Sublimation (psychanalyse)

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La sublimation est une notion conceptualisée par Sigmund Freud dès 1895 et en particulier depuis 1905.

Définition[modifier | modifier le code]

Freud[1] conceptualise la sublimation pour rendre compte d'un type particulier d'activité humaine (la création littéraire, artistique et intellectuelle) sans rapport apparent avec la sexualité mais tirant sa force de la pulsion sexuelle en tant qu'elle se déplace vers un but non sexuel en investissant des objets socialement valorisés[2].

Seconde topique[modifier | modifier le code]

À partir de la seconde topique, la sublimation sera vue comme la transposition du but pulsionnel sexuel mais aussi agressif. Freud la définissait ainsi dans une lettre à Marie Bonaparte du 25 mai 1937, il s'y référait notamment à l'agressivité :

« La sublimation est un concept qui comprend un jugement de valeur. En fait, elle signifie une application à un autre domaine où des réalisations socialement plus valables sont possibles. (...)Toutes les activités qui organisent ou affectent des changements sont, dans une certaine mesure, destructrices et redirigent ainsi une pulsion ("trieb") loin de son but destructeur original. Même l'instinct sexuel, comme nous le savons, ne peut agir sans une certaine dose d'agression. Par conséquent, il y a dans la combinaison normale des deux instincts une sublimation partielle de l'instinct de destruction. »

Désexualisation[modifier | modifier le code]

Le but de la pulsion est dévié : à la différence du symptôme névrotique, loin d'impliquer angoisse et culpabilité, elle est associée à une satisfaction esthétique, intellectuelle et sociale. Freud a ouvert la voie vers ce type d'analyse explicitant le contenu latent d'œuvres aussi diverses que Hamlet, ou le Moïse de Michel-Ange. À la fonction cathartique de l'acte de création s'ajoute un bénéfice narcissique. « Souvent citée, en retenant essentiellement la désexualisation de but et la valorisation sociale de l'objet, la sublimation constitue une notion indispensable pour la psychanalyse en même temps qu'un questionnement[3]. »

Épistémophilie[modifier | modifier le code]

Pour Mélanie Klein et les psychanalystes kleiniens, le concept d'épistémophilie recouvre en partie celui de sublimation.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sigmund Freud : Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), Gallimard, coll. « Folio », 1989 (ISBN 2-07-032539-3)
  2. Dictionnaire de la psychanalyse. E. Roudinesco et M. Plon, p 1038. ISBN|782213 604244
  3. Sophie de Mijolla-Mellor: Sublimation in "Dictionnaire international de la psychanalyse", coll. sous la direction de Alain de Mijolla, Ed.: Hachette, 2005, ISBN 2-01-279145-X

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]