Wladimir Granoff

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Wladimir Granoff
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à StrasbourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
à Neuilly-sur-SeineVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Psychiatre et psychanalysteVoir et modifier les données sur Wikidata

Wladimir Alexandre Granoff est un psychiatre et psychanalyste français d'origine russe, né le à Strasbourg et mort le à Neuilly-sur-Seine. Il était fondateur et curateur du Musée Bugatti à Prescott (U.K)

Formation[modifier | modifier le code]

Wladimir Granoff est enfant unique d'une famille appartenant à l'intelligentsia russe d'Odessa, qui s'était réfugiée en Alsace en 1919, après la révolution de 1917. Son père Alexandre est Privat Dozent à l'Institut Polytechnique de Saint-Pétersbourg, il fera partie de la première Douma. en 1917. Wladimir Granoff commence ses études à Strasbourg, puis les poursuit à Nîmes, où sa famille, d'origine juive, s'est réfugiée pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est à Nîmes qu'il découvre la psychanalyse, en lisant Freud à la bibliothèque. Il apprend dans son enfance le français, le russe, l'allemand et l'anglais, qu'il parle et écrit couramment. Après la guerre, il fait ses études de médecine à Lyon et Paris, et se spécialise en psychiatrie. Il réalise une analyse avec Marc Schlumberger, dans le cadre de la Société psychanalytique de Paris, fait un contrôle collectif avec Maurice Bouvet puis Jacques Lacan et un contrôle individuel avec Francis Pasche. Wladimir n'a jamais été l'analysé de Lacan, mais il a toujours considéré qu'il lui devait beaucoup sur le plan analytique, même après leur rupture.

Rôle dans l'histoire du mouvement psychanalytique[modifier | modifier le code]

En 1953, avec Serge Leclaire et François Perrier, Wladimir Granoff mène « la révolte des élèves de l'Institut psychanalytique »[1]. Leur « Troïka » rejoint la Société française de psychanalyse d'obédience lacanienne et anime des séminaires de clinique psychanalytique, tout en s'efforçant - en vain - d'obtenir la reconnaissance de la SFP par l'Association psychanalytique internationale. En 1964, alors qu'il « sent l'échec venir et l'impossibilité de faire admettre Lacan par l'API, et se sentant lui-même trahi par celui-ci, il contribua à la fondation de l'Association psychanalytique de France » qui s'empresse de demander son affiliation à l'Association psychanalytique internationale[2]. Granoff est resté à titre personnel, membre de l'API durant toute sa carrière.

Cette deuxième scission, qui se déroula dans une atmosphère très tendue, dans laquelle Lacan développa même des sentiments quasi paranoïaques à l'égard de Granoff (cf. Lacan, Ferenczi et Freud, p. 25-27), marqua une séparation définitive des deux hommes. Granoff renonça à toute participation aux institutions, y compris la participation aux congrès de l'API. Il revint sur cette période dans son séminaire public Filiations : l'avenir du complexe d’Œdipe , en 1973-1974, publié en 1975[3].

Wladimir Granoff et Sandor Ferenczi[modifier | modifier le code]

Wladimir Granoff est un des introducteurs de Ferenczi en France, en particulier par sa conférence donnée en 1958, intitulée « Ferenczi : faux problème ou vrai malentendu », publiée par la Revue française de psychanalyse en 1961[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Sédat, notice du Dictionnaire international de psychanalyse.
  2. Jacques Sédat, « Granoff, Wladimir Alexandre », p. 696-697
  3. Filiations, Éditions de Minuit, Paris, 1975.
  4. Revue française de psychanalyse, vol. 6, 1961, p. 255-282

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Publications[modifier | modifier le code]

  • Wladimir Granoff et Martine Bacherich (préf. Martine Bacherich), Le désir d'analyse : textes clinique, Paris, Flammarion, coll. « Champs », (ISBN 9782081201095).
  • (en) Wladimir Granoff, Lacan, Ferenczi et Freud, Paris, Gallimard, coll. « Connaissance de l'inconscient - Tracés », (ISBN 9782070761142).
  • (en) Wladimir Granoff, Filiations : l'avenir du complexe d'Œdipe, Paris, Gallimard, coll. « Tel », (ISBN 9782070761111).
  • Wladimir Granoff, Le désir et le féminin, Paris, Flammarion, coll. « Champs », (ISBN 9782080800404).
  • Wladimir Granoff, Jean-Michel Rey et Sigmund Freud, La transmission de pensée : traduction et lecture de "Psychanalyse et télépathie" de Sigmund Freud, Paris, Aubier, coll. « Psychanalyse », (ISBN 9782700724417).
  • (en) Wladimir Granoff, La pensée et le féminin, Paris, Flammarion, coll. « Champs », (ISBN 9782080801074).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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