Grigori Potemkine

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Grigori Aleksandrovitch Potemkine
Prince Potemkine
Le Prince Potemkine
Le Prince Potemkine

Naissance 11 octobre 1739
Tchijovo
Décès 16 octobre 1791 (à 52 ans)
Nikolaïev
Origine Russe
Allégeance Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Grade Feld-maréchal
Conflits Guerre russo-turque de 1768-1774
Guerre russo-turque de 1787-1792
Commandement Président du conseil militaire
Distinctions Ordre de Saint-André, Ordre de Saint-Vladimir, Ordre de Saint-Alexandre Nevski, Ordre de Saint-Georges 1er, 2e et 3e degrés, ordre de l'Aigle blanc, ordre de Sainte-Anne, ordre de Saint-Stanislas, ordre de l'Aigle noir, ordre du Séraphin, ordre de l'éléphant
Hommages Cuirassé Potemkine
Autres fonctions Fondateur des villes de Kherson, Nikolaïev, Sébastopol et Iekaterinoslav

Grigori Aleksandrovitch Potemkine ou Potiomkine (prononcez "Patiômkine") (Григорий Александрович Потёмкин), né le 11 octobre 1739 à Tchijovo et mort le 16 octobre 1791 durant un voyage de Iaşi à Nikolaïev, est un militaire et homme de gouvernement russe du XVIIIe siècle. Beau et intelligent, il devint l'amant et le favori de Catherine II jusqu'à sa mort. Il est l'un des colonisateurs des steppes sous-peuplées du sud de l'Ukraine, qui deviennent russes avec le traité de Küçük Kaynarca (1774) et du sud du Don. Il fonde les villes de Kherson, Nikolaïev, Sébastopol et Iekaterinoslav qui étaient regroupées dans les territoires de la Nouvelle Russie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Grigori Aleksandrovitch Potemkine naît dans le village de Tchijovo, près de Smolensk dans une famille de petits officiers. Après des études inachevées à l’université de Moscou[1], il s'engage dans la Garde à cheval. Il participe au coup d'État de 1762 qui détrône Pierre III et couronne Catherine II[2]. Il reçoit le grade de second lieutenant des Gardes. Catherine demandait des adjoints dignes de confiance et appréciait l'énergie de Potemkine et ses capacités d'organisation. Les anecdotes biographiques récentes comme celle de son implication dans le meurtre de Pierre III, sont obscures et souvent apocryphes.

Amant de Catherine II[modifier | modifier le code]

En 1774, ses relations prennent un caractère plus intime. Succédant à Grigori Orlov, Potemkine devient le favori de l'impératrice, son aînée de dix ans, il reçoit de nombreuses récompenses ainsi que d'importants postes, notamment sa nomination au poste de Président du conseil militaire (1774-1791). Durant les dix-sept années qui suivent, il est le personnage le plus puissant de Russie. Potemkine trouvait du plaisir dans le luxe ostentatoire et la richesse personnelle. Comme Catherine, il tombe dans la tentation de l'absolutisme, cependant, dans de nombreuses actions il est guidé par l'esprit des Lumières. Il se montre tolérant à l'égard des différentes religions, et protège les minorités. En tant que commandant en chef de l'armée russe (nommé en 1784), il prône un concept plus humain de la discipline, exigeant que les officiers prennent soin des soldats d'une manière paternelle.

En 1776, à la requête de Catherine, l'empereur Joseph II élève Potemkine au rang de prince du Saint-Empire romain germanique. En 1775, il est remplacé dans les bonnes grâces de Catherine par Zavadovsky ; mais les relations entre Catherine et son ancien amant continuent à être amicales, et son influence n'a jamais été remplacée par celle d'aucun de ses autres amants. De très nombreux faits attestent de la gigantesque et extraordinaire influence de Potemkine durant les dix années suivantes. Les plus importants documents d'État sont passés entre ses mains.

Controverse[modifier | modifier le code]

Potemkine reste un personnage controversé et donne lieu à des opinions à propos opposées à son sujet. Le pamphlet German, publié en 1794, affiche l'opinion de ceux qui l'ont considéré comme un diable génial de Catherine et de la Russie. Mais il y en avait beaucoup, et l'impératrice elle-même, qui le considéraient comme un homme multiple et un commandant de génie, un administrateur doué, mais exigeant. Il fut indubitablement le plus extraordinaire de tous les amants de Catherine.

Immoralité, extravagance et total mépris de la vie humaine étaient ses points faibles, mais il était loyal, généreux et magnanime. Presque toutes les anecdotes du diplomate de Saxe Georg von Helbig à son sujet, dans la biographie pour le journal Minerva, et abondamment utilisées par les biographes suivants, sont fausses.[réf. nécessaire]

Mort[modifier | modifier le code]

Malade depuis quelque temps, Grigori Potemkine demanda à être transporté à Nikolaïev ; il décéda au cours de ce voyage le 5 octobre 1791. Grigori Potemkine fut d'abord inhumé en la cathédrale de Kherson. Mais après son accession au trône impérial, Paul Ier de Russie fit disperser les restes de celui qui fut pendant des années l'amant de sa mère, Catherine II de Russie.

Les villages Potemkine[modifier | modifier le code]

Son nom est surtout connu de nos jours pour la légende de mises en scène de façades de villages prospères sur une réalité misérable (villages Potemkine), ainsi que pour le cuirassé qui portait son nom durant la Révolution russe, duquel fut tiré le célèbre film Le Cuirassé Potemkine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Heller, Histoire de la Russie et de son empire, p. 589
  2. Heller, ibid.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]