Idéal du Moi - Moi idéal

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L’Idéal du Moi (allemand : Ichideal) désigne les valeurs positives auxquelles aspire le sujet, il est lié au narcissisme (Freud 1914) et à la seconde topique freudienne. Le Moi idéal désigne une instance reposant sur un idéal de toute-puissance infantile fondée sur le narcissisme infantile.

Idéal du Moi[modifier | modifier le code]

Freud a introduit la notion d'Idéal du Moi en même temps qu'il introduisait le concept de narcissisme en 1914, dans son essai Pour introduire le narcissisme[1]. La notion de Surmoi, d'abord indifférenciée de l'idéal du moi et écrite « Sur-moi », s'en dégagera plus tard comme instance morale au cours de la seconde topique.

Idéal du Moi et Moi idéal[modifier | modifier le code]

Le Moi idéal est le lieu du fantasme héroïque, lieu dans lequel le sujet se voit accomplissant maintes merveilles. L'idéal du moi contient les traits des futurs choix objectaux. L'idéal du moi se présente alors comme "celui que j'aimerais être", face au moi-idéal, "ce que j'ai été", sa majesté bébé[1].

Le Moi idéal ou moi - plaisir chez Freud[modifier | modifier le code]

Sigmund Freud ne distingue pas le moi idéal ni l’Idéal du moi. Le moi idéal se comprend pourtant selon une formulation freudienne. C'est Hermann Nunberg l'un des premiers qui l'a désigné sous cette appellation de "moi idéal" comme instance antérieure et plus archaïque que l'Idéal du Moi. Il est corollaire d'un moi inorganisé, uni au ça. C'est ensuite Daniel Lagache qui a opposé le couple "Idéal du Moi - Moi" à celui de "Moi idéal - ça"[2].

Freud pense la formation du moi comme s'étalant en plusieurs phases. Si le moi institue la conscience et le principe de réalité, lequel rendra possible la capacité d'admettre des défauts fondant le moi réalité, il y a dans un premier temps un moi bien plus archaïque. Le moi plaisir, s'il dénote un premier travail de différenciation entre le dedans et le dehors, s'accorde en effet certains avantages : il rejette à l'extérieur toute faute – ou plutôt tout déplaisir, toute imperfection – et se pense comme la somme de tout bien.

Le moi plaisir décrit donc la tendance infantile à se reconnaitre comme le bien, et à désigner l'extérieur comme le mal. Il y a introjection du bon et projection du mauvais.

Après Freud[modifier | modifier le code]

Selon Jacques Lacan[modifier | modifier le code]

L'Idéal du Moi se distingue nettement du Moi. Alors que l'instance moïque tient du registre imaginaire, est captation aliénante du Sujet, l'Idéal du Moi amène l'identification à un registre symbolique. L'Idéal du Moi rassemble des images, provenant du deuxième Autre qui incarne la Loi, proposant au Moi des identifications. L'Idéal du Moi est donc instance du discours. L'Idéal du Moi est lié au stade du miroir[3]. Le moi idéal (en allemand, ideal-Ich) se rapporte au sujet se percevant comme idéalisé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sigmund Freud, « Pour introduire le narcissisme » in Œuvres complètes de Freud: Volume 12, 1913-1914,  éd.Presses Universitaires de France, coll. « OCF.P », (ISBN 2130525172)
  2. Daniel Lagache, « La psychanalyse et la structure de la personnalité », 1958, in La psychanalyse, PUF
  3. Jacques Lacan, Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]