Réel, symbolique et imaginaire

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Schéma RSI
Légende : Triangle du coin supérieur gauche : de:Das Imaginäre * Φ : Der imaginäre de:Phallus * S : Das Subjekt des Unbewussten * m : Moi. i * Trapèze central : "Bande de réalité" - de:Das Reale * Triangle du coin inférieur droite : de:Das Symbolische * M : Die symbolische Mutter. – a: Der imaginäre andere (de:Objekt klein a) * I: Idéal du Moi (Ideal-Ich) – a': Das Ich in Begegnung mit dem imaginären anderen * P : Das Gesetz/Der Name des Vaters * A : de:Der große Andere

Réel, symbolique et imaginaire sont trois registres distingués par Jacques Lacan et repris par les psychanalystes d'orientation lacanienne. Ces trois registres sont regroupés dans le schéma RSI proposé par Lacan, auquel il a consacré son séminaire 22, durant l'année 1974-1975.

Origine[modifier | modifier le code]

Mais Lacan mobilise ces catégories dès les années 50. Il s'inspire alors d'une part de la réflexion et de l'œuvre de Georges Bataille, d'autre part des travaux de Ferdinand de Saussure et de Claude Lévi-Strauss, c'est-à-dire du structuralisme.

Lacan propose une métaphore.[citation nécessaire] Si nous prenons une table, la table imaginaire recoupe les fonctions de cet objet, on mange dessus, elle peut servir à poser un vase, elle marque le repas, etc. La table symbolique, c'est le mot table tel qu'il vient se lier dans le discours : à table !, faire table rase - le signifiant table peut aussi s'insérer dans d'autres expressions, comme table des matières. Enfin, le réel se constitue du reste, soit ce que l'on ne connaît pas.

Symbolique[modifier | modifier le code]

Le symbolique, est du domaine des signifiants, qui sont eux-mêmes à différencier des mots. Ferdinand de Saussure, dans son Cours général de linguistique (1912) présentait le signifiant comme une image acoustique, après lui, Jacques Lacan nous dit que le signifiant est ce qui s'entend. Il insiste donc sur le pendant de la phonétisation propre au signifiant. Néanmoins il s'écarte de la conception de Saussure, car il désapprouve le lien arbitraire entre signifiant et signifié, au contraire il soutient que le signifiant a des effets de signifié. Pour que ces deux dimensions soient liées, et que les signifiants puissent constituer une chaîne signifiante la métaphore paternelle, chez un sujet, doit avoir opéré.

Imaginaire[modifier | modifier le code]

L'imaginaire est souvent supposé à tort précéder le symbolique (voir ci-dessous en lien externe la construction du schéma R). En fait l'imaginaire humain, fiction de la totalité unifiée, est uniquement permis par le symbolique, donc lui succède.

Dans ce registre, on trouve le moi (comme sujet aliéné, héritier de l'enfant assujet).

Réel[modifier | modifier le code]

« On pourrait dire que le Réel, c’est ce qui est strictement impensable. Ça serait au moins un départ. Ça ferait un trou dans l’affaire, et ça nous permettrait d’interroger ce qu’il en est de ce dont - n’oubliez pas que je suis parti - à savoir de trois termes, en tant qu’ils véhiculent un sens. Le réel a un statut particulier, du fait que l'on ne l'atteint pas. Le réel est inaccessible[1]. »

Le réel n'est par la réalité, qui est déjà pour nous une construction, complètement baignée et informée par le langage. Lacan écrit ailleurs que « le réel, c'est l'impossible », insistant sur le caractère informalisable du réel, sur son hétérogénéité, sur son caractère de déchet, de rebut : le sujet met dans le réel tout ce qu'il ne peut pas mettre ailleurs, tout ce qui n'entre pas dans le filet du langage et des représentations imaginaires, autrement dit tout ce qui ne fait pas sens (le sens étant constitué du nouage de l'Imaginaire et de Symbolique) : entre les nœuds du sens, le réel fait un trou, dans le tissu symbolique il se manifeste comme trou, comme manque, même si lui-même n'est pas trou, mais se manifeste au contraire comme consistance brute, comme plénitude d'un contenu [1].

Dans le séminaire 9 sur L'identification, Lacan parle du retournement et de l'inversion constitutifs du Réel, et évoque à ce sujet une formule de Kant : Ein leerer Gegenstand ohne Begriff (Un objet vide impossible à saisir par le concept)[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lacan, Séminaire 22 « RSI », séance du 10 décembre 1974, STAFERLA, p. 11 (ce séminaire n'est pas publié, on peut en lire une transcription sur pdf sur le site STAFERLA).
  2. « Naissance du réel chez Lacan »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sándor Ferenczi, Thalassa, essai sur la théorie génitale, Paris, Payot, 1966
  • Jacques Lacan, Séminaire XXII : R.S.I. . Ce séminaire n'est pas publié au Seuil à ce jour.
  • Jacques Lacan, « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose » in J. Lacan, Écrits (1966). Éditions du Seuil
  • Gérard Pommier, Qu'est-ce que le «Réel» ?, Erès, 2004, (ISBN 2-7492-0340-6)
  • Jean-Claude Milner, Les Noms indistincts, Le Seuil, collection « Connexions du Champ freudien », 1983
  • Extrait du Mémoire de psychiatrie de J.-J. Pinto sur la psychothérapie des psychoses (partie théorique). Ce texte fait l'objet, avec l'autorisation de son auteur, Jean-Jacques Pinto, d'une « publication sous licence GNU de documentation libre ».

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]