Quatrième Groupe

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Quatrième Groupe
Organisation psychanalytique de langue française
Fondation 1969
Discipline Psychanalyse
Pays France
Ville Paris
Adresse 19 bd Montmartre 75002 Paris
Fondateur Piera Aulagnier
Jean-Paul Valabrega
François Perrier
Président Brigitte Dolle-Monglond
Publications Bulletin d'information du Quatrième Groupe
Site web Site officiel

Le Quatrième Groupe, Organisation psychanalytique de langue française (OPLF), est une école de psychanalyse française, fondée en 1969.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Quatrième Groupe est fondé en 1969 par Piera Aulagnier, François Perrier et Jean-Paul Valabrega. Jean-Paul Valabrega avait quitté, le premier d'entre eux, l'École freudienne de Paris, alors dirigée par Jacques Lacan, du fait de désaccords théoriques sur la formation des psychanalystes. En décembre 1968, la scission était consommée.

Chronologie de la fondation[modifier | modifier le code]

Dans l’un de ses écrits[1], François Perrier évoque des travaux préparatoires à la naissance du Quatrième Groupe qui s’étendirent sur près de trois mois, incluant une réunion les 22 et 23 février à Ermenonville. Les statuts furent rédigés par Jean-Paul Moreigne. Selon Jacques Sédat ou Michelle Moreau Ricaud, la décision de fonder le Quatrième Groupe aurait été prise chez François Perrier[2]. Élisabeth Roudinesco quant à elle ne mentionne pas de décision préalable mais évoque uniquement la réunion instituante au pavillon d'Ermenonville. Quoi qu'il en soit, Sophie de Mijolla-Mellor, qui évoque « la première réunion destinée à créer le Quatrième Groupe » à Ermenonville (Oise), souligne que la décision de fonder un nouveau groupe et donc de rassembler les psychanalystes décidés à s'y joindre, revient à Piera Aulagnier, François Perrier et Jean-Paul Valabrega.

La réunion instituante s'appuie sur deux textes de Piera Aulagnier[3] et Jean-Paul Valabrega[4] et aboutissent à une charte fondatrice, le « Cahier bleu ». Le Quatrième Groupe se compose de dix personnes : Piera Castoriadis-Aulagnier, François Perrier et Jean-Paul Valabrega, rejoints par Gabrielle Dorey, Evelyne-Anne Gasquières, André Missenard, Jean-Paul Moreigne, Antoinette Perrier-Gordowski, Nathalie Zaltzman, Charles Zygel.

Le 17 mars 1969, les statuts sont déposés à la Préfecture de Paris, François Perrier est président, Piera Aulagnier secrétaire psychanalytique[5], Evelyne-Anne Gasquères secrétaire scientifique, Jean-Paul Moreigne secrétaire administratif et Gabrielle Dorey trésorière[6]. Les statuts du groupe permettent la tenue de « réinstituantes », dont la première a lieu le [7] : le but de ces sessions était d'affiner les principes de fonctionnement et d'établir un projet scientifique. De nouveaux adhérents rejoignent le Quatrième Groupe, notamment Liliane Boisseau, Paulette Dubuisson, Micheline Enriquez, Jacques Felician, ou encore Pierre Sabourin[8].

En décembre 1970 une assemblée générale entérine les aménagements des principes de fonctionnement du Quatrième Groupe, à partir des travaux entamés entre avril et juin 1969, sur la base des articles sur la formation écrits par Perrier, Aulagnier et surtout Valabrega[9],[n 1].

Son nom de Quatrième Groupe vient de la quatrième place qu'occupe ce groupe dans l'histoire du mouvement psychanalytique français, par rapport aux trois associations françaises alors prééminentes[n 2] : la Société psychanalytique de Paris, l’Association psychanalytique de France et l’École freudienne de Paris.

Des modifications importantes quant au fonctionnement de l'organisation sont intervenues à la suite d'une réflexion collective entamée en 1980 et ont donné lieu à deux textes : l'un sur la formation et l'habilitation[11], l'autre sur les principes de fonctionnement[12].

Dès sa fondation, le Quatrième Groupe est particulièrement attentif aux questions de « pouvoir, d'appartenance et de formation » et notamment au risque d'« inféodation par le biais des filiations analytiques »[13]. Sophie de Mijolla-Mellor relève également la préoccupation que la formation ne devienne pas un rituel qui permette au candidat d'obtenir un diplôme et d'être reconnu par ses collègues. L'énoncé de ces principes dans le Cahier bleu et les aménagements qui lui sont apportés lors des « réinstituantes » doivent y veiller.

Principaux points institués[modifier | modifier le code]

Deux catégories de membres sont prévus :

  • les analystes membres
  • les « participants », qui ne sont pas forcément élèves, mais peuvent décider d'entrer en formation.

La formation ne prévoit pas de fonction d'analyste didacticien. Au terme d'une analyse personnelle, le candidat entreprend une (ou plusieurs) analyse dite « quatrième », qui correspond à une « analyse supervisée »[14], auprès d'un analyste membre et participe par ailleurs à des sessions de formation.

L'organisation comporte 43 membres au 1er mars 2016[15]. Ses activités concernent également un certain nombre de participants engagés dans un processus de formation psychanalytique.

En février 2005, plusieurs membres du Quatrième groupe se séparent de celui-ci et fondent la Société psychanalytique de recherche et de formation[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir « Les voies de la formation du psychanalyste » dans Topique, no 1, PUF, Paris, 47 repris dans La Formation du psychanalyste, Belfond, Paris, 1979 p. 55-86[9].
  2. « Une fois de plus dans l'histoire de la psychanalyse en France, une rupture vient de se produire au sein d'une société analytique. Il existe actuellement trois sociétés de psychanalyse, situation qui, par elle-même, est issue des ruptures inscrites dans l'histoire et en témoigne[10]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voyages extraordinaires en Translacanie, Lieu commun, Paris, 1985, p. 66
  2. Selon Michelle Moreau Ricaud, In Memoriam, Nathalie Zaltzman. Une psychanalyste passionnée, Le Coq-héron, no 196, 2009/1, p. 152-153 et Jacques Sédat, « Perrier, François », p. 1207-1208, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 2. M/Z. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).
  3. Texte fondateur de Piera Castoriadis-Aulagnier, sur le site du Quatrième Groupe
  4. Texte fondateur de J.-P. Valabrega, sur le site du Quatrième Groupe.
  5. Quatrième Groupe : principes et modalités de fonctionnement - Topique no 38, 1985
  6. Roudinesco 1994, p. 1207.
  7. Cf. page sur le site du Quatrième Groupe
  8. Court historique sur les dates de fondation, site du Quatrième Groupe.
  9. a et b Roudinesco 1994, p. 1208-1209.
  10. Jean-Paul Valabrega, « Déclaration sur les principes organisateurs, fonctionnels et formateurs, considérés comme nécessaire dans un groupe de psychanalystes »
  11. Formation et habilitation, in, Les historiens et leurs version, Topique, no 32, 1983
  12. Quatrième Groupe : principes et modalités de fonctionnement - Topique, no 38, 1985
  13. Sophie de Mijolla-Mellor, «Quatrième Groupe (O.P.L.F)», p. 1370.
  14. Sophie de Mijolla, «Analyse quatrième», p. 95
  15. « Les membres du Quatrième Groupe », sur quatrieme-groupe.org, (consulté le 31 mai 2015)
  16. Page d'accueil du site de la SPRF, consultée en ligne le 28.05.16.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Membres dont les travaux sont les plus connus[modifier | modifier le code]

Autres articles[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]