Rue de Ponthieu

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8e arrt
Rue de Ponthieu
Situation
Arrondissement 8e arrondissement
Quartier Quartier du Faubourg-du-Roule
Début Avenue Matignon
Fin Rue de Berri
Morphologie
Longueur 604 m
Historique
Création 1778

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue de Ponthieu
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48° 52′ 17″ N 2° 18′ 27″ E / 48.871313, 2.307617

La rue de Ponthieu est une rue du 8e arrondissement de Paris. Elle commence avenue Matignon et se termine rue de Berri.

Parallèle aux Champs-Élysées côté nord, elle en tient en quelque sorte le rôle d'arrière-cour, d'autant plus que plusieurs galeries marchandes font communiquer les deux voies. La rue de Ponthieu est notamment un des hauts-lieux de la vie nocturne parisienne : on y trouve plusieurs boîtes de nuit célèbres, telles que Chez Régine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Plaque de rue de la rue de Ponthieu à Paris

À partir de 1640, l’espace compris aujourd’hui entre les rues du Colisée et de Berri, l'avenue des Champs-Élysées et la rue du Faubourg-Saint-Honoré fut occupé par la pépinière royale, qui fournissait les résidences royales en arbres, arbustes et fleurs. Elle fut désaffectée sous la Régence pour faire place à une opération de lotissement projetée par John Law mais qui ne fut pas réalisée[1].

Le terrain de la pépinière devint en 1755 la propriété du comte de Saint-Florentin, Secrétaire d'État à la maison du Roi, qui le céda en 1764 à sa maîtresse, la comtesse de Langeac (1725-1778). Celle-ci le vendit en 1772 au comte d'Artois, frère cadet de Louis XVI. Des lettres patentes du 4 avril 1778 approuvèrent l'ouverture des rues de Ponthieu, Neuve-de-Berri (actuelle rue de Berri), Neuve-de-Poitiers (actuelle rue d'Artois) et d'Angoulême-Saint-Honoré (actuelle rue La Boétie). La rue de Ponthieu rejoignait, parallèlement à l'avenue des Champs-Élysées, la rue d'Angoulême-Saint-Honoré à la rue Neuve-de-Berri. Elle reçut son nom en référence au comté de Ponthieu qui faisait partie de l'apanage du comte d'Artois.

Dès le 7 novembre 1778, de nouvelles lettres patentes autorisèrent la création d'une deuxième section de la rue entre la rue du Colisée et la rue d'Angoulême-Saint-Honoré[2]. En dernier lieu, la partie située entre la rue du Colisée et l'avenue Matignon fut percée en 1784[3] sur les terrains du Colisée. Une décision ministérielle du 6 nivôse an XII (27 décembre 1803) confirma la largeur primitive de la rue soit 30 pieds.

Numérotation[modifier | modifier le code]

Le dernier numéro impair est aujourd'hui le no 65 ; le dernier numéro pair est le no 90.

En 1855, le dernier numéro impair était le no 91 et le dernier numéro pair, le no 90[4].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

  • no 37 : Le romancier Richard O'Monroy, pseudonyme de Jean-Edmond de l'Île de Falcon, vicomte de Saint-Geniès (1849-1916), habitait dans cet immeuble en 1910[3].

Bâtiments détruits[modifier | modifier le code]

Évocation dans la littérature[modifier | modifier le code]

Le roman de Laurence Cossé Un Frère (Le Seuil, 1994) se déroule entièrement dans le cadre de la rue de Ponthieu (désignée comme la « rue de P. »). La description et l'exploration de la rue et de ses activités nocturnes y sont centrales.

Habitants célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une nouvelle pépinière fut créée en 1720 au nord du Grand Égout, dans un rectangle délimité par les actuelles rues de Courcelles à l'ouest et La Boétie (alors chemin de la Pépinière à la Pologne) à l'est, l'angle nord-est de ce rectangle se situant à peu près au niveau de l'actuelle place Saint-Augustin. Cette seconde pépinière fut supprimée en 1826. V. rue de la Pépinière.
  2. « Louis, etc. [...] Permettons aux sieurs Lefaivre et consorts de faire à leurs frais, sur le terrain qui leur appartient entre la rue d'Angoulême et la rue du Colisée, l'ouverture par prolongation de la rue de Ponthieu, à partir de ladite rue d'Angoulême pour déboucher dans ladite rue du Colisée, laquelle prolongation sera de ligne droite et aura 30 pieds de large [...] Donné à Versailles le 7e jour du mois de novembre, l'an de grâce 1778, et de notre règne le 5e. Signé : LOUIS. » (cité par Félix Lazare, Op. cit., p. 560).
  3. a et b Félix de Rochegude, Op. cit., p. 34.
  4. Félix Lazare, Op. cit., p. 559.
  5. André Becq de Fouquières, Mon Paris et mes Parisiens. II. Le quartier Monceau, Paris, Pierre Horay, 1954, p. 259.
  6. a et b Becq de Fouquières, Op. cit., p. 55.
  7. a, b, c et d Becq de Fouquières, Op. cit., p. 54.
  8. Becq de Fouquières, Op. cit., p. 117. C'est là que la courtisane, encore au début de sa carrière, prit le nom de Cora Pearl. Elle y habitait un appartement qu'elle partageait avec une amie, Mlle Carole Hassé.

Sources[modifier | modifier le code]

  • André Becq de Fouquières, Mon Paris et mes Parisiens. Vol. 1, Paris, Pierre Horay, 1953
  • Félix Lazare, Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris, 1855
  • Félix de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris. VIIIe arrondissement, Paris, Hachette, 1910