Cimade

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La Cimade

Logo de l’association
Cadre
But La Cimade est une association de solidarité active avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile
Fondation
Fondation septembre 1939
Identité
Siège 64, rue Clisson
75013 Paris
Président Genevière Jacques
Vice-président Emmanuel de Bary
Secrétaire général Jean-Claude Mas
Secrétaire Michel Roanet
Trésorier Lionel Sautter
Méthode Avec ses partenaires, à l'international, et dans le cadre de ses actions, en France et en Europe, elle agit pour le respect des droits et de la dignité des personnes
Volontaires 2 000
Slogan L'humanité passe par l'autre
Site web www.lacimade.org

La Cimade - Service œcuménique d’entraide (Comité inter mouvements auprès des évacués, la mention service œcuménique d’entraide a été ajoutée lorsque l'acronyme a perdu son sens et est devenu un nom propre) est une association (loi 1901) d'origine protestante et constitutive de la Fédération protestante de France.

Elle intervient dans les domaines suivants :

  • assistance juridique aux étrangers retenus en centre de rétention administrative, gestion d'établissements sanitaires et sociaux, formation et adaptation linguistique. Ces activités sont assurées par des financements et conventionnements publics ;
  • accueil des étrangers dans les permanences régionales, actions de solidarité internationale, interventions en prison et en locaux de rétention. Ces activités sont principalement financées sur les fonds propres de l'association.

Entre 1984 et 2009, par une convention passée avec le ministère des Affaires sociales, la Cimade a été la seule association présente dans les centres de rétention administrative du territoire métropolitain. Les étrangers en instance d'expulsion « retenus » dans ces centres font l'objet soit d'une mesure d'éloignement du territoire, soit d'une « remise à un État de l'Union européenne », afin d'apporter l'aide juridique nécessaire aux personnes en voie d'expulsion et de témoigner des conditions de la rétention. Depuis 2010, et le passage de la convention au ministère de l'Intérieur, cinq associations interviennent dans les centres français en métropole et outre-mer (sauf Mayotte).

Selon ses statuts, la « Cimade a pour but de manifester une solidarité active avec ceux qui souffrent, qui sont opprimés et exploités et d’assurer leur défense, quelles que soient leur nationalité, leur origine, ou leur position politique ou religieuse. En particulier, elle a pour objet de combattre le racisme, veiller scrupuleusement au respect des droits et de la dignité des personnes, quelle que soit leur situation. La Cimade rassemble des personnes d’horizons nationaux, confessionnels, philosophiques et politiques divers, engagées dans ce service»[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine de l'association : une vocation religieuse[modifier | modifier le code]

En septembre 1939, à la suite de l’entrée en guerre contre l’Allemagne et de la proximité de la ligne Maginot sur la frontière, les habitants d'Alsace et de Lorraine sont évacués vers le Sud-Ouest de la France (Haute-Vienne, Dordogne, Landes, Lot-et-Garonne, Gers). Commence alors pour plus de 200 000 personnes une longue période d'exil dans des régions où ils rencontrent des conditions difficiles. Les Alsaciens et Lorrains, souvent alors germanophones, y sont perçus comme des étrangers et sont fréquemment confrontés à des réactions de rejet de la part des populations d'accueil. Alors que l'Alsace et la Lorraine sont de grands berceaux du protestantisme, les départements d'accueil sont majoritairement catholiques.

Sensible à la détresse des évacués, une théologienne protestante d'origine alsacienne, Suzanne de Dietrich, membre du comité mondial des Unions de jeunes filles, entreprend un voyage dans ces régions du Sud-Ouest. Cette volonté de s'engager trouve son sens dans la prise de conscience qu'au déracinement des Alsaciens et des Lorrains s'ajoute la confrontation de deux religions, le catholicisme et le protestantisme.[réf. nécessaire]

Dès octobre 1939, des mouvements de jeunesse protestants se regroupent dans le Comité inter-mouvements (CIM) et envoient des équipes dans le Sud-Ouest (Périgueux, Haute-Vienne…). La structure s'institutionalise avec la création de la Cimade en avril 1940, sous la présidence de Jane Pannier. À la demande de Marc Boegner, Madeleine Barot en devient secrétaire générale[2].

En août 1940, La Cimade commence à intervenir dans le camps d'internement de Gurs[3], où sont enfermés de nombreux étrangers : Tziganes, communistes, réfugiés politiques, intellectuels allemands ayant fui le nazisme, Européens de l’Est employés par la Wehrmacht, etc. [4]. La Cimade assiste également les Juifs fuyant les persécutions, en particulier en organisant leur accueil au Chambon-sur-Lignon dès 1940 [5] avec l'aide des paroisses protestantes. À partir de juin 1943, l'association étendra son action en fabriquant des faux papiers et en accompagnant jusqu’en Suisse les Juifs menacés de déportation.

L'ancrage dans le protestantisme[modifier | modifier le code]

Dans les débuts de l'association, la vocation religieuse et prosélyte joue un rôle essentiel. Le Comité inter-mouvements (CIM), qui est le premier nom de la Cimade, s’organise à partir de trois associations protestantes : la Fédération universelle des associations chrétiennes d’étudiants (FUACE), les Unions chrétiennes de jeunes gens et jeunes filles (UCJ) et la Fédération des éclaireurs et éclaireuses unionistes (EU). Le but premier de l'association en 1940 est « de témoigner de l’Évangile auprès de la jeunesse française éprouvée par la guerre »[6]. Cette mission religieuse est à nouveau soulignée dans un procès-verbal du 10 mars 1950, où l’on peut lire que la Cimade « ne peut aider sans évangéliser ».

La participation au protestantisme marque toujours l'association, même si elle se définit en tant qu'association œcuménique et se laïcise progressivement. Marc Boegner, président de la Cimade entre 1944 et 1955, dirige en même temps la Fédération protestante de France. Le pasteur Jacques Stewart, président de la Fédération protestante de France de 1987 à 1997, accède ensuite à la présidence de l'association.

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Depuis sa création, les services de la Cimade n’ont cessé d’évoluer selon le contexte géopolitique. En fonction des périodes, ses services sont le reflet des flux de populations étrangères arrivant en France (réfugiés et migrants). Dans une brochure de la Cimade publiée en juin 1960, les services de la Cimade sont répartis en plusieurs domaines, classés par ordre d'importance du nombre d'équipiers mobilisés :

  • le service des réfugiés se répartissait en sept principaux services :
– les services d’aide à l’immigration et à l’émigration,
– le vestiaire,
– les centres d’hébergement,
– l’artisanat,
– les cours de langue,
– le ciné-club,
– les distributions de vivres. La Cimade disposait d’un centre d’accueil à Sucy-en-Brie depuis 1948 et de maisons de retraite pour réfugiés russes à Cannes, Saint-Raphaël et au Perreux-sur-Marne ;
  • dans le secteur nord-africain, les activités au bénéfice des Algériens pendant la guerre d'Algérie, se répartissaient, entre la France (service nord-africain et camps d’assignation à résidence, postes de Marseille, Paris 14e-15e, puis Lyon au lendemain de l’indépendance) et l’Algérie (Alger, Médéa, Sidi Nahmane, Belkitane et centres de regroupement). Roby Bois, secrétaire général de La Cimade de 1973 à 1984 et qui vécut en Algérie pendant la guerre d’Algérie, fut particulièrement impliqué pendant cette période ;
  • Coudekerque Branche (Nord) : action sociale et éducative dans la continuation du travail entrepris après la guerre ;
  • Dakar : en 1956, la Cimade a mis en place une équipe permanente dans la Médina de Dakar, où elle a ouvert un dispensaire ;
  • la maison internationale des étudiants de Sèvres accueillait une soixantaine d'étudiants d'origine et de niveaux divers ;
  • le service des prisons et libérés est né pendant la dernière guerre et a été associé aux réformes pénitentiaires ;
  • le service des sinistrés d'urgence répondait à la mission d'œuvre de secours d'urgence que la Cimade s'est fixée dès ses débuts.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Activités[modifier | modifier le code]

La Cimade est impliquée dans l'aide juridique aux étrangers en situation irrégulière (« sans-papiers »), aux côtés d'autres organismes tels que le GISTI. Cette action peut comprendre la saisine des juridictions compétentes, à partir de situations particulières mais qui peuvent créer du droit[7],

Plus généralement, avec d'autres associations elle lutte pour la défense et la reconnaissance des droits des étrangers vivant en Europe, par exemple en participant au réseau Migreurop. Dans ce cadre, elle organise des actions de sensibilisations auprès du grand public (festival «Migrant'scène»[8]) et de plaidoyers en directions des responsables politiques (parlementaires, ministères…).

La Cimade gère deux lieux d'hébergement. Un à Massy, dans la banlieue parisienne, ancien centre d'accueil de réfugiés politiques. Il reçoit aujourd'hui principalement des réfugiés et des femmes victimes de violences. A Béziers (Hérault), la Cimade gère un Centre d'accueil pour les demandeurs d'asile (CADA).

Jusqu'à fin 2013, dans le cadre d'un marché public, la Cimade est présente dans 14 centres de rétention administrative, dont trois en outre-mer. Elle y assiste les personnes retenues dans la défense de leurs droits.

La mission du service de défense des étrangers retenus (DER) de la Cimade, dissous en 2010 lorsque la rétention a été régionalisée, visait à rendre effectifs les droits fondamentaux garantis par l'ordonnance du 2 novembre 1945[9]. Les « équipiers » de la Cimade visitent les étrangers retenus, leur fournissent les informations juridiques et l'assistance sociale indispensables, et assurent les liens entre ces étrangers et l'extérieur du centre, particulièrement avec les familles. La Cimade rend également compte au ministère des Affaires sociales de l'accomplissement de cette mission, et formule si besoin des propositions tendant à l'amélioration des conditions de rétention.

Positions[modifier | modifier le code]

En 2006, la Cimade lance une campagne intitulée « Assez d'humiliation, les migrants sont notre monde ! » qui dénonce les injustices et les humiliations subies par les migrants autour de huit thèmes. Cette campagne aboutit en 2007 à l'élaboration de 75 propositions pour une politique d'immigration juste et réfléchie « si l'on veut éviter que l'Europe ne se transforme en une République grecque avec ses citoyens, ses esclaves et au loin ses barbares ». Laurent Giovannoni, secrétaire général, présente le projet de la Cimade aux candidats à l'élection présidentielle comme une alternative au règlement actuel de l'immigration.

En 2011, la Cimade publie «40 propositions» sous le titre général d'Inventer une politique d'hospitalité[10]. Elle y propose de tendre vers un droit universel à la liberté de circulation et d’installation tout en prenant en compte la nécessité de procéder par étapes.

En juin 2013, Geneviève Jacques, ancienne équipière et secrétaire générale de l'association dans les années 1990, est élue présidente[11].

Orientations politiques[modifier | modifier le code]

Dès l’origine, la Cimade revendique une certaine forme d'engagement politique, a contrario de la neutralité adoptée par des organisations humanitaires comme le Comité international de la Croix-Rouge. Dans la continuité de l'«Église confessante» des protestants allemands qui s'opposent aux Nazis, dès 1941, Madeleine Barot, alors secrétaire générale de la Cimade, et Suzanne de Diétrich participent, avec entre autres le pasteur Georges Casalis, à l'élaboration des thèses de Pomeyrol, réflexion théologique sur les limites de l'obéissance à l'État, les libertés individuelles et la dénonciation de la collaboration.

Dans les années 1970, ses dirigeants se rapprochent des luttes effectuées dans le cadre de la théologie de la libération et inspirées des doctrines influencées par le marxisme alors en vogue. Les pays connaissant des régimes marxistes ne sont jamais critiqués à l'inverse des régimes autoritaires latino-américains[réf. nécessaire]. En 1980, Madeleine Barot est nommée à la vice-présidence de l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'abolition de la torture), qui se focalise longtemps sur les dictatures latino-américaines du camp occidental. Secrétaire général de la Cimade entre 1956 et 1968, Jacques Beaumont, quant à lui, soutient la résistance des Kurdes en Irak et des guérilleros de la SWAPO (South West Africa People's Organisation) contre l'Afrique du Sud en Namibie.

Les dirigeants de la Cimade peuvent également avoir leur propre engagement politique. Ancien dirigeant de l'UNEF (Union nationale des étudiants de France) en 1955, le président de l'association entre 2006 et 2013, Patrick Peugeot, est un membre actif du Parti socialiste, considéré comme proche de Martine Aubry et de Michel Rocard[12].

Financement[modifier | modifier le code]

Entre 2001 et 2009, le financement de la Cimade a été assuré en majeure partie par l'État français pour un minimum de 45 % de son budget en 2009 (14,4 millions d'euros) jusqu'à 74 % de son budget en 2007 (7,8 millions d'euros). Selon l’Inspection générale des affaires sociales, l'association « est marquée par une forte dépendance à l'égard des fonds publics (60 % des ressources d’exploitation viennent du ministère chargé des affaires sociales) ». Pour l'observatoire de l'action humanitaire, la proportion de financements privés serait diversifiée. En 2008 et 2009, l’augmentation de la proportion de financements privés proviendrait du produit de la vente du siège social[13].

Pour promouvoir son action auprès du public et lui permettre de faire appel au don en confiance, l’association adhère au comité de la Charte qui garantit la transparence de ses comptes.

Depuis 2005, le budget de la Cimade varie entre 6,5 millions et 10 millions d’euros. Elle emploie environ une centaine de salariés et revendique 2000 adhérents[14].

Contrairement à plusieurs ONG de développement, l’association ne diffuse pas de rapports d’activités institutionnels détaillant ses opérations à l’étranger. Ce manque de transparence est critiqué par l'observatoire de l'action humanitaire.[réf. nécessaire]

Responsables nationaux de la Cimade[modifier | modifier le code]

Présidents[modifier | modifier le code]

Secrétaires généraux[modifier | modifier le code]

  • 1940-1945 : Violette Mouchon
  • 1945-1956 : Madeleine Barot
  • 1956-1968 : Jacques Beaumont
  • 1973-1984 : Roby Bois
  • 1988-1996 : Geneviève Jacques
  • 1996-2003 : Jean-Marc Dupeux
  • 2003-2005 : Michel Forst
  • 2005-2010 : Laurent Giovannoni
  • 2010-2011 : Jérôme Martinez
  • 2012- : Jean-Claude Mas

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de l’article 1er des statuts de la Cimade, cf. : Missions de la Cimade.
  2. Parce qu'il n'y a pas d'étrangers sur cette terre…, p. 11.
  3. Geneviève Dreyfus-Armand, «La Cimade dans les camps d'internement pendant la Seconde Guerre mondiale», in La Cimade et l'accueil des réfugiés, p. 68-69.
  4. Parce qu'il n'y a pas d'étrangers sur cette terre…, p. 13-15.
  5. [1] Collectif, Jeanne Merle d'Aubigné, Violette Mouchon, Cimade, Émile C. Fabre, Les Clandestins de Dieu Cimade 1939-1945, p. 112.
  6. Statuts publiés au Journal officiel du 3 avril 1940.
  7. Voir par exemple la décision du Conseil d'État du 13 novembre 2013 qui modifie le traitement de certaines demandes d'asile par la Cour nationale du droit d'asile, commentée sur un blog du Monde.
  8. Voir le site festivalmigrantscene.org.
  9. Ordonnance no 45-2658 du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France Legifrance.gouv.fr, Le service public de la diffusion du droit.
  10. Voir en ligne, sur le site de l'association.
  11. »Geneviève Jacques, présidente de la Cimade, une vie consacrée à l’accueil», La Croix, 20/9/2013.
  12. Patrick Peugeot : un PDG chez les sans-papiers, Catherine Simon, Le Monde.fr, 11 juin 2008
  13. [2] Observatoire de l'action humanitaire, 21 janvier 2011.
  14. Site de l'association.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Parce qu'il n'y a pas d'étrangers sur cette terre. 1939-2009, une histoire de la Cimade, brochure publiée à l'occasion des 70 ans de la Cimade, Paris, 2009, 64p.
  • Madeleine Barot, « La Cimade : une présence, une communauté, une action », in Les Clandestins de Dieu : Cimade 1939-1945, Genève, éd. Émile Fabre, Labor et fides, 1989, p. 29-38
  • Anne Boitel, "La Cimade en action auprès des "indésirables": essai de synthèse à travers le cas d'école du camp de Rivesaltes (de Vichy à nos jours)" in Déplacements forcés et exils en Europe au XXème siècle. Le corps et l'esprit, 2e Actes du séminaire transfrontalier dir. Roger Barrié, Martine Camiade, Jordi Font, Paris, Talaia, 2013, p.67-103.
  • Jean-Paul Deler, ONG et développement : société, économie, politique, Paris, Karthala, 1998, 684 p. 
  • Jérôme Drahy, Le Droit contre l’État : droit et défense associative des étrangers, l'exemple de la Cimade, Paris, L’Harmattan, 2004, 370 p. 
  • Nicolas Fischer, Les Territoires du droit : sur quelques aspects du secours juridique associatif dans les centres de rétention, Vacarmes no 34, 2006, p. 106-11
  • André Jacques, Madeleine Barot : une indomptable énergie, Paris,  éd. du Cerf, 1989, 223 p. 
  • Dzovinar Kévonian, Geneviève Dreyfus-Armand, Marie-Claude Blanc-Chaléard, Marianne Amar (dir), La Cimade et l'accueil des réfugiés. Identités, répertoires d'actions et politiques de l'asile, 1939-1994, Paris, Presses universitaires de Paris-Ouest, 2013, 265 p.
  • Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs : Rwanda, 1990-1994, Paris, Mille et une nuits, 2005, 544 p. 
  • Thierry Suire, Les Protestants dans le Gard face au régime de Vichy, Nîmes, C. Lacour, 1999, 221 p. , ISBN 2844062857
  • Uta Gerdes, Ökumenische Solidarität mit christlichen und jüdischen Verfolgten. Die CIMADE in Vichy-Frankreich 1940-1944. Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 2005, 380 p. , ISBN 9783525557419 (en allemand : «Recherches dans les archives du Conseil œcuménique des Églises à Genève et de la Cimade à Paris»)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]