Hanna Segal

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Hanna Segal
Nom de naissance Hanna Poznanska
Naissance
Lódz (Pologne)
Décès (à 92 ans)
Londres
Nationalité Britannique
Pays de résidence Royaume-Uni
Diplôme
Psychiatre
Profession
Psychanalyste
Activité principale
Distinctions
Sigourney Award (avec Pearl King) 1992

Hanna Segal, née à Łódź, en actuelle (Pologne), le , dans une famille juive cultivée, son père est juriste[1]. Elle passe son enfance à Varsovie. Les revers professionnels de son père conduisent celui-ci à s'installer en Suisse, où il devient rédacteur au Journal des Nations, journal helvétique antifasciste interdit en 1938, puis à Paris. Hanna poursuit ses études à l'École internationale de Genève. elle rencontre Eugénie Sokolnicka, relation familiale, et entend parler pour la première fois de psychanalyse. Hanna finit ses études secondaires à Varsovie et commence des études de médecine. Alors qu'elle est en vacances chez ses parents à Paris, l'armée allemande envahit la Pologne en septembre 1939. Hanna continue ses études un temps à Paris, puis à Manchester et Edimbourg, obtenant son diplôme en 1943. À Edimbourg, elle rencontre Fairnbairn qui lui parle de Melanie Klein et d'Anna Freud. Elle commence une analyse avec un kleinien, David Matthews, puis se rend à Londres avec une recommandation de Fairnbairn pour Donald Winnicott.

Hanna Segal travaille à l'hôpital pour enfants Green Paddington (Londres) et fait une analyse avec Melanie Klein. Elle devient psychiatre à l'hôpital d'Epsom, tout en continuant sa formation psychanalytique, supervisée par Joan Riviere et Paula Heimann. Elle épouse son ami d'enfance, Paul Segal. Elle meurt le (à 92 ans)[2].

Fonctions et distinctions[modifier | modifier le code]

Elle a été présidente de la Société britannique de psychanalyse, et vice-présidente de l'Association psychanalytique internationale. En 1992, elle reçoit, avec Pearl King[3], le Sigourney Award[4].

Travaux[modifier | modifier le code]

Elle publie plusieurs ouvrages d'introduction à la pensée kleinienne, notamment Introduction à l'œuvre de Mélanie Klein et Mélanie Klein : développement d'une pensée. Hanna Segal a également travaillé sur l'esthétique, l'art, la symbolisation, la guerre.

Le concept d'« équation symbolique »[modifier | modifier le code]

La théorie psychanalytique lui est notamment redevable du concept d' « équation symbolique »[5]. Ainsi Bernard Golse précise-t-il dans un article sur « La pensée kleinienne » paru en 2014 dans la revue Topique: « la place centrale des équations symboliques comme pont entre l'identité de perception et l'identité de pensée dans la mesure où les équations symboliques permettent au bébé, de donner une suite sensorielle aux expériences relationnelles ayant eu lieu avec l'objet qui s'est ensuite absenté »[6].

« L'impulsion créatrice »[modifier | modifier le code]

Dans un article de 2014 de Jean-Michel Quinodoz, intitulé « L’origine de l’impulsion créatrice chez Hanna Segal » , cet auteur considère que : « Pour Segal, la création artistique est très souvent une recréation d’un monde perdu, et l’artiste n’en a souvent pas conscience. Celui-ci ne recrée pas le même monde, mais il le transforme et lui donne une forme différente qui lui est personnelle ». En termes plus kleiniens, il explique que « la dynamique de la créativité se trouve dans les impulsions réparatrices de la position dépressive, ce qui implique une élaboration des états mentaux précoces, en particulier une intégration de la perception des sentiments de chaos et de persécution »[7].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Introduction à l'œuvre de Mélanie Klein, Paris, PUF, collection "Bibliothèque de psychanalyse", 1969, 11e ed. 2011, (ISBN 213058571X)
  • Mélanie Klein : développement d'une pensée, Paris, PUF, 1982, (ISBN 2-13-039148-6)
  • Délire et créativité : essais de psychanalyse clinique et théorique avec Annik Comby, Paris, Editions des Femmes, 1986 (ISBN 2-7210-0305-4)
  • Rêve, art et phantasme, Paris, Bayard, coll. «Bibliothèque internationale de psychanalyse», 1993 (ISBN 2-227-23300-1)
  • Psychanalyse clinique, Paris, PUF, coll. «Le Fil rouge», 2004, (ISBN 2-13-051799-4)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Jean-Michel Quinodoz, A l'écoute d'Hanna Segal : sa contribution à la psychanalyse, Paris, PUF, 2008 (ISBN 2130560164)
  • (Dossier) « La pensée kleinienne » Topique, no  127, septembre 2014.
  • Hanna Segal], carnet, The Guardian, 14.07.2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Michel Quinodoz, À l'écoute d'Hanna Segal, cf. bibliographie.
  2. New York Times
  3. Pearl Helen Mellows King, décédée le 15 janvier 2015, psychanalyste et archiviste de la Société britannique de psychanalyse, est notamment éditrice, avec Riccardo Steiner, de l'ouvrage Controverses Anna Freud Melanie Klein 1941-1945, Paris, PUF, 1996.
  4. Notice sur le site du Sigourney Award, consultée en ligne le 4.02.15.
  5. Cf. le colloque de l'Association internationale Interactions de la psychanalyse (A2IP) en 2012. [PDF] lire en ligne
  6. Bernard Golse, « Le concept d'équation symbolique au regard de la polysensorialité » dans Topique, N° 127, septembre 2014.
  7. Jean-Michel Quinodoz, L'origine de l'impulsion créatrice chez Hanna Segal, Topique, no  127, « La pensée kleinienne », septembre 2014.