Alexandru IV Lăpușneanu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Alexandru Lăpușneanu, son épouse Ruxandra et leur fils Bogdan

Alexandru IV Lăpușneanu fut prince de Moldavie de 1552 à 1561 et de 1564 à 1568. En principauté de Moldavie la monarchie était élective, comme en Pologne, Transylvanie et Valachie voisines, et le prince (voïvode, hospodar ou domnitor selon les époques et les sources) était élu par et parmi les boyards : pour être nommé, régner et se maintenir, il s'appuyait fréquemment sur les puissances voisines, habsbourgeoise, polonaise ou ottomane.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils illégitime de Bogdan III l'Aveugle et d'abord nommé Petru, Alexandru IV Lăpușneanu s'empare du trône en septembre 1552 après les troubles qui avaient suivi l'assassinat de Ștefan VI Rareș. Alexandru IV Lăpușneanu épouse Ruxandra, fille de Pierre IV Rareș. En décembre 1552 il prête serment de vassalité à la Pologne[1], mais s'efforce de vivre en bonne intelligence avec les Ottomans[2].

Le 18 septembre 1561, il est renversé par l'aventurier grec Ioannis Ier Vassilikos- Heraklidès, dit "le Despote". Après la chute de ce dernier et le règne éphémère de Ștefan VII Tomșa il revient au pouvoir en mars 1564 avec l'appui des Ottomans. Pendant son second règne, il se venge cruellement des boyards qui l'avaient trahi (arrêtés, tués, et leurs domaines confisqués).

Le 16 mars 1568, il cède le trône à son fils Bogdan IV Lăpușneanu, âgé de 13 ans, sous la régence de Ruxandra, pour se retirer dans un monastère où il se fait moine. Mais, au lieu d'une longue retraite religieuse, il meurt moins de deux mois plus tard, le 5 mai 1568. Selon certaines sources, il aurait été empoisonné « par précaution » par ses rivaux, ou peut-être par vengeance par des fidèles des boyards qu'il avait persécuté.

Alexandru IV Lăpusneanu et son épouse Ruxandra, décédée deux ans après lui, sont inhumés dans le Monastère de Slatina fondé par eux en 1560.

Union et descendance[modifier | modifier le code]

De son union avec Ruxandra, morte le 21 novembre 1570 il laisse deux fils légitimes,

De diverses liaisons il avait également plusieurs enfants illégitimes :

Références[modifier | modifier le code]

  1. À plusieurs reprises dans son histoire, la Principauté de Moldavie avait été vassale et alliée de la Pologne mais cela ne signifie pas, comme l'affirment par erreur certains auteurs (voir [1] et [2]) qu'elle soit devenue une province polonaise ou un fief du roi de Pologne. Ces erreurs sont dues d'une part à la confusion sémantique chez certains historiens modernes, entre voïvodie (province, en polonais) et voïvode (prince régnant, en roumain), ou encore entre suzeraineté et souveraineté, et d'autre part à la rétroprojection nationaliste de l'histoire. L'expression « rétroprojection nationaliste », du Pr. Jean Ravenstein de l'Université de Marseille, désigne la tendance historiographique moderne à projeter dans le passé les nationalismes modernes, comme s'ils étaient apparus dès le Moyen Âge ou l'Antiquité.
  2. Le fait qu'entre 1455 et 1859 la Principauté de Moldavie se soit reconnue vassale de la « Sublime Porte » ottomane ne signifie pas, comme le montrent par erreur beaucoup de cartes historiques, qu'elle soit devenue une province turque et un pays musulman. Seuls certains territoires moldaves sont devenus ottomans : en 1484 la Bessarabie alors dénommée Boudjak, au nord des bouches du Danube (ce nom ne désignait alors que les rives du Danube et de la mer Noire), en 1538 la raya de Tigina alors dénommée Bender, et en 1713 la raya de Hotin. Le reste de la Principauté (y compris la partie entre Dniestr et Prut qui sera appelée Bessarabie en 1812, lors de l'annexion russe) a conservé ses propres lois, sa religion orthodoxe, boyards, princes, ministres, armées et autonomie politique (au point de se dresser plus d'une fois contre le Sultan ottoman). Les erreurs cartographiques et historiques sont dues à l'ignorance ou à des simplifications réductrices. Voir Gilles Veinstein et Mihnea Berindei : L'Empire ottoman et les pays roumains, EHESS, Paris, 1987.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Grigore Ureche Chronique de Moldavie. Depuis le milieu du XIVe siècle jusqu'à l'an 1594 Traduite et annoté par Emile Picot Ernest Leroux éditeur Paris 1878. Réédition Kessinger Legacy Reprints (ISBN 9781167728846) p. 383-409 & 457-467.
  • (ro) Constantin C. Giurescu & Dinu C. Giurescu, Istoria Românilor Volume II (1352-1606), Editura Ştiinţifică şi Enciclopedică, Bucureşti, 1976, p. 286-290 & 295-296.
  • Jean Nouzille La Moldavie, Histoire tragique d'une région européenne, Ed. Bieler, (ISBN 2-9520012-1-9).