Estissac

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Estissac
Estissac
Vergers à Thuisy
Blason de Estissac
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Aube
Arrondissement Troyes
Intercommunalité Troyes Champagne Métropole
Maire
Mandat
Annie Duchêne
2020-2026
Code postal 10190
Code commune 10142
Démographie
Gentilé iébautins, Liébautines ou Estissacois, Estissacoises
Population
municipale
1 855 hab. (2017 en diminution de 1,01 % par rapport à 2012)
Densité 72 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 16′ 12″ nord, 3° 48′ 24″ est
Superficie 25,66 km2
Élections
Départementales Canton d'Aix-en-Othe
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Estissac

Estissac est une commune française, située dans le département de l'Aube en région Grand Est.

Ses habitants sont appelés les Liébautins, en référence à l'ancien nom d'Estissac : Saint-Liébault.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village est construit à la confluence de la Vanne et des ruisseaux du Bétrot et de l'Ancre.

La commune compte deux hameaux Thuisy et Vaugeley.

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Toponymie[modifier | modifier le code]

La plus ancienne mention remonte à 1182, Sanctus Lebaudus du cartulaire de la léproserie de Troyes. Au cadastre de 1840 : Beauregard, Belle-Epine, Berquins, Béto, Boutoir, Briquerie, Buisson-à-Bête, Champignolles, Chaumes, Chêne-Fourche, Chalot, Croc-d'Airveaux, Chicherey, Creney, Crêtes, Crotte, Ervaux (Airvaux?), la Forge, Gatenet, Grand-Chemin, Maisons-Sevestre, Maladière, Moulin-Marque et Neuf, Montrauchiens, Ordon, Papeterie du bas et celle du haut, Vente-Cornée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au finage de Saint-Liébault passait l'ancienne voie romaine de Troyes à Sens. Une nécropole gauloise se trouvait à La Côte d'Ervaux, constituée d'une enceinte circulaire où furent trouvés, en 1994, cinq sépultures et une tombe à char.

Nicolas de Fontenay († 1396 ; fils de Nicolas seigneur de Pars-lès-Chavanges ; bailli de Troyes, général des Aides et trésorier de France, lié au duc de Bourgogne) est seigneur de Saint-Liébault (ancien nom d'Estissac) et maître de forges en forêt d'Othe dans la deuxième moitié du XIVe siècle[1]. Sa fille Marguerite transmet à son mari Jean de Courcelles. Cette famille du Vexin normand garde Saint-Liébault jusqu'au milieu du XVIe siècle.

En 1564, le village, toujours nommé Saint-Liébault, fait partie du grand tour de France de Charles IX sur l'initiative de Catherine de Médicis. Le jeune roi y soupe le 21 mars.

En 1615, Jacques Vignier († 1631) baron de Jully-le-Châtel et des Riceys, achète Villemaur et Saint-Liébault (où il construit le château), que son fils Claude embellit de jardins, mais doit finalement vendre en 1647, endetté, au chancelier Pierre Séguier ci-dessous. La sœur de Claude, Marie Vignier, épouse Urbain de Créquy sire des Riceys et de Bagneux (fils d'Anne de Créqui, lui-même fils de Georges II de Créqui-Ricey et d'Anne de Laval-Bois-Dauphin, sœur du maréchal Urbain ; le maréchal était pour sa part le grand-père de Guy de Laval-Bois-Dauphin, le deuxième époux de Marie-Madeleine Séguier ci-dessous), puis François de Clermont comte de Tonnerre.

Jusqu'au XVIIIe siècle, le village s'appelait Saint-Liébault[2]. En 1650, la seigneurie de Saint-Liébault appartenait donc au chancelier Pierre Séguier et fut intégrée à son duché de Villemaur, puis, par les deux unions de sa fille Marie-Madeleine, passa 1° à la famille du Cambout de Coislin, et 2° aux Laval-Bois-Dauphin. Avec Villemaur, le château est transmis à la descendance du deuxième mariage : notamment à Marie-Henriette d'Aloigny de Rochefort en 1732 (car Madeleine de Bois-Dauphin, fille de Marie-Madeleine Séguier et Guy de Laval-Bois-Dauphin, petite-fille du chancelier Séguier, prit pour époux le maréchal Henri-Louis d'Aloigny : ce sont les parents de Marie-Henriette d'Aloigny), qui épouse Charles de La Rochefoucauld de Blanzac (issu des comtes de Roye et de Roucy)[3],[4]. En 1758, leur fils Louis-François-Armand de La Rochefoucauld (1695-1783 ; père du duc François XII) hérita de cette terre et la fit ériger avec Villemaur en duché héréditaire sous le nom d'Estissac (du nom de la seigneurie d'Estissac ; en fait, originellement, baronnie du Périgord au nord de Bergerac et à l'est de Mussidan — cf. Saint-Jean, Saint-Hilaire, Saint-Séverin — venue aux La Rochefoucauld par un mariage avec une Madaillan d'Estissac : cf. les articles Louis et Madaillan d'Estissac).

La façade de l'ancien château.

Le château est reconstruit, à la fin XVe siècle, sur l'emplacement d'un ancien château fort. Il est complètement détruit en 1793[4]. Parmi son mobilier, on peut noter : un tableau du chancelier Séguier par Lebrun, un portrait du cardinal Coislin par Largillière, un portrait du maréchale de Nangis par Rigaud et deux portraits de La Rochefoucault, l'un en abbé et l'autre en cardinal est qui se trouvait à Rome[5]. Une description en est faite par la procureur fiscal Jean Chbert, en 1630. Au premier étage, après l'escalier d'honneur se trouvait une chambre aux tableaux et à côté la chapelle. Une autre était à fleur de lys et l'autre représentait la vie de Marie Stuart sur les murs[6]. Au second étage se trouvait une pièce au trésor et une autre où se logeait le mécanisme de l'horlogerie du pavillon.

En 1789, le village était de l'intendance et de la généralité de Châlons, de l'élection et du bailliage de Troyes. Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement les noms de Lyébault-sur-Vanne et de Val-Libre[7].

Une communauté protestante relativement nombreuse a existé à Estissac et dans ses environs, sous l'Ancien Régime et au XIXe siècle. La commune d'Estissac était d'ailleurs dotée d'un temple protestant au XIXe siècle.

Pour plus de détails sur l’histoire d’Estissac, voir plus bas via la rubrique liens externes : la Notice sur Estissac et Thuisy.

Thuisy[modifier | modifier le code]

C'est à Thuisy que se trouvait l'ancienne ferme de Valours et le bois de Valours qui appartenaient au prieuré de Foissy[8]. Il y avait aussi une forge qui remonterait aux Celtes.

Thuisy ayant quatre-vingt feux, une église et une école, en 1784 il devient une communauté d'habitants qui fut maintenue lors de l'arrêté du 29 janvier 1790. Mais lors des élections de mai 1790 les deux municipalités sont regroupés de fait.

Vaugeley[modifier | modifier le code]

Il fut orthographié : Vaugelé, Vaugelay et était une grange déjà citée en 1328 autour de laquelle s'est agrégé un hameau et à ne pas confondre avec Vaugoulay[9].

Économie[modifier | modifier le code]

Foires : elles furent autorisées par lettres patentes en 1666[10] et avaient lieu chaque vendredi et le lundi après la purification et le jour suivant, 26 avril, ainsi que le mardi après la Notre-Dame de septembre.

Une industrie papetière existait au XVIIIe siècle :

  • Louis Bouvay obtenait en 1767 l'autorisation du seigneur d'installer sa fabrique sur la Vanne, le sieur Bouvay était libraire à Troyes à l'enseigne Au Temple du Goust[11]. La papeterie et les dépendances sont décrites dans la publicité pour sa vente que fit Adrien André, beau-frère du précédent dans Les annonces, affiches et avis de Troyes le 13 novembre 1782 page 179.
  • Le moulin du bas : exista de 1814 à 1867 sur l'emplacement d'un ancien moulin à blé, il se convertit ensuite comme scierie puis bonneterie avant de revenir à sa fonction première.

Il y eut aussi un fondeur de cloches en 1747.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Estissace dvint en 1774, le siège du grenier à sel de Villemaur.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
novembre 1944 1971 Georges Noël SFIO Cultivateur, conseiller général (1955-1967)
1971 1989 Gilbert Boudin PS Enseignant, conseiller général (1967-1973, 1979-1985)
1989 mars 2008 Michel Lottier PS enseignant
mars 2008 En cours Annie Duchêne[12]
Réélue pour le mandat 2020-2026 [13]
LR Conseillère régionale
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[15].

En 2017, la commune comptait 1 855 habitants[Note 1], en diminution de 1,01 % par rapport à 2012 (Aube : +1,44 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 0981 1241 2281 2881 5371 5681 6291 6631 738
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 8041 9091 8971 8931 8481 9651 9951 9911 983
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 9691 9591 9051 8121 8131 7941 7891 6591 651
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1 6851 7401 7611 7571 6111 7241 7831 7901 796
2013 2017 - - - - - - -
1 9021 855-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le château de Saint Liebault.
  • L'église Saint-Liébault est du XIIIe siècle, agrandie pendant les XVe, XVIe et XVIIe siècles. Elle possède un autel du XVIIIe siècle[17] surplombé d'un tableau représentant Saint Loup et Attila. Un autel en marbre polychrome qui provient de la collégiale Saint-Étienne de Troyes[18].
  • L'église Saint-Loup de Thuisy ayant des verrières classées[19].
  • La Halle, XVIIe siècle où se trouvait le pressoir banal et qui servit de lieu de marché aux grains.
  • Le Moulin (fin du XVIIIe siècle), rénové en 1990, fut construit comme annexe de la papeterie qui fut une industrie importante en 1773. Actuellement, élevage de salmonidés (visite[Quoi ?]).

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Estissac.svg

Les armes de la ville se blasonnent ainsi :

parti : Au premier fascé d’argent et d’azur de dix pièces, aux trois chevrons brochant de gueules, le premier écimé, au deuxième d’or semé de trèfles de sable au lion de gueules brochant ; au chef chargé d’une bande d’argent, accostée de deux cotices potencées et contre-potencées d’or et de deux abeilles volant du même.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jeanne Martel-Jeannine Velut, Notre pays d'Othe, office de tourisme du pays d'Othe et de la vallée de la Vanne, 2003 (ISBN 2-907894-32-3)
  • M. Besnier, F. Bibolet, J.C. Bibolet, H. Bourcelot, JF Nivet, D. Richard, M. Roche, G. Roy, Aube. Cadre naturel - Histoire - Art - Littérature Langue - Économie - Traditions populaires, Christine BONNETON éditeur, 1994, Paris (ISBN 2-86253-155-3)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Minières et ferrières en Forêt d'Othe, par Patrice Beck, Philippe Braunstein, Michel Philippe et Alain Ploquin », sur Revue archéologique de l'Est, tome 57, 2008
  2. « Château de St-Liébaud », sur Troyes d'hier à aujourd'hui, par Jacques Schweitzer
  3. Bibliothèque de l'École des chartes, École nationale des chartes, vol. 140-141, Librairie Droz, 1982. (p. 201)
  4. a et b Itinéraire général de la France Par Adolphe Laurent Joanne, 1re partie, 1863. (p. 128)
  5. Antoine-Henri-François Corrard de Bréban, « L'ancien château d'Estissac, autrefois de St-Liébault », Annuaire de l'Aube, 1858.
  6. Voyage littéraire de Dom Guyon.
  7. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Auguste Longnon, Documents, III, 75.
  9. Aussi une grange mais de la commune de Dierrey-Saint-Pierre.
  10. Archives départementales de l'Aube, E518.
  11. Louis Le Clert, Le Papier recherche pour servir à l'histoire..., Paris, Enseigne du Pégase, 1926, p148.
  12. Site officiel de la préfecture de l‘Aube
  13. https://reader.cafeyn.co/fr/1927222/21598566
  14. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  17. « maitre autel », notice no PM10004010, base Palissy, ministère français de la Culture
  18. Lucien Morel-Payen, Troyes, 182.
  19. « verrière », notice no PM10000804, base Palissy, ministère français de la Culture