Estissac

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Estissac
Vergers à Thuisy
Vergers à Thuisy
Blason de Estissac
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Aube
Arrondissement Troyes
Canton Aix-en-Othe
Intercommunalité Troyes Champagne Métropole
Maire
Mandat
Annie Duchêne
2014-2020
Code postal 10190
Code commune 10142
Démographie
Population
municipale
1 885 hab. (2014)
Densité 73 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 16′ 12″ nord, 3° 48′ 24″ est
Superficie 25,66 km2
Localisation

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Estissac est une commune française, située dans le département de l'Aube en région Grand Est.

Ses habitants sont appelés les Liébautins, en référence à l'ancien nom d'Estissac (Saint-Liébault).

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village est construit à la confluence de la Vanne et des ruisseaux du Bétrot et de l'Ancre.

La commune compte deux hameaux Thuisy et Vaugeley.

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Toponymie[modifier | modifier le code]

Au cadastre de 1840 : Beauregard, Belle-Epine, Berquins, Béto, Boutoir, Briquerie, Buisson-à-Bête, Champignolles, Chaumes, Chêne-Fourche, Chalot, Croc-d'Airveaux, Chicherey, Creney, Crêtes, Crotte, Ervaux (Airvaux?), la Forge, Gatenet, Grand-Chemin, Maisons-Sevestre, Maladière, Moulin-Marque et Neuf, Montrauchiens, Ordon, Papeterie du bas et celle du haut, Vente-Cornée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au finage de Saint-Liébault passait l'ancienne voie romaine de Troyes à Sens. La plus ancienne mention remonte à 1182.

Nicolas de Fontenay († 1396 ; fils de Nicolas seigneur de Pars-lès-Chavanges ; bailli de Troyes, général des Aides et trésorier de France, lié au duc de Bourgogne) est seigneur de Saint-Liébault (ancien nom d'Estissac) et maître de forges en forêt d'Othe dans la deuxième moitié du XIVe siècle[1]. Sa fille Marguerite transmet à son mari Jean de Courcelles. Cette famille du Vexin normand garde St-Liébault jusqu'au milieu du XVIe siècle.

En 1564, le village, toujours nommé Saint-Liébault, fait partie du grand tour de France de Charles IX sur l'initiative de Catherine de Médicis. Le jeune roi y soupe le 21 mars.

En 1615, Jacques Vignier († 1631) baron de Jully-le-Châtel et des Riceys, achète Villemaur et Saint-Liébault (où il construit le château), que son fils Claude embellit (jardins), mais doit finalement vendre, endetté, à Pierre Séguier en 1647. La sœur de Claude, Marie, épouse Urbain de Créquy sire des Riceys et de Bagneux, puis François de Clermont comte de Tonnerre.

Jusqu'au XVIIIe siècle, le village s'appelait Saint-Liébault[2]. En 1650, la seigneurie de Saint-Liébault appartenait donc au chancelier Pierre Séguier et fut intégrée dans son duché de Villemaur, puis, par les deux unions de sa fille Marie-Madeleine, passa à la famille du Cambout de Coislin et aux Laval-Bois-Dauphin. Avec Villemaur, le château est transmis à la descendance du deuxième mariage : Marie-Henriette d'Aloigny de Rochefort en 1732 (Madeleine de Bois-Dauphin, la petite-fille du chancelier, ayant épousé le maréchal Henri-Louis d'Aloigny : les parents de Marie-Henriette), qui épouse Charles de La Rochefoucauld (issus des comtes de Roye et de Roucy) et de Blanzac[3],[4]. En 1758, leur fils Louis François Armand de la Rochefoucauld (1695-1783 ; père de François XII) hérita de cette terre et la fit ériger avec Villemaur en duché héréditaire sous le nom d'Estissac (du nom de la seigneurie d'Estissac, (province d'Aunis, près de La Rochelle ?) ; originellement, baronnie du Périgord au nord de Bergerac, venue aux La Rochefoucauld par un mariage avec une Madaillan d'Estissac).

La façade de l'ancien château.

Le château est reconstruit, à la fin XVe siècle, sur l'emplacement d'un ancien château fort. Il est complètement détruit en 1793[4]. Parmi son mobilier, on peut noter : un tableau du chancelier Séguier par Lebrun, un portrait du cardinal Coislin par Largillière, un portrait du maréchale de Nangis par Rigaud et deux portraits de La Rochefoucault, l'un en abbé et l'autre en cardinal est qui se trouvait à Rome[5]. Une description en est faite par la procureur fiscal jean Chbert, en 1630. Au premier étage, après l'escalier d'honneur se trouvait une chambre aux tableaux et à côté la chapelle. Une autre était à fleur de lys et l'autre représentait la vie de Marie Stuart sur les murs[6]. Au second étage se trouvait une pièce au trésor et une autre où se loge"ait le mécanisme de l'horlogerie du pavillon.

En 1789, le village était de l'intendance et de la généralité de Châlons, de l'élection et du bailliage de Troyes. Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement les noms de Lyébault-sur-Vanne et de Val-Libre[7].

Une communauté protestante relativement nombreuse a existé à Estissac et dans ses environs, sous l'Ancien Régime et au XIXe siècle. La commune d'Estissac était d'ailleurs dotée d'un temple protestant au XIXe siècle.

(Pour plus de détails sur l’histoire d’Estissac, voir plus bas via la rubrique liens externes : la Notice sur Estissac et Thuisy).

Thuisy[modifier | modifier le code]

C'est à Thuisy que se trouvait l'ancienne ferme de Valours et le bois de Valours qui appartenaient au prieuré de Foissy-les-Troyes[8]. Il y avait aussi une forge qui remonterait aux Celtes.

Thuisy ayant quatre-vingt feux, une église et une école, en 1784 il devient une communauté d'habitants qui fut maintenue lors de l'arrêté du 29 janvier 1790. Mais lors des élection de mai 1790 les deux municipalité sont regroupés de fait.

Vaugeley[modifier | modifier le code]

Il fut orthographié : Vaugelé, Vaugelay et était une grange déjà citée en 1328 autour de laquelle s'est agrégé un hameau et à ne pas confondre avec Vaugoulay[9].

Economie[modifier | modifier le code]

Foires : elles furent autorisées par lettres patentes en 1666[10] et avaient lieu chaque vendredi et le lundi après la purification et le jour suivant, 26 avril, ainsi que le mardi après la Notre-Dame de septembre.

Une industrie papetière existait au XVIIIe siècle :

  • Louis Bouvay obtenait en 1767 l'autorisation du seigneur d'installer sa fabrique sur la Vanne, le sieur Bouvay était libraire à Troyes à l'enseigne Au Temple du Goust[11]. La papeterie et les dépendances sont décrite dans la pûblicité pour sa vente que fit Adrien André, beua-frère du precédant dans Les annonces, affiches et avis de Troyes le 13 novembre 1782 page 179.
  • Le moulin du bas : exista de 1814 à 1867 sur l'emplacement d'un ancien moulin à blé, il se convertit ensuite comme scierie puis bonneterie avant de revenir à sa fonction première.

Il y eut aussi un fondeur de cloches en 1747.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Estissace dvint en 1774, le siège du grenier à sel de Villemaur.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1814 mai 1848 Abraham-Sylvestre Dumanchin    
mai 1848 août 1848 Demainvaille adjoint assure la fonction de maire    
août 1848 1850 Félix-Martin Poron Républicain Notaire
1850   Théophile Galley    
1850 1852 Bourlon Roy    
1852 1870 Jean Dumanchin   Agriculteur-propriétaire
1870 1876 Alexis-Victor Mathieu   Médecin
novembre 1876 1879 Charles-Ernest Gérard Gauche Notaire
1879   Ladislas Dumanchin    
1884 1886 Charles Ernest Gérard    
1886 1907 Jean Felix Gigon    
1907 1910 Louis Masson    
juin 1910   Paul Denis adjoint assure la fonction de maire    
juillet 1910   Paul Denis    
1914   Léon Bruley   Entrepreneur - Etablissement Bruley Frères
juillet 1917 1919 Edmond Déotte-Massey adjoint assure la fonction de maire    
1919 1938 Léon Bruley    
mars 1938 1944 Udaric Linard    
novembre 1944 1971 Georges Noël SFIO Cultivateur, conseiller général
1971 1989 Gilbert Boudin PS Enseignant, conseiller général
1989 mars 2008 Michel Lottier   enseignant
mars 2008 en cours Annie Duchêne[12] LR Conseillère régionale
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[14],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 885 habitants, en augmentation de 4,49 % par rapport à 2009 (Aube : 1,56 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 098 1 124 1 228 1 288 1 537 1 568 1 629 1 663 1 738
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 804 1 909 1 897 1 893 1 848 1 965 1 995 1 991 1 983
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 969 1 959 1 905 1 812 1 813 1 794 1 789 1 659 1 651
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
1 685 1 740 1 761 1 757 1 611 1 724 1 796 1 902 1 885
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le Château de Saint Liebault.
  • L'église Saint-Liébault est du XIIIe siècle, agrandie pendant les XVe, XVIe et XVIIe siècles. Elle possède un autel du XVIIIe siècle[16] qui a uun tableau représentant st-Loup et Attila. Un autel en marbre polychrome qui provient de la collégiale st-Etienne de Troyes[17].
  • L'église st-Loup de Thuisy ayant des verrières classées[18].
  • La Halle, XVIIe siècle où se trouvait le pressoir banal et qui servit de lieu de marché aux grains.
  • Le Moulin (fin du XVIIIe siècle), rénové en 1990, fut construit comme annexe de la papeterie qui fut une industrie importante en 1773. Actuellement, élevage de salmonidés (visite).
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Estissac.svg

Les armes de la ville se blasonnent ainsi :

parti : Au premier fascé d’argent et d’azur de dix pièces, aux trois chevrons brochant de gueules, le premier écimé, au deuxième d’or semé de trèfles de sable au lion de gueules brochant ; au chef chargé d’une bande d’argent, accostée de deux cotices potencées et contre-potencées d’or et de deux abeilles volant du même.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jeanne Martel-Jeannine Velut, Notre pays d'Othe, office de tourisme du pays d'Othe et de la vallée de la Vanne, 2003 (ISBN 2-907894-32-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Minières et ferrières en Forêt d'Othe, par Patrice Beck, Philippe Braunstein, Michel Philippe et Alain Ploquin », sur Revue archéologique de l'Est, tome 57, 2008
  2. « Château de St-Liébaud », sur Troyes d'hier à aujourd'hui, par Jacques Schweitzer
  3. Bibliothèque de l'École des chartes École nationale des chartes, vol. 140-141, Librairie Droz, 1982. (p. 201)
  4. a et b Itinéraire général de la France Par Adolphe Laurent Joanne, 1re partie, 1863. (p. 128)
  5. Antoine Corrard de Breban, L'ancien château d'Estissac, autrefois de st-Liébault, Annuaire de l'aube, 1858
  6. Voyage littéraire de Dom Guyon.
  7. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Auguste Longnon, Documents, III, 75.
  9. Aussi une grange mais de la commune de Dierrey-Saint-Pierre.
  10. 5.↑ Archives départementales de l'Aube, E518.
  11. Louis Le Clert, Le Papier recehrche pour servir à l'histoire..., Paris, Enseigne du Pégase, 1926, p148.
  12. Site officiel de la préfecture de l‘Aube
  13. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  16. « maitre autel », notice no PM10004010, base Palissy, ministère français de la Culture
  17. Lucien Morel-Payen, Troyes, 182.
  18. « verrière », notice no PM10000804, base Palissy, ministère français de la Culture