Village gai (Montréal)

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Village gai
Image illustrative de l'article Village gai (Montréal)
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Municipalité Montréal
Quartiers Saint-Jacques
Arrondissement Ville-Marie
Démographie
Langue(s) parlée(s) Français
Géographie
Divers
Site(s) touristique(s) Écomusée du fier monde
Métro Beaudry et Papineau
Liens
Site web unmondeunvillage.com

Le Village gai, ou officiellement Le Village, est le quartier gai de Montréal (Québec, Canada). Il se trouve dans l'arrondissement de Ville-Marie immédiatement à l'est du Quartier latin près du centre-ville.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village gai de Montréal se trouve à environ 1,6 kilomètre à l'est du centre-ville de Montréal[1] Le village gai est un espace social et non administratif; il ne comporte donc pas de limites officielles. Il est centré sur la rue Sainte-Catherine, entre les stations de métro Berri-UQAM, Beaudry et Papineau. Il est généralement représenté comme un grand quadrilatère formé par la rue Berri à l'ouest, la rue Sherbrooke au nord, avenue De Lorimier à l'est et l'avenue Viger au sud[2]. Le Village est l'un des plus grands quartiers gais en superficie au monde. Il se trouve en contrebas de la côte Sherbrooke, en bas du parc La Fontaine. La définition la plus restrictive du Village est le territoire défini par règlement de l'action de la Société de développement commercial (SDC) du village, soit la rue Sainte-Catherine entre les rues Berri et Cartier ainsi que la rue Amherst entre le boulevard René-Lévesque et la rue Robin[3].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Le quartier se caractérise par un espace urbain diversifié et une signature visuelle forte[4]. Le quartier compte quelques parcs urbains dont le parc de l’Espoir, le parc Raymond-Blain et le parc des Vétérans. L'église Saint-Pierre-Apôtre de Montréal, située au cœur du quartier gai de Montréal, est fréquentée par la communauté gaie montréalaise.

Des initiatives d'art public améliorent le cadre visuel du quartier et lui donnent une signature plus artistique[4]. La devanture de l'ancien cinéma Ouimetoscope est orné d'un diptyque géant de Zilon entre 2010 et 2013[5]. Le quartier compte plusieurs peintures murales, par exemple Restauration ! peinte par Brian Keith Lanier sur la rue Amherst[6].

La rue Sainte-Catherine est piétonnière tout l’été. La Société de Développement Commercial (SDC) du Village, propose suite au succès de la fermeture de la rue durant les Outgames en 2006, la piétonisation de la rue Sainte-Catherine dans le Village en période estivale, intervention mise en place par l'arrondissement de Ville-Marie à partir de 2008. La rue est complètement piétonnisée et fermée à toute circulation automobile, entre les rues Berri et Papineau entre mai et septembre depuis. L'aménagement d'Aires libres - notamment les boules roses suspendues au-dessus de la rue et l'Aire Banque Nationale - est salué par différentes reconnaissances et mentions en design à travers le monde[7]. L'espace public du Village est orné de plusieurs éléments culturels, comme les 23 panneaux de photos géantes sur la rue Sainte-Catherine entre la rue Saint-Hubert et l'avenue Papineau ou les inscriptions design sur la façade de la Place Dupuis[5]. Le parc Serge-Garant, adjacent à l'édicule de la station de métro Beaudry, est réaménagé en 2013, davantage végétalisé et comportant des panneaux de huit photos géantes tirées de pièces de danse contemporaine de compagnies montréalaises[8].

Afin de remercier l'importance du Village pour la ville, le maire de l'arrondissement Ville-Marie a récemment placé un drapeau arc-en-ciel (le drapeau gai) dans sa chambre de conseil. Par ailleurs, l'entrée de la station de métro Beaudry, située au cœur du Village, est décorée de colonnes arc-en-ciel. Le Village est spécifiquement marqué sur une carte officielle de la ville.

Pour certains, les façades des commerces demeurent affreuses et la terrasse d'un bar ressemble à un enclos pour entasser des bovins[9].

Partie Est du Village
Panorama de la rue Ste-Catherine vu de la terrasse du Complexe Sky

Histoire[modifier | modifier le code]

Station de métro Beaudry au cœur du Village gai, le premier bâtiment public au monde à arborer les couleurs gaies

D'abord un quartier pauvre, faisant partie du quartier Centre-Sud de la ville, cette zone a été progressivement occupée par la communauté gaie et lesbienne à partir des années 1970 mais davantage au début des années 1980. Cette occupation fait suite au départ des commerces gais des zones plus proches du boulevard Saint-Laurent ou du centre-ville (rue Stanley)[10]. Il semble que ce déplacement des commerces de la rue Stanley vers le Village gai actuel soit plus lié à des facteurs économiques, prix des loyers commerciaux élevés au centre-ville et récession de 1982-1983, que sociaux[11],[10]. Néanmoins, certains considèrent que les nombreuses descentes de police et l'organisation du mouvement gai en réaction à ces actions survenues dans les années 1970 amène les personnes LGBTQ à se regrouper spatialement et à rechercher des espaces leur offrant une sécurité[12]. Les pionniers s'installent au milieu des années 1970 dans le Faubourg à mélasse : le magasin de l'érotisme gai Priape, fondé en 1974[13], la boite de nuit La Boite en Haut (1975-1992)[14]. La venue d'établissements pour la communauté gaie s'intensifie aux début des années 1980. Le centre d'esthétique au masculin Physotech Spa Concept ouvre ses portes en 1983, la publication du magazine Fugues débute en 1984, la clinique médicale l'Actuel est fondée en 1987[15]. Ces établissements existent toujours, constituant ainsi, avec Priape, des institutions pour la communauté LGBT québécoise.

Depuis la zone a été rénovée grâce aux récents investissements gouvernementaux et de la Ville de Montréal. Malgré une répression qui dure jusqu'au début des années 1990, le soutien gouvernemental au Village n'est plus contraint. Tous les trois ordres de gouvernement font la promotion du Village, du climat tolérant du Québec et de la vie gaie dans Montréal comme attrait touristique.

Bien que connu sous le vocable Village gai, le quartier n’est pas devenu un ghetto pour autant. Frank Remiggi, professeur de géographie historique et culturelle à l’Université du Québec à Montréal et codirecteur de l’ouvrage « Sortir de l’ombre »[16],[17], considère qu'« il s’agit d’un espace ouvert et non répressif qui ne correspond pas au concept du ghetto »[11].

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Les Outgames mondiaux, qui ont eu lieu à Montréal du 29 juillet au 5 août 2006 sous le nom Rendez-vous Montréal 2006, furent un évènement sportif et culturel d'envergure internationale organisés par la communauté gaie et lesbienne avec près de 11 000 participants et plus de 250 000 touristes, soit le plus grand évènement sportif à se tenir dans la ville depuis les Jeux olympiques d'été de 1976. Le Village gai de Montréal fut au centre de l'évènement. Malheureusement une faillite est survenue dès les Outgames terminés, nuisant à l'image positive qui bénéficiait jusque-là aux gais montréalais.

Fugues est le principal média de la communauté LGBTQ québécoise[18] et sa référence principale[19],[20]. D'autres médias gais se sont ajoutés au fil des années, offrant au Village une diversité dans l'information spécialisée comme le guide touristique Guide arc-en-ciel/Quebec Rainbow Guide, la revue érotique ZIP et le magazine DécorHomme (tous trois publiés par l'équipe derrière Fugues et dont le contenu se retrouve sur le site de Fugues), Le Point, devenu Gay Globe Magazine, Être ou les défunts journaux Attitude, Village, Gazelle, RG et La Voix du Village.

Différents bars et boîtes de nuit ont animé et animent encore la vie nocturne du Village, dont le complexe Sky, le Club et le Bar Apollon, le Unity, l'Aigle Noir, le Stud, le Date, le Cocktail, le Rocky, le Relaxe, le Circus et le Stereo. Au fil des ans, plusieurs autres établissements disparus ont marqué la vie nocturne, dont le Max, le Pipeline, le Club David dans les années 1980, le Sécurité Maximum dans les années 1990, le Parking et le Drugstore dans les années 2000. Le Drugstore, opérant dans les anciens locaux de la Taverne du Village, et détenant ainsi un permis d'alcool datant du XIXe siècle ferme ses portes en 2013 en raison de la hausse des loyers[21].

Administration[modifier | modifier le code]

À l'échelon municipal, le quartier fait partie du district électoral de Saint-Jacques et de l'arrondissement de Ville-Marie[22]. Plusieurs citoyens considèrent la nomination d'office du maire de Montréal comme maire de Ville-Marie et comme leur magistrat comme une aberration, faisant passer les intérêts des citoyens des quartiers centraux en second[23]. À l'élection de 2013, certains candidats comme conseiller du district, habitant d'autres quartiers, semblent peu au courant des enjeux du Village[24].

Pour ce qui est de la représentation aux parlements, le Village est rattaché à la circonscription québécoise de Sainte-Marie-Saint-Jacques (auparavant Saint-Jacques)[25] et à la circonscription fédérale de Laurier-Sainte-Marie (auparavant Sainte-Marie)[26]. Outre un intermède entre 1983 et 1985, le quartier est représenté à l'Assemblée nationale du Québec depuis 1970 par des députés du Parti québécois, dont Claude Charron et André Boulerice, tous deux gais, sur une période de 35 ans.

Économie[modifier | modifier le code]

Les gais et lesbiennes vivent partout dans la ville, où ils sont généralement grandement acceptés. La densité résidentielle de ceux-ci dans le quartier est sensiblement plus élevée qu'ailleurs. Le Village contient une proportion plus élevée de magasins et de services pour la communauté gaie et lesbienne : il en est l'épicentre touristique et le lieu privilégié pour les festivités et le divertissement en général. Le Village contient une grande variété de bars et les discothèques pour la vie de nuit. Le site abrite également trois grands complexes de divertissement, dont l'un d'entre eux serait le plus grand au monde dans sa catégorie. Il existe également une grande variété de boutiques, restaurants, cafés, chambres d'hôtes et d'hôtels pour la communauté. Montréal est aussi connu pour son nombre élevé de saunas pour hommes. Le Village en accueille quatre, alors qu'il y en a plus de dix dans la ville de Montréal. Il existe également quelques établissements pour gais et lesbiennes à l'extérieur du quartier. Plusieurs établissements s'adressent plus particulièrement à la clientèle locale, par exemple pharmacies, supermarchés, dépanneurs et services professionnels (notaire, etc.).

La Société de Développement Commercial du Village représente, depuis sa formation en 2006, les entrepreneurs du Village. Elle ciblent deux enjeux à améliorer, soit la vie de jour et l'espace réservé à la culture. La piétonnisation de la rue Sainte-Catherine dans le Village et la création d'Airs libres en 2008 sont deux actions entreprises pour répondre aux deux enjeux ciblés. Les mesures d'aménagement et d'animation comme Aires Libres sont financés à 85 % par les entreprises locales et à 15 % par l'arrondissement. Le taux d'inoccupation des locaux commerciaux est passé de 22 % à 6 %. La SDC travaille avec le milieu communautaire, la police de quartier et les intervenants de rue compte tenu du contexte social particulier du quartier[5].

Le centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal de la Fondation Mario-Racine planifie actuellement la construction d'un important complexe communautaire au cœur du quartier. Depuis l'été 2006 la SDC offre un accès gratuit à internet sans-fil dans toute l'enceinte du Village gai. Un groupe de commerçants de la rue Amherst propose d’étendre le territoire de la SDC pour inclure la portion de cette artère commerciale entre la rue Sherbrooke (donc incluant le marché Saint-Jacques et l’Écomusée du fier monde) et la rue Robin, actuelle limite nord de la SDC. Ils proposent de plus de modifier le nom de la rue Amherst en raison de la controverse entourant ce personnage qui a décimé la population des Delawares. Certains suggèrent comme nom la rue du Quai de l’Horloge, comme l’Horloge sur le quai du Vieux-Port se trouve en perspective de cette rue[27].

Le quartier figure sur les cartes touristiques de Tourisme Montréal qui en fait la promotion.

Bars et clubs[modifier | modifier le code]

Les bars et clubs du village sont parmi les plus branchés de la ville. Les festifs peuvent danser sur la musique des plus grands DJ du monde jusqu’à trois heures du matin.

  • Le Cabaret Mado offre des spectacles de drag queen presque tous les jours.
  • Le Club Date offre la chance à sa clientèle de chanter au karaoké dans une ambiance simple qui réunit gais, lesbiennes, hétéros et trans*, bref où le talent et le plaisir sont toujours au rendez-vous.
  • Le bistro L’Invi-thé au Geisha sur la rue Ontario présente des spectacles de personnificateurs féminins la fin de semaine.
  • Le Pub St-André sur la rue Sainte-Catherine présente des spectacles de jazz ou blues les fins de semaine.
  • Le Complexe Sky offre un divertissement inégalé et les DJ de grand calibre sur 3 étages; sa clientèle est plutôt jeune et branchée. Son bar est connu pour ses célèbres 5 à 7 (happy hour) et sa terrasse hors du commun avec piscine et spa.
  • Le Unity est le plus grand club gay à Montréal. C'est un autre endroit de prédilection des jeunes de 18-30 ans où l'on peut danser sur de la House avec plusieurs DJ de renommée mondiale ou dans le bamboo bar sur les meilleures chansons du top 40. Une grande terrasse est située sur le toit avec une vue incroyable sur Montréal permettant d'observer les feux de l'International des Feux Loto-Québec chaque été.
  • Le salon V.I.P. et le lounge permettent aux gens de se rencontrer, de s'asseoir et de discuter tout en buvant un verre.
  • L' Apollon est une nouvelle boîte branchée gaie réunissant gais, bis, lesbiennes, trans* pour une soirée au plaisir décadent.
  • L'Aigle Noir est un bar pour les hommes de la communauté cuir et fétichiste.
  • Le Stud est un bar et une boîte s'adressant aux hommes des communautés cuir et ours, mais aussi à tous les autres, et est toujours animé, quel que soit le soir de la semaine.
  • Le bar Le Cocktail est un établissement branché qui présente des spectacles de drags du mercredi au dimanche suivi du karaoké après le spectacle. Un très vaste choix de martinis et plusieurs scotch single malt y sont également offerts
  • Le Météor, le Relaxe et le Rocky sont des clubs pour la clientèle plutôt âgée, avec de la musique populaire sous le signe de la nostalgie où l'on peut faire de la danse en ligne.
  • La Taverne Normandie sur la rue Amherst est l’un des plus anciens bars gais de Montréal.

Tradition montréalaise, célèbre partout puisque les danseurs peuvent s'exhiber complètement. Parmi eux, notons le Lux", le Campus, le Stock bar (avec des hommes plutôt musclés) et le Taboo sur le boulevard de Maisonneuve.

Enfin, pour ceux qui désirent continuer à faire la fête après trois heures du matin, il est possible de se rendre au Stéréo ou au Circus (plus hétéro mais également situé à l'entrée du Village gai). Pour ceux qui ne sont pas familier avec le concept, il est inutile de se présenter à la porte à 21h, puisqu'il n'ouvre que vers 2h00 et se prolonge normalement jusqu'à 10h du matin. Le Stéréo est un after-hour[Quoi ?] très populaire situé à l'extrémité ouest du Village et doté d'un système de son hors du commun.

Culture[modifier | modifier le code]

Le Village gai est, avec le secteur de la Place des Arts, le pôle culturel le plus important au Québec. Il a longtemps abrité le Ouimetoscope, première salle de cinéma permanente au Canada. Il compte encore plusieurs salles de spectacle, dont l'Usine C, le Théâtre National, le Théâtre Prospero et le Lion d'Or. Les grands studios de radio et de télévision québécois de la Société Radio-Canada et de TVA se trouvent à l'intérieur du Village alors que Télé-Québec est située quelques rues à l'est.

La librairie gaie Ménage à trois diffuse la littérature gaie dans la Village au moins jusqu'en 2008[28]. Plusieurs œuvres littéraires et télévisuelles québécoises prennent place dans le Village, notamment le roman C't'à ton tour, Laura Cadieux ainsi que les séries Cover Girl et Tout sur moi.

Le festival international Montréal en arts, où plusieurs artistes visuels exposent sur la rue piétonnière et à la place Émilie-Gamelin a lieu tous les ans en juin. Les Archives gaies du Québec sont préservées dans le Village[29]. Le Village comprend le musée du fier monde compte des galeries d'art comme la Galerie Dentaire ou Galerie d’art Zéphyr.

Société[modifier | modifier le code]

Le Village s'est installé dans le quartier du Centre-Sud, où le niveau de pauvreté et de misère est historiquement l'un des plus élevés au Canada[5]. Par ailleurs, il est adjacent au Quartier latin et au nœud de transport collectif de la région de Montréal, où se trouvent plusieurs organismes travaillant auprès des personnes éprouvant des troubles d'itinérance, de toxicomanie ou autres, de même que le Centre hospitalier de l'Université de Montréal. La population locale se compose d'un amalgame de personnes LGBT, de personnes à faible revenu, de personnes à problématiques psychosociales, de professionnels à revenu élevé travaillant au centre de Montréal, et de familles monoparentales et traditionnelles. La vie de nuit est intense et fait partie de la couleur du quartier[5]. Malgré les problèmes de cohabitation, la population et les gens d'affaires locaux ont un sentiment d'appartenance et de fierté par rapport à leur quartier[24],[30].

Le Village gai de Montréal remplit un important rôle de services de niveau supérieur s'adressant à l'ensemble de la communauté LGBT du Québec et également à sa population locale composite et singulière. Ces services, qui couvrent les domaines de la santé, de l'aide aux personnes, des clientèles spécifiques, des communications, de la représentation sociopolitique et de la promotion économique, incluent notamment :

  • Coalition Sida des Sourds du Québec
  • Clinique et fondation L’Actuel
  • Clinique médicale du Quartier Latin
  • Au-delà de l'Arc-en-ciel
  • Centre solidarité lesbienne
  • Cocaïnomanes Anonymes
  • Crystal Meth Anonymes
  • Dépendance affective sexuelle anonyme DASA
  • Narcotiques Anonymes
  • Action Séro Zéro (Rézo)
  • Jeunesse Lambda
  • Centre d'aide aux personnes atteintes de l'hépatite C
  • Refuge des jeunes
  • ROC
  • Projet Travailleurs du sexe
  • AIDS Community Care Montreal Sida
  • Maison Plein Cœur
  • Projet 10
  • Gai Écoute / Fondation Émergence
  • Groupe de Recherche et d'Intervention Sociale (GRIS-Montréal)
  • Coalition des transsexuel(le)s et transsexué(e)s du Québec
  • Aide aux transexuels et transexuelles du Québec
  • Fugues
  • RG
  • Chambre de commerce gaie du Québec

Depuis le 22 juillet 1996, une flamme brûle, en permanence, dans la chapelle de l'espoir de l'église Saint-Pierre-Apôtre, à la mémoire des victimes du SIDA.

Il y aurait dans le quartier quelque 6 000 personnes vivant en itinérance alors que les refuges ne disposent que de 500 places[23]. Alors que la mise en place par la SDC d'un programme d'agents de liaison permet de régler certains problèmes de cohabitation avec les sans-abris, la présence de revendeurs de drogue est considérée envahissante et problématique[31] tandis que les centres de jeunes du quartier ne semblent pas vouloir coopérer avec la population résidente et les commerçants locaux. Les réaménagements des espaces publics n'ont pas eu l'effet escompté et la réduction de la surveillance policière lorsque la rue piétonnière redevient ouverte à la circulation automobile ne contribue pas à l'amélioration de la sécurité. Certains préconisent des solutions d'appropriation de tous les espaces par les citoyens, un meilleur éclairage public et l'animation[24].

Le Village gai, lieu intense d'activités et d'événements, est desservi par les postes de police 21 et 22 de la Ville de Montréal. La police de quartier et l'Équipe mobile de référence et d'intervention en itinérance travaillent étroitement avec les citoyens, les groupes communautaires, la SDC du Village et les organismes de santé mentale[32].

Le quartier connaîtrait une augmentation de la fréquence d'agressions entre 2012 et 2014[31],[33]. Le Collectif du Carré Rose Montréal offre aux personnes agressées les services d’un criminologue et d’un avocat notamment pour les rapports d'incidents. Son programme « Village sécuritaire » vise à sensibiliser les clients et propriétaires aux heures de sortie des bars[34]. L'accroissement de la présence policière la nuit au début de 2014 aurait fait décroître les cas d'agressions[31].

Certains comparent le Village, encore davantage avec la rue piétonnière, à un zoo où les hétérosexuels viendraient épier les gais dans leur habitat naturel, ce qui expliquerait que les jeunes gais préféreraient les établissements hétérosexuels des autres quartiers de la ville. Il demeure marqué par la souffrance, l'itinérance et la marginalité d'un segment vulnérable de la communauté gaie. Les jeunes homosexuels de banlieue ou des régions, souvent rejetés par leur famille, débarquent dans le Village mais se retrouvent souvent dans un milieu de drogue, de délinquance et de sexe. Pour ces chroniqueurs, le Village se réduirait au commerce du sexe, à un jardin de la misère urbaine[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Donald W. Hinrichs, Montreal's Gay Village : The story of a unique urban neighborhood through the sociological lens, Bloomington IN, iUniverse,‎ 2011, 213 p. (ISBN 978-1-4620-6837-1), p. 21.
  2. Hinrichs 2011, p. 34-35.
  3. Hinrichs 2011, p. 34.
  4. a et b André Constantin Passiour, « Aires libres 2013 : Encore plus de couleurs dans le Village », Fugues, vol. 30, no 3,‎ juin 2013, p. 20 (ISSN 0831-1625, lire en ligne)
  5. a, b, c, d et e Denis Brossard, « A-t-on (encore) besoin d'un Village gai, d'un défile de la fierté, d'un Chinatown ou de la « Petite-Italie »? », Fugues, vol. 30, no 6,‎ septembre 2013, p. 12 (ISSN 0831-1625, lire en ligne).
  6. André-Constantin Passiour, « Murale de Bryan Keith Lanier : Marier street art et classicisme », Fugues, vol. 30, no 8,‎ novembre 2013, p. 16 (lire en ligne).
  7. Reconnaissances de Step Inside Design (États-Unis), Grafika, Facteur D, Association des architectes paysagistes du Canada, Lions de Cannes (France), GDC National Design Awards et mentions dans Coupe, The Globe and Mail et Artv (Canada), Communication Arts Design et New York Times (États-Unis), Trama (Équateur), Stylons (Allemagne), Têtu (France), Yapi (Turquie) et Hinge (Hong Kong). Voir Brossard (2013).
  8. Ville de Montréal, « Inauguration du parc Serge-Garant - Sur un nouveau pas de danse », 30,‎ 13 août 2013 (consulté le 15 septembre 2013).
  9. a et b Luc Boulanger, « A-t-on (encore) besoin d'un Village gai? », La Presse,‎ 19 août 2013 (lire en ligne).
  10. a et b The Village Comes Out: A Quick History
  11. a et b Fugues
  12. Hinrichs 2011, p. 10.
  13. http://www.priape.com/fr/about-us
  14. http://www.fugues.com/main.cfm?l=fr&p=100_article&Article_ID=846&rubrique_ID=79
  15. André-Constantin Passiour, « Lutte contre le VIH : Des traitements plus efficaces », Fugues, vol. 30, no 9,‎ décembre 2013, p. 82 (ISSN 0831-1625, lire en ligne).
  16. Remiggi, Frank W.,"Le Village gai de Montréal", Sortir de l’ombre : histoires des communautés lesbienne et gaie de Montréal. Montréal, VLB, 1998, pages 267 à 289.
  17. Remiggi, Frank W., "Homosexualité et espace urbain", Téoros. Été 2000, Montréal, pages 28 à 33.
  18. http://www.tourisme-montreal.org/Decouvrez-montreal/Gais-et-lesbiennes#&&/wEXAgURU3ViR3JvdXBBcnRpY2xlSWQFBTExNzY0BQpTdWJHcm91cElkBQIzMA==
  19. http://touristiquementgay.qc.ca/destinations/canada/montreal/ressources/fugues
  20. http://gayguidetoronto.com/stone-fox/fugues/
  21. Yves Lafontaine, « Village gai : plus de peur que de mal », Fugues, vol. 30, no 9,‎ décembre 2013, p. 18 (ISSN 0831-1625, lire en ligne).
  22. Profil de district électoral : Saint-Jacques, 2009.
  23. a et b Denis-Daniel Boulé, « La grande séduction : Rencontre avec les quatre principaux candidats à la mairie de Montréal », Fugues, vol. 30, no 8,‎ novembre 2013, p. 24-27 (ISSN 0831-1625, lire en ligne).
  24. a, b et c André-Constantin Passiour, « Village : élections et sécurité, Des citoyens en ont marre : on souhaite que ça change! », Fugues, vol. 30, no 8,‎ novembre 2014, p. 28-31 (ISSN 0831-1625, lire en ligne).
  25. Commission de la représentation électorale du Québec, « La carte électorale du Québec : Les 125 circonscriptions électorales 2011 », sur Directeur général des élections du Québec (consulté le 20 juin 2013).
  26. Gouvernement du Canada, « Proclamation donnant force de loi au décret de représentation électorale à compter de la première dissolution du Parlement postérieure au 25 août 2004 (TR/2003-154), Annexe: Loi sur la révision des limites des circonscriptions électorales - Décret de représentation », sur Ministère de la Justice du Canada (consulté le 20 juin 2013).
  27. André Constantin Passiour, « Rencontre des commerçants de la rue Amherst : une première qui augure bien! », Fugues, vol. 30, no 3,‎ juin 2013, p. 21 (ISSN 0831-1625, lire en ligne)
  28. (en) Richard Burnett, « Three Dollar Bill: Another Country », Hour, no 15523,‎ 11 juillet 2008 (lire en ligne).
  29. Denis-Daniel Boulé, « Les Archives gaies s’offrent un nouveau lieu pour leurs 30 ans », Fugues, vol. 30, no 3,‎ juin 2013, p. 14 (ISSN 0831-1625, lire en ligne)
  30. André-Constantin Passiour, « Situation dans le Village : Tout n'est pas rose, mais tout n'est pas noir non plus! », Fugues, vol. 30, no 9,‎ décembre 2013 (ISSN 0831-1625, lire en ligne).
  31. a, b et c Isabelle Paré, « Le quartier gai de Montréal connaît une accalmie », Le Devoir,‎ 8 février 2014 (lire en ligne).
  32. André Constantin Passiour, « Poste de quartier 22 : changement de la garde! », Fugues, vol. 30, no 6,‎ septembre 2013, p. 22-23 (ISSN 0831-1625, lire en ligne).
  33. Passiour (2014-02) rapporte que la population locale perçoit une augmentation du nombre d'agressions dans le quartier, bien que le nombre de plaintes soit en baisse. Paré (2014-02-08) précise que six plaintes d'agressions violentes ont été portées dans la semaine du 11 au 17 janvier 2014.
  34. André-Constantin Passiour, « Collectif du carré rose : Œuvrer à la sécurité dans le Village », Fugues, vol. 30, no 11,‎ février 2014, p. 16 (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Festival Divers/Cité haut en couleurs

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Irène Demczuk et Frank Remiggi, Sortie de l'ombre : Histoires des communautés lesbienne et gaie de Montréal, Montréal, VLB éditeur,‎ 1998.
  • (en) Donald W. Hinrichs, Montreal's Gay Village : The story of a unique urban neighborhood through the sociological lens, Bloomington IN, iUniverse,‎ 2011, 213 p. (ISBN 978-1-4620-6837-1).
  • Remiggi, Frank W., 2000. "Homosexualité et espace urbain : une analyse critique du cas de Montréal", Téoros, 19(2), pp. 28-35.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Quartiers limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Plateau Mont-Royal Parc La Fontaine Rose des vents
Quartier latin N Sainte-Marie
O    Quartier gai    E
S
Vieux-Montréal Cité des Ondes