Dierrey-Saint-Julien

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Ne doit pas être confondu avec Dierrey-Saint-Pierre.

Dierrey-Saint-Julien
Dierrey-Saint-Julien
Le lavoir
Blason de Dierrey-Saint-Julien
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Aube
Arrondissement Arrondissement de Nogent-sur-Seine
Canton Saint-Lyé
Intercommunalité Communauté de communes de l'Orvin et de l'Ardusson
Maire
Mandat
Bruno Richard
2014-2020
Code postal 10190
Code commune 10124
Démographie
Population
municipale
256 hab. (2015 en diminution de 0,78 % par rapport à 2010)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 18′ 46″ nord, 3° 49′ 49″ est
Superficie 21,25 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Aube

Voir sur la carte administrative de l'Aube
City locator 14.svg
Dierrey-Saint-Julien

Géolocalisation sur la carte : Aube

Voir sur la carte topographique de l'Aube
City locator 14.svg
Dierrey-Saint-Julien

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Dierrey-Saint-Julien

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Dierrey-Saint-Julien

Dierrey-Saint-Julien est une commune française, située dans le département de l'Aube en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Topographie[modifier | modifier le code]

Le territoire de Dierrey-Saint-Julien est situé en champagne crayeuse, aux portes du Pays d'Othe, et s'ouvrant sur la plaine de Châlons-en-Champagne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières traces d'occupation humaine remontent à la préhistoire. Au XIXe siècle, une série d'outils en silex a été retrouvé au lieu-dit Côte-Rouge, ce qui permet de situer le premier village en haut de la colline d'Ervaux. D'autres traces, d'origine plus tardive, montre une activité agricole gallo-raomaine au lieu-dit Les Perrières Saint Aubin.

Si la première mention du village actuel dans les textes anciens ne date que du Moyen Âge, la présence de l'ancien village de Moirey, sur les berges du Bétrot, est en revanche établi depuis l'Antiquité Romaine.

L'hypothèse selon laquelle l'ancien hameau ou lieu-dit de Moirey (Campus Mauriacus) aurait été le lieu où s'est déroulée la bataille des champs Catalauniques contre Attila en 451 (la bataille de Campus Mauriacus), a été émise par quelques auteurs dont Louis Halphen, Joseph Roserot de Melin, Élie Griffe, et, de manière plus probable par l'historien Michel Rouche[1]. Néanmoins, bien qu'il demeure le plus tangible, ce postulat ne se révèle pas faire consensus[1]. À cet effet, pour d'autres spécialistes tels que les médiévistes Ferdinand Lot, Christian Pfister ou encore François-L. Ganshof, cette hypothèse ne s'appuierait uniquement sur les propos et arguments évoqués par Henri d'Arbois de Jubainville[1],[2]. Cependant, une étude plus récente de Fabrice Delaître affirme que le début de la bataille s'est bel et bien déroulé aux abords de Moirey avant de se poursuivre aux portes de Troyes. De maigres traces d'aménagement du camp romain sur la colline de Beauregard on par ailleurs été révélées[3].

Victime des guerres de religion et de différents épidémies liés à sa proximité avec la rivière, le village de Moirey s'est dépeuplé progressivement au cours du XVIe siècle avant de devenir un hameau rattaché au village de Dierrey Saint Julien situé un kilomètre plus au nord. L'église Saint Aubin, bâtie au XIIe siècle, perd son statut d'église paroissiale et est dépouillée de ses ornements au profit de la nouvelle église dédiée à Saint Julien de Brioude à Dierrey-Saint-Julien. La carte communale réalisée en 1744 n'indique plus que les ruines d'une maison au croisement de la route et du chemin du lavoir ainsi que l'église Saint Aubin, finalement rasée au tout début du XIXe siècle.

Le village dépendait de la seigneurie de Villemaur, puis du duché d'Estissac.

En 1789, le village relevait de l'intendance et de la généralité Châlons-sur-Marne, de l'élection et du bailliage de Troyes.

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Dierrey-Beaugué[4] et de Petit-Dierrey[5] avant redevenir Dierrey-Saint-Julien sous la Restauration.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Dierrey-Saint-Julien.svg

Les armes de la ville se blasonnent ainsi :

d’azur aux trois épées renversées d’argent, au chef du même chargé de trois croissants de gueules.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 mars 2008 Francesca Ferré SE  
mars 2008 en cours Bruno Richard[6] LR Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[8].

En 2015, la commune comptait 256 habitants[Note 1], en diminution de 0,78 % par rapport à 2010 (Aube : +1,89 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
393431430373388400410380379
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
369379382379353340350315312
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
296300263220226234247241240
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2015
209242215222216225246256256
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

L'église Saint Julien de Brioude était à l'origine une succursale de l'église paroissiale Saint Aubin de Moirey, aujourd'hui détruite, et dépendait du doyenné de Villemaur. L'église a été rebâtie au XVIe siècle dans un style gothique tardif suivant les caractéristiques de l'art champenois de la Renaissance : les arcs brisés aux profils ouvragés prennent appuis directement sur une forte colonne circulaire, sans utilisation de chapiteau. Son plan est en forme de croix latine et elle mesure 25 m de long pour 7,10 m de large (nef) et 7 m de hauteur sous voute. La nef est composée de deux travée. La première travée aux piliers renforcés par des murs montre que le projet d'origine prévoyait d'ériger une tour clocher imposante correspondant à son nouveau statut d'église paroissiale. Cet élément ne sera finalement jamais construit, tout comme les bas-côtés dont le tracé des voutes et les pierres en attentes sont visible depuis l'extérieur sur le mur nord de la nef[10].

Une suite de dons de particulier ainsi qu'une souscription publique ouverte en 1868 ont permis à l'édifice de se doter de nouveaux vitraux ainsi qu'un autel majeur néogothique et une nouvelle cloche. En 2016, la municipalité à confié à Cécile Boël le soin de créer deux vitraux contemporains à l'emplacement de deux fenêtres jusque là dédié d'ornement.

Nef de l'église Saint Julien de Brioude
Vitrail contemporain symbolisant le moulin

Le lavoir, situé près de l'ancien hameau de Moirey, a été bâti en 1896 par M. Germain, architecte à Estissac mandaté par le conseil municipal pour offrir aux habitantes un espace plus commode que « la planche » installée immédiatement à la sortie du village, rue de la planche. Ce bâtiment est à cheval sur la rivière permettant de dégager deux espaces de travail de chaque côté des berges. Les côtés sud et ouest bénéficient d'un jour permettant d'aérer et d'apporter de la lumière naturelle tandis que les côtés nord et est sont entièrement couverts pour isoler des vents froids d'hiver.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pierre Dumay était le dernier prêtre de la paroisse de Dierrey-Saint-Julien sous l'Ancien Régime. Bien qu'il ait prêté serment à la constitution civile du clergé, il a été envoyé au tribunal révolutionnaire de Paris sur dénonciation calomnieuse. Il lui a été reproché d'avoir péché en faveur des princes chrétiens et d'avoir incité les paroissiens à plus d'assiduité aux sacrements. Le tribunal révolutionnaire l'a condamné à mort malgré ses protestations et l'affirmation de sa bonne foi. Il a été guillotiné le 2 juillet 1794, place de la Révolution, à Paris[11].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Isabelle Crété-Protin, « La christianisation de l'Antiquité tardive », dans Isabelle Crété-Protin, Église et vie chrétienne dans le diocèse de Troyes du IVe au IXe siècle., Presses Universitaires de France, coll. « Septentrion », , 446 p. (lire en ligne), p. 168.
  2. Henri d'Arbois de Jubainville, « Encore un mot sur la bataille de Mauriacus. », Bibliothèque de l'école des chartes, École nationale des chartes, t. 31,‎ , p. 211 à 216 (DOI 10.3406/bec.1870.446323, lire en ligne).
  3. Fabrice Delaître, La Bataille des Champs Catalauniques, 1er - 2 septembre 451, Historic'one,
  4. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Courtalon, Topo. Hist., III, 150.
  6. Conseil général de l'Aube mise à jour au 10 avril 2008
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  10. Henri d' (1827-1910) Auteur du texte Arbois de Jubainville, Répertoire archéologique du département de l'Aube / rédigé sous les auspices de la Société d'agriculture, sciences et belles-lettres du département par M. d' Arbois de Jubainville,..., Impr. impériale, (lire en ligne)
  11. Elisabeth Liris, La Révolution et la mort, Presses Univ. du Mirail, (ISBN 9782858161348, lire en ligne)