Président à mortier

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L'office de président à mortier est l'une des charges les plus importantes de la justice française de l'Ancien Régime. Ce sont les magistrats principaux des institutions de justice les plus hautes : les parlements qui sont le degré suprême d'appel.

Au nombre de onze en 1789, les parlements — présidés chacun par un « premier président » nommé par le roi — s'organisent en plusieurs chambres rassemblant d'une part des « conseillers » qui jouent le rôle d'assesseurs de justice, et d'autre part des « présidents » destinés à présider les séances.

La plus importante de ces chambres est appelée la « Grand'Chambre ». Tous les présidents qui y siègent portent un « mortier » — une toque de velours noir bordée d'or. Les présidents de Grand'Chambre étaient donc appelés présidents à mortier. Le mortier du premier président est bordé de deux galons dorés tandis que ceux des autres présidents n'en portent qu'un.

Le Dictionnaire universel de Furetière précise qu'il y a dix présidents à mortier au Parlement de Paris, y compris le premier président[1].

La charge de président à mortier est vénale, c'est-à-dire achetable et transmissible librement, sous la condition de payer un droit de mutation au souverain. Néanmoins, pour exercer réellement la charge, il faut être agréé par le parlement sous la forme d'un examen juridique. L'office est donc théoriquement réservé au titulaire de grades universitaires en droit. La charge confère, au bout de vingt années d'exercice, la noblesse héréditaire, mais le système de l'hérédité fait qu'elle n'est exercée, le plus souvent, que par des personnes déjà nobles.

Ornements extérieurs des Présidents à mortier au XVIIIe siècle [2].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les présidents à mortier disposaient ainsi leurs armoiries [3]:

  • dans une robe écarlate doublée d'hermine,
  • mise en forme de manteau ducal,
  • avec les crochets d'or sur l'épaule,
  • surmontées d'un mortier de velours noir (avec un seul ruban d'or pour les Présidents, et 2 rubans d'or pour les Premiers présidents),
  • le mortier posé dans une couronne ducale.

C'est Pomponne II de Bellièvre, marquis de Grignon, (1606-1657), Premier président à mortier au Parlement de Paris, qui introduisit le manteau de forme ducal dans les armoiries des Présidents à mortier [4].

Manteaux et toques[modifier | modifier le code]

Illustration[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine Furetière, Dictionnaire universel, t. 3, (lire en ligne)
  2. Diderot et d'Alembert, Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1766, planches du tome 2, page 17.
  3. Diderot et d'Alembert, Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1766, planches du tome 2, page 17.
  4. Pierre Palliot, La vraye et parfaite science des armoiries, ou l'Indice armorial de feu Maistre Louvan Géliot, advocat au Parlement de Bourgogne, Paris-Dijon, 1660, 827 pages

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Barbiche, Les institutions de la monarchie française à l'époque moderne, Paris, PUF, 1999, p. 344.