Château de Grosbois

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Château de Grosbois
Image illustrative de l’article Château de Grosbois
La façade principale du château
Période ou style Renaissance, classique
Type demeure privée
Début construction XVIe siècle
Fin construction XVIIe siècle
Propriétaire initial Charles d'Angoulême
Destination initiale demeure royale
Propriétaire actuel Société d'encouragement à l'élevage du cheval français
Destination actuelle Musée, Centre d'entraînement pour chevaux
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1933, 1964)
Logo monument historique Classé MH (1948)
Coordonnées 48° 44′ 08″ nord, 2° 31′ 41″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Île-de-France
Subdivision administrative Val-de-Marne
Commune Boissy-Saint-Léger
Géolocalisation sur la carte : Île-de-France
(Voir situation sur carte : Île-de-France)
Château de Grosbois

Le château de Grosbois est situé dans le Val-de-Marne sur la commune de Boissy-Saint-Léger.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1190, Philippe Auguste échangea avec l'abbaye Saint-Victor de Paris les terres de Grosbois contre d'autres situées dans le bois de Vincennes.

En 1226 il est mentionné comme domaine royal, où Jean Le Bon vint chasser.

Ces terres furent cédées en 1563 à Raoul Moreau, trésorier de l'Épargne, qui fit édifier le corps de logis central de l'actuel château (1580), qu'agrandira ensuite son gendre le baron Nicolas Harlay de Sancy, d'une illustre famille de magistrats dévouée à la monarchie; c'est ce richissime surintendant des Finances et des Bâtiments du roi qui acquit et donna son nom au célèbre diamant qui passera ensuite à la Couronne de France.

En 1616, le château inachevé fut vendu à Charles de Valois (1573-1650), "bien fait, brave et spirituel" (Frégnac, op.cit.), comte d'Auvergne puis duc d'Angoulême (1619), fils naturel de Charles IX et de Marie Touchet, héros du siège de La Rochelle. Septuagénaire, c'est pour son remariage avec Françoise de Nargonne (23 ans) qu'il commanda à Abraham Bosse un décor mural pour la chambre dite d'honneur du château, sous la forme de grandes compositions montrant la cérémonie sous un plafond "à La Française" peint de cartouches ornés du chiffre nuptial. Ce décor fut fortuitement redécouvert en 1910 sous plusieurs couches de papier peint.

Charles d'Angoulême fait terminer le château vers 1640, faisant notamment édifier le mur d'enceinte (1623) et les deux ailes bordant la cour d'honneur; à sa mort, en 1650 le domaine agrandi passe à sa petite-fille, duchesse de Joyeuse.

Le château de Grosbois, XIXe siècle

Au début du XVIIIIème siècle le domaine passe aux Harlay, dont Achille, premier président au Parlement "des yeux beaux, parlants, perçants, qui étaient pour (le) faire renter sous terre, au reste sans foi ni loi, sans âme et sans Dieu" (Saint-Simon), aux mots célèbres pour leur férocité; méprisant et détestant son fils, à Grosbois il ne communiquait avec lui que par des billets cachetés portés par les laquais.

A sa mort Grosbois passe à sa petite-fille la maréchale de Luxembourg, qui le vend en 1718 à Samuel-Jacques Bernard (1686-1753), fils du financier Samuel Bernard, qui notamment fit poser les boiseries du salon Régence.

Le château appartint ensuite successivement au ministre Germain Louis Chauvelin (de 1731 à 1762), disgracié en 1737, comme le sera en 1761 son successeur Maurepas, puis à l'ex-perruquier enrichi par le système de Law François Marie Peyrenc de Moras (de 1762 à 1771), qui le lèguera à sa petite-nièce, Anne-Marie de Merle de Beauchamps, fille d'un ambassadeur au Portugal et épouse de Pierre-Paul II Gilbert de Voisins, président à mortier au parlement de Paris. Son fils, Pierre Paul Alexandre Gilbert de Voisins, magistrat et homme politique, qui naquit à Grosbois en 1773, le cèdera à Monsieur, comte de Provence en 1776 - il eut comme femme de chambre la mère de Berthier, son lointain successeur à Grosbois - qui y demeura jusqu'à son départ pour l'exil.

Confisqué comme bien national, le château est acquis le par Barras, le « roi du Directoire ». Après le 18 brumaire, Barras, démissionnaire et qui ne veut pas attacher son destin à celui de Napoléon Ier, doit s'exiler en Belgique et vendre le domaine en 1801, au général Moreau, pour 200 000 francs.

En 1804, après son arrestation pour conspiration, ce dernier s'exilera aux Etats-Unis; Napoléon Ier lui rachète le château par l'intermédiaire de Fouché, qui le rétrocèdera la même année ou en 1805 au maréchal Berthier, prince de Wagram, et un des quatorze maréchaux de la nouvelle promotion.

Berthier modifie à grands frais l'intérieur du château, crée la bibliothèque, la "galerie des Batailles" où sont peintes en huit grandes toiles celles auxquelles il a participé, encadrées des bustes de ses compagnons maréchaux d'Empire (état conservé en 1963 - cf. Frégnac, op. cit.), le salon de l'Empereur ou salon Jaune, le salon des Huissiers, commande du mobilier à l'ébéniste Bellangé et fait construire les deux pavillons et la grille d'entrée sur la route.

Il posséda à Grosbois deux grandes toiles en pendant, Chiens attaquant un cerf et Chiens attaquant un sanglier d'Oudry, qui furent offertes en 1725 par Louis XV au prince de Condé pour son château de Chantilly et avaient disparu depuis leur saisie en 1794. Nommé Grand Veneur par l'Empereur, il agrandit le domaine pour en faire la plus belle "chasse" de l’Empire, rivalisant avec celle de Fontainebleau - ayant pu compter jusqu'à 5600 pièces de gibier - et y donne des fêtes grandioses.

Dans la nuit du 23 au 24 avril 1814 le château abrita le roi de Rome, emmené en Autriche par sa mère l'impératrice Marie-Louise, puis Berthier rejoingnit sa femme et son beau-père dans son château de Bamberg (Bavière), où après avoir assisté au passage des troupes russes vers la France, le 1er juin 1815 il sera trouvé mort défenestré.

Son fils Napoléon Berthier (1810-1887), 2e prince de Wagram, aménage la bibliothèque, qui regroupe plus de 3 000 ouvrages.

Son petit-fils Louis Marie Philippe Alexandre Berthier (1883-1918), 4e prince et 3e duc de Wagram, fut un grand collectionneur entre autres d'art moderne[1]; mort jeune et sans enfants légitimes, son patrimoine dont Grosbois passa à sa sœur et à son neveu, le prince Godefroy de la Tour d'Auvergne.

Vers 1930, dans le cadre du réaménagement de l'intérieur du château par la princesse de la Tour d'Auvergne, l'ébéniste Printz conçut le mobilier d'une "salle d'habillage" moderniste en alliage d'aluminium comprenant une coiffeuse et son siège (reproduits une seule fois), qui furent exposés au Salon des Artistes Décorateurs de Paris de cette même année et firent partie ensuite de la collection du décorateur Serge Royaux.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le château devint le siège de la Luftwaffe, et lors du tournage du film Madame Sans-Gêne (octobre 1941) de Roger Richebé, il abrita les rendez-vous amoureux de la comédienne Arletty, qui jouait le rôle-titre, et de son jeune amant allemand Hans Jürgen Soehring (1908-1960).

Le , la Société d'encouragement à l'élevage du cheval français achète le château et un domaine de 450 hectares au prince Charles de la Tour d'Auvergne [2] afin d'y installer un centre d'entraînement pour chevaux de course. C'est là qu'à été tourné en 1961 le tournoi d'ouverture du film d'André Hunebelle : Le Miracle des loups.

Le château bénéficie de multiples protections au titre des monuments historiques[3] : une inscription en 1933 pour le château, un classement en 1948 pour les façades et toitures du château, les communs, la grille d'entrée, les pavillons et le parc, une inscription en 1964 pour les façades et toitures des communs.

Architecture[modifier | modifier le code]

Construit par un architecte dont le nom nous est inconnu, le château de Grosbois est manifestement influencé par les créations de Jacques Androuet du Cerceau. De plan en U, il comporte dans sa partie centrale un corps principal incurvé en exèdre, cantonné de pavillons de même hauteur et flanqué de deux ailes plus basses en retour d'équerre.

Le château est édifié sur une plate-forme rectangulaire entourée de fossés autrefois en eau ; on y accède par trois passerelles.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Gimpel, Journal d'un collectionneur marchand de tableaux, Calmann-Lévy, 1963, carnet du 30 août 1928, p.393
  2. « Centre d'entraînement de Grobois », sur le site de la Société d’encouragement à l’élevage du cheval français (consulté le 4 juin 2014)
  3. « Château de Grosbois », notice no PA00079849, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Frégnac, Merveilles des châteaux d'Ile-de-France (Hachette, 1963, pp, 244 à 250 ill. de photographies montrant entre autres la salle à manger le "salon Jaune" avec meubles de Jacob, buste de Napoléon Ier et portraits des princesses de Wagram du Second Empire, et la galerie des Batailles);
  • Alain Pagès, Musée de Grosbois. Hommes et chevaux réunis dans une même saga, celle du Trot, dans In Situ, revue des patrimoines, no 18, 2012 ( lire en ligne )

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]