Wladimir Granoff

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Wladimir Granoff
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Wladimir Alexandre Granoff est un psychiatre et psychanalyste français, né le à Strasbourg et mort le à Neuilly-sur-Seine. Il était fondateur et curateur du musée Bugatti à Prescott (GB).

Biographie[modifier | modifier le code]

Wladimir Granoff est l'enfant unique d'une famille appartenant à l'intelligentsia russe d'Odessa, réfugiée en Alsace en 1919. Son père Alexandre est Privat Dozent à l'Institut Polytechnique de Saint-Pétersbourg, il fait partie de la première Douma en . Wladimir Granoff entreprend des études de médecine à Lyon, puis les poursuit à Nîmes, où sa famille, d'origine juive, s'est réfugiée pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est à Nîmes qu'il découvre la psychanalyse, en lisant Freud à la bibliothèque municipale. Le russe est sa langue maternelle. Il apprend dans son enfance l'allemand, l'anglais et le français en quatrième langue. Après la guerre, il poursuit ses études de médecine à Paris, et se spécialise en neuropsychiatrie. Il fait une analyse avec Marc Schlumberger, dans le cadre de la SPP, Société psychanalytique de Paris, fait un contrôle collectif avec Maurice Bouvet et un contrôle individuel avec Francis Pasche.Wladimir Granoff n'a jamais été l'analysé de Lacan, à la différence des analystes majeurs de "l'âge d'or" de la psychanalyse en France. Avant 30 ans, il est reconnu comme psychanalyste didacticien et membre de l'IPA à titre personnel.

Rôle dans l'histoire du mouvement psychanalytique[modifier | modifier le code]

En 1953, suivi par Serge Leclaire et François Perrier, Wladimir Granoff mène « la révolte des élèves de l'Institut psychanalytique »[1]. Tandis que Lacan inaugure son Séminaire (1953-63), leur « troïka » anime à la SFP, Société Française de Psychanalyse, d'obédience lacanienne, des séminaires de clinique psychanalytique. Wladimir Granoff s'efforce - en vain - d'obtenir la reconnaissance de la SFP par l'Association psychanalytique internationale. En 1964, alors qu'à son grand regret il « sent l'échec venir et l'impossibilité de faire admettre Lacan par l'API, et se sentant lui-même trahi par celui-ci, il contribua à la fondation de l'Association psychanalytique de France » qui demande son affiliation à l'IPA, l'Association psychanalytique internationale[2].

Cette deuxième scission en 1963, qui se déroula dans une atmosphère très tendue marqua une séparation définitive des deux hommes. Cependant Granoff ne reniera jamais sa dette immense à l'égard de Lacan. Il revint sur cette période dans son séminaire public Filiations : l'avenir du complexe d’Œdipe , en 1973-1974, publié en 1975[3].

Introduction à l’œuvre de Sandor Ferenczi[modifier | modifier le code]

Wladimir Granoff est un des introducteurs de Ferenczi en France, en particulier par sa conférence donnée en 1958, intitulée « Ferenczi : faux problème ou vrai malentendu », publiée in La psychanalyse n°6, PUF, 1961. Se reporter aussi à "Lacan, Ferenczi, Freud" Gallimard 2001.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le fonds Wladimir Granoff a été légué à la Bibliothèque Nationale de France en 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Sédat, notice du Dictionnaire international de psychanalyse.
  2. Jacques Sédat, « Granoff, Wladimir Alexandre », p. 696-697
  3. Filiations, Éditions de Minuit, Paris, 1975.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le désir d'analyse : textes clinique (préf. Martine Bacherich), Paris, Flammarion, coll. « Champs », , 296 p. (ISBN 978-2-08-120109-5).
  • (en) Lacan, Ferenczi et Freud, Paris, Gallimard, coll. « Connaissance de l'inconscient - Tracés », , 332 p. (ISBN 978-2-07-076114-2).
  • (en) Filiations : l'avenir du complexe d'Œdipe, Paris, Gallimard, coll. « Tel », , 551 p. (ISBN 978-2-07-076111-1).
  • Le désir et le féminin, Paris, Flammarion, coll. « Champs », (ISBN 978-2-08-080040-4).
  • avec Jean-Michel Rey et Sigmund Freud, La transmission de pensée : traduction et lecture de "Psychanalyse et télépathie" de Sigmund Freud, Paris, Aubier, coll. « Psychanalyse », , 302 p. (ISBN 978-2-7007-2441-7).
  • La pensée et le féminin, Paris, Flammarion, coll. « Champs », , 467 p. (ISBN 978-2-08-080107-4).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Elisabeth Roudinesco "Histoire de la Psychanalyse en France" T.2 Fayard 1994
  • Wladimir Granoff Le fil russe in "Lacan, Ferenczi, Freud", p.11-58, Gallimard 2001
  • Gallery of Russian thinkers: International Society for Philosophers by Dimitry Olshansky
  • Jacques Sédat, « Granoff, Wladimir Alexandre », p. 696-697, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Hector Yankelevich, « Granoff Wladimir (1924-2000) », Encyclopædia Universalis, [en ligne lire en ligne], consulté le . Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]