Noun

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Noun
Divinité égyptienne
Caractéristiques
Nom en hiéroglyphes
W6 W6 W6
pt
n
n
n
A40
Translittération Hannig Nwn
Représentation Homme barbu avec des seins de femelles
Groupe divin Ogdoade d'Hermopolis
Parèdre Nounet
Région de culte Égypte antique

Dans la mythologie égyptienne, l’océan primordial est appelé le Noun (ou Nouou[1] (Nwn). On peut considérer le Noun comme un concept plutôt qu’un dieu. Il est l’océan qui a fait la Vie et qui fera la Mort ; sans créateur, il s’étend autour du monde. Tous les mythes de création ont une chose en commun, ce Noun, d'où naquit le dieu-créateur.

Les égyptiens voyaient dans le Nil une subsistance de l’Océan primordial.

C’est en son sein que naquit le premier dieu, Atoum puis sortirent -Atoum-Khépri, Thot, Ptah, Sokaris, Khnoum et bien d’autres dieux. Ces dieux sont appelés Créateurs et sont les divinités se rapportant à l’Océan primordial, elles sont nées du chaos divin, du concept vital. L’océan fut donc aussi appelé le père des dieux.

Noun était plus qu'un océan, il était une vaste étendue d'eau immobile. Même après la création du monde, Noun continue d'exister pour revenir un jour, le détruire et recommencer le cycle. Après la création, Noun a joué un rôle dans la destruction de l'humanité quand les hommes n'ont plus respecté et n'ont plus obéi à dans sa vieillesse. a rassemblé tous les dieux et déesses, y compris Noun. Noun a proposé que Rê jette son œil pour détruire l'humanité. Et l'œil de Rê, sous la forme de la déesse Sekhmet voyage à travers l'Égypte tuant tous les mortels.

Noun a protégé Shou et Tefnout à leur naissance et leur a maintenu des puissances démoniaques du chaos (représenté comme serpents).

Dans la cosmogonie de Khéménou (Ḫmnw) (la Ville des Huit), Hermopolis Magna, il est divinisé et fait partie de l’Ogdoade créatrice avec sa parèdre, Nounet.

Noun est représenté comme un homme barbu, avec un corps bleu ou vert, symbolisant l'eau et la fertilité. Parfois il est aussi montré avec des seins femelles. Dans une de ses mains il tient un tronc de palmier (stipe), symbole de longue vie et en porte encore un dans ses cheveux. Il est également parfois représenté sous la forme d'une divinité à tête de grenouille.

Cosmologie du Livre des Portes[modifier | modifier le code]

Le Tableau final du Livre des Portes est une illustration de la cosmologique égyptienne. L'univers ordonné est issu du Noun, l'océan chaotique des origines. D'après le sarcophage du roi Séthi Ier conservé au Sir John Soane's Museum de Londres.

La douzième et dernière séquence du Livre des Portes contient une représentation de l'instant où le soleil sort du monde souterrain pour renaître à l'aube. Cette scène est une mise en image de la pensée cosmologique des Égyptiens du Nouvel Empire. Le dieu Noun semble sortir des eaux primordiales. Il élève de ses deux bras la barque solaire. À son bord, le scarabée Khépri (symbole de la renaissance) tient le disque solaire. De part et d'autre du scarabée, les déesses Isis et Nephthys paraissent accueillir ou propulser le soleil renaissant. Ce dernier est reçu dans les bras de Nout la déesse du ciel. Représentée à l'envers, La déesse est debout sur la tête d'Osiris dont le corps forme une boucle (à l'instart du Serpent Ouroboros) qui contient la Douât[b 1].

Le Noun[modifier | modifier le code]

Bien que le Noun soit un monde sans formes où ni l'espace, ni le temps n'existent, il est ici représenté comme un dieu anthropomorphe avec un visage, un buste et deux bras d'une longueur disproportionnée. La notice explicative indique que « C'est de l'eau que sortent les bras pour qu'ils élèvent ce dieu. » Le Noun est ici représenté pour montrer le moment du premier geste de la création. L'existence se manifeste pour la première fois avec l'émergence de le dieu-soleil hors des eaux de l'océan des origines. Mais on ne voit que la moitié du corps de Noun comme pour montrer qu'il y aura toujours une limite entre le visible et l'invisible, entre le compréhensible et l'incompréhensible[b 2].

L'univers ordonné[modifier | modifier le code]

La barque solaire est l'élément principal de la scène. Elle apparait dans un rectangle horizontal blanc qui contraste avec les vagues bleue de l'océan de Noun. Ce rectangle représente le monde créé et ordonné où évolue l'humanité, l'univers dirigé par . La barque solaire symbolise cet ordre cosmique. Le voyage de la barque maintient en état le cosmos. Elle évoque aussi le Nil, le fleuve qui dispense la vie à l'Égypte. Le disque solaire est accompagné par plusieurs dieux garant de la création ; Shou (souffle vital), Geb (la terre) et Héka (magie créatrice). Deux rames servent de gouvernail à la barque ; Hou (parole divine) et Sia (pensée créatrice) sont à la manœuvre. est représenté sous la forme du disque solaire poussé par le scarabée Khépri. C'est le soleil en devenir qui va bientôt venir à l'existence en surgissant du monde nocturne et souterrain[b 3].

la Douât[modifier | modifier le code]

Tel le serpent Ouroboros qui se mord la queue, Osiris est lové sur lui-même. Son corps forme un cercle et la notice dit que: « C'est Osiris qui encercle la Douât ». Cette représentation du dieu est une manière de montrer que le temps est cyclique. Le cercle symbolise la perfection et le mouvement. Ce retour permanent des choses et des événements est une successions de régénérations. Osiris et Nout sont représentés à l'envers pour montrer que la Douât n'est pas soumises aux mêmes règles que l'univers ordonné. Quand le soleil y entre, il ne peut que y resortir. Le soir, le soleil entre dans l'Occident. Il se régénère lors de ses passages dans la Douât qui est le monde de la nuit et de la mort gouverné par Osiris. Puis, il renaît à l'aube lorsqu'il sort de l'horizon oriental. Cette sortie du monde souterrain étant symbolisé par le second soleil qui se situe à la proue de la barque solaire. Nout (le ciel) est située entre la Douât et l'univers ordonné ; formant un lien entre les deux mondes. La notice dit que: « C'est Nout qui reçoit Rê. »[b 4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Claire Lalouette, Au royaume d'Égypte : Le temps des rois dieux. p. 87, Champs Flammarion, 1995
  • Collectif, Bulletin de l'Institut Français d'Archéologie Orientale, Le Caire, IFAO
  1. p.48: l'ensemble de la scène
  2. p.50-51: la partie inférieure du tableau.
  3. p.51: la partie centrale du tableau.
  4. p.48-49 et 52: la partie supérieure du tableau.

Bibliographie[modifier | modifier le code]