Donald Ewen Cameron
| Président de l'Association américaine de psychiatrie | |
|---|---|
| - | |
Leo H. Bartemeier (en) Kenneth Ellmaker Appel (d) |
| Naissance | Bridge of Allan, Écosse |
|---|---|
| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
Donald Cameron |
| Nom de naissance |
Donald Ewen Cameron |
| Surnom |
Docteur Cameron |
| Nationalités | |
| Formation | |
| Activité |
| A travaillé pour |
Université McGill Albany Medical College (en) |
|---|---|
| Membre de |
Association Mondiale de Psychiatrie (en) (- |
Donald Ewen Cameron, né le à Bridge of Allan, en Écosse, et mort le à Lake Placid, États-Unis, est un psychiatre américain d'origine écossaise. Il est notamment directeur de l'Institut Allan Memorial entre 1944 et 1964, ainsi que président de l'American Psychiatric Association (1952-1953), de la Canadian Psychiatric Association (1958–1959) et de la World Psychiatric Association (1961–1966).
Cameron est aussi connu pour son implication dans des expérimentations controversées sur le contrôle mental menées dans les années 1950 et 1960. En partie financées par la Central Intelligence Agency (CIA), ces activités sont révélées au grand public dans les années 1970, suscitant de vives préoccupations concernant les violations de l'éthique médicale.
Biographie
[modifier | modifier le code]Jeunesse et formation
[modifier | modifier le code]Donald Ewen Cameron est né le à Bridge of Allan, en Écosse. Il étudie la médecine à l'Université de Glasgow, où il obtient son diplôme en 1924, avant de poursuivre sa formation au Glasgow Royal Mental Hospital en tant que médecin assistant[1],[2],[3]. Il y rencontre le Dr David K. Henderson, avec qui il travaille, et le Dr Adolf Meyer, psychiatre originaire de Zurich qui « a joué un rôle essentiel dans la légitimation d'approches biologiques extrêmes » en psychiatrie[1],[4].
En 1926, il part aux États-Unis pour travailler à la clinique psychiatrique Henry Phipps de l'hôpital Johns Hopkins, à Baltimore, sous la direction d'Adolf Meyer. Cette collaboration permet ensuite au Dr Ewen Cameron de passer deux ans en Suisse, à la clinique psychiatrique universitaire de Zurich (aussi appelée Burghölzli)[1],[2]. Il découvre les travaux d'Eugen Bleuler (créateur de l'entité nosologique « schizophrénie ») et Jakob Klaesi, qui a inauguré une « thérapie du sommeil » (Dauerschlaf ou Dauernarkose en allemand) basée sur l'administration de barbituriques[1],[2],[5]. En 1929, il part travailler au Canada, au Brandon Mental Hospital, puis s'installe aux États-Unis où il devient directeur de la recherche au Worcester State Hospital (en) en 1936[2],[6].
En 1935, D. Ewen Cameron publie le livre Objective and Experimental Psychiatry, dans lequel il souligne l'importance d'une connaissance rigoureuse de la biologie dans l'étude de la psychiatrie[3].
En , il est nommé professeur de neurologie et de psychiatrie à l’Albany Medical College (en), dans l'État de New York[6]. Il obtient la certification de son diplôme américain en psychiatrie la même année[2],[7].
Institut Allan Memorial
[modifier | modifier le code]En 1943, D. Ewen Cameron prend la direction de l'Institut Allan Memorial (AMI), propriété du Royal Victoria Hospital à Montréal, qui abrite le département de psychiatrie de l'université McGill nouvellement créé grâce au financement de la Fondation Rockefeller[2],[8].
Expertise de Rudolf Hess
[modifier | modifier le code]En , en vue du procès de Nuremberg, D. Ewen Cameron est désigné, aux côtés des psychiatres Nolan D. C. Lewis et Jean Delay, pour évaluer l'état mental et la responsabilité pénale de Rudolf Hess[2],[9],[10]. Leur rapport conclut que Hess « souffre d'hystérie, caractérisée en partie par une perte de mémoire [...] à laquelle s'ajoute une exagération consciente de sa perte de mémoire et une tendance à l'exploiter pour se protéger »[11],[12].
Peu de temps après, durant le procès des Médecins, sera élaboré le Code de Nuremberg qui définit un certain nombre de critères encadrant l'expérimentation humaine, notamment le consentement du sujet[3].
Traitement de la schizophrénie
[modifier | modifier le code]En 1948, les chimistes suisses Arthur Stoll et Albert Hofmann déposent le brevet américain pour le LSD, un psychotrope dont les propriétés hallucinogènes suscitent un intérêt croissant en psychiatrie. À l'automne 1951, un comité incluant Nolan D.C. Lewis et D. Ewen Cameron valide son usage expérimental sur des sujets bien portants volontaires[13].
À la tête de l'Institut Allan Memorial, Cameron mène ses propres recherches et expérimentations, parallèlement au développement du département de psychiatrie qu'il dirige. Il introduit un nouveau système flexible d'admission et de sortie, permettant à certains patients de quitter l'établissement après les soins. Cette politique marque la naissance de l'hôpital de jour en Occident. Il supervise également la création de plusieurs unités de recherche et programmes d'enseignement dans des domaines connexes[2],[14],[15].
En 1952, Cameron devient président de l'Association américaine de psychiatrie, fonction qu'il occupe pendant un an[1],[7]. Durant cette période, il développe une méthode présentée comme un traitement de la schizophrénie, nommée « psychic driving »[3],[8]. À l'aide d'un mélange de barbituriques (Seconal, Veronal, Nembutal) et d'un puissant neuroleptique (Largactil), le sujet est plongé dans un sommeil profond interrompu par trois séances d'électrochocs quotidiennes utilisant des courants 20 à 40 fois plus puissants que la norme. Cette première étape, d'une durée allant de quinze à soixante jours, vise la « déprogrammation » (« depatterning » en anglais) de l'esprit du sujet. Ensuite, une série d'entretiens et d'injections de LSD doivent guider sa reconstruction, tandis qu'un magnétophone répétant en boucle un même message est aussi utilisé pour l'une ou l'autre de ces deux phases[5],[8],[16].
D. Ewen Cameron présente sa méthode, inspirée de la narcothérapie de Jacob Klaesi et des travaux de Donald Hebb sur l'isolation sensorielle, dans The American Journal of Psychiatry en 1956[5],[17]. D'autres articles sur la déprogrammation psychique sont publiés au cours des années suivantes, notamment « Effects of Repetition of Verbal Signals upon the Behavior of Chronic Psychoneurotic Patients »[3],[18],[19] en 1960 et « The Depatterning Treatment of Schizophrenia »[20] en 1962.
En 1961, il succède à Jean Delay en devenant président de la World Psychiatric Association (en)[1],[2].
Financement de la CIA
[modifier | modifier le code]La publication sur le psychic driving (1956) attire l'attention de Sidney Gottlieb, chimiste et responsable du projet MKULTRA, un programme de la CIA visant à développer des techniques d'interrogatoire et de contrôle mental. De 1957 à 1963, les expérimentations menées à l'Institut Allan Memorial sont secrètement financées — à hauteur de 19 000 dollars annuels — par l'agence, par le biais de la Society for the Investigation of Human Ecology[8],[9],[12],[19].
Dans le cadre du sous-projet 68, le Dr Cameron expérimente les effets du LSD et de plusieurs autres produits chimiques sur des centaines de patients de l'Institut. Le curare, un poison sud-américain dont les effets paralysants intéressent Gottlieb et Cameron, est aussi étudié et testé sur des sujets placés dans des caissons d'isolation sensorielle[8],[12],[21].
En 1964, D. Ewen Cameron quitte l'Institut Allan Memorial et retourne enseigner au Albany Medical College[6].
Trois ans plus tard, en 1967, une évaluation de son travail sur la narcothérapie et les chocs électriques est menée par deux médecins indépendants, à la demande de son successeur, le Dr Robert A. Cleghorn. Ils constatent que beaucoup des anciens patients du Dr Cameron souffrent d'amnésie chronique, et recommandent l'arrêt de ces traitements en raison de « l'incidence des complications physiques et l'anxiété générée chez le patient »[8],[19].
Mort
[modifier | modifier le code]D. Ewen Cameron meurt le , à l'âge de 65 ans, d'une crise cardiaque survenue lors d'une randonnée avec son fils dans les monts Adirondacks[1],[6],[9].
Révélations, poursuites judiciaires et indemnisation des victimes
[modifier | modifier le code]En 1977, le journaliste John D. Marks (en), invoquant le Freedom of Information Act, obtient la déclassification de milliers de documents concernant projet MKULTRA, révélant l’implication de la CIA dans les expérimentations de D. Ewen Cameron à Montréal (sous-projet 68)[9],[15],[22]. Velma Orlikow, dont la santé s'est considérablement dégradée depuis son passage à l'Institut Allan Memorial, est la première victime ayant engagé des poursuites judiciaires à la fin des années 1970[8],[23].
Après la sortie du livre de John D. Marks, deux ans plus tard, Jean-Charles Page, Robert Logie, Rita Zimmerman, Louis Weinstein, Janine Huard, Lyvia Stadler, Mary Morrow et Florence Langleben rejoignent l’action de Velma Orlikow[9],[24].
En 1988, un accord est conclu avec la CIA, qui verse 750 000 dollars de dommages-intérêts aux plaignants[19],[25],[26]. Dans leurs plaidoiries déposées devant la Cour fédérale, les avocats de l'agence ont soutenu que les méthodes de Cameron, bien que controversées, restaient dans les limites de la pratique psychiatrique acceptée à la fin des années 1950. Cependant, en raison de l'absence de consentement des patients, le ministère de la justice a rejeté ce recours[24],[25].
En 1992, le gouvernement canadien accorde une indemnisation de 100 000 dollars à 77 anciens patients de D. Ewen Cameron[27],[28],[29]. Depuis, les dossiers sont traités au cas par cas à travers des accords contenant une clause de non-divulgation[29],[30].
Publications
[modifier | modifier le code]D. Ewen Cameron est l'auteur de quatre livres et de cent-quarante articles publiés dans des revues scientifiques[2],[15].
Ouvrages
[modifier | modifier le code]- (en) D. Ewen Cameron, Objective and experimental psychiatry, New York, Macmillan, , 271 p.
- (en) D. Ewen Cameron, General psychotherapy; dynamics and procedures, Grune & Stratton, , 300 p.
- (en) D. Ewen Cameron, Psychotherapy in Action, Grune & Stratton, , 244 p. (ISBN 0808900919)
Articles (liste non exhaustive)
[modifier | modifier le code]- (en) D. Ewen Cameron, « Psychic driving », The American Journal of Psychiatry, vol. 112, , p. 502-509 (PMID 13283131, DOI 10.1176/ajp.112.7.502, lire en ligne
) - (en) D. Ewen Cameron, « The Big Sleep », Time Magazine, vol. LXX, no 12, (lire en ligne)
- (en) D. Ewen Cameron, Leonard Levy et Leonard Rubenstein, « Effects of Repetition of Verbal Signals upon the Behavior of Chronic Psychoneurotic Patients », Journal of Mental Science, vol. 106, , p. 742-754
- (en) D. Ewen Cameron et Leonard Levy, « Sensory Deprivation: Effects upon the Functioning Human in Space Systems », Psychological Aspects of Space Flight, Columbia University Press, , p. 225-237 (lire en ligne [PDF])
- (en) D. Ewen Cameron et J.G. Lohrenz, « The Depatterning Treatment of Schizophrenia », Comprehensive Psychiatry, vol. 3, no 2, , p. 65–76 (lire en ligne [PDF])
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) William Sargant, « Obituary Notices », sur .ncbi.nlm.nih.gov, British Medical Journal, (PMCID PMC1843238), p. 803-805
- (en) Robert A. Cleghorn et Baruch Silvermann, « Obituaries - D. Ewen Cameron, M.D., F.R.C.P. », sur ncbi.nlm.nih.gov, Canadian Medical Association Journal, (PMID 4861213), p. 984-986
- (en) Jordan Torbay, « The work of Donald Ewen Cameron: from psychic driving to MK Ultra », History of Psychiatry, vol. 34, no 3, (PMID 36964704, DOI 10.1177/0957154X231163763, lire en ligne)
- ↑ (en) S. Nassir Ghaemi, « Adolf Meyer: Psychiatric Anarchist », Philosophy, Psychiatry, & Psychology, vol. 14, no 4, , p. 341–345 (ISSN 1086-3303, lire en ligne
, consulté le )
- D. E. Cameron - 1956
- (en) Department of Mental Health, « Annual Report Of Worcester State Hospital Year Ending November 30, 1938 » [PDF], sur archive.org, Internet Archive, (consulté le )
- (en) Gregory Zilboorg, « D. Ewen Cameron, M.D., President, 1952-1953 : A Biographical Sketch », The American Journal of Psychiatry, vol. 110, no 1, , p. 10-12 (lire en ligne)
- (en) John D. Marks, chap. 8 « Brainwashing », dans The Search for the Manchurian Candidate : The CIA and Mind Control, Time Books, , 162 p. (ISBN 0-8129-0773-6), p. 18-26
- (en) David Remnick, « 25 Years of Nightmares », The Washington Post, (lire en ligne [archive du ])
- ↑ (en) Hank P. Albarelli Jr., « Brainwashing », dans A Terrible Mistake : The Murder of Frank Olson and the CIA's Secret Cold War, Trine Day, , 912 p. (ISBN 9780984185887, LCCN 2009934693), partie 2
- ↑ (en) « REPORT OF COMMISSION TO EXAMINE DEFENDANT HESS », Nuremberg Trial Proceedings Vol. 1, sur avalon.law.yale.edu, Bibliothèque de droit Lillian-Goldman, (consulté le )
- (en) Jordan Torbay, « The work of Donald Ewen Cameron: from psychic driving to MK Ultra », History of Psychiatry, vol. 34, no 3, , p. 320-330 (PMID 36964704, DOI 10.1177/0957154X231163763, lire en ligne)
- ↑ (en) A. Hoffer, « Dr Nolan D.C. Lewis 1889-1979 », the Orthomolecular Psychiatry, vol. 9, no 2, , p. 151-152 (lire en ligne)
- ↑ (en) D. L. Goldman et K. Arvanitakis, « D. Ewen Cameron's Day Hospital and the Day Hospital Movement », The Canadian Journal of Psychiatry, vol. 26, no 5, (lire en ligne
)
- (en) Rebecca Lemov, « Brainwashing's Avatar : The Curious Career of Dr. Ewen Cameron », Grey Room, no 45 « On Brainwashing: Mind Control, Media, and Warfare », (lire en ligne)
- ↑ David Saunders, « Derrière les méthodes de lavage de cerveau de la CIA : le “psychic driving” », Vice, (lire en ligne)
- ↑ (en) Stephen Kinzer, chap. 8 « Operation Midnight Climax : Sidney Gottlieb and the CIA Search for Mind Control », dans Poisoner In Chief, New York, Henry Holt & Company, , 320 p. (ISBN 9781250140449, LCCN 2019007076)
- ↑ D. E. Cameron, L. Levy, et L. Rubinstein - 1960
- (en) Alfred W. McCoy, A Question of Torture : CIA Interrogation, from the Cold War to the War on Terror, Metropolitan Books, , 290 p. (ISBN 0805080414), p. 42-45
- ↑ D. E. Cameron - 1962
- ↑ (en) « MKULTRA Subproject 68 », Note déclassifiée du sous-projet 68 [PDF], sur Internet Archive,
- ↑ (en) Nicholas M. Horrock, « C.I.A. Data Show 14‐Year Project On Controlling Human Behavior », The New York Times, (lire en ligne)
- ↑ (en) Henry Giniger, « MONTREAL HOSPITAL PAYS WOMAN WHO SUED OVER C.I.A. », The New York Times, (lire en ligne)
- (en) Joseph L. Rauh Jr. et James C. Turner, « ANATOMY OF A PUBLIC INTEREST CASE AGAINST THE CIA », Hamline Journal of Public Law and Policy, (consulté le )
- (en) Lee Hockstader, « VICTIMS OF 1950S' MIND-CONTROL EXPERIMENTS SETTLE WITH CIA », The Washington Post, (lire en ligne [archive du ])
- ↑ (en) « U.S. to Pay $750,000 In Suit on LSD Testing », The New York Times, (lire en ligne)
- ↑ (en) Clyde H. Farnsworth, « CANADA WILL PAY 50's TEST VICTIMS », The New York Times, (lire en ligne)
- ↑ Klein 2008, p. 26-32.
- (en) Ashifa Kassam, « The toxic legacy of Canada's CIA brainwashing experiments: 'They strip you of your soul' », The Guardian, (lire en ligne)
- ↑ (en) Harvey Cashore, Lisa Ellenwood et Bob McKeown, « Trudeau government gag order in CIA brainwashing case silences victims, lawyer says », CBC News, (lire en ligne)
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Anne Collins, In the Sleep Room : The Story of the CIA Brainwashing Experiments in Canada, Toronto, Lester & Orpen Dennys, , 272 p. (ISBN 9780886191986)
- (en) Don Gillmor, I Swear by Apollo : Dr. Ewen Cameron and the CIA-Brainwashing Experiments, Eden Press, , 188 p. (ISBN 0-920792-72-3)
- (en) Harvey Weinstein, Father, Son and CIA, James Lorimer & Co, , 265 p. (ISBN 1-55028-116-X, lire en ligne)
- (en) Doug Payne, « The dirty legacy of brainwashing », New Scientist, Reed Business Information, vol. 112, no 1533, , p. 28-29 (ISSN 0262-4079, PMID 11655801)
- (en) Naomi Klein (trad. du français par Lori Saint-Martin et Paul Gagné), La Stratégie du choc : Montée d'un capitalisme du désastre, Actes Sud, , 590 p. (ISBN 9782742775446), partie I, chap. 1
Documentaires télévisés
[modifier | modifier le code]- CIA's secret brainwashing experiment: Former patients sue U.S. government, reportage de The Fifth Estate, 1984 [voir en ligne]
- Brainwashed: The Secret CIA Experiments in Canada, reportage de The Fifth Estate, 2017 [voir en ligne]
- MK-ULTRA : la fin du silence, documentaire de Doc humanité sur ICI Télé, 2021 [voir en ligne]
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Institut Allan Memorial
- Expérimentations de Montéal
- Donald Hebb
- Sidney Gottlieb
- William Sargant
- Heinz Lehmann
Liens externes
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- Archives conservées par : archives de l'Université McGill (MG 1098, donald-ewen-cameron-fonds)
- Ressource relative à l'audiovisuel :