Pierre II de Courtenay

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Pierre II de Courtenay
Image illustrative de l'article Pierre II de Courtenay
Titre
Comte de Nevers
11851199
Prédécesseur Guillaume V de Nevers
Successeur Mathilde de Courtenay
et Hervé IV de Donzy
Comte d'Auxerre et de Tonnerre
11851219
Prédécesseur Guillaume V de Nevers
Successeur Mathilde de Courtenay
et Hervé IV de Donzy
Empereur latin de Constantinople
12161219
Prédécesseur Henri Ier de Constantinople
Successeur Robert Ier de Constantinople
Biographie
Dynastie Maison capétienne de Courtenay
Date de naissance vers 1165
Date de décès 1219
Père Pierre Ier de Courtenay
Mère Élisabeth de Courtenay
Conjoint
Enfant(s)

Pierre II de Courtenay Pierre II de Courtenay

Pierre II de Courtenay (vers 11651219), est un seigneur de Courtenay (1183-1219), un comte de Nevers, (1185-1199), d'Auxerre et de Tonnerre (1185-1219) et un empereur latin de Constantinople (1216-1219). Il est fils de Pierre de France, seigneur de Courtenay, et d'Élisabeth de Courtenay.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il succède à son père dans la seigneurie de Courtenay et son cousin[1] le roi Philippe II Auguste, qui l'apprécie ainsi que sa fidélité, lui fait épouser en 1184 Agnès, héritière des comtés de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre. L'année suivante, il en devient le comte, à la mort de son beau-frère Guillaume V de Nevers.

Il s'engage dans la troisième croisade aux côtés du roi Philippe Auguste et du roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion, et revient en France au cours de l'année 1193[2]. Bien que sa première épouse, Agnès Ire de Nevers, soit décédée en 1192[3] ou au début du mois de février 1193[2] laissant une fille, Mathilde, Pierre conserve le comté de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre. Il se remarie en 1193 avec Yolande de Hainaut, fille de Baudouin VIII, comte de Flandre et de de Hainaut, et de Marguerite Ire de Flandre, tandis qu'il fiance sa fille Mathilde avec son beau-frère Philippe Ier de Hainaut, comte de Namur.

En 1196, il doit faire face à la rébellion de son beau-frère Guillaume de Brienne qui, à la tête d'une armée champenoise, ravage ses terres de l'Auxerrois et assiège Vézelay.

En 1199, une guerre l'oppose à l'un de ses vassaux, Hervé IV de Donzy. Battu à Cosne-sur-Loire, Pierre est fait prisonnier et n'est libéré qu'en échange du mariage d'Hervé avec Mathilde de Courtenay[4] et de la cession du comté de Nevers. À titre viager, Pierre garde les comtés d'Auxerre et de Tonnerre.

Le 15 octobre 1212, son beau-frère Philippe de Hainaut, marquis de Namur, meurt en désignant sa sœur Yolande, femme de Pierre, pour lui succéder. Ces derniers désignent rapidement leur fils aîné Philippe, pour assurer la régence du marquisat[2],[5].

Le 16 juin 1216 c'est un autre beau-frère, Henri de Hainaut, second empereur latin de Constantinople, qui meurt. Les barons de l'empire proposent alors le trône au roi André II de Hongrie, neveu du défunt, qui le refuse, puis à Pierre de Courtenay, qui l'accepte. En effet, il ne peut espérer à la cour de France qu'un rôle de second plan en raison de son rang et de ses possessions, et cette élection lui offre un chance de s'élever. Il reçoit les ambassadeurs à Courson-les-Carrières et vend ou engage une partie de ses domaines pour financer son expédition[6]. Il se rend à Rome où il souhaite se faire couronner par le pape Honorius III, mais ce dernier est réticent, car il ne veut pas empiéter sur les droits du patriarche de Constantinople et craint que les empereurs suivants profitent de ce précédent pour émettre des prétentions sur Rome et l'empire d'Occident. Aussi Pierre et Yolande ne sont pas sacrés dans la basilique Saint-Pierre, mais dans celle de Saint-Laurent qui se trouve hors des murs de Rome[7].

Pour défendre son empire, il ne réussit à réunir que cinq mille hommes. Pour les convoyer il s'adresse aux Vénitiens qui lui demandent de s'emparer de Durazzo, occupée par Théodore Ange Comnène Doukas, despote d'Épire. Pendant que son épouse Yolande se rend directement à Constantinople, Pierre et les Vénitiens assiègent Durazzo, mais la ville, très bien défendue et suffisamment ravitaillée résiste. Comme le siège de la ville est un échec, les Vénitiens refusent de transporter son armée à Constantinople et Pierre décide de rejoindre Salonique par la voie terrestre. Il négocie le libre passage avec Théodore Ange, mais ce dernier l'attaque, détruit une partie de son armée et le capture. Il resta emprisonné pendant deux ans jusqu'à sa mort, annoncée en 1219[3].

Qualifié par les chroniqueurs d'emporté, chaud et violent et qui ne pouvait s'empêcher de se conduire avec impétuosité allant jusqu'à des extrémités fâcheuses envers les évêques et les églises, il a régulièrement été excommunié.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Mariages et enfants[modifier | modifier le code]

De sa première épouse Agnès Ire, comtesse de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, il a eu :

De sa seconde épouse Yolande de Hainaut, impératrice de Constantinople, il a eu :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son père est petit-fils du roi Louis VI le Gros, donc Pierre II est cousin de Philippe Auguste.
  2. a, b et c (en) Latin emperors of Constantinople (seigneurs de Courtenay) sur Foundation for Medieval Genealogy.
  3. a et b Jean-François Michaud, Biographie Universelle, p. 250
  4. Les fiançailles de Mathilde de Courtenay avec Philippe de Namur sont rompues.
  5. Baron Emile de Borchgrave,  « Philippe II de Namur », Académie royale de Belgique, Biographie nationale, vol. 17, Bruxelles,‎ 1903 [détail des éditions], p. 319-320
  6. Jean-François Michaud, Biographie Universelle, p. 249
  7. Jean-François Michaud, Biographie Universelle, p. 249-50

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]