Melanie Klein

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Klein.
Melanie Klein
Portrait de Melanie Klein

(1952)

Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata
à LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité Autriche-Hongrie
Royaume-UniVoir et modifier les données sur Wikidata
Enfants Melitta SchmidebergVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession PsychanalysteVoir et modifier les données sur Wikidata
Auteurs associés
Détracteurs
(Critiques)
Anna Freud

Melanie Klein, née Reizes le à Vienne et morte le à Londres, est une psychanalyste austro-britannique, qui s'est imposée à partir de 1925 comme une personnalité importante du mouvement psychanalytique britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Melanie Klein (1900)

Melanie Reizes est née à Vienne, dans une famille austro-hongroise de tradition juive. Son père, Moritz Reizes, est médecin, originaire de Lemberg, ville de Galicie autrichienne, actuellement en Ukraine, et sa mère Libussa Reizes est originaire de Vrbovce, ville alors hongroise et actuellement en Slovaquie. Elle est quatrième d'une fratrie, jeune sœur d'Émilie, Emmanuel et Sidonie. Elle fait ses études au lycée et décide d'étudier la médecine, projet pour lequel elle passe son examen d'entrée à l'université, mais auquel elle renonce lorsqu'elle se fiance en 1899 à Arthur Klein, qu'elle épouse le 31 mars 1903, à 21 ans. Leur premier enfant, Melitta, naît en 1904, suivie de Hans, en 1907 et d'Erich en 1913. À partir de 1909, la famille est à Budapest. Aux prises avec d'importantes phases dépressives, Melanie Klein commence une analyse avec Sándor Ferenczi en 1914. En 1918, elle assiste au 5e congrès de l'Association psychanalytique internationale qui se tient à Budapest, où elle voit pour la première fois Sigmund Freud.

Elle présente en 1919 sa première contribution scientifique, qui porte sur une observation d'un enfant qu'elle nomme « Fritz », devant la Société psychanalytique de Budapest, dont elle devient membre peu après. Alors que l'antisémitisme devient très important, Arthur Klein part travailler en Suède, tandis que Melanie réside avec ses enfants à Rosenberg, dans sa belle-famille. Elle assiste au 6e congrès de l'Association psychanalytique internationale, à La Haye où elle fait la connaissance de Joan Riviere, puis s'installe à Berlin (1921-1925), où elle retrouve d'autres analystes hongrois qui fuient l'antisémitisme en vigueur sous le régime de Miklós Horthy, notamment Alice et Michael Balint, et Sándor Radó. Elle présente en février 1921 une observation d'un enfant qu'elle nomme « Felix ». Elle participe aux travaux de l'Association psychanalytique de Berlin dont Karl Abraham est le président[1], et elle y est acceptée comme membre associée en 1922, puis membre à part entière en 1923. Malgré une nouvelle tentative de vie commune, le couple Klein se sépare définitivement (1924). Melanie commence cette même année une analyse avec Karl Abraham. Elle présente le une communication à la Société psychanalytique de Vienne, où elle rencontre une hostilité réservée, alors que Hermine von Hug-Hellmuth, précurseure de l'analyse des enfants, a été assassinée par son neveu qu'elle psychanalysait, quelques mois auparavant. Melanie a une liaison amoureuse avec Kloetzel, journaliste et auteur de livres pour enfants, durant une année. Elle se lie avec Alix Strachey, venue à Berlin dans le but d'effectuer une analyse avec Karl Abraham. Celle-ci appuie auprès de son époux, James Strachey, et des psychanalystes britanniques, l'idée d'une invitation de Melanie Klein à Londres, pour une série de conférences.

L'installation en Angleterre[modifier | modifier le code]

En juillet 1925, Melanie Klein donne ainsi des conférences chez Adrian Stephen, puis se fixe définitivement à Londres en septembre 1925, où elle doit analyser les enfants d'Ernest Jones. Cette période coïncide avec la mort de Karl Abraham, qui soutenait l'orientation de recherche en psychanalyse des enfants de Klein, et clôt la période de formation. Son plus jeune fils, Erich la rejoint en décembre 1926. Elle présente une contribution consacrée au cas d'un enfant qu'elle nomme « Peter » à la Société britannique de psychanalyse, dont elle devient membre le . Melitta Shmideberg sa fille, diplômée en médecine et en formation analytique, la rejoint et devient membre de la société britannique en 1930. La même année, Klein présente sa contribution intitulée L'importance de la formation du symbole dans la formation du moi[2], puis publie en 1932 La psychanalyse des enfants[3]. À partir de 1933, des conflits avec sa fille Melitta, qui est en analyse avec Edward Glover, se manifestent dans le cadre de la société britannique de psychanalyse, sur le plan théorique. En 1934, son fils cadet Hans meurt, dans un accident de montagne. Elle présente au 13e congrès de l'Association psychanalytique internationale à Lucerne (1934), puis devant la SBP dans une version remaniée en 1935, Contribution à l'étude de la psychogenèse des états maniaco-dépressifs[4]. Elle commence sa collaboration avec Paula Heimann, qui devient sa secrétaire, tandis que Donald Winnicott réalise une analyse de son fils Eric[5], à la demande de Klein. Elle publie avec Joan Riviere L'amour, la culpabilité et le besoin de réparation[6].

Les Controverses scientifiques de la Société britannique de psychanalyse[modifier | modifier le code]

En juin 1938, Sigmund Freud se réfugie à Londres, avec sa famille, et notamment sa fille Anna Freud, il y meurt en septembre 1939. La sœur de Melanie Klein, Émilie et son beau-frère s'installent également dans cette ville. La Société psychanalytique londonienne, qui fête ses vingt-cinq ans en 1939, accueille ainsi de nombreux psychanalystes autrichiens qui fuient après l'l'annexion de l'Autriche par les Nazis. Un groupe de travail « kleinien », le Internal Object Group se constitue, dans la perspective d'organiser les idées kleiniennes. Le Royaume-Uni est en guerre avec l'Allemagne nazie à partir de septembre 1939. Melanie s'installe temporairement à Cambridge, puis à Pitlochry (en) (Écosse) où elle continue l'analyse de « Dick » et prépare l'édition de son texte Le deuil et ses rapports avec les états maniaco-dépressifs (1940). Elle fait l'analyse de « Richard », qu'elle publiera seulement en 1959, sous le titre Psychanalyse d’un enfant, puis regagne Londres en 1941.

À ce moment-là, les tensions internes à la Société britannique de psychanalyse sont vives, le groupe acquis aux remaniements métapsychologiques que propose Melanie Klein, et un groupe plus orthodoxe sur le plan théorique, qui comporte les Viennois, fédéré par Anna Freud, mais d'autres opposants internes à la SBP, notamment Edward Glover, Melitta Schmideberg. Ces fortes dissensions conduisent à l'organisations de controverses scientifiques, au sein de la Société, dont la première réunion se tient le 25 février 1942[7].

Susan Isaacs présente une contribution intitulée The Nature and Function of Phantasy[8]. En mars 1944, Klein présente pour la première fois une contribution dans le cadre des « Controverses », intitulée La vie émotionnelle et le développement du moi de l'infans avec une mention spéciale à la position dépressive[9].

La reconnaissance[modifier | modifier le code]

En 1944, Hanna Segal et Herbert Rosenfeld commencent une analyse avec Klein, et inscrivent durablement leurs travaux théorico-cliniques dans une perspective kleinienne. Deux des protagonistes les plus engagés contre les idées kleiniennes lors des Controverses s'éloignent de la Société britannique de psychanalyse, Edward Glover en démissionne en janvier 1944, tout en restant membre de l'Association international, puis Melitta Schmideberg, la fille de Melanie Klein part en 1945 pour les États-Unis, où elle s'installe durablement, jusqu'à la mort de sa mère en 1960, cette évolution de la situation rend possible une résolution institutionnelle des conflits. Dès 1946, la Société de psychanalyse anglaise prend acte de l'irréductible écart qui s'est installé entre les partisans de l'école anglaise de psychanalyse réunie autour de Melanie Klein et les partisans du courant orthodoxe mené par Anna Freud et crée deux cursus de formation, le courant A pour les annafreudiens, et le courant B pour les kleiniens. Un troisième groupe, qui souhaite garder son indépendance se constitue, le « groupe des Indépendants » ou Middle Group. Ce compromis permet sans doute d'éviter l'éclatement de la Société psychanalytique, tandis qu'un membre des Indépendants, John Rickman devient président de la SBP en 1947.

Marion Milner Sylvia Payne Eric Klein Roger Money-Kyrle Clifford Scott Melanie Klein Ernest Jones Herbert Rosenfeld Paula Heimann Joan Riviere James Strachey Donald Winnicott Gwen Evans Personne 14 Michael Balint Judy Klein
70e anniversaire de Melanie Kleinvdm

Melanie Klein présente en 1946 une contribution intitulée Notes sur quelques mécanismes schizoïdes[10] devant la SBP. À l'occasion des 70 ans de Melanie Klein, ses collègues préparent l'édition d'un livre d'hommage, Développements de la psychanalyse[11], auquel contribuent les plus proches des kleiniens. Ernest Jones organise un dîner d'anniversaire qui rassemble les « kleiniens » parmi lesquels Michael Balint, Sylvia Payne, Paula Heimann, Donald Winnicott... Klein présente une contribution, Envie et gratitude, au 19e congrès de l'Association psychanalytique internationale, à Genève, en 1955. Elle complète, avec l'aide d'Elliott Jaques, son travail sur l'analyse de « Richard » qu'elle a menée durant la guerre, et publie l'ouvrage sous le titre Psychanalyse d'un enfant[12], puis en 1959, Les racines infantiles du monde adulte lue devant un congrès de sociologie à Londres et Se sentir seul[13] au 25e congrès de l'Association psychanalytique internationale à Copenhague. Elle est diagnostiquée avec un cancer du côlon au printemps 1960 et meurt le 22 septembre de la même année, après des complications liées à une chute et une fracture de la hanche.

Les apports et les travaux de Melanie Klein[modifier | modifier le code]

Melanie Klein a particulièrement théorisé les positions : position paranoïde-schizoïde et position dépressive

Article détaillé : position paranoïde-schizoïde.
Article détaillé : position dépressive.

Publications[modifier | modifier le code]

  • (2010) « Mélanie Klein (1882-1960) Bibliographie sélective », BnF, [1]
    • Selon les éditions
  • Deuil et dépression, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2004 (ISBN 2228898139)
  • L'Amour et la haine: Le besoin de réparation, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2001 (ISBN 2228894303)
  • Psychanalyse d'enfants, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2005 (ISBN 2228899992)
  • Développements de la psychanalyse avec Joan Riviere, Paula Heimann et Susan Isaacs, Paris, Puf, 2009, Coll. Quadrige Grands textes, (ISBN 2130573894)
  • La psychanalyse des enfants, Paris, Puf, 2009, Coll. « Quadrige Grands textes », (ISBN 2130575978)
  • Essais de psychanalyse 1921-1945, Paris, Payot, 1989, (ISBN 2228881449)
  • Le sevrage (1936), inédit traduit par Olivier Bonnard, Tribune psychanalytique, no  2 , 2000, éd. de L'Aire, (ISBN 2-88108-506-7)
  • Envie et gratitude et autres essais, Paris, Gallimard, 1978, (ISBN 2070297802)
  • Le transfert et autres écrits, Paris, Puf, 1995, (ISBN 2130472206)
  • Le complexe d'Œdipe, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2006, (ISBN 2228900680)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Berliner Psychoanalytische Vereinigung, créée par Karl Abraham prend son nom actuel de Deutsche Psychoanalytische Gesellschaft (DPG) en 1926, alors que Melanie Klein a déjà quitté Berlin.
  2. The Importance of Symbol-Formation in the Development of the Ego
  3. The Psychoanalysis of Children, Hogarth Press.
  4. A Contribution to the Psychogenesis of Manic-Depressive States.
  5. Eric change son patronyme en Clyne lorsqu'il est naturalisé en 1937.
  6. Love, Guilt and Reparation (1937).
  7. Pearl King, « Contextes et déroulement des controverses freudo-kleiniennes », p. 31-54, in P. King, R. Steiner, Les Controverses Anna Freud Melanie Klein 1941-1945, coll. « Histoire de la psychanalyse », Paris, Puf, 1996, 858 p.
  8. Article publié en français sous le titre « Nature et fonction du fantasme », in Melanie Klein, Joan Riviere, Susan Isaacs et Paula Heimann, Développements de la psychanalyse, p. 64-114, Paris, Puf, 1966 (ISBN 2130549608).
  9. The Emotional Life of the Infant. Cf. P. King et R. Steiner, Les Controverses Anna Freud Melanie Klein 1941-1945, p. 675-710, cf. bibliographie.
  10. Notes on Some Schizoid Mechanisms
  11. Developments in Psychoanalysis.
  12. Narrative of a Child Analysis.
  13. On the Sense of Loneliness.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique J. Arnoux, Melanie Klein, coll. « Psychanalystes d’aujourd’hui », no 7, Paris, Puf, 2004, (ISBN 2130483399)
  • James Gammill, À partir de Melanie Klein, Lyon, Césura, (ISBN 2905709812)
  • Phyllis Grosskurth, Melanie Klein, son monde et son œuvre, Paris, Puf, coll. «Quadrige», 2001, (ISBN 2130523641).
  • Robert D. Hinshelwood :
    • « Klein-Reizes, Melanie », p. 890-892, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L. Paris, Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article
    • Dictionnaire de la pensée kleinienne, coll. « Bibliothèque de psychanalyse », Paris, PUF, 2000 (ISBN 2130504019).
    • Le génie clinique de Melanie Klein, (1994) Paris, Désir/Payot, 2001 (ISBN 222889477X)
  • Monique Lauret et Jean-Philippe Raynaud, Melanie Klein, une pensée vivante, Paris, Puf, 2008, (ISBN 2130570399)
  • Donald Meltzer, Le développement kleinien de la psychanalyse : Freud, Klein, Bion, Paris, Bayard, 1994 (ISBN 9782227233010)
  • Hanna Segal :
    • Introduction à l'œuvre de Melanie Klein, Paris, Puf, 2011, (ISBN 213058571X)
    • Mélanie Klein. Développement d'une pensée, Paris, Puf, coll. « Bibliothèque de psychanalyse », 1985, (ISBN 2130391486)

Documents[modifier | modifier le code]

  • Souvenirs de Melanie Klein : entretien avec Hanna Segal, [2], D.Pick & J.Milton (trad. G. Le Roy), consulté en ligne le 18.04.15.
  • Entretien avec Betty Joseph, [3], consulté en ligne le 23.03.15.
  • James Gammill, « Some Personal Reflections of Melanie Klein », [4], consulté en ligne le 23.03.15.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]