Société des missions évangéliques de Paris

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La Maison des missions de la Société des Missions Évangéliques de Paris (SMEP) située 21 rue Franblin (Passy).

La Société des missions évangéliques de Paris, dite aussi SMEP ou Mission de Paris, était une association protestante missionnaire créée en 1822. Comme les autres sociétés chrétiennes nées à cette époque, elle était en marge de l'Église réformée nationale, et regroupa des protestants du Réveil, puis de toutes les tendances du protestantisme français.

Fondation et organisation[modifier | modifier le code]

Créée en 1822 sous le nom de « Société des Missions Évangéliques de Paris chez les peuples non chrétiens », la Société des missions évangéliques de Paris n'avait alors aucune existence légale. Elle préparait néanmoins des missionnaires pour les envoyer dans différents pays afin de « propager la foi ».

La SMEP ne pouvant pas posséder de biens matériels, la Société Civile Immobilière des Missions Évangéliques de Paris a été constituée pour acquérir des immeubles à Paris, au boulevard Arago, mais également en Afrique (Saint-Louis, au Sénégal, et Papeete, à Tahiti).

Pour se conformer à la Loi de séparation des Églises et de l'État du 9 décembre 1905, la SMEP se constitue en association cultuelle à la suite de la délibération de son Assemblée générale du 3 décembre 1906. Cette déclaration a été enregistrée à la Préfecture de police le 6 décembre 1906 et déclarée au Journal Officiel le 8 décembre 1906.

Le 7 décembre 1906, l'Assemblée générale de la nouvelle association cultuelle s'est réunie et a entériné la décision de la Société Civile Immobilière des Missions Évangéliques de Paris de céder l'immeuble du 102 boulevard Arago. Cette décision a été officialisée devant un notaire le 8 décembre 1906.

Champs d'action[modifier | modifier le code]

La SMEP ouvrit de nombreux champs de mission, notamment en Afrique (Lesotho, Zambie, Gabon, Cameroun,Togo, Congo Brazzaville, Casamance (Sénégal), Kabylie), dans l’Océan Indien (Madagascar) et en Océanie (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française). Ses missionnaires « dressèrent » des Églises, choisirent des Anciens indigènes. Sous le Second Empire, une mission fut brièvement menée en Chine[1].

En 1890, la mission au Lesotho comporte 128 stations d'évangélisation, 81 pasteurs missionnaires, 57 instituteurs européens et 103 instituteurs indigènes. Elle entretient 129 écoles primaires, une école normale d’instituteurs, une école supérieure de jeunes filles, une école industrielle, une école biblique, une école théologique et elle édite un mensuel, "La petite lumière du Lessouto"[1]. Elle rayonne sur une communauté d'environ 50 000 personnes.

Attitude vis-à-vis de l'esclavage[modifier | modifier le code]

La Société des Missions évangéliques est particulièrement sensible aux problèmes de l’esclavage (qui ne sera aboli en France qu'en 1848).

Très rapidement, une œuvre spécifique indépendante de la Société des Missions, l’œuvre pour les esclaves fugitifs de Saint-Louis au Sénégal, est fondée, afin de "secourir et évangéliser les esclaves qui, maltraités à l’intérieur, se réfugient au Sénégal pour échapper au traitement barbare de leurs possesseurs ; choisir parmi ces fugitifs les jeunes gens les mieux disposés et les plus intelligents pour les élever en France et en faire des artisans habiles, des instituteurs et, si Dieu les appelle, des missionnaires, afin qu’un jour le Sénégal, cette terre si inhospitalière pour les Européens puisse être évangélisée par ses propres enfants" (selon les termes du Dictionnaire des œuvres protestantes paru en 1889)[1].

Publications[modifier | modifier le code]

Pendant toute sa durée d'activité, la SMEP a eu une importante activité de publication. Dès 1823, elle publie un bulletin qui devient, en 1826, le Journal des missions évangéliques. Des extraits de la correspondance des missionnaires, soigneusement choisis, y sont publiés. La SMEP vivant des dons, il est donc primordial pour elle de faire connaitre ses activités. C'est pour cette raison qu'en plus du Journal des missions évangéliques, elle édite également d'autres revues autour de ses activités comme un journal pour le jeune public, le Petit Messager des missions évangéliques, ou encore l’Ami des Missions.

La SMEP diffuse également des livres faisant état de réflexions théologiques autour de la question missionnaire ou proposant des récits liés aux activités de la Mission de Paris. La société propose notamment une collection intitulée Les récits missionnaires illustrés, dont le premier volume est publié en 1906.

Transformation dans la deuxième moitié du XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1964, les Églises nées des établissements missionnaires de la SMEP souhaitèrent la transformation des liens entre elles et les Églises de l'ancienne métropole, qui, de leur côté, souhaitaient l'intégration de la Mission à l'Église.

Ceci fut réalisé en 1970, lorsque succédèrent à la SMEP deux nouvelles organisations :

  • la CÉVAA, Communauté évangélique d'action apostolique (devenue depuis Communauté d'Églises en Mission), fédération d'Églises-sœurs regroupant cinq Églises luthériennes et réformées de France, les Églises protestantes de Suisse romande et d'Italie, et les Églises issues de la Mission de Paris ;
  • le DÉFAP, Département évangélique français d'action apostolique (devenu depuis Service protestant de mission),
    • service missionnaire commun des cinq Églises françaises membres de la CÉVAA,
    • qui a gardé la Maison des Missions du 102, boulevard Arago, 75 014 Paris,
    • et qui continue d'éditer mensuellement Mission, le Journal des missions évangéliques, le « journal vert » de la SMEP.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Zorn, Le grand siècle d’une mission protestante : la Mission de Paris, 1822-1914, Paris, Karthala, 1993, 791 p., réed. 2012, 800 p.
  • Jeanne-Marie Léonard, Mémoires d’évangile : les archives de la Société des missions évangéliques de Paris, 1822-1949, Paris, Défap, 2000, 51-XXII p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]