennis professionnel est mort à cause d'expériences réalisées avec de la mescaline.

Dans les années 1960 à l'université d'Harvard, le professeur Henry Murray supervise des expériences de psychologie sociale incluant les recherches de Timothy Leary sur le LSD. Ces recherches seraient liées au projet MK-Ultra selon plusieurs sources[46]. Le terroriste Theodore Kaczynski est l'un des étudiants qui a subi certaines des expériences de Murray à Harvard[47].

Victimes et autres commissions[modifier | modifier le code]

Par ailleurs d'autres commission d'enquête ont lieu jusqu'en 1995:

- Le se tint l'ouverture de la 95e audition du Congrès américain sur les rapports d'abus concernant les recherches sur le contrôle mental de la CIA appelées MK-Ultra.

- Le , une victime de haut niveau de MK-Ultra, libérée de l'emprise mentale de la CIA, poursuivit le gouvernement durant sept ans. Les poursuites judiciaires et les preuves (accablantes pour le gouvernement américain) firent arrêter le procès pour raisons de « sécurité nationale »[réf. nécessaire].

- Le , la Commission consultative présidentielle au cours de laquelle sont notamment enregistrés les témoignages de personnes se présentant comme témoins et victimes du projet[48] :

  • Christine DeNicola prétend avoir été victime du docteur L. Wilson Green de 1966 à 1976 à Tucson (Arizona), ainsi qu’à l’université de Kansas City à l’âge de 4 ans. Les rapports du docteur Green auraient été destinés à la CIA et à l’armée. Elle dit avoir subi des injections de drogues, des électrochocs, des radiations dans le but de fragmenter sa personnalité et ainsi obtenir un contrôle mental sur elle ;
  • Claudia Mullen prétend avoir été victime du docteur L. Wilson Green de 1957 à 1984 à partir de l’âge de 7 ans. Elle met en cause le docteur Sidney Gottlieb et le docteur James Hamilton. Elle dit avoir été testée, en 1958, par des médecins de la Human Ecology Society : les docteurs John Gittinger, Cameron (électrochocs) et Green (rayons X). Elle prétend avoir été, à l'âge de 9 ans, en 1959, envoyée dans le camp de Deep Creek Cabin dans le Maryland, où on lui aurait appris à assouvir les désirs sexuels des hommes et les forcer à parler d’eux-mêmes : auraient été présents Richard Helms, directeur adjoint de la CIA, le docteur Gotlieb, le capitaine Georges White et Morris Allan. Elle met en cause l’Office of Research Development dirigé par les docteur Green, Steven Aldrich, Martin Orne et Morris Allan.
  • Valérie Wolf parle d'expérimentations impliquant l'exposition à des radiations et à des produits chimiques en lien avec une programmation mentale réalisée sur de jeunes enfants et pendant plusieurs années.

En l'absence d'autres sources, ces allégations demeurent sujettes à caution. Néanmoins, le , face à l'accumulation de révélations, le président américain Bill Clinton est contraint de formuler des excuses publiques concernant les expériences ayant eu lieu sur le sol américain. À cette occasion, de nombreuses archives secrètes sont dévoilées au public.

Bien que l'opinion générale mise en avant par les médias est qu'il n'y a pas de preuves que la CIA (ou qui que ce soit) ait réussi à contrôler les actes d'une personne à travers les techniques de contrôle mental testées dans le projet MK-Ultra, plusieurs livres de victimes prétendant avoir survécu à ces expériences et ayant retrouvé la mémoire ont été écrits et publiés dans les années 1990 sans qu'il soit possible de vérifier leurs allégations. Parmi ceux-ci Thanks for the Memories de Brice Taylor et Trance Formation of America de Cathy O'Brien et Mark Philipps.

L'ensemble des expérimentations menées dans et autour de MK-Ultra aurait mené à la rédaction d'un manuel de torture employé par la CIA : le "Kubark"[réf. nécessaire].

Théories du complot[modifier | modifier le code]

Le projet MK-Ultra se prête particulièrement bien aux théories du complot du fait de son statut paralégal très ambigu, de ses sujets d'expériences qui impliquent des enfants[réf. nécessaire], des prostituées et des drogués, du fait que la plupart des documents officiels sur ces expériences ont été détruits par le directeur de la CIA Richard Helms en 1973, du profil controversé de plusieurs personnalités liées au projet et surtout de son but avoué de manipulation mentale[réf. nécessaire].

Il existe des théories du complot prétendant que le projet MK-Ultra et l'assassinat de Robert F. Kennedy seraient liés. Certains mettent en avant le fait que l'assassin Sirhan Bishara Sihran était contrôlé mentalement, mais en général ces théories n'ont pas été retenues en raison d'un manque de preuves concrètes. Cependant, ces idées sont de plus en plus répandues[réf. nécessaire], surtout depuis le témoignage de Sirhan Bishara Sirhan, via son avocat Lawrence Teeter, divulgué le dans un entretien[49].

Donald D. DeFreeze de l'Armée de libération symbionaise aurait pu être une victime de ce programme, expliquant ses crimes[réf. à confirmer][38] ; ainsi que les membres de la « famille » de Charles Manson d'après Adam Gorightly dans son livre The Shadow Over Santa Susana.

Une autre théorie impliquerait que Bill Clinton ait été sous manipulation mentale et ainsi contrôlé à de multiples reprises, de même que Barbara Bush[réf. nécessaire].

Ce projet est également évoqué par des partisans de la théorie du complot au sujet de la fusillade d'Aurora[50][source insuffisante].

Fritz Springmeier élabore une sorte de macro-théorie du complot dans laquelle le projet MK-Ultra (ou plus précisément un de ses sous-projets, le projet Monarch) jouerait un rôle central dans l'agenda du nouvel ordre mondial. Selon cette théorie, les connaissances acquises grâce à MK-Ultra seraient désormais mises en œuvre dans l'industrie médiatique et culturelle afin d'influencer les masses, la manipulation mentale étant suggérée ou communiquée symboliquement dans de nombreuses œuvres en particulier au cinéma et dans les clips musicaux qui agiraient comme préparation ou acclimatation des masses à la manipulation mentale au profit d'une petite élite sans scrupule[réf. nécessaire].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Films dont la thématique s'inspire du projet MK-ULTRA[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970 se développe le « Nouvel Hollywood » dont plusieurs films sont inspirés par la symbolique et les thèmes « MK-Ultra », ce que certains critiques appellent le « cinéma du complot » ou le « cinéma paranoïaque »[51],[52].

  • Un crime dans la tête (The Mandchurian Candidate, 1962) de John Frankheimer (et son remake en 2004).
  • La Grande Bouffe, réalisé par Marco Ferreri et sorti en 1973. Les protagonistes du film adoptent un comportement différent en réaction à des gestes ou des sons précis.
  • Complots (Conspiracy Theory, 1997) de Richard Donner.
  • Control Factor, réalisé par Nelson McCormick et sorti en 2003.
  • Trouble jeu (Hide and Seek), réalisé par John Polson et sorti en 2005.
  • The Killing Room, réalisé par Jonathan Liebesman et sorti en 2009.
  • Les Chèvres du Pentagone, réalisé par Grant Heslov et sorti en 2009.
  • RED, réalisé par Robert Schwentke et sorti en 2010, fait référence à des expériences menées avec du LSD.
  • Hanna, réalisé par Joe Wright et sorti en 2011.
  • American Ultra, réalisé par Nima Nourizadeh et sorti en 2015.
  • Room 237, réalisé par Rodney Asher et sorti en 2012. Le documentaire comporte plusieurs séquences qui présentent différentes interprétations du film Shining, sorti en 1980, et attire l'attention sur une mention du projet MONARCH.

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

  • Dans la série d'animation Lupin III: A Woman called Mine Fujiko (1967), de nombreuses expérimentations mentales telles que le projet MK-Ultra sont au cœur de l'intrigue : le scénario se concentre en particulier sur les expérimentations que subissent des enfants ainsi que les abus sexuels liées aux expériences.
  • La série The Sleep Room (1998)[53].
  • L'épisode 5 de la saison 2 de la série Fringe de J. J. Abrams en 2009 y fait directement référence (00:19:36). Walter Bishop aurait eu un rôle dans ce projet, affirmant qu'à l'époque tout le monde pensait que le LSD et l'hypnose les mèneraient au but.
  • Le projet MK-Ultra est mis en avant dans la série Alphas (épisode 11, saison 1) du . Une taupe dans le groupe des Alphas aurait donné des copies du dossier MK-Ultra.
  • La série Stranger Things (2016) des frères Duffer est liée au projet MK-ULTRA dans ses saisons 1 et 2, diffusées sur Netflix. En effet, lune jeune fille, Eleven, a été élevée dans un laboratoire du gouvernement et a été victime des expérimentations, sa mère participant à ce projet.
  • L'épisode 8 de la saison 7 de la série d'animation Archer diffusé le sur FX évoque le projet MK-ULTRA.
  • La série Wormwood (2017) réalisée par Errol Morris et diffusée sur Netflix est basée sur le projet MK-ULTRA et débute par la mort du Dr Franck Olson.
  • La série Manhunt: Unabomber (2017) diffusée sur Netflix est centrée sur le parcours criminel de Theodore Kaczynski, victime des expérimentations de MK-ULTRA.

Littérature de fiction[modifier | modifier le code]

  • Marc Dugain, Ils vont tuer Robert Kennedy, Éditions Gallimard, , 400 p. (ISBN 2072697107). Pour l'auteur de ce roman, l'assassin de Robert Kennedy aurait été l'objet de manipulations mentales dans le cadre du projet MK-ULTRA.

Musique[modifier | modifier le code]

  • MK Ultra est un groupe punk de fastcore situé à Chicago (1993-2000).
  • Le clip de Sunset (Bird of Prey) (2000) de Fatboy Slim représente un pilote d'avion de chasse sous l'emprise d'une drogue. Des images subliminales de son dossier militaire sont montrées à la fin du clip avec la référence "MKULTRA".
  • MK Ultra (2007) est une chanson du groupe Black Rebel Motorcycle Club.
  • MK Ultra est la cinquième piste de l'album Quarantine (en) de la musicienne américaine Laurel Halo, sorti en 2012.
  • MK Ultra est un groupe de rock anti-communiste allemand.
  • MK Ultra est la septième piste de l’album The Resistance du trio britannique Muse, sorti en 2009.
  • MK Ultra est la deuxième piste de l'album Juggernaut: Alpha du groupe Periphery, sorti en 2015.
  • MK Ultra est un single d'Unwound paru en 1994 chez Kill Rock Stars.
  • Le projet MK Ultra est referencé par VALD dans Ce monde est cruel, un des titres de son album éponyme
  • MK Ultra est une chanson sur l'album Nibiru d'Osirus Jack sorti en 2019.
  • MK Ultrap est un EP/jeu-vidéo pour smartphones de Graams sorti en 2020.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Dans le jeu de rôles Conspiracy X (2006), le projet MKULTRA est une des organisations que les joueurs peuvent choisir.
  • Call of Duty: Black Ops (2010) s'inspire directement de la théorie du complot selon laquelle l'assassin du président Kennedy était une victime du projet MK-ULTRA.
  • The Secret World, développé par Funcom en 2012, fait référence au projet via le Dr Charles Zurn.
  • Outlast, créé par Red Barrels en 2013, s'inspire du projet MK-Ultra.
  • Dans Dead by Daylight, développé par Behaviour Interactive en 2016, le chapitre nommé "Spark of Madness" révèle le personnage d'Herman "Le Docteur" Carter qui aurait travaillé sur le projet MK-ULTRA.
  • Dans Mafia 3 (2016), le personnage de Donovan a fabriqué une seringue de LSD à partir d'une formule secrète qui provient du programme MK-ULTRA.
  • Unheard (2019) est un jeu d'enquête et d'énigme dont le retournement de situation final repose sur un programme de lavage de cerveau semblable au projet MK-ULTRA, bien que celui-ci ne soit pas mentionné. Un des personnages explique que le terroriste Theodore Kaczynsky aurait été un des cobayes de ce programme fictif, ce qui permet un parallèle avec le projet MK-Ultra dont Kaczynsky aurait effectivement été la victime[47],[54],[55].
  • Dans Call of Duty: Black Ops Cold War (2020), les techniques du projet sont utilisées sur le personnage de Bell, afin de le mettre du côté de la CIA.

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Yvonnick Denoël, Le livre noir de la CIA, Nouveau Monde Éditions, , 432 p. (ISBN 2369424761)

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Les Cobayes de la CIA de Olivier Pighetti, 2016
  • Des Bourreaux aux mains propres de Auberi Edler, 2019

Articles connexes[modifier | modifier le code]